Nicolas Sarkozy : un président sur tous les fronts

25 septembre 2009

Dans le prolongement de sa présidence de l’Union européenne de 2008, Nicolas Sarkozy est reparti de plus belle à l’assaut de la politique internationale, faisant de la France et de l’Europe, un pilier ferme et résolu face aux USA. Entraînant avec lui Angela Merkel et Gordon Brown, le trio France, Allemagne et Grande-Bretagne ont présenté un front uni sur de nombreux sujets.

Son discours devant l’assemblée de l’ONU du 23 septembre a été un modèle d’ambition et de détermination à faire aboutir les grands dossiers : réforme de l’institution onusienne et du conseil de sécurité, plus grande représentativité de tous les continents en son sein, renforcement du multilatéralisme, mise en place d’une véritable politique de coopération entre les pays du nord et du sud, instauration d’une organisation mondiale chargée de la protection de l’environnement… pour ne citer que les plus significatives. Au final, un discours ambitieux et volontariste de la France pour faire avancer la paix et la sécurité dans le monde qui n’a pas, semble-t-il, laissé l’assistance indifférente.

Le lendemain, devant le conseil de sécurité de l’ONU présidé pour la première fois par Barack Obama, le même Nicolas Sarkozy s’est montré direct et très ferme en rappelant les graves manquements de l’Iran et de la Corée du nord à leurs engagements en matière de non prolifération nucléaire et l’incapacité pour le Conseil de sécurité de faire respecter les décisions prises. Un fois de plus, le président français a dénoncé l’attitude de l’Iran qui joue un double jeu et fait trainer les choses afin de gagner du temps, pour poursuivre le développement de son programme nucléaire militaire, au nez et à la barbe du Conseil de sécurité et de l’AIEA. Et d’appeler le Conseil de sécurité à faire preuve d’une extrême fermeté vis-à-vis de l’Iran dont le comportement menace directement la sécurité d’Israël, membre de l’ONU et du reste du monde.

En prélude au sommet de Pittsburgh, suite à la confirmation de l’existence d’un deuxième centre jusqu’alors secret d’enrichissement de l’uranium en Iran, équipement qui ne peut qu’être destiné au développement d’armes nucléaires, les présidents Obama et Sarkozy et le premier ministre Brown sont montés au créneau pour dénoncer fermement l’attitude de l’Iran et exiger le respect immédiat des décisions du conseil de sécurité de l’ONU. Pour une fois, cette nouvelle condamnation et mise en garde à l’Iran a fait l’unanimité des membres du conseil de sécurité, y compris la Russie et la Chine. Enfin une détermination commune de nature à faire pression sur l’Iran et permettre de mettre un terme à la poursuite de son programme nucléaire militaire.

Le sommet du G20 de Pittsburgh qui a suivi, avait pour objet de mettre en place un ensemble de régulations mondiales, destinées à limiter les dérives financières des établissements bancaires qui ont conduit à la présente crise mondiale. Les pressions exercées par les européens, sous la houlette de Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Gordon Brown promettaient des discussions difficiles avec les USA, peu enclins à réguler leur secteur financier. Au final, et même si les européens n’ont pas eu entièrement satisfaction, notamment sur le plafonnement des bonus (mais est-ce bien là l’essentiel ?), il semble qu’un certain nombre de mesures qui seront mises en application dans les deux prochaines années aboutissent à mieux réguler le secteur financier et à favoriser une plus grande transparence. Mais comme toujours, c’est un compromis probablement insuffisant mais qui a le mérite de marquer une volonté des gouvernants de mieux contrôler les dérives financières (augmentation des fonds propres des banques, ratios d’endettement à respecter, bonus mieux contrôlés, meilleure transparence des normes comptables, encadrement du secret bancaire et des paradis fiscaux…).

Après cette semaine très chargée aux USA, il semble que le président de la République française souhaite maintenant se consacrer pleinement au succès du sommet de Copenhague en décembre prochain, à un moment où ses alliés européens paraissent moins enclins à le soutenir dans ce nouveau challenge pour enrayer le changement climatique. Voilà un nouveau défi planétaire majeur pour lequel, en raison des divergences profondes entre certains pays du nord et du sud, il est bien difficile de prédire s’il sera ou non un succès. Espérons…


G20 Pittsburg : l’heure de vérité pour Obama

17 septembre 2009

Depuis son élection à la présidence des Etats-Unis, Barack Obama s’est notamment engagé, comme il l’avait promis durant sa campagne, à moraliser et à réguler le fonctionnement des établissements financiers de son pays.

Force est de constater que 9 mois plus tard, alors que la présence crise mondiale est d’origine principalement anglo-saxonne, la situation n’a guère évolué et que l’on reste toujours aux déclarations d’intention. Comme toujours, c’était sans compter sur la puissance des lobbies de la finance aux Etats-Unis qui sont très influents, y compris au cœur de l’Etat américain.

Le dernier discours prononcé par Obama au Federal Hall de New-York, à quelques pas de Wall Street, à l’occasion de l’anniversaire de la faillite de la banque Lheman Brothers, est tout un symbole. La virulence et la fermeté des propos qu’il y a tenus, laissent à penser que la volonté de Barack Obama de réformer le système financier et de mieux le réguler reste intacte malgré les fortes pressions qu’il subit.

A la veille du sommet du G20 de Pittsburg, on ne peut que s’en réjouir. Quoi que l’on pense, les seuls pays européens, à fortiori individuellement, n’ont aucun moyen efficace de réformer durablement et efficacement le système financier mondial. Tenter de le faire à leur modeste niveau ne servirait strictement à rien, sinon de détruire la finance de son propre pays. Le problème étant aujourd’hui global, et le contrôle de la finance internationale se trouvant principalement aux USA, il est pour le moins ridicule de penser que la solution n’est autre que globale.

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel l’ont bien compris. Les réformes défendues bec et ongle par ces derniers, avec l’appui de la plupart des pays européens et bien au-delà, vont dans le bons sens. Pour autant, ces réformes (régulation des organes financiers, plafonnement des salaires des traders, amélioration de la transparence financière, réglementation des paradis fiscaux, rôle du FMI…) ne pourront être mises en place que si les USA et le reste du monde s’engagent ensembles dans cette voie.

De ce point de vue, le sommet de Pittsburg sera l’heure de vérité pour Barack Obama et le monde. La volonté d’avancer ensemble sur le sujet sera-t-elle là ? Va-t-on enfin se donner les moyens d’une véritable gouvernance mondiale avec de véritables réformes, impliquant le FMI et les outils de régulation nécessaire. La bataille devrait être très rude et fera probablement date pour Obama.

Compte tenu de la détermination des européens, soutenus par la plupart des pays du G20, il y a fort à parier que le président américain saura mettre de l’eau dans son vin, quitte à se faire quelques ennemis dans son pays. Le monde attend de véritables décisions qui changeront en profondeur la gouvernance du monde. Yes, they can…