France : Le gouvernement socialiste persiste dans le dogme suicidaire des 35h

31 août 2015

Voici quelques jours, en pleine université d’été du Parti socialiste à La Rochelle, Emmanuel Macron, ministre de l’Economie du gouvernement de Manuel Valls, à défaut d’avoir été invité, participait à celle du Medef sur le campus parisien d’HEC. La coqueluche de l’aile droite du Parti socialiste qui rêve de faire basculer le parti dans le camp social-démocrate aujourd’hui minoritaire au sein du parti, s’est laissé aller à quelques confidences destinées à son auditoire de chefs d’entreprises acquis à sa cause.

Par esprit de provocation ou par maladresse, toujours est-il qu’Emmanuel Macron qui a le secret des petites phrases assassines, n’a pas fait dans la dentelle. Même les patrons n’en sont pas revenus ! « La gauche a pu croire à un moment, il y a longtemps, que la politique se faisait contre les entreprises ou au moins sans elles… Que la France pourrait aller mieux, en travaillant moins. C’était de fausses idées… » Voilà qui est nouveau et encourageant de la part d’un membre important d’un gouvernement de gauche.

Enfin un ministre de gauche qui a le courage de critiquer ouvertement certaines mesures prises voici prés de 15 ans par les socialistes, qui ont coûté et coûtent encore aujourd’hui très cher à la France en termes de compétitivité. Une vérité qui tranche avec les propos mensongers habituels du Parti socialiste et de son gouvernement. Preuve de l’absurdité et du dogmatisme idéologique qui prévaut en son sein concernant la généralisation des 35h. Rappelons en effet qu’aucun pays n’a suivi la France dans cette voie pour le moins absurde et suicidaire vis-à-vis de nos concurrents. Ils rient encore de tant de bêtise et d’absurdité.

Pourtant, depuis leur université d’été, les défenseurs d’une l’idéologie socialisante des plus réactionnaire sont aussitôt montés au créneau pour dénoncer les propos du ministre. Il a même fallu que le Premier ministre Manuel Valls intervienne sur le champ pour recadrer son ministre et rappeler : « Il n’y aura pas de remise en cause du temps de travail et des 35 heures ». Etonnant de la part de quelqu’un qui, dans une vie antérieure où il n’était pas encore ministre, affirmait qu’il était favorable à cette remise en cause !

Les socialistes français ne sont pas à une contradiction ou mensonge prés. La rapidité de réaction du Premier ministre montre d’ailleurs à quel point le Parti socialiste et ses alliés sont au bord de l’implosion. Au sein du PS, les tensions sont très fortes entre les partisans d’une ligne dure « à gauche toute » et une minorité partisante d’une ligne strictement social démocrate ; la seule aujourd’hui crédible. Elles le sont aussi avec leurs alliés écologistes qui sont en train de se disloquer entre la ligne majoritaire, très gauchisante qui ne se reconnaît pas dans le gouvernement actuel et celle plus modérée, favorable à une participation active au gouvernement. D’où les récentes démissions des présidents du groupe EELV à l’Assemblée nationale et au Sénat, François de Rugy et Jean-Vincent Placé.

A quelques mois des élections régionales et quelques jours d’un remaniement ministériel, voilà encore un problème de plus à régler pour Hollande et son gouvernement qui se trouvent ainsi pris au piège.

Revenons aux propos d’Emmanuel Macron sur les 35 heures. Enfin quelqu’un qui se dit de gauche qui ose dire ce que beaucoup, même à gauche, pensent tout bas. Globalement, la majorité des gens sensés s’accorde aujourd’hui pour reconnaître que ce fût là une colossale erreur politique que de procéder à la généralisation des 35 h, imposées unilatéralement et sans souplesse à l’ensemble des entreprises. L’idée était d’ailleurs si mauvaise qu’aucun pays au monde ne s’est aventuré dans une telle voie. C’est peu dire !

Les 35h valent à la France un manque cruel de compétitivité par rapport à ses concurrents et surtout un effet contraire à celui recherché, un niveau de chômage record parmi les grands pays développés. Une chose est sûre, si la course aux RTT était créatrice d’emploi, cela se saurait ! Pourtant, les socialistes persistent dans l’erreur par pure idéologie.

Il faut espérer que la droite et Les Républicains en particulier, auront enfin le courage de s’attaquer une bonne fois pour toutes à ce fléau des 35 h, afin de restaurer la compétitivité de nos entreprises. Un retour en arrière s’impose pour favoriser la création d’emplois à long terme. Une chose est sûre, puisque qu’aucun pays ne les a adoptées, tôt ou tard, la France devra dire adieu aux 35 h et ses RTT qui n’en finissent pas …. On appelle cela du pragmatisme !


France : Manuel Valls dégaine le 49-3 pour faire passer en force la loi Macron et contourner les frondeurs de son propre parti

19 février 2015

L’article 49.-3 de la Constitution française du 04 octobre 1958 prévoit : « Le Premier ministre peut, après délibération du Conseil des ministres, engager la responsabilité du Gouvernement devant l’Assemblée nationale sur le vote d’un projet de loi de finances ou de financement de la sécurité sociale. Dans ce cas, ce projet est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée dans les vingt-quatre heures qui suivent, est votée dans les conditions prévues à l’alinéa précédent. Le Premier ministre peut, en outre, recourir à cette procédure pour un autre projet ou une proposition de loi par session. »

Le précédent gouvernement de François Fillon (2007-2012) avait été l’un des seuls de la Vème République à ne pas recourir à l’article 49-3 de la constitution en vue de faire adopter un texte par la force. Par le passé, François Hollande alors premier secrétaire du Parti socialiste, n’avait pas manqué à maintes reprises de dénoncer l’utilisation abusive de cet article pour faire adopter un texte par la force, au mépris d’un véritable débat parlementaire.

La loi Macron, une série de mesurettes destinées à moderniser l’économie française et à la rendre plus compétitive selon ses défendeurs, était portée par le Premier ministre Manuel Valls qui assurait qu’elle était plébiscitée par une majorité de français et qu’elle était facteur de croissance. Il faut bien l’avouer, il s’agit en fait d’une série de modestes modifications homéopathiques destinées à moderniser quelque peu l’économie française, sans réel effet sur la croissance et l’emploi, qui sont pourtant le fléau de la France. Pourquoi, dans ce contexte, accorder autant d’importance à l’adoption de cette loi pour le moins insignifiante ?

Tout simplement parce que sa non adoption aurait constitué un échec cinglant pour Manuel Valls qui aurait définitivement mis un terme à ses ambitions réformatrices. Pour Hollande, cela aurait été un nouveau signe de faiblesse et d’impuissance face aux difficultés du pays.

L’empressement avec lequel M. Valls a dégainé le 49-3 en dit long sur l’état de décomposition de sa propre majorité socialiste dont les députés « frondeurs » étaient en passe de s’opposer à l’adoption du texte. Il y avait manifestement le feu chez les députés socialistes et il fallait l’éteindre au plus vite, sous peine de voir la majorité se disloquer très rapidement.

Rappelons que la gauche a conquis l’Assemblée nationale en mai 2012 avec 331 députés (280 socialistes, 12 Radicaux de gauche, 17 EE-LV et 22 divers gauche) sur un total de 577 députés, soit une majorité absolue à 289 voix. Si les socialistes n’ont pas la majorité à eux seuls, avec les alliés PRG et EE-LV, ils sont assurés d’une majorité confortable de 309 députés, plus les éventuelles voix des 22 divers gauche.

Le problème c’est que M. Hollande a trahi ses électeurs au regard du programme, très marqué à gauche, sur lequel il a été élu en 2012. Aujourd’hui, face à la réalité des problèmes, M. Hollande et son Premier ministre tentent de mettre la barre au centre, voire à droite, et de se lancer dans quelques réformettes pour tenter de faire illusion et donner quelques signes positifs aux marchés. Face à ce changement de cap, non seulement la plupart des élus du Front de gauche s’opposent à cette politique, mais aussi nombre de députés EE-LV et même socialistes. Ceux que l’on appelle les « frondeurs » seraient près d’une trentaine, voire plus, et menaceraient aujourd’hui de faire éclater le PS et de priver le gouvernement de gauche d’une majorité pour gouverner.

Pas sûr que l’artillerie lourde du 49-3 sortie par Valls parviennent à les calmer durablement. Au contraire, cet excès d’autoritarisme du Premier ministre que nombreux frondeurs haïssent, risque au contraire d’envenimer un peu plus les choses.

Quelque part, le recours de dernière minute au vote bloqué, via l’article 49-3 de la Constitution, au sujet d’une loi mineure et sans grande envergure, est un aveu de faiblesse et d‘impuissance du Premier ministre qui croyait faire passer la loi Macron sans difficultés. Aujourd’hui, la tension est à son comble entre la majorité socialiste et les députés « frondeurs » qui ont ainsi été neutralisés, sans pouvoir s’opposer à un texte qu’ils jugent globalement mauvais.

Au final, sans réelle surprise compte-tenu du rapport de force droite-gauche à l’Assemblée nationale, la motion de censure déposée par l’UMP et l’UDI n’a recueilli que 234 voix. De fait, la loi Macron est adoptée et sera transmise au Sénat. Même si la loi passe, il y a fort à parier que les tensions au sein du PS vont s’amplifier. A quelques semaines des élections départementales, la mise en œuvre du 49-3 est un échec lourd de conséquence pour l’avenir du Parti socialiste.

Aucun des élus « frondeurs » du PS n’a finalement été jusqu’au bout de la logique et voté la motion avec la droite. Même si le désaccord avec la majorité socialiste est considérable, ils n’ont pas voulu prendre le risque de mettre le gouvernement en minorité et de devoir revenir devant les électeurs. Les élus de gauche le savent bien ; si des élections législatives avaient lieu aujourd’hui, la grande majorité des élus socialistes seraient largement battus.

En dépit d’un profond désaccord idéologique, autant fermer les yeux et attendre au chaud le terme du mandat législatif, quitte à voir la France sombrer dans l’abîme ! Un peu de courage Mesdames et Messieurs les élus socialistes !


Politique française : le début de la fin du parti socialiste ?

21 août 2009

Voilà des années que le Parti Socialiste français est à la dérive. Pourtant, ces derniers mois, force est de constater que depuis l’arrivée de Martine Aubry en tant que 1ère secrétaire, la situation du parti n’a fait qu’empirer (absence de stratégie et de véritable programme politique, renforcement des clans rivaux, opposition frontale entre certains éléphants et les quadras qui n’en peuvent plus d’assister à la déconfiture…). Et la liste est longue…

La crédibilité politique du parti socialiste est tombée si bas qu’il a atteint le score ridicule de 16% des suffrages lors des dernières élections européennes de 2009 alors que l’objectif avoué par Martien Aubry était de l’ordre de 25% (son score habituel), voire d’arriver en tête devant la liste UMP qui a finalement réalisé 28%. Comment un parti d’opposition pro-européen, a-t-il pu réaliser un score aussi bas à cette élection ?

La réponse est pourtant simple. Le parti socialiste n’a pas évolué depuis des décennies. Dirigé par les éléphants qui mènent le parti depuis plus de 30 ans, ces derniers n’ont d’autre ambition que de conserver le contrôle du parti en vue de préparer l’élection présidentielle. Repliés sur leur petit nombril, ils ont oublié l’essentiel : les électeurs. Ils n’ont pas vu que la société française avait changé et continuent à se fonder sur des idéaux vieillots et dépassés qui ne font plus recette.

Le parti socialiste français ressemble aujourd’hui à une véritable auberge espagnole. On y trouve tout et tout repose sur le passé. Les divergences entre les divers courants n’ont jamais été aussi grandes et ses dirigeants s’avèrent incapables d’établir un début de synthèse, et pour cause ! Ce qui leur permet encore d’exister médiatiquement, c’est de crier au loup pour un oui ou pour un non contre les propositions gouvernementales ou d’attaquer le Président de la République. Jusqu’à quand ? Par contre, aucun début de proposition ou de programme sérieux et crédible, susceptible de présenter une alternative, n’émane de ce parti depuis les lustres. En ces temps difficiles et d’incertitudes pour chacun, qu’elle crédibilité peut-il avoir ?

Ces dernières élections européennes ont également eu le mérite de faire apparaître l’étendue des divergences entre le parti socialiste français et la plupart des autres partis socialistes européens. Ces derniers ont évolué vers la social-démocratie et se sont adaptés à l’Europe d’aujourd’hui pour répondre aux attentes des électeurs. A tel point qu’aujourd’hui, la différence entre certains partis socialistes européens (Allemagne, Espagne, Suède, Danemark, Belgique, Pays-Bas) et les partis de centre droit européens (Allemagne, France, Espagne, Pays-Bas, Belgique…) deviennent infimes. Ce qui n’est pas surprenant dés lors que le pragmatisme impose des décisions politiques très proches, voire uniques. Une alliance objective existe d’ailleurs entre ces divers partis majoritaires au Parlement européen, tant dans le fonctionnement de celui-ci que les grands sujets européens.

A défaut de rompre avec un passé empreint de marxisme et des alliances dépassées, le parti socialiste français persiste ainsi à se marginaliser vis-à-vis des autres partis socialistes européen, et plus grave, de ses propres électeurs. Pourquoi continue-t-il à refuser de s’adapter au monde d’aujourd’hui, contre vents et marées, et à poursuivre des chimères qui le conduisent droit à l’autodestruction ? On comprend que certains répondent favorablement aux propositions d’ouverture de Nicolas Sarkozy ou quittent peu à peu le navire…

Le score réalisé par les Verts, menés par Daniel Cohn-Bendit, ne semble pourtant pas inquiéter Martine Aubry, bien que ce dernier ait fait jeux égal avec le parti socialiste et l’ait même dépassé en région parisienne. L’intelligence de Daniel Cohn-Bendit a été de faire l’unité des Verts autour d’un programme simple, clair et compréhensible, partagé par une majorité d’électeurs. La campagne électorale qui s’en est suivie a été bien menée, exclusivement autour des thèmes propres à l’Europe et au programme défendu par les Verts. En sanctionnant les listes qui recherchaient une certaine légitimité (Parti Socialiste, Bayrou, Front National…), les électeurs ont adressé un message fort et clair : arrêtez de nous prendre pour des imbéciles !

Les résultats de ces élections, en dépit d’une faible participation (les absents ont toujours tort) sont d’ailleurs très rassurants pour la démocratie française et porteurs de nombreux messages que les formations politiques ne pourront ignorer. Espérons que la classe politique française tienne compte de ces enseignements. Les Verts ont bien compris la leçon et veulent surfer sur l’espoir qu’a suscité leur récent score afin d’insuffler un nouveau souffle à gauche, quitte à « casser » le parti socialiste. Qui s’en plaindra, à part le parti socialiste qui ne bouge toujours pas !