France : Malgré la triple défaite électorale en 1 an, Hollande et son gouvernement continuent comme si de rien n’était

8 avril 2015

Après la déroute des élections municipale de mars 2014 et celle des élections sénatoriales de septembre 2014 (rebasculement du Sénat au centre-droit), M. Hollande vient de subir une nouvelle et humiliante défaite aux élections départementales qu’il avait pourtant lui-même dessinées à son profit en redécoupant les cantons en vue de reconquérir de nouveaux bastions à la droite et au centre. Même si ce n’est pas la déroute attendue, la défaite est sans appel.

En dépit d’un découpage électoral qu’aucun gouvernement de droite n’aurait osé imaginer, au plan national, le parti socialiste et ses alliés d’extrême-gauche ont perdu prés de la moitié des départements qu’ils contrôlaient jusqu’alors. Sans ce découpage qui leur était très favorable, c’est une dizaine de départements supplémentaires qui seraient tombés dans l’escarcelle de la droite et du centre.

Au final, ces élections départementales 2015 ont permis à l’UMP-UDI et divers droite d’emporter 68 départements contre 33 à la gauche. Pour la première fois depuis fort longtemps, de nombreux et importants bastions de la gauche, ont basculé au centre-droit. Parmi les plus belles conquêtes, on peut citer les départements du Nord (fief de Martine Aubry), les Bouches-du-Rhône (principal fief PS), la Seine-Martime (fief de Laurent Fabius), l’Essonne (fief de Manuel Valls), sans oublier la Corrèze (fief de François Hollande qui en a été le président). Une victoire encourageante pour la droite et le centre en pleine refondation qui en laisse présager d’autres s’ils savent répondre à l’attente profonde des français pour les prochaines échéances.

Autre échec de taille pour la gauche : le Tarn-de-Garonne. Le conseil général était détenu depuis des décennies par Jean-Michel Baylet, patron de la Dépèche-du-Midi. Après avoir perdu son mandat de sénateur à l’automne dernier, c’est maintenant le Conseil départemental qui lui échappe au profit d’un élu sans-étiquette, soutenu par le centre-droit. Des signes qui marquent le déclin de l’influence de la famille Baylet en Midi-Pyrénée ; ce dont personne ne se plaindra au plan régional.

Cette élection départementale conforte aussi l’encrage local du Front national, même s’il reste encore fortement concentré sur quelques départements où il fait ses meilleurs résultats : le Var, le Vaucluse, l’Hérault, le Gard, l’Aisne, le Pas-de-Calais… Au deuxième tour, il n’a réussi à s’imposer que dans 31 cantons (répartis sur 14 départements) sur plus de 2 054 et n’a jamais été en mesure d’emporter la majorité du moindre Conseil départemental. Au final, au vu des objectifs qu’il s’était fixé, le FN reste encore loin du compte et n’aura qu’une influence réduite dans les Conseils départementaux.

Hollande « échec et mat » !

Dans ce contexte, chacun va maintenant fourbir ses armes en vue des prochaines élections régionales qui devraient avoir lieu en décembre. Il s’agit d’un scrutin de liste à deux tours, avec représentation proportionnelle à la plus forte moyenne, se combinant avec une prime à la liste arrivée en tête. De part ce mode de scrutin, le FN entend y améliorer ses résultats et même emporter quelques régions. A 18 mois de l’élection présidentielle, l’importance des élections régionales n’a échappé à personne et surtout pas à M. Hollande qui, dans le contexte actuel, se verrait tout simplement exclu d’un deuxième de tour de la présidentielle qui se jouerait entre l’UMP-UDI et le FN.

Aujourd’hui, le PS et ses alliés détiennent 21 régions françaises sur 22 (sauf l’Alsace). Même si la nouvelle recomposition des régions les a ramenées à 13, le PS ne paraît en position que d’emporter son bastion du Languedoc-Roussillon / Midi-Pyrénées. Une nouvelle déroute s’annonce pour le PS qui risque fort d’être la quatrième défaite en un peu plus de 3 ans de mandat pour Hollande. Du jamais vu pour un président au cours de la 5Eme République !

En attendant, malgré ce terrible échec, le gouvernement socialiste nommé par Hollande semble vouloir poursuivre son bonhomme de chemin cahin caha, sans trop savoir où il va, sachant qu’il est en sursis dans tous les domaines. Valls pilote à vue, au gré des vents et des circonstances, sans véritable cap et bien sûr, sans véritables réformes de structures dans les cartons. Autant dire que la France, au plus mal ces dernières années alors que les pays de l’UE retrouvent la croissance, que l’euro, les taux d’intérêts et les cours du pétrole sont au plus bas.

Jamais depuis longtemps la France n’avait pourtant bénéficié d’un contexte conjoncturel aussi favorable. Pour autant, le pays va mal tout simplement parce que le gouvernement socialiste s’avère incapable d’impulser une véritable politique claire et de s’y tenir. Empêtré dans des conflits internes permanents, il cède aux réformettes et renonce aux courageuses réformes qui s’imposent au pays. Jusqu’à quand ?


Pourquoi la France va droit dans le mur !

11 mars 2015

Agnés Verdier-Molinié est la directrice de la fondation iFRAP (fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques), un think-tank qui analyse la performance de l’Etat, des administrations et des politiques publiques, en vue de proposer des réformes concrètes aux politiques du pays.

Une fois de plus, elle décrit une France qui va de plus en plus mal, notamment depuis l’arrivée de M. Hollande à l’Elysée en 2012. Le pays croule aujourd’hui sous le poids de l’impôt, des normes qui n’en finissent plus et une administration pléthorique dont la lourdeur nuit au bon fonctionnement de l’Etat.

Ce constat, Agnés Verdier-Molinié le fait depuis de longues années. Il résulte des propres analyses de la fondation iFRAP mais aussi, ce qui est surprenant, de très nombreux rapports publics publiés annuellement, à commencer par celui de la Cour des comptes. En pure perte ! En effet, aucun enseignement n’est tiré des dysfonctionnement de l’Etat alors que le pays à tant besoin de réformes de structures majeures.

Au vu de l’urgence de la situation française, elle publie en ce début mars 2015, un livre choc qui prône une réforme en profondeur de l’Etat intitulé : « On va dans le mur… ». Un réquisitoire accablant et sans appel qui met les politiques devant leurs énormes responsabilités.

« Nul n’est sensé ignorer la loi… » Et pourtant, notre pays connaît plus de 400 000 normes, 10 500 lois et 127 000 décrets, répartis sur plus de 62 codes différents. Qui peut sérieusement prétendre connaître les lois dans ce pays ? Le code général des impôts est passé de 2 500 pages à plus de 4 000 pages en 10 ans. Au cours de la même période, le code du travail a connu la même explosion et pire encore pour le code de l’urbanisme et de la construction. A l’inverse, ces dernières décennies, la plupart des pays européens ont mis en place des mécanismes qui limitent l’inflation des textes et simplifient considérablement la réglementation en vue de réduire le coût de fonctionnement et l’efficacité de l’Etat, tout en favorisant la croissance.

En matière normative, l’Allemagne a parfaitement réussi sa révolution en réduisant de 25% les coûts administratifs pour les entreprises. La compétitivité fait feu de tout bois, contrairement à la France qui croule sous les normes et réglementations de plus en plus obsolètes. Le Parlement allemand se veut d’ailleurs exemplaire et n’hésite pas à voter des lois fédérales qui abrogent les réglementations les plus superflues en réduisant le nombre de lois de 2 039 à 1728. Rappelons que notre douce France (pour combien de temps encore) adopte prés de 7 fois plus de lois !

Hélas ce diagnostic sévère n’est pas contestable. Chacun le sait, la situation de la France est dramatique et notre pays est aujourd’hui au bord du gouffre parce que les responsables politiques se sont avérés totalement incapables de comprendre la gravité de la situation et d’engager les réformes de structures indispensables. Il est trop facile de ne rien faire ou de duper les français en leur laissant croire que l’on peut continuer ainsi, tout en préservant nos acquis, notre compétitivité et nos finances publiques.

En 2015, l’heure des comptes a sonné pour la France. Fini les reculades et autres tours de passe-passe. Avec prés de 58% du PIB consacré aux dépenses publiques et un endettement proche de 100% de cette même richesse nationale, avec un système fiscal particulièrement complexe fondé sur une instabilité fiscale permanente et une production législative en explosion constante, notre pays est au bord de l’asphyxie totale. On voudrait tuer durablement la croissance et exploser les déficits qu’on ne s’y prendrait pas autrement !

L’urgence est aujourd’hui à engager au plus vite les réformes indispensables sans attendre l’échéance de 2017 car il sera probablement trop tard pour rétablir la situation.

Parmi les réformes prioritaires dont la France a besoin :

  • une grande réforme fiscale rendant les impôts et taxes plus lisibles et stables,
  • une réduction drastique du nombre de fonctionnaires,
  • une diminution et une simplification des normes,
  • la réduction importante des lois et décrets d’initiative qu’ils soient d’initiative parlementaire et gouvernementale,
  • accentuer la réforme territoriale et favorisant les regroupements communaux et intercommunaux, en supprimant le département,
  • réduire de manière importante les dépenses sociales dont la France est championne du monde et qui ont pourtant démontré leur inefficacité

A défaut d’agir d’urgence, comme l’affirme Agnès Verdier-Molinié : «  On va dans le mur… » tous ensemble mais on y va pour de bon !

Tout le monde est d’accord : l’Etat doit être réformé au plus vite. Et la baisse de la dépense publique doit être la priorité absolue. N’attendons plus pour passer à l’action ! Allez, un peu de courage M. Hollande ou laissez la place.

Plus d’infos : www.ifrap.org