Présidentielle : The Economist vote Nicolas Sarkozy contre François Hollande, jugé dangereux pour la France et l’Europe

27 avril 2012

Il y a quelques semaines, The Economist avait consacré sa une à la campagne présidentielle française en dénonçant le déni des candidats à l’égard de la grave crise que connaît la France. Selon le célèbre hebdomadaire économique britannique de référence du monde anglo-saxon, la France serait au bord du gouffre et devrait s’engager au plus vite dans une politique de rigueur stricte visant à réduire ses dépenses publiques et engager les nécessaires réformes structurelles.

A la veille de second tour de la présidentielle, The Economist récidive et fait à nouveau sa une avec un titre très engagé : « The rather dangerous Monsieur Hollande », c’est-à-dire, le plutôt dangereux Monsieur Hollande pour la France et l’Europe.

L’hebdomadaire libéral britannique critique avec virulence le candidat socialiste. « Le programme de M. Hollande n’est pas à la hauteur de l’ampleur de la crise, d’autant que tous les voisins de la France ont engagé de véritables réformes. Il parle beaucoup de la justice sociale, mais peu de la nécessité de créer de la richesse. Bien qu’il s’engage à réduire le déficit budgétaire, il prévoit de le faire en augmentant les impôts, plutôt que de tailler dans les dépenses. Ainsi, M. Hollande a promis d’embaucher 60.000 nouveaux enseignants… »

Selon l’éditorialiste de l’hebdomadaire, François Hollande serait  « trop hostile aux changements structurels ». Or, la France a besoin de réformes importantes, aussi douloureuses soient-elles. S’il ne les mène pas sans tarder, les marchés finiront rapidement par l’y contraindre. Et d’affirmer que si François Hollande transmettait à ses voisins européens sa volonté à stimuler la croissance avant de réduire les dépenses publiques et d’améliorer la compétitivité du Vieux Continent, c’est la survie même de l’euro serait en cause.

The Economist rappelle avoir activementsoutenu Nicolas Sarkozy en 2007 et félicite le président sortant d’avoir assoupli « les 35 heures des socialistes, libéré les universités, et relevé l’âge de la retraite ». Selon le journal, « Nicolas Sarkozy a eu la malchance d’être frappé par la crise économique », mais il a progressivement adopté un ton plus « protectionniste, anti-immigrants, et anti-Europe probablement pour convaincre l’électorat du Front National. »

Au final, s’il devait voter, The Economist choisirait clairement Nicolas Sarkozy, mais « pas plus pour ses mérites que pour maintenir François Hollande à l’écart ».