Chantal Périchon, présidente de la Ligue contre la violence routière déplore les mauvais résultats en matière de sécurité routière en France

23 mars 2015

Extrait de l’émission « Inter Treize » sur France Inter du 13 mars 2015 à 13H10 – Interview de Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière

Claire Servajean: Nouvelle hausse du nombre de morts sur les routes de France au mois de février, +6,7%, après une hausse de 12% au mois de janvier, autant dire que la mauvaise tendance de l’année 2014 se poursuit. Alors pourquoi un tel relâchement ? La mobilisation des forces de l’ordre sur le plan vigipirate y est elle pour quelque chose ? C’est vrai ou c’est faux cela d’après vous ? Alors quelles en sont les causes on s’y arrête avec la présidente de la Ligue Contre la Violence Routière. Bonjour Chantal Perrichon.

Chantal Perrichon: Si cela joue un rôle, ce n’est pas un rôle majeur bien sûr. Mais cela joue un rôle parce qu’il ne faut quand même pas oublier que les forces de l’ordre ne sont pas en nombre suffisant dans notre pays, d’une part, et qu’ils sont là pour contrôler non seulement les vitesses, mais le problèmes d’alcool, les comportements dangereux, les franchissements de stop, de ligne continue. Donc nous demandons depuis des années qu’il y ait une police spécifique de la route bien évidemment pour contrôler ces comportements qui mettent la vie des autres en danger. Donc attendons de voir ce qu’il en est pour les chiffres de ces transferts finalement de policiers et gendarmes qui sont insuffisamment nombreux. Mais nous pensons nous que l’explication bien évidemment vient du fait que nous avons une gouvernance qui n’en est pas une en ce qui concerne la sécurité routière. Le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a décidé qu’il pouvait gérer seul ce domaine de santé publique qui est majeur. Rappelons quand même que c’est la plus meurtrière des délinquances et que c’est la première cause de mort de la jeunesse. Il refuse de rassembler un comité interministériel de sécurité routière…hallucinant ! Il n’y en a pas eu depuis mai 2011. .

Claire Servajean: Il a annoncé des mesures le mois dernier…

Chantal Perrichon: Oui… tous azimuts comme il dit. C’est-à-dire on tape dans tous les secteurs, mais surtout il n’a pas voulu écouter les experts que nous avons du Conseil National de La Sécurité Routière qui lui avaient indiqué une seule mesure, la seule qui devait être prise, une mesure de rupture pour faire baisser l’accidentalité. Non il a préféré faire 26 mesures, c’était le 26 janvier 26 mesures…

Claire Servajean: On rappelle quand même lesquelles, on ne se gare pas à moins de 5m d’un passage piéton, on baisse le taux d’alcoolémie pour les plus jeunes a titre expérimental…

Chantal Perrichon: Bien. Rappelons l’objectif, moins de 200 tués en 2020. Il nous promet 26 mesures…Parlons du 0,2g. Il va concerner combien de personnes ? Vous avez une idée du nombre de conducteurs novices qui sont concernés entre le 0,2 et le 0,5? Et bien nous allons faire une loi dans ce pays pour 7 personnes. Donc c’est dire la méconnaissance qu’il a de ce dossier, il est en train finalement de prendre des mesures qui enfument le paysage de la sécurité routière qui laissent entendre que c’est une priorité pour lui mais il ne peut pas balayer d’un revers de main la connaissance qui est acquise et qui permettrait de prendre les mesures qui permettraient de sauver des vies.

Claire Servajean: Vous êtes sévère avec le ministre de l’intérieur.

Chantal Perrichon: D’autant plus sévère que il s’est permis finalement de balayer d’un revers de main les décision du CNSR, des experts du conseil National de la Sécurité Routière, et ça c’est inadmissible parce que il n’a aucune connaissance de ce domaine et en plus il ne veut pas travailler en collaborateur avec les autres ministres. Rappelons qu’en 2002, ce qui a fait la force de 2002, c’était le fait que les gens travaillaient disons ensemble et il y avait une vrai volonté politique, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Claire Servajean: Et un vrai message clair pour tout le monde. Je voudrais vous faire écouter, Chantal Perrichon, le préfet D’île et Vilaine et de Bretagne parce qu’il connaît bien le sujet dans son département la mortalité routière a augmentée de 40%, l’an dernier. Patrick Strzoda parle de la route comme d’un exutoire pour tout ce qui est considéré comme oppressant dans la société. On l’écoute c’est Mathile Deligny qui l’a joint tout à l’heure.

Patrick Strzoda : Les accidents mortels ont augmenté de 40%. On est passé de 45 morts à 63 morts en 2014. Et quand on analyse toutes les causes on voit que pour un bon nombre deconducteurs, la route est devenue un exutoire. C’est-à-dire, on joue en fait à enfreindre la loi. Ce que nous disent les conducteurs verbalisés, c’est que ils se libèrent, ils se laissent aller parce qu’ils considèrent qu’ils vivent dans une société qui est trop réglementée. Et ça évidemment on ne peut pas l’accepter parce que c’est de l’irresponsabilité. Vous ajoutez à ce type de comportement des causes qui elles sont bien connues, c’est l’alcool, c’est les stupéfiants. Le dernier accident mortel dont j’ai eu connaissance, c’est 3,79g d’alcool dans le sang. Donc cela nécessite vraiment une réaction très forte des pouvoirs publics. Les contrôles se sont considérablement renforcés, mais je crois qu’il faut que chacun prenne ses responsabilités. On ne peut pas accepter que des situations de ce type perdurent et que malheureusement tous les deux où trois jours, on soit obligé d’annoncer à des parents à une famille que l’un de leur proche a disparu.

Claire Servajean: Voilà donc ce que dit le préfet D’île et Vilaine et de Bretagne. Chantal Perrichon, plus de 3000 morts l’an dernier dans un quasi indifférence générale, faut le dire quand même. Moi j’aimerais que vous nous disiez à nous par exemple les médias, on a tort de ne pas parler des accidents quotidiens ? Qu’est-ce qu’on devrait faire ?

Chantal Perrichon: Il faut en parler parce que regardez : Nous sommes tous secoués et blessés et vraiment très touchés par ce qu’il s’est passé en Argentine. Il y a eu dix personnes qui étaient importantes aux yeux de tous dans notre imaginaire pour nous tous. Nous sommes vraiment blessés par leur mort. Et bien aujourd’hui il va y avoir dix familles qui vont voir un policier ou un gendarme, ou un maire, comme a dit le député, qui va leur annoncer que soit le fils soit le père soit la mère est décédé(e). La douleur est la même. Le ravage est absolument identique. Et lorsqu’on voit les médias dire, de façon comme ça…comme si c’était un état de fait qu’on devait supporter, banaliser les résultats en disant « il y a eu une remontée du nombre de morts » et bien c’est inacceptable. Il y a eu l’an passé plus de 120 tués, ces vies auraient du être épargnées et le témoignage de ce député (ce préfet) est très très important, il parle de l’alcool, nous sommes incapables d’avoir une politique pour aider les gens qui ont un problème d’alcool dans ce pays.

L’alcool est mille fois moins contrôlé que la vitesse et nous attendons de la chancellerie qu’elle tienne ses promesses. Madame Taubira avait dit en 2012 que fin 2013 il y aurait des éthylotests antidémarrage dans tous les départements. Nous somme en 2015, il y en a une quarantaine. Nous ne sommes pas capables d’aider les gens qui ont un problème avec de l’alcool. Et en ce qui concerne la vitesse, regardez cette technologie qui avait été annoncée en mars 2013, et immédiatement grâce aux médias, qui avaient joué leur rôle d’ailleurs, qui avaient dit a quel point c’était important, la possibilité d’être contrôlé à tout moment et en tous lieux, et bien il y avait une baisse de l’accidentalité. Qu’en est-il aujourd’hui de ces radars troisième génération ? Il y en a 200, et ils sont utilisés moins de deux heurs par jour. C’est un véritable scandale. En Angleterre ils en ont officiellement 4000, ils en ont peut-être entre 6 et 8 mille, et ils sont utilisés eux a plein temps. Hors les Anglais ont 300 mille km de routes, nous en avons 1 million. Donc nous voyons bien que nous ne mettons pas les moyens pour contrôler les comportements dangereux que ce soit la vitesse ou l’alcool.

L’année 2014 aura été la plus mauvaise année depuis longtemps en matière de sécurité routière. La Ligue contre la violence routière s’insurge contre l’absence de véritable politique de sécurité routière des pouvoirs publics depuis 2012 et exige la mise en place de mesures fortes et énergiques pour réduire massivement le nombre de victimes de la route.

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La Ligue contre la violence routière plus que jamais déterminée à poursuivre son combat pour faire baisser le nombre de victimes de la route

8 octobre 2014

Depuis plus de 20 ans, la Ligue contre la violence routière participe se bat contre les accidents de la route et pour sauver un maximum de vie humaines. A ce titre, l’association est de tous les combats pour sensibiliser les conducteurs et leurs passagers aux risques liés aux accidents de la route. Interlocuteur privilégié des Pouvoirs-publics, elle met tout en œuvre pour convaincre ces derniers d’adopter les lois qui permettront de lutter durablement contre l’insécurité routière en France.

A l’occasion de la traditionnelle semaine de la Sécurité routière, la Ligue contre la violence routière de l’Aveyron présidée par Mme Christiane Poinsot, avait organisé ce 7 octobre 2014 une grande conférence sur le thème très sensible et ô combien essentiel de la vitesse. Pourquoi la vitesse tue ? Quelle relation entre la vitesse pratiquée et l’accident ? Existe-t-il des moyens efficaces pour faire baisser le nombre d’accidents et de morts sur les routes ? Pourquoi certains pays sont-ils meilleurs que nous ? Sommes-nous manipulés par la désinformation du lobby automobile ?

Organisée dans la superbe salle de la Baleine à Onet-le-Château, cette conférence qui a réuni une centaine de personnes, avait pour invités Mme Chantal Perrichon, présidente nationale de la Ligue contre la violence routière et le professeur Claude Got, célèbre chercheur en médecine et grand spécialiste français de l’accidentologie. L’exposé des deux orateurs fut long mais passionnant car très bien documenté.

Le professeur Got démontra une fois de plus en quoi la vitesse des véhicules influence directement et de manière déterminante la gravité des accidents de la route. La vitesse est non seulement un facteur d’accident en lui-même mais surtout un facteur aggravant incontestable. Plus la vitesse est importante et moindre sont les chances de survie des conducteurs et passagers. A l’inverse, plus la vitesse est faible, moindre sont les blessures. Même si l’amélioration du réseau routier et de la sécurité passive et active des véhicules a joué un rôle non négligeable, le mérite de la baisse du nombre de victimes depuis 2002 en revient principalement à la réduction importante de la vitesse moyenne de plus de 10 Km/h.

Mme Chantal Perrichon ne tarit pas d’éloge sur la politique de Sécurité routière mise en oeuvre entre 2002 et 2008 par le gouvernement de M. Jean-Pierre Raffarin. La politique suivie au niveau interministériel visait à accentuer considérablement les contrôles de vitesse par la mise en place de radars automatiques en nombre important et à sanctionner lourdement les dépassements, le tout en s’assurant que les contrevenants ne pourraient échapper aux sanctions. Cette politique, appuyée par la Ligue contre la violence routière, a conduit à des résultats inespérés en quelques années, faisant passer le nombre de victime de plus de 8 000 par an à moins de 4 000. En 2014, le nombre de victimes de la route s’est stabilisé aux alentours de 3 700 par an.

Chacun le sait, la meilleure arme pour faire respecter le code de la route reste la répression pure et dure. Les intervenants ont rappelé que prés de 90% des accidents graves étaient causés par les hommes et plus de 80% des victimes n’avaient aucune responsabilité dans ces accidents. Faudra-t-il interdire les hommes de conduite ???

La Ligue contre la violence routière n’entend pas en rester en si bon chemin. Elle veut aller beaucoup plus loin en faisant baisser le nombre de victimes d’accidents de la route à moins de 2 000 par an à l’horizon 2020. Ce qui ferait de la France l’un des pays les plus sûr d’Europe, soit prés de 2 000 vies supplémentaires de sauvées par an. Pour atteindre cet objectif ambitieux, Chantal Perrichon demande depuis plus de deux ans aux gouvernements de M. Ayrault puis de M. Valls de prendre ce dossier à bras le corps et de franchir un nouveau palier en matière de Sécurité routière. Il semble hélas que la lutte contre les accidents de la route ne soit pas une priorité des gouvernements actuels !

Pour autant, la Ligue contre la violence routière ne renonce pas et entend se battre jusqu’à ce qu’elle obtienne satisfaction. Elle exige du gouvernement que la vitesse sur les routes à double sens de circulation (plus de 80% des routes) soit réduite de 90 km/h à 80 km/h seulement et ce, sur l’ensemble du territoire. Cette baisse de la vitesse devant mécaniquement réduite le nombre de tués sur les routes. Encore faut-il que cette vitesse soit scrupuleusement respectée. Pour ce faire, plutôt que d’augmenter le nombre de radars automatiques, la Ligue propose de généraliser les radars embarqués à bord de voitures banalisées, beaucoup plus efficaces mais qui sont en France en nombre très limité (moins de 2 000 à ce jour, contre plus de 20 000 au Royaume-Uni pour un réseau routier trois fois moins important).

La Ligue demande également aux constructeurs automobiles d’équiper les véhicules de boites noires ; ce qui constituerait pour eux le moyens d’obtenir de nombreuses données techniques, tout en permettant, lors des accidents de la route, de connaître les circonstances précises de ces derniers et les responsabilités de chacun. Manifestement, les constructeurs européens ne sont pas prêts à franchir le pas du fait de la forte opposition des associations d’automobilistes.

Enfin, la Ligue se bat pour que tous les véhicules soient équipés du système Lavia. Celui-ci prend en compte la position du véhicule grâce au GPS et, en fonction de cette position, recherche dans une base de données embarquée les vitesses limites autorisées à cet endroit. Lavia limite alors la vitesse maximum du véhicule en fonction de cette vitesse réglementaire. Cette technologie est parfaitement au point depuis plusieurs années déjà. Ici aussi, en dépit du coût réduit de ce système qui à terme, rendrait sans objet les contrôles radars, le gouvernement fait la sourde oreille face à la pressions de lobbys influents. A croire que la préservation de milliers de vies innocentes annuellement le laisse indifférent.

Claude Got a également commenté brièvement l’accidentologie sur les routes aveyronnaises en rappelant qu’il y a quatre fois moins d’accidents sur les autoroutes ou les routes à chaussée séparée. En Aveyron, en attendant la mise à 2 X 2 voies de la RN88 entre Tanus et Séverac-le-Château, seuls 85 km sont opérationnels avec un niveau d’accident très faible pour un fort trafic. Contrairement à une idée reçue, la RN88 dans sa portion aveyronnaise, n’est pas, loin s’en faut, la voie la plus accidentogène au regard de son important trafic. De même, les zones urbaines du Grand Rodez, de Millau et de Villefranche-de-Rouergue restent peu accidentogènes probablement en raison de leur faible importance au regard de la population rurale du département.

En Aveyron, trois routes apparaissent toutefois fortement accidentogènes. Il s’agit, d’une part, des RD1 et RD 926 reliant Caylus (Tarn-et-Garonne) à Rignac, via Villefranche-de-Rouergue et, d’autre part, de la RD 992 reliant Millau à Saint Rome-de-Cernon. Le professeur Got s’est interrogé sur les raisons de cette forte accidentologie, constatant qu’il s’agissait de voies sinueuses comportant un dénivelé et relativement fréquentées. Pour lui, cette situation nécessiterait des enquêtes approfondies sur les accidents afin d’en comprendre les raisons et de tenter d’y remédier.

Non, la mort sur les routes de France et de l’Aveyron n’est pas une fatalité. Bravo à la Ligue contre la violence routière et à ses bénévoles pour son juste combat pour préserver encore davantage de vies humaines sur nos routes.

Contact :

Ligue contre la violence routière de l’Aveyron 1 rue du Gaz BP 93330 12033 Rodez cedex 9

Tél : 05 65 42 21 63 – email : lcvr12@orange.fr


Aveyron : la Ligue contre la violence routière poursuit son combat contre l’insécurité routière avec pour objectif zéro accident

16 octobre 2013

En cette semaine dédiée à la sécurité routière, aux côtés des partenaires habituels que sont la préfecture et le conseil général via le Comité sécurité routière, une fois de plus, la Ligue contre la violence routière de l’Aveyron présidée par Christiane Poinsot, a montré sa détermination à lutter contre les accidents de la route. Un combat de longue haleine mené en Aveyron depuis plus de 15 ans par sa présidente avec pour unique objectif : zéro accident.

Outre sa mission d’aiguillon auprès des autorités en charge des questions de sécurité routière, la Ligue contre la violence routière, en dépit de ses modestes moyens, est sur tous les fronts. Elle privilégie les actions de sensibilisation auprès des jeunes dans les écoles, collèges et lycées en vue de changer les comportements, mais aussi les actions de soutien aux victimes des accidents de la route.

Aujourd’hui, tant au plan national que départemental, grâce à l’action de la Ligue contre la violence routière, les pouvoirs-publics sous l’impulsion de Jacques Chirac, ont fini par prendre des mesures énergiques et efficaces qui ont conduit en quelques années à faire baisser considérablement le nombre de victimes d’accidents de la route de plus de 50%. En moins de 10 ans, la France est passée d’un peu plus de 8 000 morts à moins de 4 000 morts, avec autant moins de blessés graves. En Aveyron le nombre de morts est ainsi passé de l’ordre de 60 par an à 15 seulement en 2012. Un résultat très encourageant qui démontre au besoin, qu’avec des mesures courageuses assorties par une répression adaptée, il est possible de réduire considérablement le nombre de victimes sur les routes.

Mais le combat n’est jamais gagné et, à tout moment, un simple relâchement dans la réglementation et les contrôles suffit à voir le nombre de victimes remonter, comme ce fût le cas en 2011. En Aveyron, si l’année 2012 a connu le plus faible nombre de tués et d’accidentés, sans que l’on sache précisément pourquoi, le nombre de victimes et reparti très nettement à la hausse (30 morts au 15 octobre 2013). La preuve que tout relâchement, notamment une moindre présence des forces de police et de gendarmerie sur le terrain, est ressenti par un certain nombre d’automobilistes comme un encouragement au laisser-aller. Du coup, on reprend aussitôt les plus mauvaises habitudes.

Cette année, la Ligue contre la violence routière de l’Aveyron avait organisé une grande conférence autour des responsables départementaux de la sécurité routière et du journaliste Bertrand Parent, auteur d’un récent livre intitulé « Un jour sur la route j’ai tué un homme » dans lequel il relate l’accident qui a bouleversé sa vie pour toujours.

Ce livre témoignage rappelle le terrible gâchis humain que constitue la mortalité sur les routes, notamment pour les victimes et leur entourage bien sûr, mais aussi pour ceux qui sont les responsables de ces accidents. Dans ce livre où il revient sur ces horribles instants de son passé, il revient sur la fragilité de la vie : « Il suffit d’une imprudence, d’une petite infraction… Ce ne sont pas que les chauffards ou les alcooliques qui tuent sur les routes. Cela peut être chacun de nous ». Un livre courageux au l’auteur reconnaît sa responsabilité dans un accident et entend alerter les automobilistes sur les nombreux dangers qui les guettent dés qu’ils prennent le volant.

Les accidents de la route ne sont pas une fatalité, bien au contraire. Bertrand Parent parcourt régulièrement la France pour témoigner et animer nombre d’émissions consacrées à la sécurité routière. Aux côtés de la Ligue contre la violence routière, il milite pour la mise en œuvre d’une nouvelle politique de sécurité routière qui s’attaque pour de bon à ce fléau des accidents de la route afin d’atteindre d’ici 2020 l’objectif de moins de 2 000 morts par an et se rapprocher des pays de l’Europe du nord, les mieux placés en ce domaine. Et de rappeler qu’en moins de 10 ans, plus de 26 000 vies humaines (la population de la ville de Rodez) ont déjà été épargnées.

Parmi les mesures préconisées, outre le maintien des radars automatiques et le développement des radars embarqués encore trop peu nombreux à son goût, on peut citer : le bridage de la puissance des véhicules, l’installation de boites noires dans tous les véhicules, l’interdiction du kit téléphone main libre, l’installation de radars sur les feux tricolores les plus dangereux, l’abaissement de 10 km de la vitesse autorisée, le renforcement des contrôles… Il a aussi été précisé que prés de 75% des accidents étaient causés par des hommes qui ont trop souvent un comportement pour le moins irresponsable dés lors qu’ils se trouvent au volant de leur automobile.

Au total, plus de 500 personnes ont participé aux deux conférences organisées le 15 octobre à Rodez, dont de très nombreux jeunes et surtout jeunes filles. La preuve que la sécurité routière reste une préoccupation pour les jeunes et que la prévention demeure un élément important de la lutte contre les accidents de la route.

Un grand merci aux bénévoles de la Ligue contre la violence routière qui s’investissent au quotidien pour sauver un maximum de vies humaines sur nos routes. Sans eux, nous n’en serions pas là !

Pour plus d’information :

Ligue contre la violence routière de l’Aveyron
Présidente : Christiane Poinsot
1 rue du Gaz – BP93330
12033 RODEZ cedex 9
Tél : 05 65 42 21 63
http://www.violenceroutiere.org