France : Discrédité, inexistant et à bout de souffle, à quoi sert Hollande ?

13 mai 2014

A l’occasion du deuxième anniversaire de son élection à la présidence de la République, François Hollande avait récemment accordé une interview à une chaîne d’information en continu. Or, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’a pas enchanté les foules. Bon nombre de grands médias n’en ont même pas parlé, et pour cause. En dépit de l’ampleur des sujets (déficits publics, chômage, croissance en berne, Europe, Ukraine…), la nouvelle a été que le chef de l’Etat envisageait de reporter les élections régionales prévues au printemps 2015, prétextant des difficultés dans la mise en place de la réforme en cours.

Une déclaration qui prête à sourire lorsque l’on sait qu’à peine parvenu au pouvoir en 2012, M. Hollande s’était empressé d’annuler la réforme réalisée en 2010 par ses prédécesseurs, visant à rapprocher les départements des régions en vue de leur fusion à terme. A la place, à la va-vite et sans réelle concertation, son gouvernement s’est engagé dans une nouvelle réforme des départements en les renforçant par un redécoupage total des cantons. Deux ans plus tard, le nouveau gouvernement nommé en avril dernier, a stoppé cette réforme absurde et proposé de supprimer purement et simplement les départements qui seraient dorénavant intégrés dans des régions élargies, dont le nombre, pour l’occasion, serait réduit de moitié. Quelle cacophonie et quel gâchis ! Pourquoi avoir annulé la réforme prévue par le gouvernement de M. Fillon qui prévoyait de supprimer en douceur les départements, sans que cela pose de réelles oppositions, pour une nouvelle réforme qui va nécessairement se heurter à de nombreuses résistances ?

Voilà la méthode Hollande : raser par principe et par idéologie tout ce qui a été fait au cours de la présidence de Nicolas Sarkozy. Résultat, aujourd’hui, la France revient à la case départ dans sa réforme des collectivités territoriales au risque de nombreux blocages. Tout d’abord, la suppression pure et simple des départements nécessite une réforme constitutionnelle. Alors que rarement un gouvernement aura disposé d’une si courte majorité en raison de ses divergences internes, ce n’est assurément pas demain la veille que la réforme va être engagée.

En fin tacticien, à défaut d’être un gestionnaire avisé et clairvoyant, alors qu’il vient de rencontrer le plus grand revers électoral depuis plus de 30 ans lors du dernier scrutin municipal, voilà que Hollande suggère de différer les élections régionales de mars 2015, histoire probablement d’éviter une nouvelle déroute électorale. Et tant pis si les réformes importantes doivent attendre de longues années supplémentaires.

Voilà le vrai Hollande : beaucoup de gesticulations, de promesses et autres manipulations, mais surtout ne rien faire de peur de la contestation. Le verdict des français est aujourd’hui sans appel. Avec seulement moins de 18% des français qui lui font encore confiance (jamais dans l’histoire un président n’était descendu si bas – Mitterrand en 1995 n’était descendu qu’à 33% et Chirac à 36% quelques années plus tard), qu’a-t-il pourtant à craindre ? Pas grand chose et pourtant le statu quo persiste au plus haut niveau de l’Etat pour le plus grand drame de la France.

Preuve de ce désamour croissant pour Hollande, lors de la cérémonie commémorative du 8 mai 1945 sur les Champs-Elysées à Paris, le public très présent sous Nicolas Sarkozy, était totalement absent. Ce qui est souvent le cas lors de ses déplacements, y compris dans des fiefs socialistes comme récemment à Carmaux, la patrie de Jean-Jaurés. Un comble ! Ce qui en dit long sur le désenchantement des français alors que le pays doit aujourd’hui engager des réformes importantes pour préserver son avenir et les générations futures. Difficile d’être crédible et de réformer dans un tel contexte.

En matière budgétaire, après que le gouvernement socialiste ait sollicité en 2012 un délai supplémentaire de deux ans auprès de la Commission européenne pour atteindre l’objectif fixé pour ramener les déficits publics à moins de 3% du PIB, la France est aujourd’hui au pied du mur. Selon de nombreux experts et de l’avis même de la Commission, la France ne sera probablement pas en mesure de respecter cet objectif pour l’année 2015, notamment en raison d’une croissance bien faible que prévue.

Alors que la France ne s’était pas trop mal sortie de la grave crise financière et budgétaire de 2008 et 2009 et qu’elle semblait en passe d’atteindre ses objectifs en matière de déficits publics, l’arrivée de Hollande à la présidence a tout remis en cause. Aujourd’hui, la plupart des pays européens, y compris du sud, s’inquiètent des dérives françaises et de l’absence d’engagement de réelles réformes structurelles. Eh oui, du courage il en faut et ce n’est manifestement pas le fort du chef de l’Etat français et de certains de ses amis socialistes !

Nos amis allemands, bien que discrets par politesse, sont aussi très inquiets concernant notre pays. C’est dans ce contexte, qu’en dépit de relations quasi-inexistantes au plus haut sommet des deux Etats depuis le départ de Nicolas Sarkozy, la chancelière Angela Merkel s’est sentie obligée de faire un pas vers le président de la République française en l’invitant pour une visite privée dans son fief électoral en ce début mai. C’est dire le piètre état des relations franco-allemandes qui sont pourtant indispensables à la construction européenne. Aujourd’hui, la France est politiquement et économiquement à la traîne face à une Allemagne dominante. Pas sûr que sur les bords de la mer baltique, M. Hollande et son pédalo, se soit montré à la hauteur des ambitions de Mme Merkel avec son gros hors-bord surpuissant !

Le couple franco-allemand, jadis moteur de l’Europe, est aujourd’hui aux abonnés absents alors que l’Union européenne doit faire face à d’importants défis : négociations commerciales Europe/USA, élections européennes et désignation de la Commission, conflit Ukrainien, relations avec la Russie… L’Union européenne donne l’impression d’être un bateau ivre qui ne cesse de voguer d’une urgence à l’autre, sans direction et priorité, en se contentant de colmater les brèches apparaissant ici et là. Une dérive pour le moins inquiétante pour l’ensemble des européens dont la France est la principale responsable.

Plutôt que de vouloir s’occuper de dossiers qui ne relèvent pas de la compétence de l’Etat (SFR, Alstom…), Hollande et son gouvernement seraient mieux inspirés de se concentrer sur les importants problèmes que doit affronter notre pays : réduction massive des dépenses publiques et de la dette, engagement des réformes de structures attendues, allègement de la fiscalité et des charges sociales pesant sur les entreprises…

Après deux ans de gestion Hollande et de nombreuses promesses non tenues, la France n’a jamais été dans un si mauvais état de découragement et de désenchantement. Il appartient au chef de l’Etat et au gouvernement d’engager les réformes indispensables pour redonner confiance aux français avant que tous ne quittent le navire de peur qu’il coule.

Pour cela, encore faut-il avoir un cap et une vision pour notre pays. En dépit des discours encourageant de Manuel Walls, le nouveau premier ministre, on peut craindre que le passage aux actes s’avère pour le moins délicat au vu du peu de crédibilité du chef de l’Etat. A moins que Walls ne finisse par s’imposer à Hollande ?

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France : Standards & Poor’s dégrade à nouveau la note qui passe de AA+ à AA. Cette décision consacre l’échec cinglant de la politique conduite par le gouvernement socialiste, incapable de réduire les dépenses publiques et d’engager les réformes attendues

13 novembre 2013

Standard & Poor’s, la principale agence de notation mondiale avait été la première à dégrader la note de la France en janvier 2012, lui faisant perdre son AAA. A quelques mois de l’élection présidentielle, plutôt que de prendre en compte les remarques de l’agence, l’opposition d’alors s’en était donné à cœur joie : «C’est une politique qui a été dégradée, ce n’est pas la France», avait lancé le candidat Hollande à l’encontre de Nicolas Sarkozy.

La critique était facile…  en oubliant que la France sortait de 3 années de profonde crise internationale et que, loin d’imposer la rigueur, le gouvernement Fillon avait choisi d’utiliser tous les amortisseurs sociaux pour limiter les dégâts pour les français. Devait-on s’en plaindre ? Sauf qu’à son arrivée au pouvoir, la gauche a joué la « cigale », refusant toute politique de rigueur (de simple bonne gestion) faisant preuve de beaucoup d’amateurisme et de clientélisme en augmentant les dépenses et surtout certains impôts et taxes de manière inconsidérée.

Prés de deux ans plus tard, en dépit des maints avertissements d’autres agences de notation allant dans le même sens, le gouvernement socialiste n’a pas été capable de prendre les seules mesures de bon sens qui s’imposaient : réduire les déficits et la dette, s’attaquer à la réduction des dépenses et améliorer la compétitivité de nos entreprises pour retrouver la croissance. En fait, Hollande et son gouvernement ont fait l’inverse, provocant la récession et le chômage.

Les résultats de 18 mois de gestion socialiste sont calamiteux et très inquiétants pour l’avenir avec un chômage en forte hausse en dépit du couteux traitement social et surtout, une croissance en berne proche de zéro en 2013 et de 0.8 % en 2014 alors que nombre d’autres payes européens vont avoir une croissance proche ou supérieure à 2%. Ajoutez à cela le ras-le-bol fiscal et la contestation croissante de la politique du gouvernement qui ne cesse de reculer face aux moindres revendications, l’avenir de la France s’annonce plutôt sombre.

Dans ce contexte, alors que la note AA+ avait été placée sous perspective négative il y a plus d’un an, l’agence Standard & Poor’s ne pouvait faire autrement que de baisser d’un nouveau cran la note de la France. Ce qui a été fait le 8 novembre 2013 avec l’attribution la note AA. Au-delà de ces avertissements sans frais, c’est clairement la politique de gribouille (ou plutôt l’absence de politique) suivie par Hollande et son gouvernement qui est directement visée.

Les conclusions de Standard & Poor’s, qui ne fondent uniquement sur la réalité de la France aujourd’hui, sont sans appel : « Cet abaissement traduit notre opinion selon laquelle il est peu probable que l’approche actuelle du gouvernement en matière de réformes budgétaires et structurelles dans les domaines de la fiscalité, du secteur des biens et services et du marché du travail améliore de manière substantielle les perspectives de croissance de la France à moyen terme ». L’agence de notation constate aussi que « la marge de manœuvre budgétaire de la France s’est réduite ». Selon l’agence, « la politique économique du gouvernement n’a pas  réduit de manière significative le risque que le taux de chômage reste au-dessus de 10% jusqu’en 2016 », contredisant la promesse d’inflexion durable de la courbe du chômage faite par Hollande pour fin 2013.

Jean-Michel Six, chef économiste pour l’Europe de Standard & Poor’s est encore plus clair : « La persistance d’un taux de chômage élevé affaiblit le soutien populaire en faveur de nouvelles mesures d’envergure en matière de politique budgétaire et de réformes structurelles…. Nous pensons également que la faible croissance économique limite la capacité du gouvernement à consolider le redressement des finances publiques… Nous ne percevons pas de plan d’ensemble pour redéfinir les dépenses publiques pour dégager un potentiel de croissance».  

Voilà un langage qui a le mérite de la clarté mais qui ne semble guère convaincre le gouvernement. Ce qui ne va pas manquer d’assombrir le climat de défiance à l’égard d’un chef de l’Etat, considéré par beaucoup de français comme n’étant pas à la hauteur des enjeux. Dans le dernier sondage, ne bat-il pas des records d’impopularité avec seulement 21% d’opinions favorables, un niveau jamais atteint par un président français ?

Cette nouvelle dégradation, venant après les mêmes remarques formulées voici quelques semaines par la Commission européenne, sanctionne avant tout l’échec de la politique économique du gouvernement socialiste conduit par M. Ayrault. Il ne reste plus qu’à espérer que celui-ci finira par prendre en compte les observations formulées plutôt que de foncer droit dans le mur. Encore faudrait-il qu’il y ait un pilote dans l’avion France qui semble tanguer de plus en plus, au gré des humeurs du vent…