Cantonales Aveyron 2011: les enseignements à tirer pour la droite

Alors que la gauche aveyronnaise se voyait déjà à la tête du Conseil général, les élections cantonales de mars 2011 ont marqué le retour en grâce de la droite auprès des électeurs si l’on en juge par le renforcement de la majorité départementale conduite par Jean-Claude Luche. Dans l’ensemble, les candidats soutenus par la majorité sortante ont en effet réalisés des scores honorables à la grande satisfaction de Jean-Claude Luche, le président du Conseil général réélu dans un fauteuil.

Après les terribles échecs passés, ces résultats encourageants pour le centre-droit sont-ils l’hirondelle qui annonce le printemps ? Sont-ils le signe d’un possible retour de celle-ci sur le devant de la scène départementale dans les prochaines années ? Pas si sûr. La modeste participation des électeurs à ce scrutin appelle à la plus grande prudence. D’une manière générale, il semble que la faible mobilisation ait plutôt joué au détriment de la gauche, alors qu’à l’inverse, ici et là (Rodez-Est, Millau-Ouest, Nant et quelques autres cantons),  l’électorat de droite semble avoir retrouvé quelque peu le chemin des urnes, notamment à l’occasion du second tour.

Deux facteurs ont semble-t-il joué en faveur de la droite. D’une part, les attaques brutales menées par la gauche contre le président du Conseil général sortant ont probablement été mal perçues par une partie de l’électorat aveyronnais qui, après 3 ans de mandat, considère que Jean-Claude peut se prévaloir d’un bon bilan. De plus, il s’est le plus souvent montré ouvert, non sectaire et mobilisé pour défendre le département. Les aveyronnais ont, semble-t-il souhaité qu’il reste à la tête de l’institution départementale pour poursuivre son action collective. D’autre part, la gauche notamment à Rodez et Millau, après 3 ans de gestion, ne fait pas l’unanimité ; c’est le moins que l’on puisse dire. A Rodez, elle se déchire depuis plusieurs mois et les règlements de compte apparaissent au grand jour. Cette situation est mal perçue par une partie se son électorat modéré qui a probablement préféré rester à la maison pour marquer sa désapprobation.

L’autre enseignement important de cette élection, pour la première fois depuis bien longtemps, c’est la présence le plus souvent d’un seul candidat à droite. Face à une gauche éclatée au 1er tour, partout où le centre droit était uni, même avec des candidats de valeur inégale, la victoire a été le plus souvent acquise dés le 1er tour. Au 2ème tour, l’effet s’est même trouvé amplifié. C’est là un bel encouragement pour la droite et la preuve qu’il n’y a aucun salut pour elle dans la division et l’émiettement. L’électorat de centre-droit a manifestement apprécié. L’urgence de la reconstruction de la nouvelle droite aveyronnaise s’impose pour préparer les échéances futures.

Voilà qui explique en grande partie les résultats des élections cantonales 2011 en Aveyron. S’il y a un gagnant, au plan politique, ce ne sont pas les formations de droite et du centre, qui pour l’heure sont inexistantes en Aveyron, mais bel et bien Jean-Claude Luche qui apparaît aujourd’hui comme l’homme fort du département. D’autant que depuis les élections régionales 2010, ce dernier n’a pas rejoint l’UMP et que la plupart des candidats soutenus par la majorité départementale portaient la mention « sans étiquette » politique.

N’en déplaise à certains, cette victoire ne doit pas grand chose à l’UMP locale, et pour cause. Force est de constater que ces dernières années, l’UMP départementale est quasi-inexistante et porte une lourde responsabilité dans la décomposition de la droite locale.  On ne peut que regretter cet immobilisme persistant de la part d’une des principales formations politiques et son incapacité à se réorganiser pour préparer les échéances futures. L’état actuel de l’UMP au plan local constitue un handicap à la reconstruction durable de la droite. Ce n’est  hélas guère mieux du côté des formations politiques du centre.

A défaut d’une rapide et salutaire refondation de la droite aveyronnaise, les maires de Rodez et de Millau, mais aussi les parlementaires socialistes, ont encore de belles années devant eux. Ce n’est pas eux qui vont se plaindre de la situation !

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