Réforme des retraites : entre mensonges et manipulations

19 novembre 2010

Les récentes manifestations contre le projet de réforme du régime des retraites proposé par le gouvernement reposaient en grande partie sur des arguments erronés et mensongers pour entretenir la peur des lendemains et mobiliser le plus de monde possible.

Les manifestations de lycéens, largement soutenues par les syndicats et certains partis de gauche, n’ont pas manqué de surprendre de nombreux français quelque peu dubitatifs de voir des jeunes s’opposer à la réforme des retraites  alors même que celle-ci avait pour objet d’assurer la pérennité du système à long terme, et par voie de conséquence, de préserver au mieux leurs intérêts pour demain. On passera sur le fait qu’il est pour le moins incongru que quelques jeunes qui commencent à peine leurs études soient à ce point obnubilés par leur retraite au lieu de se préoccuper de se former et de trouver un emploi durable.

L’un des arguments de lycéens contre la réforme, emprunté à la CGT et à l’UNEF, était d’affirmer que le prolongement de l’âge de la retraite jusqu’à 62 ans allait créer un million de chômeurs et, par voie de conséquence, retarder un peu plus l’entrée des jeunes sur le marché du travail. Tout cela est parfaitement grotesque et totalement faux !

Tous les économistes sont d’accord pour dire qu’il n’y a strictement aucun rapport entre l’âge de départ à la retraite et le niveau de chômage des jeunes d’un pays. Il suffit de regarder attentivement les données de l’OCDE pour constater que le chômage des jeunes de 18-25 ans est généralement très inférieur (9% à 18%) à celui de la France (22%) dans les pays où l’âge de départ à la retraite est situé entre 62 ans et 65 ans. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, pour un départ à la retraite à 63.5 ans, le taux de chômage des jeunes se situe aux alentours de 16% seulement. Cherchez l’erreur ?

Selon l’OCDE, la réalité semble même être à l’opposé des slogans avancés par les syndicats. Les chiffres sont indiscutables et montrent que les pays qui ont augmenté leur taux d’emploi des séniors sont aussi ceux qui ont le plus augmenté celui des jeunes de moins de 25 ans. A l’inverse, la France a l’un des taux les plus élevés de chômage des jeunes alors qu’elle a massivement encouragé les séniors à quitter le marché du travail. Ceci établi clairement que le marché de l’emploi est tout sauf un gâteau que l’on peut partager. Il y a tout simplement des actifs employables et d’autres pas.

Le problème c’est qu’en France, contrairement à l’Allemagne, au Japon ou au Pays-Bas, plus de 150 000 jeunes, représentant 17% de leur classe d’âge, sortent chaque année du système scolaire sans aucune formation. Là est le véritable problème qui devrait préoccuper les jeunes et les inciter à suivre assidument leurs études pour se préparer à aborder le marché du travail dans les meilleures conditions. Ce n’est certainement pas en manifestant sans raisons que leur situation va s’améliorer. Heureusement pour l’avenir de la France, la grande majorité des jeunes sont restés à leurs chères études, à l’écart d’un mouvement politique qui n’avait rien de spontané et réfléchi.

Une fois de plus, certaines organisations syndicales et politiques n’ont pas hésité à manipuler les plus jeunes et les plus naïfs à des fins strictement politiciennes plutôt que de faire de véritables propositions qui auraient permis d’améliorer et de consolider le projet de réforme initialement déposé.

Si la réforme adoptée n’est pas parfaite, elle a le mérite d’avoir sauvé le système par répartition pour quelques temps encore. Chacun devrait s’en réjouir. D’ailleurs, le FMI (Fonds monétaire international) ne s’y est pas trompé. Par la voix de son chef économiste Olivier Blanchard, il a adressé le 04 novembre un satisfecit à la France pour avoir réalisé une réforme «importante» et «substantielle» des retraites. Pour autant, «sera-t-elle suffisante pour toujours, peut-être pas, mais il fallait la faire», a-t-il enchaîné, ajoutant: «c’est une réforme qu’il aurait fallu faire depuis 20 ans». Le FMI, dont le président n’est autre que Dominique Strauss-Kahn, estime qu’un «certain nombre de réformes structurelles» sont encore nécessaires en France.

Eh oui, ce n’est qu’un début et la France devra aller beaucoup, beaucoup, plus loin pour préserver durablement ses acquis sociaux. Il serait temps que la poignée d’irréductibles qui se sont opposés à la présente réforme pour des raisons strictement politiques reviennent aux réalités de ce monde et cessent de manipuler l’opinion. La poursuite des réformes est la seule planche de salut pour la France, et ce, quel que soit la couleur politique du gouvernement, si l’on veut éviter de voir le pays sombrer dans une situation peu enviable à la grecque.


Retraites : qui manipule ? Qui prépare l’avenir ?

26 septembre 2010

Les grèves et manifestations contre la réforme envisagée par le gouvernement pour assurer le financement des régimes de retraites se poursuivent en ce début d’automne, comme souvent dans ce pays. Une grande classique de la riposte des syndicats pourtant si peu représentatifs en France.

La plupart des gens sensés et responsables dans ce pays, à droite comme à gauche, reconnaissent la nécessite de cette réforme des retraites qui était  devenue indispensable pour assurer la pérennité du financement du régime. Dans ce contexte, le bras de fer engagé par les syndicats et certains partis de gauche apparaît d’autant plus surprenant que la réforme ne remet nullement en cause, ni le régime par répartition actuel, ni les régimes spéciaux très favorables mais coûteux chers aux syndicats ; qu’elle  ne se traduit ni par une augmentation des cotisations pour les salariés, ni par une diminution du montant des retraites versées.

Etrange réaction pour une petite réforme qui ne règle pas les problèmes de financement au-delà de 2018 ! Pour l’immense majorité des salariés, l’espérance de vie se situe aujourd’hui entre 25 ans et 30 ans après le départ en retraite (contre 10 à 15 ans seulement dans les années 1950). Qu’y a-t-il de choquant que l’âge légal soit porté de 60 à 62 ans, alors que celui-ci est généralement supérieur et va même jusqu’à 67 ans dans la plupart des pays de l’Union européenne ? Comprenne qui pourra la réaction de certains français !

Contre vents et marées, les opposants, sous la houlette des syndicats et partis de gauche, semblent persister à vouloir maintenir le bras de fer avec le gouvernement. Jusqu’à quand et dans quels buts ? En attendant, que ce soit du côté des chiffres officiels ou des syndicats, il est incontestable que la dernière grève et manifestation a marqué le pas, c’est le moins que l’on puisse dire. La réalité des chiffres se trouve probablement dans la moyenne des chiffres annoncés de part et d ‘autre. Si l’on tient compte que les partis de gauches ont fortement mobilisé, notamment auprès des collégiens, lycéens et des retraités pourtant peu concernés par cette réforme, il faut bien reconnaître que les syndicats ne ressortent pas en position de force. Moins de 5% des français dans la rue, c’est vraiment très peu.

De son côté, le gouvernement s’est jusqu’à maintenant montré peu ouvert au dialogue et aux ajustements, laissant une marge de négociation aux interlocuteurs sociaux plutôt réduite. De ce point de vue, on peut regretter la tentative de passage en force du gouvernement, contestable à bien des égards même si, au final, la réforme envisagée préserve l’essentiel pour les salariés. Reste maintenant à lui apporter des améliorations concernant les carrières longues, la pénibilité et les femmes qui jusqu’à ces dernières années avaient moins cotisé.

Dans ce contexte, face à une bien modeste réforme qui, il est vrai, ne règle pas durablement son financement, l’opposition a beau jeu de critiquer le gouvernement ; elle qui s’oppose à toute remise en cause des régimes spéciaux et de la retraite par répartition. Comment peut-on reprocher au gouvernement de ne pas avoir engagé une réforme de fond ? Une fois encore, la critique est facile surtout quand on n’est pas en mesure de proposer d’alternative crédible qui financerait durablement les retraites.

Dans quelques années, de gré ou de force, les français n’auront hélas d’autre choix que d’accepter une réforme bien moins favorable parce qu’ils n’ont pas voulu en payer le juste prix lorsqu’il le fallait. Hélas, ce sont les nouvelles générations qui vont trinquer pour les vieux qui n’ont finalement d’autre souci que de préserver leurs petits intérêts personnels plutôt que de préparer l’avenir de leurs enfants et petits-enfants.

Une fois encore : courage, fuyons… telle est la devise de certains français !


France : l’imposture de Mme Aubry et d’une partie du PS face à la nécessaire réforme du régime des retraites

28 mai 2010

Ce 27 mai 2010, la France a connu une nouvelle grève. Une de plus… Cette fois-ci, l’objet était de s’opposer à la réforme des retraites et notamment au report de l’âge légal de départ à la retraite envisagé pour réduire les déficits des régimes. Contrairement à ce qui était annoncé, la mobilisation (concentrée sur les agents publics et les retraités), a cependant été loin d’atteindre les objectifs annoncés par les syndicats. Malgré les manipulations des uns et des autres, probablement que les français sont plus réalistes et ouverts à des solutions qui assurent la pérennité des régimes de retraite à long terme.

On peut d’ailleurs regretter que le gouvernement de François Fillon ait tardé à s’attaquer à la nécessaire réforme du financement des régimes de retraites en France et qu’il veuille en finir en quelques mois. Il n’en reste pas moins vrai qu’il y a aujourd’hui urgence à régler ce dossier explosif, notamment au regard des déficits abyssaux des régimes de retraite dans les années à venir si l’on ne revoit pas rapidement les modalités de financement.

La réforme du régime des retraites est explosif, non du fait des tensions et mouvements sociaux qu’ils risquent de générer ici et là, mais en raison de l’importance de la dette publique de la France aujourd’hui (plus de 80% du PIB) et des déficits non maitrisés des régimes de retraite qui vont inéluctablement l’alourdir considérablement dans les prochaines années. La France n’a donc d’autre alternative que de s’atteler au plus vite à cette réforme et à trouver les moyens les plus adaptés afin régler durablement son financement, afin de réduire ses déficits.

Parmi les mesures envisagées, le gouvernement français semble s’orienter vers un recul de l’âge légal de la retraite, aujourd’hui fixé à 60 ans, pour le porter à 62 ou 63 ans. Cette évolution devrait permettre de pérenniser le financement des retraites pour une ou deux décennies. C’est aussi la méthode retenue, voici souvent plusieurs années déjà, par la plupart des pays européens dont l’âge légal de la retraite se situe le plus souvent autour de 65 ans, voire plus, dans certains pays du nord de l’Europe. Il faut également rappeler qu’en France, l’âge moyen réel de départ à la retraite était de 61 ans ½ en 2009, niveau pas si éloigné des 62 à 63 ans envisagés. Ce qui est donc loin d’être dramatique pour la majorité des salariés. Bien entendu, un tel rallongement de l’âge légal de départ à la retraite ne peut se faire que s’il est juste et permet aux salariés qui ont atteint leur durée légale de cotisation et occupé des métiers difficiles, ayant sensiblement réduit leur longévité, de pouvoir continuer à partir dés 60 ans et même avant.

Cette évolution de l’âge légal de départ à la retraite est d’ailleurs cohérente avec l’allongement de la durée de vie moyenne qui est aujourd’hui légèrement supérieure à 80 ans en France, niveau parmi les plus élevés du monde. Ne serait-ce que du fait de cette évolution, sans modification des règles de financement, le système actuel est appelé à imploser en quelques années. A titre d’exemple, la durée de vie moyenne au-delà du départ à la retraite serait en 2010 de l’ordre de 23 ans en France contre à peine 18 ans seulement dans la majorité des pays européens, soit prés de 5 ans de moins. Dans ces conditions, on voit mal comment la France pourrait financer une retraite pour tous à 60 ans, sans entraîner rapidement le pays vers la faillite ! Est-il responsable d’affirmer le contraire ?

Mme Aubry, première secrétaire du parti socialiste, pour sa part, n’hésite pas un instant. Pas question de toucher à la sacro-sainte retraite à 60 ans. Celle-là même qui avait imposé les 35 heures en France, contre l’avis de tous les autres pays qui sont aujourd’hui encore aux 40 heures, persiste à s’enfermer dans le dogme socialiste le plus radical. Rappelons, tout de même, le catastrophique bilan des 35 heures qui a lourdement pénalisé la croissance française et la création d’emplois, tout en contribuant à désorganiser le travail et à faire peser sur les salariés placés au bas de l’échelle, une pression insupportable et des conditions de travail dégradées. A l’inverse, les salariés les mieux rémunérés (les cadres), y ont semble-t-il trouvé leur bonheur. Belle duperie de Mme Aubry que les français payent encore au prix fort !

Manifestement, Mme Aubry n’en démord pas et persiste dans l’erreur, quitte à tromper une fois de plus les classes les plus modestes, en tentant de faire croire que la France peut se passer d’un rallongement de la durée légale de travail pour financer le déficit des régimes de retraite. Peu lui importe une fois encore d’être la seule à prôner une solution pour le moins fantaisiste et irréaliste, pourvu qu’elle soit contraire à la position du gouvernement et qu’elle laisse croire à son électorat bien marqué à gauche que la France peut se payer durablement la retraite à 60 ans.

Mme Aubry, qui n’a peur de rien (c’est vrai que plus c’est gros, mieux cela passe – du déjà vu et entendu !), n’hésite pas à y aller de ses propositions qu’aucun pays développé n’avait jusqu’alors osé avancer : taxer les riches et les banques pour financer les régimes de retraites. A croire que les petits milliards d’euros récoltés auprès de quelques riches et autres banques, pourraient suffire à réduire  durablement les déficits abyssaux des régimes de retraites ! Alors, utopie, calcul politique, idéologie d’un autre âge, pure démagogie ? Toujours est-il que pour la candidate déclarée à l’élection présidentielle française en 2012, tous les moyens sont bons pour s’affirmer face au pouvoir en place et à ses concurrents au sein du parti socialiste, bien plus pragmatiques et en phase avec les réalités du monde d’aujourd’hui.

Heureusement pour le parti socialiste, il comporte en son sein des personnalités de premier plan, plus réalistes et moins dogmatiques. On pense d’abord à Dominique Strauss-Kahn, le brillant directeur général du FMI (Fond Monétaire International) aujourd’hui très écouté et reconnu à travers le monde. Ce dernier n’a d’ailleurs pas manqué de contredire Mme Aubry voici quelques jours, en affirmant qu’aucun dogme ne devait prévaloir, notamment au regard du rallongement de l’âge de retraite pour réduire les déficits des régimes de retraite.

D’autres élus socialistes, tout aussi ouverts sur le monde et moins inféodés à la doctrine de la lutte des classes, chère à une gauche ringarde et marxisante, reconnaissent que les marges de manœuvres du gouvernement sont étroites et qu’il est inévitable de porter l’âge légal de départ à la retraite au-delà de 60 ans. C’est le cas de Manuel Valls, député-maire d’Evry-sur-Seine et de Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon qui s’annoncent déjà comme une alternative crédible et intéressante à la candidature de Mme Aubry à l’élection présidentielle, au sein du parti socialiste.

Pour l’avenir d’un pays comme la France, il est pour le moins rassurant de constater que Mme Aubry n’est pas nécessairement représentative du parti socialiste. Il serait temps que le PS moderne se réveille et face sa petite révolution interne. Nous sommes en 2010 et le monde à bien changé. La France a besoin de politiques visionnaires et responsables et non de gardiens du dogme, repliés sur le passé.


France : l’inévitable réforme du régime des retraites (2)

12 février 2010

Retraites : une réforme inéluctable pour préserver les retraites

Chacun sait pourtant qu’une réforme en profondeur du système des retraites français est inéluctable pour assurer sa pérennité. Tous les pays européens sont actuellement confrontés à une même situation démographique marquée par une réduction des naissances et un allongement de la durée de la vie qui conduit à augmenter le nombre d’années passées à la retraite. La modification du rapport « cotisants/retraités » va provoquer un accroissement considérable du poids des retraites dans le PIB de chaque pays conduisant à un lourd déséquilibre financier.  Le défi est partout le même : comment financer les retraites ?

Les options sont multiples : augmenter les cotisations, réduire le montant des pensions, augmenter la durée des cotisations, reculer l’âge effectif de départ à la retraite, accorder plus de place au système par capitalisation, supprimer les régimes spéciaux, harmoniser les législations entre le public et le privé… Une solution combinant l’ensemble de ces options semble être politiquement et socialement la plus raisonnable. La plupart des pays européens ont depuis longtemps privilégié le report de l’âge légal de départ à la retraite, bien au-delà des 60 ans en vigueur en France.

Courant janvier 2010, le gouvernement socialiste espagnol a ainsi approuvé une proposition de réforme prévoyant de repousser de deux ans l’âge légal de la retraite, soit à 67 ans d’ici 2020. La proposition devrait être débattue par les partis politiques prochainement. C’est la viabilité du système de retraites qui est en jeux face au vieillissement de la population espagnole et à l’allongement de l’espérance de vie.

Dans ce contexte, on voit mal la France échapper au report de l’âge légal de départ à la retraite au-delà de 60 ans alors que l’espérance de vie y est proche de 80 ans. En 2010, l’âge normal de la retraite dans l’Union européenne varie d’un Etat membre à l’autre, entre 57 ans (Italie, pour les femmes) et 67 ans (Danemark). Au-delà des différences, tous les régimes de retraite en Europe se trouvent confrontés à un problème commun : l’évolution inquiétante de la démographie. La proportion des européens âgés de plus de 80 ans devrait presque tripler d’ici 2050 et les personnes âgées de 60 à 79 ans représenteront alors un quart de la population totale de l’UE.

Tous les Etats membres n’ont pas développé de stratégies en vue de financer leurs engagements actuels de retraite. Cependant, une tendance se dégage nettement : l’élévation progressive de l’âge légal de la retraite, jusqu’à 65 ans semble incontournable, au moment ou certains pays tels l’Espagne et l’Allemagne envisagent de la porter à 67 ans, comme au Danemark et en Islande. L’âge légal actuel de départ à la retraite dans les principaux pays européens :

  • 57 ans : (femmes) et 65 ans (hommes) : Italie
  • 60 ans : (femmes) & 65 ans (hommes) : Autriche/Grèce/Pologne/Grande-Bretagne
  • 65 ans : Allemagne/Belgique/Espagne/Irlande/Finlande/Luxembourg/Pays-Bas/Portugal/Suède
  • 67 ans : Danemark, Islande

Compte tenu de l’ampleur des déficits, les français n’ont pas d’autre choix que d’accepter une réforme de leur régime de retraite, à commencer par le rallongement de l’âge légal de la retraite. Cela passe aussi par la mise à plat des régimes spéciaux et l’alignement progressifs des régimes publics et privés.

Compte-tenu de l’allongement de la durée de vie, le report de l’âge légal de départ à la retraite parait être le meilleur moyen de préserver l’équilibre financier, sous réserve de l’instauration d’un régime plus favorable pour les salariés ayant occupé des emplois particulièrement pénibles. Allez, un peu de courage politique et un brin de pragmatisme syndical devraient permettre de trouver un consensus national pour préserver l’équilibre de nos régimes de retraites.


France : l’inévitable réforme du régime des retraites (1)

1 février 2010

Nicolas Sarkozy a confirmé l’engagement de la réforme du régime des retraites en 2010

Dans le courant d’année 2010, comme l’a récemment confirmé le président de la République, le gouvernement devrait engager la réforme des retraites. Sujet ô combien sensible chez les français réputés très conservateurs s’agissant de leurs petits acquis sociaux. Une large concertation devrait prochainement débuter, tant au niveau politique que social, sur le sujet.

Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste, en prévision de cette réforme avait suscité la polémique dans son camp le 17 janvier dernier en déclarant que le départ à la retraite pouvait intervenir à 61 ans, voire 62 ans. Tentative d’ouverture pour se faire pardonner d’avoir soutenu la mise en place des 35 heures tant décriées par beaucoup ou coup politique en vue de s’imposer en tant que challenger de Nicolas Sarkozy pour la future présidentielle ?

Toujours est-il qu’une semaine plus tard, le bureau national du PS a adopté à l’unanimité un texte réaffirmant le « maintien » de l’âge légal du départ à la retraite à 60 ans, « c’est-à-dire la possibilité de faire valoir ses droits, quel que soit le montant de sa retraite« . « C’est le seul droit encore attaché à l’âge légal de départ à la retraite et nous le défendrons« . Une position à laquelle Mme Aubry s’est finalement ralliée pour dissiper tout  malentendu. Pour autant, elle reconnaît que « beaucoup de Français partent à 61 et 62 ans » pour avoir une retraite à taux plein et s’est dite prête à discuter avec le président Nicolas Sarkozy d’une réforme de la retraite.

Si certains s’étaient un peu vite réjouis de cette évolution encourageante des socialistes français, trop souvent enclins à refuser à tout ce qui, de prés ou de loin, pourrait ressembler à une remise en cause de quelques acquis sociaux, ils risquent d’en être pour leurs frais. Manifestement, les gardiens du dogme socialiste, sont toujours aussi influents. Il faudra attendre encore un peu, mais jusqu’à quand ?

Ce nouveau repli du PS tranche singulièrement avec les propos courageux de François Chérèque, patron de la CFDT. Selon lui, tous les sujets doivent être abordés à l’occasion de cette concertation :  l’âge de départ à la retraite,  la pénibilité au travail, en passant par l’emploi des seniors et la durée de cotisation. Il ne désespère d’ailleurs pas de parvenir à un «consensus national» sur ce dossier ultrasensible. «Les éléments de la réforme de 2003 ne sont plus contestés et la France n’a pas besoin d’un conflit sur ce sujet», a-t-il indiqué, jugeant au passage «intéressante» l’évolution du discours de Martine Aubry, qui ne s’est pas déclarée hostile à un report «vers 61 ou 62 ans» de l’âge de départ. «Pourvu que ça dure», s’est-il empressé d’ajouter…

Si la CFDT reste ouverte sur le sujet de l’âge de la retraite, le syndicat estime que celui-ci doit cependant  rester une «référence» pour les salariés ayant commencé à travailler jeunes. «Dire que tout le monde partira à 62 ans enlèverait des éléments de choix», a nuancé François Chérèque. Gageons que ces propos responsables et de bon sens seront entendus par quelques syndicats radicaux de la fonction publique !

Prochainement :

  • (2) Retraites : une réforme devenue inéluctable pour préserver le régime des retraites en France