Rodez : Un conseil municipal des plus ordinaires avant l’été

30 juin 2019

Suite au dernier conseil municipal de la ville de Rodez du 28 juin, un journal local a cru bon de titrer : « Rodez, la « frénésie » des travaux et le Raf font polémique au conseil municipal ». Un raccourci pour le moins rapide s’agissant d’arguments qui alimentent régulièrement les débats municipaux sur fond de politique politicienne.

En préambule à ce conseil, le maire a rappelé la tragique disparition de Pascal Filoé, directeur général adjoint, assassiné dans l’exercice de ses fonctions. En hommage à ce dernier, le conseil municipal a décidé à l’unanimité de dénommer le hall de réception de l’hôtel de ville : Pascal Filoé.

Le compte administratif 2018 ayant été validé lors d’une séance précédente, l’ordre du jour de ce conseil municipal n’était autre que les budgets supplémentaires principal et annexes qui ont été adoptés à une large majorité. Le budget principal 2019, compte-tenu de l’excédent de fonctionnement de 16,995 millions d’euros de l’exercice 2018 (15, 360 M€ en 2017), sera abondé du même montant, se répartissant entre la section d’investissement pour 5,162 millions d’euros et pour la section de fonctionnement à hauteur de 11,833 millions d’euros

Si la gestion municipale est un art difficile, la critique systématique est souvent un peu facile

A défaut d’objections pertinentes au fond, comme d’habitude, les quelques critiques se sont cantonnées à quelques points pouvant se prêter à polémiques, sans trop de risques. Il est vrai que la tâche des opposants n’est pas aisée face à un budget parfaitement maitrisé qui fait la part belle aux investissements et une situation financière des plus saines que beaucoup de villes comparables ne peuvent qu’envier.

Dans ce contexte, pas si simple de critiquer la gestion municipale sans se discréditer. Ces dernières, le retard pris dans l’engagement de certains travaux a permis de critiquer la municipalité, accusée de différer volontairement les travaux en fin de mandat à des fins électorales. Un argument pour le moins fragile et pas très convaincant.

Cet argument est devenu caduc en 2019 puisque les travaux en question (place de la Cité, place et parking Foch, avenue Victor-Hugo, rénovation du stade Paul Lignon…) viennent d’être engagés ces derniers mois par la municipalité, dont certains devraient d’ailleurs se poursuivre en 2020 et 2021.

A quelques mois des élections municipales, une petite polémique est de bonne guerre à défaut d’arguments plus consistants. Pourtant, la réalité semble bien plus simple. L’engagement de gros travaux de construction ou de réaménagement, notamment en centre-ville, souffre de multiples contraintes qui rallongent sensiblement les délais de réalisation et contrarient les calendriers prévisionnels. Par ailleurs, les services municipaux sont de plus en plus sollicités et l’avancement des dossiers prend généralement bien plus longtemps que dans une entreprise privée.

Force est d’ailleurs de constater que la situation de Rodez est comparable à la plupart des villes qui investissent beaucoup et dont les travaux sont généralement engagés au cours des dernières années de mandat municipal, comme le démontre diverses enquêtes. Il n’y a là rien de bien nouveau et de choquant. Un tel procès d’intention paraît d’autant plus excessif que les travaux en question sont pour la plupart complexes.

Au final, l’essentiel n’est-il pas que les investissements prévus soient réalisés dans les meilleures conditions au cours du mandat, pour le plus grand profit des habitants ?

Après avoir reproché un manque d’investissement, certains reprochent aujourd’hui pléthore de travaux à la veille des élections.

L’argument du retard d’investissements n’étant plus d’actualité, certains opposants font feu de tout bois, quitte à se trouver en contradiction avec ceux avancés jusqu’alors.

Le nouveau reproche fait au cours de ce dernier conseil, la municipalité se serait soudainement engagée dans une frénésie de travaux concentrés en centre-ville, au détriment des autres quartiers ; ce à la veille des élections municipales. A cela, d’autres ont cru bon d’ajouter que ces travaux perturbaient fortement la circulation automobile en centre-ville en pénalisant les commerces !

En matière de démagogie politique, certains n’ont peur de rien. Voilà que l’on reproche maintenant à la municipalité d’engager d’importants et nombreux travaux… Faudrait savoir ? Il est vrai que les élections municipales approchent, y compris pour les opposants et qu’il faut à tout prix marquer son opposition à la majorité sortante !

Bien sûr, comme toujours et partout, les travaux constituent une gêne pour la circulation et les commerce, mais plus encore pour les résidents. Mais peut-on réaliser des travaux aussi importants en centre-ville sans quelques nuisances, sachant que la plupart des travaux devraient être terminés en fin d’année ?

Quoi qu’il en soit, nul doute que les ruthénois ne seront pas dupes des petits jeux politiques de certains en mal d’arguments.

D’ailleurs, le maire de Rodez n’a pas paru très contrarié face à de tels propos. Par contre, il a tenu à s’inscrire en faux contre l’affirmation selon laquelle la municipalité n’aurait réservé ses investissements qu’au seul centre-ville et n’a pas manqué, comme il sait si bien le faire, de rappeler la liste des importants travaux de toute natures réalisés dans les quartiers de la ville : Le Faubourg, Saint Eloi, rue Béteille, Layoule-Cardaillac, Bourran…).

Le représentant de Rodez citoyens a contesté la décision de supprimer les arbres de la place de la Cité, suite aux travaux de réaménagement à venir. La aussi, le maire a contesté cette allégation. Si les arbres actuels vont effectivement disparaître, s’est uniquement en raison des expertises concluant que ces derniers étaient condamnés à brève échéance. Par contre, ils seront bel et bien remplacés par un nombre au moins égal de Sophora du Japon, un arbre plus résistant et de grande taille, offrant une ombre plus importante et de meilleure qualité que les tilleuls actuels.

Ce qui a également permis au maire de rappeler au passage les nombreux travaux de verdissement de la ville et son engagement à accentuer ces transformations qui participent à améliorer fortement le cadre de vie des habitants.

Des interrogations sur les redevances et subventions au RAF

Une discussion s’est également engagée concernait le montant de la redevance annuelle forfaitaire de 50 000 € réclamée à la Société Anonyme Sportive Professionnelle Rodez Aveyron Football (SASP RAF) qui gère la branche professionnelle du club de football ruthénois, au titre de la mise à disposition des équipements sportifs municipaux pour la prochaine saison. En effet, cette somme peut paraître relativement modeste au vu des équipements mis à la disposition et des tarifs pratiqués par d’autres villes. Probablement, celle-ci devra-t-elle être revue à la hausse pour les saisons à venir, notamment du fait de l’importance des travaux réalisés pour la modernisation du stade Paul Lignon.

En raison de la montée du RAF en ligue 2 pour la saison 2019-2020, d’importants travaux de rénovation et de mise aux normes du stade Paul Lignon sont en cours et ne permettront pas l’utilisation des équipements dès le début de saison prochaine. Pour pallier à l’indisponibilité du stade pour les matchs à domicile qui se dérouleront à l’automne 2019, un accord visant à la mise à disposition du Stadium de Toulouse (seul stade homologué à proximité) a été conclu entre le RAF et la Métropole de Toulouse. Compte-tenu des frais supplémentaires engagés pour la location de ce stade, la SASP RAF a sollicité une subvention auprès des collectivités.

Le Conseil municipal de Rodez a décidé d’octroyer une subvention exceptionnelle de 50 000 €. Rodez agglomération s’engagera à verser le même montant alors que le région Occitanie et le département de l’Aveyron pont validé une participation à hauteur de 100 000 € chacun ; soit une subvention totale de 300 000 €.

Le prochain conseil municipal aura lieu à la rentrée.

 

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