Grand Rodez : Les élections départementales des 22 et 29 mars 2015

27 février 2015

Le 22 mars 2015 aura lieu le 1er tour des élections cantonales en vue d’élire les 46 conseillers départementaux (deux par canton) qui siègeront dans les futurs conseils départementaux. Le deuxième tour aura lieu le 29 mars et réunira les candidats qui auront obtenu 12.50% des électeurs inscrits au 1er tour. Au total, 180 candidats briguent les suffrages des électeurs du département.

Cette élection se fera sur la base des nouveaux cantons issus du redécoupage électoral conçu par le gouvernement socialiste de Jean-Marc Ayrault voici quelques mois. Aux 46 anciens cantons avec à leur tête un conseiller général succèdent 23 cantons entièrement redécoupés et sans rapport aucun avec les précédents. Chaque nouveau canton sera doté d’un binôme (une femme et un homme), ainsi que de deux remplaçants (une femme et un homme). Au final, le nombre d’élus sera identique. Et si les cantons sont dorénavant de taille plus homogène de l’ordre de 12 000 habitants, ils n’ont généralement plus aucune cohérence et regroupent souvent d’anciens cantons ou communautés de communes n’ayant aucun point commun. Pire, des communes appartenant à la même intercommunalité se trouvent réparties sur plusieurs cantons.

Il suffit d’examiner la nouvelle carte des cantons aveyronnais pour voir les absurdités et autres incohérences territoriales qui ont aboutit à des cantons très disparates, sans la moindre homogénéité. On voit là l’absurdité d’un véritable charcutage électoral qui participe un peu plus à isoler et affaiblir les départements ruraux. L’agglomération du Grand Rodez (60 000 habitants) en est un bel exemple.

Alors que sa population lui permettait de répartir l’agglomération sur 5 cantons appartenant à la même unité urbaine du Grand Rodez, seulement 3 cantons se composent de communes ou quartiers de l’agglomération : Rodez 1 (Ouest), Rodez 2 (Centre) et Rodez-Onet, incluant principalement la ville d’Onet-le-Château. L’ensemble des autres communes de l’agglomération sont réparties entre des territoires comprenant plusieurs communes extérieures, parfois lointaines. Dans ces conditions, difficile pour les électeurs de s’y retrouver et d’être motivés pour aller voter !

Ainsi, a été créé le canton de nord Lévezou incluant : Luc-La Primaube, Sainte Radegonde, Olemps et Flavin. Non seulement le canton ne fait aucunement référence au Grand Rodez auquel il appartient, mais il comprend également une commune certes voisine mais extérieure à l’agglomération : Flavin. Peut-être cela permettra-t-il, à terme, de préparer l’entrée future de cette commune dans l’agglomération ?

C’est beaucoup plus compliqué pour d’autres communes de l’agglomération qui se trouvent éclatées et rattachées à des cantons ruraux, sans rapport aucun avec l’agglomération. Ainsi Sébazac-Concourés se retrouve sur le canton du Causse-Comtal avec Bozouls, Agen d’Aveyron, Gabriac, La Loubière, Montrozier et Rodelle. De son côté, la commune urbaine de Druelle est rattachée au canton rural du Vallon avec Balsac, Clairvaux d’Aveyron, Marcillac-Vallon, Mouret, Muret-le-Château, Nauviale, Pruines, Saint Christophe-Vallon, Salles-la-Source et Valady.

Enfin, les communes de Baraqueville, Camboulazet et Manhac qui avaient rejoint l’agglomération au 1er janvier 2014, intègrent dorénavant le canton du Céor-Ségala qu’elles venaient de quitter. Encore s’agit-il là d’un moindre mal puisque ces mêmes communes de l’agglomération ont décidé de quitter le Grand Rodez au 1er janvier 2016. De fait, ce canton sera à nouveau homogène et cohérent au prix d’un départ de l’agglomération ; ce qui est probablement salutaire pour ces communes mais lourdement préjudiciable au développement de l’agglomération du Grand Rodez.

Les binômes en lice sur les cantons liés à l’agglomération du Grand Rodez :

Rodez 1 : Isabelle Sudre & Jean-François Théron (L’Aveyron en marche – UMP-UDI) ; Muriel Combettes & Daniel Rozoy (PRG) ; Sarah Vidal & Arnaud Combet (PS) ; Muriel Abriac & Bernard Debrecq (FN) ; Cécile Dibon-Courtin & Medhi Smaine (Divers droite) Anne Minier & Michel Puech (Front de Gauche).

Rodez 2 : Evelyne Frayssinet & Bernard Saules, conseiller sortant (L’Aveyron en marche – UMP) ; Martine Bezombes & Serge Bories (PS) ; Béatrice Charron & Guillaume Halb (Front de Gauche)

Rodez-Onet : Valérie Abadie-Roques & Jean-Philippe Abinal (L’Aveyron en marche – Divers droite) ; Sylvie Foulquier-Kabiti & Jean-Louis Roussel, conseiller sortant (Front de Gauche) ; Nathalie Separt-Mazenq & Bruno Gare (Divers gauche) ; Sophie Leroy & Boris Cortijos (Divers gauche) ; Charlotte Carcenac & Fabien Lombard (Divers droite) ; Isabelle Courtial & Jean-Luc Paulat (PS)

Nord Lévezou : Dominique Gombert & Jean-Philippe Sadoul (L’Aveyron en marche – UDI) ; Valérie Tavernier & Sébastien Vervialle (Front de Gauche)

Causse-Comtal : Magali Bessaou & Jean-Luc Calmelly (L’Aveyron en marche – Divers droite) ; Florence Cayla & Christophe Mery (PRG) ; Cathy Massol & Grégory Poczemin (Divers gauche)

Vallon : Laure Soulié-Deltell & Bernard Cayzac (L’Aveyron en marche – Divers droite) ; Anne-Gaben-Toutant (conseillère sortante PS) & Stéphane Mazars (PRG) ; Chantal Desmarets & Denis Mathieu (Front national) ; Fatiha Salvayre & Georges Andrieux (Divers gauche)

Céor-Ségala : Nicole Fouillade et Jacques Barbezange (L’Aveyron en marche – UDI) ; Anne Blanc et Jean-Marie Pialat (PRG) ; Renée Heroin & Claude Ratel (Front national) ; Nadine Bochaton & Matthieu Lamazière (Front de gauche)

Jean-Claude Luche, président du Conseil général sortant (UDI) est pour ce qui le concerne candidat sur le canton de Lot de Palanges (St Geniez d’Olt/Laissac), soutient la candidature d’un binôme dans chaque canton sous la dénomination « L’Aveyron en marche ».

Reste à espérer que les électeurs, pour le moins déconcertés par ce redécoupage électoral absurde, sauront se mobiliser pour leur département, à défaut de le faire pour leur nouveau canton. Deux inconnues : le taux de participation et le score du Front national. Dans un contexte politique national pour le moins difficile, ces élections constitueront à n’en pas douter un véritable test pour le gouvernement et plus encore pour les candidats aux prochaines élections régionales prévues en fin d’année.

Plus d’infos :


Rodez : Bruno Bérardi s’en est allé…

16 février 2015

Bruno Bérardi avait été élu en 2008, conseiller municipal de Rodez et conseiller d’agglomération, vice-président du Grand Rodez jusqu’en 2014. Il avait été brillamment réélu en mars 2014 à la tête de la liste « Rodez Citoyens ».

Durant ses deux mandats municipaux, il n’a pas ménagé ses efforts sur certains dossiers et exiger plus de transparence et de démocratie dans le fonctionnement de la municipalité. Il siégeait avec assiduité et constance et était très respecté de ses collègues. Mieux que quiconque, il connaissait les dossiers qu’il avait préalablement travaillés et ne manquait pas une occasion d’apostropher le maire, quitte à déranger, pour exiger des précisions et autres clarifications qu’il jugeait nécessaires.

Plus que tout autre élu, il était à l’écoute de la population et accessible à tous. Il était totalement dévoué à la défense des intérêts de sa ville et de ses citoyens.

A bien des égards, il était un élu incontournable qui, lors des séances en commission et en conseil municipal ou d’agglomération, marquait par ses remarquables interventions pleines de bons sens. De ce point de vue, on peut affirmer sans crainte de se tromper que par son travail rigoureux et son sérieux, il aura été pour la ville de Rodez et l’agglomération du Grand Rodez un élu de référence. Son absence ne manquera pas de se faire sentir.

Cela est d’autant plus méritoire que Bruno Bérardi, depuis plusieurs années, menait parallèlement un combat personnel courageux.

Bien malgré lui, après un long combat pour la vie, Bruno Bérardi nous a quittés voici quelques jours.

Sa famille et ses proches qui ont partagé ces difficiles moments à ses côtés peuvent être fiers de lui. Nos pensées vont à eux en ce moment de grande tristesse.

Les ruthénois ne l’oublieront pas, lui qui a tant donné pour sa ville.

Au revoir Bruno !

Joseph Donore


Rodez et Grand Rodez : après les élections qui n’auront pas changé grand-chose, retour aux réalités

22 avril 2014

On pouvait penser que les élections municipales de mars 2014 étaient de nature à changer la donne ruthénoise et que les choses allaient peut-être enfin changer dans le bon sens, après 6 années de gestion chaotique pour le moins désastreuse, tant à la mairie de Rodez qu’à la communauté d’agglomération du Grand Rodez.

Eh bien non ! Même si beaucoup de ruthénois ont manifesté une réelle volonté de changement du fait de la personnalité très contestée du maire de Rodez et de ses piètres résultats, les électeurs ont finalement boudé le scrutin comme en atteste la modeste participation. Probablement par manque d’adhésion à la seule liste qui présentait pourtant une réelle alternative au maire sortant, celle de Rodez Uni, Rodez en Grand. Le piètre résultat obtenu constitue un échec cinglant pour la droite et le centre ruthénois qui n’ont pas réussi à mobiliser leur propre électorat en dépit d’un programme et d’une équipe de qualité. Cet échec est d’autant plus insupportable que partout ailleurs en France, y compris dans des villes profondément ancrées à gauche depuis des décennies, la vague bleue nationale l’a largement emporté.

Dans ce contexte, comment ne pas comprendre l’extrême déception de beaucoup de ruthénois. La droite ruthénoise ne pourra plus longtemps se voiler la face ; le temps est pour elle venu de changer de cap et de braquet sous peine d’être marginalisée. Pour l’instant, c’est loin d’être gagné… En attendant, espérons que les ruthénois auront au moins une véritable opposition municipale qui saura se faire entendre face aux mensonges et autres manipulations du maire de Rodez.

Conséquence de cet échec, la municipalité socialiste a été reconduite jusqu’en 2020, même si c’est avec seulement 48% des suffrages exprimés et 30% des inscrits. Fort de leurs pleins pouvoirs, les élus socialistes ruthénois, dés le 1er Conseil municipal, se sont empressés de s’octroyer les indemnités maximales prévues pour la ville au profit du maire et ses 10 adjoints. Pourquoi se priver, au moment même où tant de foyers voient leur rémunération ou pension de retraite baisser et leurs impôts augmenter ? Pourquoi imiter les nombreuses municipalités qui ont décidé de baisser substantiellement leurs indemnités par esprit de solidarité et de rigueur des finances locales ? Les électeurs ruthénois apprécieront surtout lorsqu’ils recevront la prochaine augmentation de la taxe d’habitation ! Rendez-vous en 2015.

Du côté de l’agglomération du Grand Rodez, ont était en droit de s’attendre à quelques changements, notamment en raison de la défaite Fabrice Geniez, le maire socialiste d’Onet-le-Château. Compte-tenu des voix de cette dernière et d’une majorité de communes peu enchantées à l’idée de reconduire le maire de Rodez à la présidence de l’agglomération, les conditions semblaient réunies pour un possible basculement.

Finalement, il n’en sera rien. Bien au contraire, après négociation, la quasi-totalité des communes de l’agglomération, y compris les plus à droite, se sont entendues avec le maire de Rodez et ont décidé unanimement de lui apporter leur soutien. De quoi s’interroger lorsque l’on connaît le bilan désastreux de 6 années de gestion socialiste de l’agglomération du Grand Rodez (explosion des impôts locaux, de la dette et des dépenses de fonctionnement, absence de projet d’agglomération). C’est dire combien les enjeux locaux et autres promesses faites à quelques communes ont primés sur les intérêts de l’agglomération, quelque peu oubliés.

Les élus de l’agglomération ont rapidement cédé aux avances du magicien Teyssèdre. Malin comme il est, il a su s’attirer l’adhésion de l’ensemble des élus à commencer par ceux des principales communes pourtant censées se situer politiquement au centre-droit (Onet-le-Château, Luc-La Primaube, Baraqueville, Druelle, Sainte Radegonde…). Alors même qu’aucun projet n’a été soumis aux membres du Conseil d‘agglomération, et bien que le passif du mandat précédent soit très lourd, Christian Teyssèdre a été élu président de l’agglomération du Grand Rodez dés le premier tour avec pas moins de 38 voix sur 51. Sur la lancée, 15 vice-présidents ont été élus, soit le maximum autorisé par le code général des collectivités territoriales. Pourquoi se priver des indemnités de l’agglomération et tant pis pour ses finances exsangues !

Voilà des changements qui n’en sont pas et que ne permettent pas de regarder l’avenir de la cité ruthénoise avec beaucoup d’optimisme, loin s’en faut.

Une fois de plus, l’agglomération du Grand Rodez a été sacrifiée au profit des petits arrangements politiques locaux. Plutôt que de conduire un véritable projet d’agglomération ambitieux et porteur d’avenir, les élus de l’agglomération ont préféré privilégier leur commune ; confortant ainsi l’EPCI dans son rôle stérile de simple guichet intercommunal destiné à alimenter les petits projets locaux. Une dérive dramatique à l’opposé de ce que doit être aujourd’hui une communauté d’agglomération moderne, unie sur un projet d’agglomération et tournée vers l’avenir.

Au moment où le gouvernement souhaite réduire le nombre de régions et supprimer les départements, il est paradoxal que les délégués de l’agglomération privilégient la défense de leurs petits intérêts communaux aujourd’hui dépassés. Ils ne semblent pas avoir compris (au moins pour le plus grand nombre d’entre eux) qu’ils ont été élus pour défendre les intérêts de l’agglomération du Grand Rodez et non l’inverse ! Vivement la fusion des entités communales de l’agglomération au sein d’une seule et même commune : Rodez.

Une fois de plus, le manque de courage des élus, obsédés par la préservation de leur petit prés carré et leur réélection constituent un frein au développement du Grand Rodez ! Il est temps que cela change si nous voulons que notre agglomération retrouve les voies de la croissance, de l’emploi et de la confiance en son avenir et celui des générations futures.


Rodez : la communauté d’agglomération à la dérive depuis 2008

3 mars 2014

La communauté d’agglomération du Grand Rodez :  un  bateau ivre

Pour la première fois depuis l’élection des Conseils municipaux au suffrage universel la prochaine échéance proposera, pour les communes de plus de mille habitants, un bulletin composé de deux listes, celle des conseillers municipaux et celle des conseillers communautaires. Cette innovation atteste de l’importance accordée à la coopération intercommunale souvent qualifiée de « révolution tranquille ». Depuis leur création en 1959, les Etablissement Publics de Coopération intercommunales (EPCI) ont apporté une réponse efficace à ce que l’on a appelé la grande dispersion des 36000 communes de France. Contrairement à ce que l’on entend souvent il ne s’agit pas « d’une couche supplémentaire », mais d’une auto-organisation des communes entre elles, afin d’étendre, de mutualiser et de rationaliser leurs actions à une échelle territoriale plus adaptée à la réalité des bassins de vie.

Le District du Grand Rodez créé en 1964 a été transformé en Communauté  d’Agglomération en janvier 2000. Durant de nombreuses années, le GR (Grand Rodez) composé de 8 communes, a profondément modelé le visage de l’agglomération.  On lui doit notamment tout les réseaux d’assainissement et les stations d’épuration, la construction du nouvel abattoir d’Arsac, la création et la construction de l’IUT suivi de celles du centre universitaire, Le viaduc de Bourran et le quartier du même nom, toutes les zones d’activité, le centre nautique Aquavallon, et le centre culturel et sportif de l’Amphithéâtre, l’aménagement de la Rocade, l’Aéroport de Rodez, le musée Pierre Soulages, le déplacement de la maison d’arrêt…etc, etc. Toutes ces opérations et bien d’autres ont été financée par la communauté, c’est-à-dire par les 8 communes unies par et dans la réalisation d’un projet commun ambitieux. La plupart des ruthénois ne mesurent pas ce qu’ils doivent à la coopération entre les 8 communes et, partant l’enjeu de la future échéance électorale.

Durand les six dernières années, cette patiente construction a été saccagée par l’irresponsabilité d’un élu. Osons le dire, Christian Teyssèdre laisse derrière lui un champ de ruines au Grand Rodez. Dès son élection, il n’a pas supporté que Ludovic Mouly préside le conseil communautaire. Soucieux de tenir ce dernier en rênes courtes il a sapé son autorité, jusqu’à ce qu’il démissionne, le PS l’ayant  très confortablement envoyé pantoufler à ERDF. Le maire de Rodez, autoritaire et irascible, refusant le jeu collectif de la communauté, imposant son point de vue en toutes circonstances a dressé contre lui ses sept collègues maires des autres communes. En témoigne sa difficile élection à la présidence de la communauté après le départ de Ludovic Mouly. Le mal était fait. A l’esprit communautaire progressivement édifié en cinquante ans d’efforts par les maires des huit communes, a succédé une foire d’empoigne où chacun défend ses intérêts. Aucune vision stratégique, aucun projet commun pour l’avenir du Grand Rodez ne sous-tendent plus les volontés d’un Etablissement devenu un bateau ivre. Bateau que beaucoup d’agents et non des moindre ont quitté, malheureux ou écœurés de le voir sombrer

Et voilà que pour des motifs politiciens éloignés de toute logique territoriale les communes de Barraqueville, Camboulazet et Manhac choisissent, de plein gré pour certaine, de force pour les autres, ce moment d’extrême fragilité de la communauté d’Agglomération pour y adhérer. Que doivent penser les nouveaux arrivants en découvrant cette pétaudière? Une ambiance exécrable, une situation financière alarmante, une dette envolée vers des chiffres dont l’importance les stupéfie et les effraie, pas de quoi peindre l’avenir en rose. Si l’on en croit la presse locale leurs réactions et celles de leurs administrés témoignent plus de regrets que d’enthousiasme. La tâche des futurs élus pour recréer un esprit communautaire et élaborer un nouveau projet d’Agglomération s’annonce des plus ardues.

Pourtant, plus qu’au Conseil municipal, c’est au sein de l’assemblée communautaire que se construit l’avenir du Grand Rodez. L’organisation du territoire, l’urbanisme, le développement économique, l’enseignement supérieur, les déplacements, les transports collectifs…tous les facteurs qui conditionnent notre vie quotidienne se jouent et se joueront de plus en plus au niveau de l’agglomération. Il faut espérer que ceux qui en assureront la destinée soient en capacité de réparer les carences des six dernières années.

Tribune libre de RodezNews


RN88 à 2 X 2 voies : La réunion du syndicat mixte pour la promotion de l’axe autoroutier Toulouse-Lyon s’est déroulée sans les élus du Grand Rodez – Le Conseil général de l’Aveyron lance sa pétition en faveur de l’aménagement de la RN88

10 janvier 2014

Le 19 décembre 2013, s’est déroulée à Paris la réunion des membres du syndicat mixte d’études et de promotion de l’axe Toulouse-Lyon en vue de faire le point sur l’avancement de ce grand dossier d’aménagement du territoire entre les deux grandes métropoles françaises.

Le syndicat mixte d’étude et de promotion de l’axe Toulouse-Lyon a été créé voici plusieurs décennies à l’initiative de Marc Censi, alors président du district du Grand Rodez, aujourd’hui devenu l’agglomération du Grand Rodez. Ce dernier en avait été le président jusqu’en 2008. Le syndicat est composé de 19 collectivités territoriales concernées présidé par Jean-Paul Pourquier, président du Conseil général de la Lozère. Il a pour objet de promouvoir l’aménagement autoroutier de la RN88 entre Toulouse et Lyon, en passant par Albi, Rodez, Mende, Le Puy-en-Velay et Saint Etienne.

Les élus du Grand Rodez aux abonnés absents

Même si les travaux d’aménagements de la RN88 avancent trop lentement de l’avis de tous, en ces temps de difficultés budgétaires, le syndicat mixte joue un rôle déterminant en mobilisant l’ensemble des élus concernés des villes, départements, régions et parlementaires autour de ce projet. Hélas, les actuels élus du Grand Rodez ne siègent plus dans cette instance depuis 2008, montrant ainsi leur total désintérêt pour ce dossier pourtant si important pour le développement de l’agglomération du Grand Rodez. Heureusement, certains élus aveyronnais participent régulièrement aux travaux du syndicat mixte, à commencer par Jean-Claude Luche, le président du Conseil général de l’Aveyron, ainsi qu’Yves Censi, député.

Cette absence répétée des élus ruthénois, à n’en pas douter, constitue un frein au développement de la RN88 et notamment pour ce qui concerne l’aménagement de la rocade de Rodez et le grand contournement. C’est pourtant là que réside le principal obstacle à la fluidité de la circulation pour accéder à la ville de Rodez mais aussi pour traverser l’agglomération. Une fois encore, contrairement à leurs engagements, sur cet aménagement important pour le développement de la ville, comme sur d’autres, les élus socialistes ruthénois sont aux abonnés absents.

Les conclusions de la réunion du syndicat mixte

La RN 88 traverse un vaste territoire mal desservi regroupant plus de 10 millions d’habitants des régions Rhône-Alpes, Auvergne, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, soit deux grandes métropoles régionales et 5 préfectures. En 2016, il ne restera guère plus que 160 kilomètres à aménager pour terminer ce grand axe routier, qui constituera à terme un axe européen de circulation majeur entre Séville et Varsovie, tout en permettant de soulager le couloir rhodanien aujourd’hui saturé. Pourtant, à l’exception des travaux en cours entre Carmaux et Baraqueville et sur la rocade du Puy-en-Velay, à l’inverse du gouvernement précédent, le gouvernement socialiste de M. Ayrault ne semble pas disposé à investir le moindre argent sur cet axe.

Laurent Vauquiez, député-maire du Puy en Velay a affirmé : « L’Axe Toulouse-Lyon est pour nos territoires un levier économique puissant et qu’il est urgent d’accélérer sa réalisation par la mise en concession des sections inachevées, puisque l’Etat n’investit plus dans les infrastructures d’avenir. » Plus généralement, les participants ont insisté sur la nécessité d’un consensus entre l’ensemble des acteurs pour faire avancer au plus vite le dossier.

Les élus aveyronnais présents ont abondé dans le sens des autres participants, même si le département de l’Aveyron n’a pas souhaité remettre en cause les DUP existantes et le principe de la gratuité de la RN88 dans la traversée du département. D’où la pétition mise en ligne par le Conseil général en ce sens. Yves Censi a indiqué de son côté, qu’à son avis, il était concevable de mobiliser des financements différenciés selon les segments de la RN88.

En conclusion, le président du syndicat mixte a déclaré : « L’aménagement de cet axe est un enjeu d’avenir pour les populations. Malgré les difficultés et la faiblesse de nos moyens, nous ne sommes pas résignés et nous poursuivons le combat. Il existe des solutions, dont la concession et le partenariat public-privé pour achever al réalisation de la RN88. »

La pétition pour la RN88 en ligne

Le Conseil général de l’Aveyron a lancé le 9 janvier 2014 sa pétition http://urgence.rn88.aveyron.fr/ pour une autoroute gratuite entre Toulouse et Séverac-le-Château (A75), y compris la rocade de Rodez. L’Aveyron a trop attendu ! Poursuivons les travaux de la RN 88 !

« L’état et la Région Midi Pyrénées refusent de débloquer les fonds nécessaires à l’achèvement de la mise en 2×2 voies de la RN 88 entre Rodez et Séverac-le-Château et de la rocade de Rodez. Si on en reste là, les travaux seront bloqués jusqu’en 2020 ! En signant cette pétition, vous vous associez au Conseil Général de l’Aveyron pour :

  • demander à l’Etat et à la Région Midi Pyrénées de financer la poursuite des aménagements en 2×2 voies gratuite de la RN 88 en Aveyron entre Rodez et Séverac-le-Château (A 75), rocade de Rodez comprise,
  • exiger la poursuite des travaux dès maintenant,
  • mettre fin à l’enclavement routier de l’Aveyron par la mise en 2×2 voies de cette route nationale vitale pour la sécurité des usagers, pour l’économie aveyronnaise, pour l’attractivité du département et pour la qualité de vie des Aveyronnais. »

Soutenez l’aménagement de la RN 88 à 2 X 2 voies en signant la pétition : http://urgence.rn88.aveyron.fr

Plus d’infos :


Aveyron : la mise à 2 x 2 voies de la RN88 entre Rodez et l’A75 / Séverac-le-Château au point mort du fait de l’absence de mobilisation des élus ruthénois (2)

23 octobre 2013

A fin 2016, le Grand Rodez devrait être enfin relié à Toulouse, la capitale régionale, via autoroute. Pour autant, le chantier de la RN 88 à 2 x 2 voies ne sera pas achevé, loin s’en faut.

Outre le tronçon de la RN88 compris entre Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) et l’A75 (Lozère), subsisteront en 2016 deux gros points noirs en Aveyron : le contournement de Rodez, dont plus personne ne parle et l’important tronçon de 42 km compris entre Rodez et l’A75 (Séverac-le-Château). Même si le financement de ce dernier tronçon est acté par le gouvernement, aucune date n’a été fixée pour l’engagement des travaux.

Du côté des actuels élus de Rodez et de l’agglomération du Grand Rodez, c’est le silence radio bien qu’il s’agisse d’un dossier majeur pour l’aménagement et le développement du Grand Rodez. En effet, à aucun moment depuis leur élection en 2008, les élus socialistes ne se sont intéressés à ce dossier, de prés ou de loin, alors que le désenclavement reste l’une des priorités pour la ville et le département.

Ceci est d‘autant plus surprenant que M. Teyssèdre, actuel maire de Rodez et président de la communauté d’agglomération du Grand Rodez, lors de la dernière campagne pour les élections municipales de 2008, n’avait eu de cesse d’accuser son prédécesseur de ne pas s’être suffisamment investi pour faire avancer le dossier de la RN88. Oubliant au passage que l’aménagement de la RN88 à 2X 2 voies doit beaucoup à l’action de Marc Censi qui était jusqu’en 2008, le président et l’animateur du syndicat mixte pour l’aménagement de l’axe Toulouse-Rodez-Le Puy-Lyon. Les élus de Rodez ont d’ailleurs déserté cette instance depuis lors !

Sur ce tronçon, les ruthénois ne voient toujours rien venir, et pour cause : sur ce dossier comme sur d’autres, les élus socialistes ne font strictement rien si ce n’est gesticuler de temps à autre. Le chantier de la RN88 et du grand contournement de Rodez ont purement et simplement été laissés à l’abandon. Il est vrai que le dossier est complexe et relève d’abord de la compétence de l’Etat. Pourtant, alors que le chef de l’Etat a été reçu en grande pompe à l’hôtel de Ville de Rodez récemment, ce sujet n’a même pas été évoqué par M. Teyssèdre.

Anne-Marie Escoffier, la ministre aveyronnaise déléguée à la décentralisation, par ailleurs conseiller général et ancienne sénatrice et préfète de l’Aveyron, ne fait pas mieux. Elle reste très discrète, pour ne pas dire muette, sur ce dossier qu’elle sait pourtant ô combien vital pour le département.

Contrairement à ce qu’avait promis M. Teyssèdre, alors que les élus socialistes ruthénois et aveyronnais sont aujourd’hui très proches, pour ne pas dire intimes du pouvoir parisien, force est de constater que rien n’a été fait pour engager le grand contournement ou la rocade de Rodez, pas plus qu’en faveur de la poursuite de l’aménagement à 2 X 2 voies de la RN88 entre Rodez et Séverac-le-Château. A quoi bon détenir tous les pouvoirs (locaux, régionaux et nationaux) si c’est pour ne rien faire ?

Avec Christian Teyssèdre, les ruthénois commencent à connaître la musique : de belles promesses mais strictement rien derrière. Que du vent alors que l’économie du Grand Rodez, par ces temps de crise, souffre énormément de son enclavement.  5 années de perdues qu’il sera difficile de rattraper !

Il ne reste plus qu’à espérer que les prochains élus de Rodez sauront prendre ce dossier à bras le corps, comme tous ceux restés en friche par la municipalité socialiste. Il y a urgence !