France : Le gouvernement Valls II réussira-t-il là où les autres gouvernements de gauche ont échoué ?

29 août 2014

En cette rentrée 2014, les français retrouvent les réalités du pays. Pour celles et ceux qui ne s’en étaient pas aperçus, ils découvrent que la situation de la France a inexorablement continué à se dégrader cet été pour atteindre les bas fonds en cette fin août. A y regarder de plus prés, rien ne va plus. Pour preuve :

  • La croissance est nulle pour le deuxième trimestre consécutif ;
  • Les déficits publics devraient finalement dépasser les 4.3% du PIB à fin 2014, contre une prévision de 3.5% ;
  • la dette publique devrait approcher les 100% du PIB à fin 2014 ;
  • le chômage continue à augmenter fortement à 3.424 millions à fin juillet (10.1% de la population)….

On pourrait ainsi continuer la liste des mauvaises nouvelles concernant l’économie et les finances du pays.

Rappelons que M. Hollande annonce depuis 2012 la baisse du chômage alors qu’il n’a cessé d’augmenter. Si l’on comptabilise l’ensemble des catégories de sans emplois (A, B et C), le nombre réel de chômeurs (DOM compris), atteint les 5 386 600. Ce qui est considérable au regard des promesses du président de la République. A titre de comparaison, alors qu’en France le taux de chômage au sens du BIT était de 10.1% à fin juillet 2014 ; dans les principaux pays, il varie en 5% et 7% (6.3% aux USA, 5.2% en Allemagne, 6.6% en Grande Bretagne, 7% aux Pays-Bas, 4.9% en Autriche…).

Depuis mai 2012 et l’arrivée de François Hollande, la situation de la France n’a cessé de se dégrader à l’instar des opinions favorables le concernant qui ont atteint le plus bas niveau jamais atteint de 17%. Peut-on gouverner durablement et efficacement le pays lorsque 83% des français n’accordent aucune confiance au chef de l’Etat pour sortir le pays des difficultés actuelles.

C’est dans ce contexte économique, budgétaire et social qu’il a lui-même largement contribué à dégrader que M. Hollande a demandé à M. Valls, Premier ministre, de former un nouveau gouvernement. Il est vrai que le désordre et la cacophonie généralisée qui caractérisaient les gouvernements nommés depuis 2012 étaient peu propices à une bonne gouvernance. Exit donc les trublions de la gauche du parti socialiste : Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti ; place aux plus fidèles serviteurs de M. Hollande qui ne lui feront pas de l’ombre et appliqueront sa politique sans rechigner. Encore faut-il en avoir une et définir un cap clair !

Parmi les nouveaux ministres, un certain Emmanuel Macron, ancien banquier d’affaires et ancien conseiller du chef de l’Etat, nommé à la tête du ministère de l’économie et de l’industrie. Il faut croire qu’on manquait de candidats pour ce poste pour aller piocher dans la finance, à moins que ce ne soit un signal envoyé à l’aile gauche du PS pour lui signifier un véritable changement de cap dans la politique économique. Il n’en reste pas moins amusant de constater que le même Hollande qui avait violemment fustigé le monde de la finance lors de son discours du Bourget en 2012, n’hésite plus aujourd’hui à faire appel à l’un de ses représentants pour épauler son gouvernement à la dérive. Le monde de la finance serait-il redevenu fréquentable ?

Que de reniements et de changements de caps depuis la campagne présidentielle. On comprend mieux le fort mécontentement d’une partie de l’électorat de gauche trahi par Hollande en personne. Il paraît que ce nouveau gouvernement entend se placer sous le signe du social-libéralisme ; pourquoi pas, mais le plus important est le résultat. Voilà qui ne va pas manquer d’enchanter certains parlementaires de la gauche radicale !

Pas sûr, dans ces conditions, que le nouveau gouvernement trouve une majorité socialiste pour le soutenir. Osera-t-il engager la responsabilité de son gouvernement et poser la question de confiance devant l’Assemblée Nationale ?

Au fait, pourquoi avoir attendu 30 mois pour changer de politique si la précédente n’était pas bonne puisque cela fait maintenant plus de deux ans que les résultats de la France sont purement et simplement désastreux ? Pas sûr que les socialistes eux-mêmes aient la réponse !

Lors que 1er Conseil des ministres du gouvernement Valls II, M. Hollande a déclaré : « La mission du gouvernement sera de répondre aux préoccupations des Français – emploi, logement, sécurité, services publics – mais aussi la réduction des déficits qui doit être compatible avec la croissance« . Il serait temps ! Les français vont-ils longtemps continuer à croire ce type de promesse ?

Après tant de duperies et d’incompétence, ces gesticulations médiatiques ont peu de chance de participer au rétablissement de la confiance des français dans ce nouveau gouvernement socialiste.

D’ailleurs du côté de nos amis allemands, l’inquiétude subsiste. Le président de la commission aux affaires européennes du Bundestag, Gunther Krichbaum se veut réaliste : « Les problèmes de la France ne disparaitront pas avec le changement d’équipe gouvernementaleLa France doit se réformer, non pas pour faire plaisir à Berlin ou à Bruxelles, mais pour son propre intérêt.» Et de rappeler certaines réalités à l’origine de la grave crise de confiance envers le chef de l’Etat français : « Le problème reste que le président Hollande a fait beaucoup de promesses durant sa campagne, suscité beaucoup d’attentes et provoqué beaucoup de déceptions. »

Le gouvernement Valls II tiendra-t-il ses promesses et réussira-t-il à rassembler une majorité de socialiste qui lui permette de gouverner durablement ou devra-t-on s’orienter vers une dissolution de l’Assemblée nationale ? Verdict dans les prochains mois. En attendant, la France est aujourd’hui très fragilisée et apparaît clairement comme l’enfant malade de l’Europe. Un bien triste bilan pour M. Hollande : en moins de 30 mois, il a réussi à mettre la France au tapis et paraît aujourd’hui incapable de la relever.

Une bien difficile fin d’année 2014 en perspective pour les français…


France : le discours de politique générale du Premier ministre socialiste ignore superbement la réalité de la crise française et les recommandations de la Cour des comptes

5 juillet 2012

Dans son discours de politique générale de ce mardi devant l’Assemblée nationale, le nouveau Premier ministre s’est contenté d’annoncer quelques petites mesurettes d’ordre général promises par le candidat Hollande, sans pour autant donner la mesure de véritables réponses pour faire face à la profonde crise des finances publiques du pays. Jean-Marc Ayrault est même allé jusqu’à affirmer que son programme ne serait ni la rigueur, ni l’austérité ! Voilà qui n’a rien de rassurant au vu du récent constat alarmant de la Cour des comptes sur la situation de la France. Le chef de l’Etat et son gouvernement ont-ils réellement pris la mesure de l’ampleur de la crise et de l’urgence à prendre des mesures ? Il est permis d’en douter.

En effet, plutôt que de présenter des mesures énergiques de réduction des dépenses publiques, y compris en matière sociale où il existe de nombreux abus, le Premier ministre s’est contenté d’annoncer un certain nombre d’augmentation d’impôts et l’annulation de la mise en place de la TVA sociale prévue à l’automne par le gouvernement Fillon. Les députés de gauche ont longuement ovationné cette décision qui va pourtant à l’encontre du soutien à la compétitivité des entreprises et à la création d’emplois et qui aurait permis quelques augmentations salariales pour les plus bas salaires.

Après avoir supprimé d’un revers de main, la possibilité pour les salariés de réaliser des heures supplémentaires en franchise d’impôt pour améliorer l’ordinaire et annoncé une augmentation du SMIC de 2% qui ne sera en fait que de 0.60% et même probablement négative, en quelques mesures strictement d’ordre idéologique, ce gouvernement n’hésite pas un seul instant à gruger nos concitoyens les plus modestes.

Alors que le temps des réformes de structures et de réduction des dépenses publiques est partout d’actualité en Europe, y compris chez nos amis italiens et espagnols, le gouvernement socialiste français temporise et diffère des mesures d’austérité devenues pourtant inévitables pour sortir de l’engrenage de la crise. Dans ces conditions, on ne peut que s’interroger : « Y a-t-il un pilote aux commandes de la France ? ». A ce rythme, le pays risque de prendre le chemin inverse de la croissance, de la compétitivité et du plein emploi, tournant le dos à l’Europe.

Ce manque de courage politique, d’une manière ou d’une autre, se paiera cache très prochainement. D’ores et déjà, malgré les manipulations politiciennes de la gauche, la rentrée 2012 risque d’être chaude à bien des égards pour le gouvernement français.

Hélas, une fois encore sous un gouvernement de gauche, ce sont les mêmes qui vont payer la casse et surtout les impôts et taxes, à savoir les classes moyennes et les revenus les plus modestes. En attendant la facture, on peut toujours rêver et essayer de passer d’agréables vacances. On verra bien à la rentrée !