Rodez : quand la droite la plus bête du pays préfère favoriser la réélection du maire socialiste

Le deuxième tour des élections municipales en France a permis à la droite (UMP) et au centre (UDI) d’engranger un nombre record de victoires (plus de 155 villes de plus de 9 000 habitants gagnées en dépit de nombreuses triangulaires). Une victoire quelque peu inattendue pour la droite, soutenue par l’abstention et le vote protestataire de l’électorat de gauche, manifestement très déçu par M. Hollande et ses promesses non tenues.

Une rude sanction pour le parti socialiste qui ne s’y attendait pas et qui a assisté impuissant à la débandade. Ce qui n’a pas manqué d’ébranler les plus hautes autorités de l’Etat qui se sont vues obligées d’anticiper le changement de Premier ministre et de gouvernement, même si l‘on y retrouve la bonne vieille garde socialiste.

En Aveyron, comme partout ailleurs, la gauche a été lourdement sanctionnée notamment dans ses fiefs traditionnels comme à Decazeville, Onet-le-Château, Millau ou Baraqueville où des maires de droite ont été aisément élus. Pourtant, au cœur de cette vague bleu française et aveyronnaise, il subsiste une exception et de taille : la ville de Rodez.

En 2008, le socialiste Christian Teyssèdre avait profité des dissensions et autres querelles au sein de la droite et du centre ruthénois qui avaient présentés pas moins de 3 listes, pour emporter la mairie dés le 1er tour.

Après un mandat pour le moins désastreux qui a conduit la ville et l’agglomération du Grand Rodez dans la situation que l’on connait aujourd’hui (hausse des impôts, explosion de la dette, travaux dispendieux, nombreux chantiers laissés à l’état de friche, manque d’attractivité du centre-ville, problèmes de stationnement, défaut d’extension de l’université, asphyxie de la rocade et des entrées de la ville, et c…), de nombreux ruthénois pensaient que l’élection municipale pouvait être l’occasion du renouveau de la ville avec la liste conduite par la droite et le centre : Rodez Uni, Rodez en Grand avec Yves Censi.

En dépit d’un projet ambitieux et cohérent pour la ville et l’agglomération, soutenu par une équipe jeune, dynamique et largement renouvelée, au final c’est le maire sortant de Rodez qui a été réélu au deuxième tour avec 48.50% des voix. Compte-tenu du taux d’abstention élevé de 35.55%, c’est seulement 29.90% des inscrits qui ont réélu ce dernier. Une bien mauvaise élection qui en dit long sur le manque d’adhésion des ruthénois à leur maire.

Ce résultat que laissait augurer le 1er tour, peut effectivement surprendre alors que presque partout en Aveyron et en France, les électeurs ont largement apporté leurs voix aux candidats de droite et du centre. Si le score obtenu par la liste conduite par Yves Censi, qui n’a recueilli que 35.20% des voix, reste très décevant et est très loin de faire le plein des voix de droite et du centre, la 3ème liste divers gauche conduite par Bruno Bérardi a réalisé un résultat qu’elle n’osait probablement pas espérer à la veille de 1er tour. Avec 16.30%, Rodez Citoyens réalise une percée qui peut surprendre.

Si cette liste a pu réaliser ce score, c’est qu’elle a bénéficié de nombreuses voix venues de la droite et du centre. A l’inverse, la liste conduite par Yves Censi a été pénalisée par ce transfert de voix, mais aussi par le mauvais report des voix de la liste Danen et surtout, le taux d’abstention élevé, notamment dans les quartiers votants habituellement à droite où l’on a pu constater un taux d’abstention supérieur à 40% alors même que Bruno Bérardi y réalisait de bons résultats.

Manifestement, l’électorat de droite et du centre ne s’est pas mobilisé pour cette élection, preuve s’il en est, que les rancœurs et autres cicatrices des guéguerres fratricides du passé sont encore loin d’être refermées. Eh oui, à Rodez, certains préfèrent encore faire gagner l’adversaire plutôt que son propre camp. Ainsi va la droite ruthénoise qui ne cesse d’aligner les déconfitures électorales ! Une chose est maintenant acquise : la droite ruthénoise est certainement la plus bête de France. C’est le moins que l’on puisse dire alors que partout ailleurs les élus socialistes ont été boutés hors de leur mairie. Dommage pour Rodez !

Il appartient à chacun de tirer les véritables enseignements de ce nouvel échec pour qu’un tel résultat ne se reproduise pas car c’est l’avenir de Rodez et de son agglomération qui sont en jeu. Pour la droite ruthénoise, l’heure est venue de tourner la page au plus vite et de repartir à la reconquête des électeurs en créant les conditions d’une union durable. Mais le veut-elle vraiment ?

Joseph Donore

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