Une nouvelle grande région est née : l’Occitanie

6 juillet 2016

La refonte de la carte régionale initiée par le gouvernement socialiste, visant à ramener de 22 à 13 le nombre de régions françaises, avait abouti à la fusion des deux régions languedociennes : Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. Par delà les nombreuses critiques à l’encontre de cette réforme, à défaut d’aboutir à de réelles économies, il est au moins une chose que personne ne conteste : c’est la grande proximité et cohérence entre ces deux régions historiquement très proches.

Lors des élections régionales de 2015, la majorité s’était engagée à valider une dénomination qui favorise une certaine unité régionale. A l’issue de ces élections, même s’il n’a recueilli qu’un peu plus de 200 000 suffrages, le vote organisé par la nouvelle région sur la base de propositions des dénominations : Occitanie, Sud de France, Languedoc, Midi-Languedoc …. Au final c’est « Occitanie » qui l’a largement emporté. On peut regretter de ne pas avoir opté pour une région Occitanie-Catalogne ou Languedoc-Catalogne. C’était probablement trop demander pour l’Etat français qui refuse toujours (fait unique au sein de l’Union européenne) d’adopter la charte européenne des langues régionales, dont l’occitan fait partie.

N’en déplaise à ce dernier, l’évolution d’une Europe des régions est durablement enclenchée même s’il faudra du temps pour y parvenir, comme le démontre les régions telles la Catalogne, l’Ecosse, la Lombardie, la Corse… Les vieux Etats nations issus des dernières guerres sont aujourd’hui bien dépassés avec une évolution inéluctable vers une Europe fédéraliste face à la mondialisation qui s’intensifie.

Cette nouvelle dénomination a été validée par la majorité régionale fin juin 2016. Dorénavant, sauf décision contraire du Conseil d’Etat, la nouvelle grande région s’appelle Occitanie.

Même si l’on peut regretter qu’elle n’ait pas préféré « Languedoc » qui recouvre plus justement le périmètre de la nouvelle région, Occitanie n’en reste pas moins un beau nom, à fort caractère, qui permet de bien identifier ce qui est aujourd’hui le cœur de ce que fût jadis la grande et riche région occitane qui s’étendait de Bordeaux, à Limoges, Clermont-Ferrand et le sud de Lyon et Grenoble.

La nouvelle région Occitanie doit maintenant se mettre en marche et trouver au plus vite les synergies indispensables pour créer une grande région, forte et dynamique. Les occitans attendent maintenant des actes concrets pour renforcer la cohérence de notre nouvelle région.

La nouvelle région Occitanie en quelques chiffres :

  • Population : 5.7 millions d’habitants, soit la 5ème région française
  • Principales agglomérations : Toulouse 750 000 habitants ; Montpellier 550 000 habitants ; Perpignan 280 000 habitants ; Nîmes 240 000 habitants ; Tarbes : 95 000 habitants ; Albi : 84 000 habitants ; Montauban : 75 000 habitants…
  • Economie : PIB régional de 152.1 milliards d’euros, soit 7.2 % de la richesse nationale (2013) – PIB par habitant : 26 684 €
  • Taux moyen de chômage : 12% contre 10.4% au plan national
  • Budget : 2.4 milliards d’euros, pour 1.4 milliards de dette
  • Pôles d’enseignement supérieur et de recherche de Toulouse et Montpellier représentent 210 000 étudiants et plus de 30 000 chercheurs

Plus d’informations : Région Occitanie


Occitanie : 800 ans aprés le rêve brisé par les français (1)

14 août 2009

Le sud de ce qui est aujourd’hui la France, allant de la Provence, à l’Auvergne, au Limousin, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées et Aquitaine, était il y a encore 800 ans une vaste région riche, prospère et indépendante du royaume de France. Pays des troubadours, de l’amour courtois et de la tolérance, sous la houlette de ces comtes bien-aimés (Raymond VI, Trencavel…), les terres occitanes vivaient paisiblement et harmonieusement, sous la protection avec du pays frère : la Catalogne-Aragon. Ce pays occitan, à la forte identité, n’entretenait alors guère de relations avec la France, pays avec lequel elle n’avait d’ailleurs pas d’affinités particulières.

C’est ici, au cœur de ce pays occitan, tolérant et ouvert, sous la bienveillance des comtes de Toulouse, Foix, Carcassonne et de Comminges, que le catharisme (cette foi chrétien débarrassée de l’église romaine) a trouvé non seulement un refuge, mais également une véritable terre de prédilection. Cette forte volonté d’indépendance spirituelle et politique vis-à-vis de la France et de l’église romaine n’était pas du goût des rois de France, ni du pape Innocent III. En 1209, cette alliance objective contre l’Occitanie allait naître par le début de la croisade albigeoise menée par Simon de Montfort, avec l’appui de la papauté. Elle mit à feu et à sang toute l’Occitanie jusqu’en 1229 par l’assassinat systématique des croyants cathares et de leurs soutiens, permettant ainsi aux barons désargentés français de s’octroyer de nombreux châteaux et possessions, en contrepartie de leur participation à la guerre.

L’année 1209 marqua le début des hostilités contre l’Occitanie, dont Béziers, propriété du comte de Carcassonne, fût la première victime. La tristement célèbre phrase prêtée au légat du pape lancée devant les remparts de la ville qui résistait aux troupes française en dit long : « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! » Cette bataille aboutira à l’anéantissement de la ville et la mort de la totalité de ses 20 000 habitants, dont un grand nombre n’étaient, ni de religion cathare, ni des sympathisants. Autant de personnes qui ont préféré mourir plutôt que de se livrer aux troupes françaises.

C’est ainsi, en l’an 1209, que commença la fin, savamment et puissamment orchestrée par les rois de France et le pape, du peuple et de la civilisation occitane. En dépit des moyens militaires colossaux mis en œuvre par la France, les occitans résistèrent vaillamment aux agresseurs, sans jamais renoncer à leurs engagements. Les assassinats systématiques des croyants et de leurs présumés soutiens durera ainsi plus de cinquante ans.

Aujourd’hui, plus de 800 ans après, cette terrible période endurée par les occitans n’est pas oubliée. Non seulement la culture et la langue occitane ont résisté, mais elles renaissent chaque jour un peu plus à travers le monde.