Rodez : la démocratie locale confisquée

5 octobre 2009

Décidément, la municipalité socialiste de Rodez ne supporte pas toute forme de critique sur sa gestion !

Plus de 18 mois après son élection, elle persiste à ignorer les règles élémentaires qui régissent habituellement la vie municipale. Cette atteinte à la démocratie locale est d’autant plus intolérable que l’opposition municipale est réduite à sa plus simple expression (deux ou trois personnes tout au plus) alors que sa majorité est toute puissante. Dés que l’opposition ose ouvrir la bouche pour critiquer un dossier ou demander quelques éclaircissements (quoi de plus normal avec une municipalité brouillonne et si peu transparente), immédiatement le maire et ses adjoints sortent l’artillerie (interpellation en conseil municipal, courriers, mails, conférences de presse…) pour dénoncer des propos prétendument erronés et une opposition systématique ! Sans oublier les pressions diverses allant jusqu’à des lettres recommandées de mises en garde et autres menaces de poursuites…

Au niveau des médias locaux, si le maire et ses adjoints y ont semble-t-il porte ouverte et en usent abondement pour donner l’illusion que les choses avancent et que les promesses sont en bonne voie, l’opposition est priée de rester discrète. En toute hypothèse, le maire ou les représentants de la municipalité veillent à faire en sorte que tout article contestataire soit aussitôt contré dans les jours suivants et qu’au final, aux yeux des électeurs, la municipalité ait toujours de dernier mot ! On reconnaît là une tactique médiatique déjà bien huilée qui fonctionnait déjà du temps où M. Teyssèdre était dans l’opposition. Pense-t-on que les ruthénois resteront longtemps dupes de cette stratégie d’enfumage ?

En attendant, cela se passe ainsi à Rodez depuis 2008. A défaut de véritables projets pour la ville, la nouvelle municipalité se contente d’entretenir des polémiques stériles pour cacher un bilan désastreux.

Manifestement, la municipalité n’est pas à la hauteur de ce que l’on pouvait attendre, loin s’en faut ! Probablement en manque d’idées et incapable de faire avancer les dossiers importants pour la ville, elle se replie sur elle-même et refuse d’entendre les critiques qui pourraient pourtant permettre de débloquer certains dossiers ou de rectifier des erreurs. La concertation et le dialogue sont en grande partie absents au sein même de la majorité municipale où les dissensions se font jour. Pour ce qui est de l’opposition, n’en parlons pas ! En réalité, cette confiscation de la démocratie locale traduit un aveu de faiblesse et d’impuissance pour le moins inquiétants pour la ville.

Ce refus du débat démocratique par la municipalité de Rodez et son maire apparait d’ailleurs clairement dans le bulletin municipal de la ville. Dans son n° 4 de septembre 2009, comme lors du précédent numéro, on découvre une nouvelle fois que les propos tenus dans la « tribune libre » réservée à l’opposition font l’objet d’une critique systématique et immédiate par le groupe socialiste dans le même bulletin. Preuve que le texte transmis par l’opposition pour insertion dans le bulletin est systématiquement transmis aux élus de la majorité avant impression, afin de leur permettre de « contrer » la position de l’opposition. Du jamais vu jusqu’alors dans une municipalité.

La municipalité ruthénoise et sa majorité usent là d’une pratique bien peu démocratique, visant à réduire au strict minimum le droit d’expression de la déjà fort maigre opposition. Est-elle à ce point dangereuse et néfaste pour la ville ? L’actif du bilan municipal est-il si désastreux et les propos de l’opposition justifiés qu’il faille contredire systématiquement leurs propos et les dénaturer au plus vite ? Redoute-t-on que les électeurs découvrent la triste réalité de la gestion municipale à Rodez ?

De la part d’élus socialistes, habituellement si prompts à donner des leçons, on pouvait s’attendre à un meilleur respect de la vie démocratique au plan local.


Rodez : 18 mois d’immobilisme pour Teyssedre

8 septembre 2009

En ce début septembre 2009, M. Teyssedre, le maire de Rodez, a repris ses bonnes habitudes en se livrant à une série d’attaques tous azimuts dans la presse locale. On reconnaît là une technique bien huilée chez ce dernier qui consiste à attaquer dés que les choses lui échappent. Pourquoi tant de nervosité ? Sentirait-il poindre quelques mécontentements de ruthénois lassés de ne rien voir venir ? Combien de temps va-t-il accuser les autres d’être responsable de son incapacité à faire aboutir les dossiers de la ville ? Jusqu’où va-t-il aller pour s’attribuer des résultats dont il n’est en rien responsable et laisser croire que tout va bien à Rodez depuis qu’il est arrivé à la mairie ?

Un piètre bilan, peu rassurant pour l’avenir

La plupart des grands dossiers structurants portés par l’ancienne municipalité sont aujourd’hui embourbés (prison, maison emploi-formation, Combarel, …) ou carrément stoppés (Cité cœur de ville, place Foch, aménagements urbains…). Aucune opération sérieuse n’a été engagée en ce qui concerne le développement durable, la politique des transports urbains et le désengorgement du trafic automobile (carrefours Saint Eloi, St Cyrice ou Calcomier). Le projet de réaménagement de la Place d’Armes qui ne revêt aucune priorité fait pour sa part l’objet d’un fort mécontentement des automobilistes, comme des piétons. Quand au dossier phare porté par l’agglomération de création du musée Soulages, s’il a finalement été validé par l’agglomération après d’interminables discussions, de l’avis même de M. Teyssedre, les choses seraient loin d’être acquises. Pour preuve, il va jusqu’à menacer de ne pas signer le permis de construire. Une forme de chantage plutôt malvenu de la part d’un élu qui augure mal de ce dossier, comme de bien d’autres.

18 mois après son arrivée à la tête de la municipalité socialiste, objectivement, le bilan est franchement négatif. L’inaction et le manque de vision de la nouvelle équipe est d’autant plus surprenant qu’elle disposait dans les cartons de nombreux projets cohérents, patiemment construits, qu’elle s’est avérée incapable de reprendre à son compte. En cette période de grave crise économique, l’immobilisme de la municipalité est dramatique. On est légitimement en droit de s’interroger sur ses capacités à développer l’attractivité et le dynamisme de la ville. Ce n’est certainement pas par le conflit et les déclarations polémiques que les choses vont avancer !

La tactique Teyssedre : attaquer pour cacher ses propres faiblesses

M. Teyssedre n’hésite pas à déclarer qu’il n’a pas de leçons à recevoir de ceux qui augmentent les impôts (sans préciser lesquels d’ailleurs). Il accuse le Conseil général d’avoir augmenté le taux d’imposition de 4.50% (7.41% en prenant en compte l’augmentation des bases par l’Etat)… oubliant au passage l’augmentation de 2.8% (5.41% avec la revalorisation des bases) de son ami M. Malvy à la Région Midi-Pyrénées. Par contre, il rappelle que la ville de Rodez, depuis son arrivée, a baissé le taux de la taxe d’habitation de 1%. Voilà une comparaison purement fantaisiste qui résulte d’une lecture erronée des données fiscales pour deux raisons :

  • la baisse de la taxe d’habitation à Rodez est largement neutralisée par la décision de son conseil municipal de supprimer l’abattement général à la base de 15% pour tous les foyers qui constituait une atténuation importante de la base d’imposition. Même si quelques abattements spécifiques ont été prévus (handicapés, familles avec enfants), il n’en reste pas moins que pour la majorité des foyers ruthénois, la combinaison de la suppression de cet abattement avec la modeste baisse du taux d’imposition de 1%, se traduira dés 2009 par une augmentation nette de la cotisation de l’ordre de 2%. Nous sommes là bien loin de la baisse d’impôts locaux annoncée avec fanfare par le maire. Cette habile manipulation ne saurait passer inaperçue des contribuables ruthénois pour qui l’important n’est pas le taux de l’impôt, mais bien le montant de la cotisation à payer ! Il eut été plus honnête, à vouloir supprimer cet abattement, de réduire à due concurrence le taux d’imposition. Dans ce cas seulement, il y aurait eu une baisse significative du taux d’imposition et de la cotisation de l’ordre de 3% l’an.
  • outre cette hausse de la valeur locative due à la suppression de l’abattement général à la base, la revalorisation annuelle des bases d’imposition de l’ordre de 2.80%, viendra majorer la cotisation qui devrait se traduire par une augmentation nette de la cotisation supérieure à 4% par an pour bon nombre de contribuables.

Il ya aura donc bien une hausse de la cotisation nette de la plupart des foyers imposables à la taxe d’habitation en 2009. Comment peut-on donner des leçons en matière de fiscalité locale lorsque sa propre collectivité augmente subrepticement la taxe d’habitation, sans aucun motif sérieux et en contradiction avec les engagements pris ?

Autre satisfecit, autre affirmation gratuite de M. Teyssedre dans la presse ! Il n’hésite pas à s’attribuer personnellement la paternité d’une augmentation de plusieurs dizaines d’élèves du primaire lors de la rentrée 2009 alors que la ville aurait perdu plusieurs milliers d’élèves depuis 1985. Ce dernier n’hésite pas à en conclure que cette évolution est la conséquence de sa politique scolaire depuis 18 mois. Là vraiment, il est très fort mais la ficelle est un peu grosse ! S’il en est réduit à tenter de s’arroger le bénéfice d’une augmentation dont il n’est en rien responsable, c’est qu’il n’y a pas grand-chose à l’actif de la municipalité.

Dans un autre registre, M. Teyssedre soutient qu’il serait lui-même à l’origine du récent accord intervenu entre l’Etat, la Région et le Conseil général de l’Aveyron sur l’aménagement de la RN88 entre Tanus et Rodez. Pourtant, chacun sait que le maire de Rodez n’a aucune responsabilité dans ce dossier et que s’il a été débloqué, c’est d’abord grâce aux diverses interventions au plus haut de l’Etat de Jean-Claude Luche, président du Conseil général. Si polémique il y a dans ce dossier, c’est bien du côté du maire de Rodez qu’il faut chercher. En tant qu’élu de l’agglomération de Rodez, il serait mieux inspiré de se préoccuper de l’avancement du grand contournement de Rodez qui n’est nullement concerné par les travaux prévus pour la RN88. Va-t-il laisser passer les flots de camions et voitures au cœur de l’agglomération de Rodez ?

Ces attaques apparaissent d’autant moins fondées que le Conseil général n’a jamais autant collaboré avec Rodez et son agglomération que depuis 2008 et il n’a échappé à personne que le nouveau président fait montre de la plus grande ouverture et d’un esprit républicain incontestable. Tout le monde ne pas en dire autant, notamment à Rodez.

La méthode Teyssedre : la stratégie de la diversion et de l’enfumage

Quelle peut-être la crédibilité d’un maire qui se comporte avec aussi peu de respect vis-à-vis des services de l’Etat et du Conseil général ? Comment peut-on croire que le règlement des dossiers sera facilité par des attaques incessantes et non fondées ? Avec de telles méthodes, le maire de Rodez détruit peu à peu la crédibilité de la ville et démontre son incapacité à régler les dossiers essentiels au développement de la ville. Est-ce la bonne manière pour développer l’attractivité de la ville ?

Faire aboutir certains dossiers municipaux demande parfois de très longues années de patience, de discussions et d’échanges démocratiques permanents. Rien ne se fait sur un simple claquement de doigts ! Un maire n’a pas tous les pouvoirs, ni tous les droits. Il doit savoir composer et, parfois même, savoir fermer sa gueule et avaler des couleuvres pour qu’un dossier aboutisse enfin. Etre un élu responsable est une tache souvent ingrate et le contraire d’un long fleuve tranquille !

La stratégie d’enfumage de M. Teyssedre, si elle peut masquer les insuffisances quelques temps, ne saurait durablement cacher la réalité d’une gestion municipale calamiteuse. A défaut de pouvoir faire aboutir les dossiers importants pour l’avenir de Rodez, il ne pourra fuir indéfiniment ses responsabilités en accusant les autres de ses propres échecs. L’heure de vérité approche.


Rodez : 18 mois plus tard, beaucoup d’interrogations et peu de réponses

27 août 2009

Une nouvelle équipe municipale, conduite par M. Teyssedre à la tête d’une liste de gauche, a été élue en mars 2008 à Rodez, succédant ainsi à Marc Censi qui en fut le premier adjoint de 1971 à 1983, puis le maire et président de la communauté d’agglomération de 1983 à 2008. Une première dans cette ville considérée comme un bastion de la droite modérée depuis prés de 50 ans. Pour bien des observateurs politiques parisiens, ce basculement à gauche de la ville fut incompréhensible. Nous y reviendrons ultérieurement.

Cet échec paradoxal, dans une ville réputée dynamique et bien gérée dont le maire jouissait d’une bonne image, était pourtant prévisible aux yeux de nombreux ruthénois. 18 mois plus tard, qu’en est-il après des décennies marquées par un haut niveau d’investissement permettant à la ville de se doter d’équipements exemplaires et d’améliorer son attractivité, tout en conservant l’un des plus faibles niveaux d’endettement dans sa catégorie ?

Il faut bien constater qu’au regard des importants projets en passe d’être engagés par la municipalité précédente (Cité-cœur de ville, place Foch…), en quelques mois, tout a été stoppé et on attend toujours de véritables projets cohérents et porteurs pour la ville. Hormis une série de travaux de réfection de bitume (serait-là la confirmation de la priorité donnée par la nouvelle équipe à l’automobile en ville ?) et la réfection du stade St Eloi dont l’opportunité des travaux n’apparait pas au premier abord (sauf pour des raisons purement électorales), on attend toujours de connaître le véritable projet de la nouvelle équipe pour Rodez. Bien malin qui peut aujourd’hui prétendre en connaître les contours, même sommaires !

Le projet de réaménagement de la place d’Armes qui avait été l’un des engagements de campagne de cette équipe, a été considérablement revu à la baisse (qui s’en plaindra !) et les variantes proposées sont loin de faire l’unanimité de la population. Le maire a pu le vérifier lors des réunions de quartier et ce n’est pas le nouveau plan de circulation provisoire, mis en place cet été, qui va calmer automobilistes et piétons.

  • Pourquoi tant de précipitation sur ce dossier de la place d’Armes alors que tant d’autres, bien plus utiles et structurants pour la ville, sont aujourd’hui bloqués ? Serait-ce pour cacher l’absence de réels projets pour la ville ?
  • Qu’elle est aujourd’hui la politique de la ville en matière de développement durable, d’espaces verts et piétons, de déplacements urbains et plus généralement de transports en commun ?
  • Pourquoi les opérations visant à réduire la circulation automobile en centre-ville (espaces piétons, parkings d’approche, liaisons par navettes…) et à améliorer la fluidité du trafic automobile en périphérie de la ville, proche de la saturation (carrefour St Eloi, carrefour de Calcomier…), sont-ils suspendus ou stoppés ?
  • Pourquoi Rodez va à contre-courant de ce qui se fait partout ailleurs ?

Autant de questions aujourd’hui sans réponse.

M. Teyssedre s’était beaucoup inquiété lors de la campagne électorale d’un prétendu marque d’attractivité du centre-ville et se voulait le champion de la redynamisation de celui-ci. On attend toujours les mesures dans ce domaine et ce n’est pas l’arrêt des projets Cité-Cœur de ville ou d’aménagement de la place Foch (qui restera offerte au stationnement automobile) qui vont arranger les choses ! Entendait-il par là favoriser plus largement l’accès des automobilistes en centre-ville, comme semble le laisser penser le développement des places de parkings, la réfection des bitumes ou un certain laxisme remarqué face aux problèmes de stationnement ?

Etrange politique municipale ruthénoise lorsque l’on sait combien, à l’inverse, les villes qui ont le mieux réussi à dynamiser leur centre-ville, l’ont fait en multipliant les espaces piétonniers et les freins à la présence des automobiles, en favorisant au contraire les transports en commun et les parkings en périphérie ! A-t-on bien compris à Rodez les enjeux stratégiques à développer une politique globale et cohérente à long terme, en relation avec les exigences d’aujourd’hui ?

Alors même que l’agglomération du Grand Rodez a validé le projet de musée Pierre Soulages, ce dont on ne peut que se féliciter, il serait lourdement préjudiciable à son développement que la ville de Rodez n’accompagne pas cet investissement par de non moins importants travaux d’aménagement et d’embellissement du centre-ville. En effet, pour que les retombées économiques du musée Soulages soient à la hauteur de ce qui est attendu, la ville doit se doter des meilleurs atouts pour conserver les exigeants visiteurs qui attendent de trouver sur place des prestations de qualité qui feront qu’ils seront encouragés à y séjourner. Après l’avoir défendu bec et ongles dans l’opposition, pourquoi M. Teyssedre a-t-il abandonné le projet de palais de congrès qui constituait pourtant un équipement complémentaire au musée Soulages et au développement du secteur hôtelier ?

Le succès du musée Soulages repose sur la capacité pour la ville à se hisser au niveaux des meilleures pour attirer, accueillir et conserver le plus longtemps possible ces visiteurs. Actuellement, la municipalité de Rodez ne semble pas vouloir s’en donner les moyens. Ce qui risque de coûter cher au contribuable ruthénois comme le redoutaient certains ! L’attractivité et la notoriété de la ville ne peut reposer uniquement sur le seul musée, quand bien même serait-il exceptionnel.

Dans un monde global et hyperconcurrentiel, les défis à surmonter pour Rodez sont immenses. Pourtant, 18 mois après l’élection de la nouvelle équipe municipale, les ruthénois attendent toujours un début de concrétisation des projets de la ville et commencent à s’interroger sur son avenir. Dans la période instable et difficile qui est la nôtre, il n’y a pas de place pour le pilotage à vue. Le vol aux instruments doit être la règle pour survivre à Rodez comme ailleurs. L’avenir appartient à celles et ceux qui savent anticiper et voir loin !