France : les dessous de l’affaire Bettencourt-Woerth (4)

14 juillet 2010

Le lynchage public et organisé de M. Woerth

La plupart des accusations portées ne sont appuyées d’aucune preuve, et plus grave, sont contredites par la réalité des faits. En l’état, elles paraissent relever davantage de la simple diffamation. La technique est bien connue ; quand on veut éliminer quelqu’un, il suffit de le livrer en pâture au public en l’accusant des pires malversations et en prétextant, si nécessaire, quelques prétendus éléments compromettants. En plus ? quand il s’agit d’hommes politiques au pouvoir, c’est encore plus facile et porteur. Accusez et diffamez, il en restera toujours quelque chose. Telle semble être la devise de prétendus journalistes d’investigation qui font feu de tout bois pour parvenir à leur fin au risque de substituer à la Justice.

Ce qui reste malgré tout rassurant dans cette affaire hyper-médiatisée, c’est que la majorité de la presse française a, depuis le début de l’affaire, pris certaines distances avec un dossier qui respire le règlement de compte et la calomnie. La liberté de la presse a ses limites que certains sites internet semblent ignorer. Jusqu’à quand ?

Le retour de bâton risque d’être sévère pour certains, mais après tout, qui s’en plaindra. Cette forme de procès, mené à charge sur la place publique, via des médias qui ne respectent pas la déontologie qui régie la presse et le monde journalistique, n’a pas sa place dans notre chère démocratie. En France, autant qu’ailleurs, les droits élémentaires de l’homme ne peuvent y être bafoués, y compris par des médias. Si des actes délictueux et répréhensibles ont été commis par des élus de la nation, la Justice a tous les moyens pour intervenir y compris avec l’aide éventuelle des médias.

Au cas particulier, gageons que l’inspection générale des finances, puis la probable Commission d’enquête de l’Assemblée Nationale, mais aussi le procès en correctionnelle de M. Banier et les plaintes pour diffamation de M. et Mme Woerth, ne manqueront pas d’étayer le dossier et d’éclairer les français sur la réalité de cette triste affaire.

S’il s’avérait que le conflit d’intérêt ou tout autre fait était finalement établi, il appartient à la Justice de ce pays de se prononcer dans toute sa rigueur. Libre à chacun d’en tirer ensuite toutes les conséquences qu’il entend.

Quelles conséquences pour la politique française ?

Sur le fond du dossier, on peut effectivement s’interroger de savoir s’il est normal qu’un ministre, qui plus est du budget, puisse être également trésorier de la principale formation politique de la majorité ! Il y a manifestement là une situation qui mériterait d’être clarifiée rapidement, y compris par la loi si nécessaire. Cela éviterait bien des suspicions de conflit d’intérêts et les inévitables ragots du café du commerce. Dommage que M. Woerth ait mis si longtemps pour se décider finalement à abandonner cette fonction, sous la pression de ses proches. Après tout, mieux vaut tard que jamais.

Au final, que restera-t-il pour l’opinion de l’affaire Woerth-Bettencourt ? Sur un plan politique, assurément rien de très positif, au vu de l’écho donné par les médias à cette affaire complexe. Au final, à en croire certains, les politiques seraient tous des corrompus.  C’est tellement plus facile et dans l’air du temps pour les français et en plus, cela peut être financièrement porteur pour de nombreux médias aux abois. L’affaire tombe finalement fort bien pour certains après l’élimination calamiteuse de l’équipe de France de la Coupe du monde de football, il fallait bien occuper le terrain et abreuver nos compatriotes !

Après tout, pour quelques prétendus médias peu regardant regardant, l’essentiel n’est-il pas de vendre du papier et de faire quelques abonnés de plus ; et peu importe le contenu ! Le discrédit qui pèse aujourd’hui sur l’ensemble de la classe politique française ne peut pourtant que renforcer les groupuscules extrémistes de tout bord.

Alors que la France, comme d’autres pays européens, traverse probablement la plus grave crise financière et budgétaire depuis plus d’un siècle et que d’importantes réformes sont en cours, l’avenir s’annonce beaucoup plus incertain que prévu et pas que pour la majorité en place. Créer de l’instabilité politique pour bloquer les réformes qui s’imposent aujourd’hui à notre pays était peut-être le but recherché par certains !

Espérons qu’il n’en sera rien et que le train des réformes en cours et à venir se poursuivra pour préparer la France aux défis de demain et, par là même, permettra à tous les français de sortir de la crise actuelle sans trop de dégâts pour les plus modestes et fragiles.

N’est-ce pas le véritable enjeux pour les politiques qui nous gouvernent ?

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France : l’OCDE juge nécessaire des réformes structurelles pour une reprise plus forte

10 juin 2010

L’OCDE (Organisation Coopération et le développement Economique) se dit confiante dans les perspectives de la France.

Le Secrétaire Général de l’OCDE, M. Angel Gurria s’est adressé aux membres de la Commission Attali pour la libéralisation de la croissance, lors d’une audition le 21 mai 2010 à Paris. Selon lui : « La France est bien placée pour assurer une reprise solide suite à la crise économique, à condition qu’elle redresse ses finances publiques en opérant des coupes dans les dépenses et en réformant son système de retraites ».

Il a souligné les avantages sur lesquels la France peut s’appuyer : à savoir : un taux de productivité élevé, des infrastructures solides et de bons services publics. Toutefois, des réformes structurelles supplémentaires sont nécessaires.  Il soutient qu’il est « vital de réformer le marché du travail. Pour utiliser les ressources de main d’œuvre de façon plus efficace, le coût du travail doit être réduit et les taux d’emploi, parmi les travailleurs âgés et les jeunes peu qualifiés, doivent être accrus« .

La Commission Attali a été mise en place par le Président français Nicolas Sarkozy après son élection en 2007 pour trouver des moyens de renforcer le taux de croissance économique en France. Lors de l’audition, Mr Gurría a présenté le nouveau rapport de l’OCDE à la Commission, ainsi qu’une étude supplémentaire sur « Mieux Légiférer en France« , qui analyse les progrès réalisés dans l’amélioration du cadre réglementaire en France depuis 2004.

M. Gurria a aussi exhorté la France à mettre en place une stratégie de moyen terme pour réduire les déficits publics. Ceci va pleinement dans le sens des mesures annoncées par le Président Sarkozy qui comprennent une réforme constitutionnelle pour encadrer les déficits, des réductions de dépenses, l’élimination de certaines niches fiscales et sociales et d’autres réformes pour assurer un suivi plus strict des dépenses publiques. Ces mesures sont bienvenues. Cependant, les mesures pour réduire le déficit public en France devront être prises avec précaution, compte tenu de la fragilité de l’économie globale. Un ensemble équilibré pour consolider les finances publiques devra incorporer des mesures pour accroître les recettes et d’autres pour réduire les dépenses.

Selon le rapport de l’OCDE, “le gouvernement français devra examiner les domaines dans lesquels l’impact sur la croissance économique sera le moins fort, comme la réduction des niches fiscales et sociales, l’accroissement des prélèvements sur la propriété, sur les biens et services qui bénéficient de taux réduits de TVA, et les émissions de carbone. La mise en place de règles budgétaires strictes et la création d’un conseil indépendant de surveillance, devrait améliorer la crédibilité du processus budgétaire”, selon le rapport. M. Gurría a également mis l’accent sur le besoin urgent de progrès dans les négociations entre les employeurs et les syndicats en matière de réforme des retraites.

Le rapport « Mieux Légiférer en France » souligne que l’inflation normative doit être mise sous contrôle car elle a des implications pour la compétitivité économique ainsi que pour le développement des petites et moyennes entreprises innovantes. Tout en reconnaissant les progrès effectués, le rapport recommande de renforcer les capacités institutionnelles pour soutenir la réforme de la réglementation. Le rapport appelle à une consultation accrue avec les parties prenantes et presse de renforcer les études d’impact des nouvelles lois. M. Gurria a également mis l’accent sur les bénéfices potentiels de la réforme de la réglementation pour libérer le potentiel de croissance de l’économie française. Des PME innovantes sont le pivot de l’économie de la connaissance et des opportunités à venir de la « croissance verte ».

« Une réglementation inappropriée entrave la création d’entreprises et la croissance, réduit de façon significative l’entreprenariat, l’innovation et en définitive, les niveaux de vie ».

Plus d’infos : le rapport complet « Mieux légiférer en France » remis par l’OCDE à la Commission Attali, le 21/05/2010