Calder, le forgeron de géantes libellules au musée Soulages à Rodez

5 juin 2017

Le musée Soulages prépare sa saison estivale 2017.

Du 24 juin au 29 octobre prochain, le musée propose une exposition exceptionnelle en France avec l’artiste américain Alexander Calder, intitulée : « Calder le forgeron de géantes libellules »

Alexander Calder (1898-1976) est un célèbre sculpteur et peintre américain, issue d’une riche famille d’artistes de la côte Est, prés de Philadelphie. Il est surtout connu pour ses mobiles, des assemblages de formes animées par les mouvements de l’air et ses stabiles. Une de ses premières grandes réalisations fût un modèle réduit de cirque animé : le grand cirque Calder en 1927. La dernière grande exposition en France qui lui fût consacrée se déroula au centre Georges Pompidou en 2009.

Ingénieur de formation, il préfère l’art qu’il a déjà pratiqué en amateur grâce au matériel et aux outils fournis par son père. Dès 1906, il fabrique des poupées pour sa sœur, puis il perfectionne son art à l’Art Students League de New-York. En 1926, il débarque à Paris où il crée des jouets articulés, avant que l’artiste passionné de cirque se consacre au Cirque de Calder, un ensemble de 200 personnages en fils de fer tordus et bouts de chiffons qu’il présente et expose à Paris, Berlin, New York…

Si l’artiste est connu pour ses mobiles colorés faits de fil de fer au délicat équilibre aérien, il conçut également des stabiles parfois monumentaux constitués de plaques d’acier, mais aussi des jouets sur le thème du cirque et des gouaches aux couleurs lumineuses. L’essentiel des palettes de l’artiste sera exceptionnellement réuni au cours de l’été 2017 à Rodez, au travers d’une centaine de pièces de l’artiste.

Ses célèbres mobiles et stabiles, dressés au cœur du musée Soulages, devraient s’intégrer parfaitement avec la structure en acier corten du musée, mais aussi avec l’œuvre de Pierre Soulages.

L’ouvre d’Alexander Calder se fond naturellement dans l’esprit du musée Soulages. Il fût l’un des emblématiques représentants des liens artistiques transatlantiques au cours du 20ème siècle et l’attraction entre les Etats-Unis et la France ne se démenti jamais. Aujourd’hui, Pierre Soulages reste l’un des artistes contemporains parmi les plus célèbres outre Atlantique.

Du 2 juin au 5 novembre, le musée Soulages exposera également 9 nouvelles œuvres de Pierre Soulages, datées de 1948 à 2002, gracieusement prêtées par le Centre Georges Pompidou, partenaire de l’exposition Calder.

De leur côté les deux autres musées de Rodez ne seront pas en reste. En cette année du bicentenaire de l’assassinat de Fualdés, le musée Fenaille présente une exposition complète sur la célèbre « affaire Fualdés » qui, en son temps, passionna l’Europe toute entière et défraya la chronique. De son côté, le musée Denys Puech consacrera Guy Brunet, un passionné de cinéma hollywoodien.

Avec un tel programme, nul doute que le musée Soulages et les musées de Rodez devraient attirer une foule de visiteurs cet été et automne 2017. Ce dont personne ne se plaindra et surtout pas les ruthénois !

Plus d’infos :

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Rodez : les vrais enjeux du musée Soulages (2)

17 novembre 2010

Si le musée Soulages ne peut constituer une véritable alternative aux emplois industriels, il devrait néanmoins constituer un vecteur important de développement durable et d’emplois dans le domaine des services et de l’industrie touristique ruthénoise et régionale en général. La renommée que va acquérir la ville de Rodez au fil des ans va indiscutablement contribuer à en faire une étape incontournable du tourisme culturel en régional. Non seulement le musée Soulages attirera une clientèle internationale avertie et aisée, mais plus certainement une clientèle régionale et nationale, tout aussi passionnée et curieuse de découvrir l’artiste et son œuvre. En effet, l’art en général, fut-il haut de gamme, n’est pas réservé à quelques élites comme peuvent le penser certains. Bien au contraire, c’est le grand public qui fait le succès des grands musées à travers le monde.

Qui plus est, le musée Soulages ne sera pas exclusivement consacré à l’artiste puisqu’il comportera des expositions temporaires de haut niveau qui devraient constituer l’autre attraction du lieu. C’est ce renouvellement permanent de l’œuvre de Soulages et des expositions qui feront le succès du musée, sans parler de ses nombreux autres atouts. L’architecture moderne du musée mettra la ville en valeur grâce au travail du jeune et talentueux cabinet d’architectes catalans RCR ; un bar-restaurant gastronomique attenant devrait être exploité par un duo de grands chefs français : Michel et Sébastien Bras de Laguiole. A cela, il faut ajouter la proximité du merveilleux village médiéval de Conques et de son abbaye romane Sainte Foy, haut lieu de l’art roman européen et lieu de révélation de l’artiste Pierre Soulages qui a réalisé les superbes vitraux de l’abbatiale. Des atouts que beaucoup nous envient et qui ne peuvent que contribuer au succès du musée Soulages à Rodez.

En tout état de cause, et ce n’est pas le moindre atout, l’œuvre de Soulages se renouvelle et se régénère en permanence sous l’œil des visiteurs. Plus que tout autre peintre, les œuvres variées encouragent l’observation et l’imagination, à l’instar de ces extraordinaires « outre-noirs » qui interpellent en permanence les visiteurs. Suivant la lumière du moment, sa propre position et son état d’esprit, le visiteur ne verra jamais la même chose. C’est la grandeur même de la peinture de Pierre Soulages. Quant-on a gouté à l’artiste, on n’a de cesse de vouloir revoir ses œuvres. Et cela, personne ne s’en plaindra.

Que les frileux se rassurent, le nombre de visiteur devrait atteindre rapidement les 100 000 entrées annuelles prévues et probablement au-delà. Pour autant, le musée ne sera jamais rentable sur la base des seules entrées. D’ailleurs,  rares sont les musées qui le sont financièrement car ce n’est pas leur vocation première. L’intérêt du musée Soulages repose sur les retombées touristiques qu’il sera en mesure de générer au niveau de la ville, du département et de la région. Et sur ce point, il appartient aux acteurs politiques et économiques locaux de s’organiser au plus vite pour accueillir au mieux les visiteurs et faire en sorte qu’ils restent un jour, voire deux ou trois sur place, plutôt que de rejoindre Toulouse, Albi ou Montpellier. Croire que le succès du musée suffira à lui seul à assurer les retombées économiques serait une grave erreur. A chacun : ville, agglomération, commerçants et professionnels du tourisme d’investir massivement pour attirer et conserver sur place le plus grand nombre de visiteurs. Le défi, s’il y en a un, est uniquement à ce niveau ! Le reste n’est que littérature sans intérêt.

Le risque serait donc de se contenter de faire le musée Soulages, sans tout ce qui va autour. A cet égard, le renoncement par la municipalité ruthénoise à la construction du palais des congrès, initialement prévu, n’est guère rassurant alors qu’il s’agit d’un investissement qui fait défaut à l’agglomération et qui allait judicieusement compléter le musée Soulages. Il manque aussi un hôtel de grand tourisme digne d’accueillir les visiteurs étrangers habitués à ce standing. Plus inquiétant, la ville de Rodez a suspendu un certain nombre de travaux importants de réaménagement et d’embellissements du centre-ville (Cité- cœur de ville, place Foch, amélioration et accroissement des espaces piétonniers…) qui sont pourtant indispensables pour rendre la ville attractive et donner envie aux visiteurs de rester quelques jours pour flâner et dépenser sur place. Ce n’est hélas pas le projet de candidature de Rodez au patrimoine mondial de l’Unesco, concocté au dernier moment par la municipalité en réponse à Albi, qui y changera grand-chose. Encore du vent !

Plutôt que de s’acharner à dénigrer le musée Soulages, porteur d’avenir pour Rodez et l’Aveyron, consacrons notre énergie à préparer et adapter la ville à affronter les défis de demain. Un défi à relever pour Rodez et son agglomération.