Pourquoi la France va droit dans le mur !

11 mars 2015

Agnés Verdier-Molinié est la directrice de la fondation iFRAP (fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques), un think-tank qui analyse la performance de l’Etat, des administrations et des politiques publiques, en vue de proposer des réformes concrètes aux politiques du pays.

Une fois de plus, elle décrit une France qui va de plus en plus mal, notamment depuis l’arrivée de M. Hollande à l’Elysée en 2012. Le pays croule aujourd’hui sous le poids de l’impôt, des normes qui n’en finissent plus et une administration pléthorique dont la lourdeur nuit au bon fonctionnement de l’Etat.

Ce constat, Agnés Verdier-Molinié le fait depuis de longues années. Il résulte des propres analyses de la fondation iFRAP mais aussi, ce qui est surprenant, de très nombreux rapports publics publiés annuellement, à commencer par celui de la Cour des comptes. En pure perte ! En effet, aucun enseignement n’est tiré des dysfonctionnement de l’Etat alors que le pays à tant besoin de réformes de structures majeures.

Au vu de l’urgence de la situation française, elle publie en ce début mars 2015, un livre choc qui prône une réforme en profondeur de l’Etat intitulé : « On va dans le mur… ». Un réquisitoire accablant et sans appel qui met les politiques devant leurs énormes responsabilités.

« Nul n’est sensé ignorer la loi… » Et pourtant, notre pays connaît plus de 400 000 normes, 10 500 lois et 127 000 décrets, répartis sur plus de 62 codes différents. Qui peut sérieusement prétendre connaître les lois dans ce pays ? Le code général des impôts est passé de 2 500 pages à plus de 4 000 pages en 10 ans. Au cours de la même période, le code du travail a connu la même explosion et pire encore pour le code de l’urbanisme et de la construction. A l’inverse, ces dernières décennies, la plupart des pays européens ont mis en place des mécanismes qui limitent l’inflation des textes et simplifient considérablement la réglementation en vue de réduire le coût de fonctionnement et l’efficacité de l’Etat, tout en favorisant la croissance.

En matière normative, l’Allemagne a parfaitement réussi sa révolution en réduisant de 25% les coûts administratifs pour les entreprises. La compétitivité fait feu de tout bois, contrairement à la France qui croule sous les normes et réglementations de plus en plus obsolètes. Le Parlement allemand se veut d’ailleurs exemplaire et n’hésite pas à voter des lois fédérales qui abrogent les réglementations les plus superflues en réduisant le nombre de lois de 2 039 à 1728. Rappelons que notre douce France (pour combien de temps encore) adopte prés de 7 fois plus de lois !

Hélas ce diagnostic sévère n’est pas contestable. Chacun le sait, la situation de la France est dramatique et notre pays est aujourd’hui au bord du gouffre parce que les responsables politiques se sont avérés totalement incapables de comprendre la gravité de la situation et d’engager les réformes de structures indispensables. Il est trop facile de ne rien faire ou de duper les français en leur laissant croire que l’on peut continuer ainsi, tout en préservant nos acquis, notre compétitivité et nos finances publiques.

En 2015, l’heure des comptes a sonné pour la France. Fini les reculades et autres tours de passe-passe. Avec prés de 58% du PIB consacré aux dépenses publiques et un endettement proche de 100% de cette même richesse nationale, avec un système fiscal particulièrement complexe fondé sur une instabilité fiscale permanente et une production législative en explosion constante, notre pays est au bord de l’asphyxie totale. On voudrait tuer durablement la croissance et exploser les déficits qu’on ne s’y prendrait pas autrement !

L’urgence est aujourd’hui à engager au plus vite les réformes indispensables sans attendre l’échéance de 2017 car il sera probablement trop tard pour rétablir la situation.

Parmi les réformes prioritaires dont la France a besoin :

  • une grande réforme fiscale rendant les impôts et taxes plus lisibles et stables,
  • une réduction drastique du nombre de fonctionnaires,
  • une diminution et une simplification des normes,
  • la réduction importante des lois et décrets d’initiative qu’ils soient d’initiative parlementaire et gouvernementale,
  • accentuer la réforme territoriale et favorisant les regroupements communaux et intercommunaux, en supprimant le département,
  • réduire de manière importante les dépenses sociales dont la France est championne du monde et qui ont pourtant démontré leur inefficacité

A défaut d’agir d’urgence, comme l’affirme Agnès Verdier-Molinié : «  On va dans le mur… » tous ensemble mais on y va pour de bon !

Tout le monde est d’accord : l’Etat doit être réformé au plus vite. Et la baisse de la dépense publique doit être la priorité absolue. N’attendons plus pour passer à l’action ! Allez, un peu de courage M. Hollande ou laissez la place.

Plus d’infos : www.ifrap.org

 


France : Nicolas Sarkozy adopte la rigueur à l’allemande pour sauver l’euro et la France de la faillite (1)

5 décembre 2011

Après le célèbre discours de Nicolas Sarkozy à Toulon en septembre 2008 ; il y a eu celui de Toulon le 1 décembre 2011 prononcé dans le contexte de crise que l’on connait.

Par delà les symboles que chacun veut y voir, il ne fait aucun doute que pour le président de la République, le discours de 2011 se veut celui de la refondation de la zone euro et d’un nouveau départ pour la France. Le ton était sobre, grave et empreint de pédagogie pour mieux convaincre de l’urgence des décisions.

Ce discours de Nicolas Sarkozy, à cinq mois de la présidentielle, constitue néanmoins un véritable discours de campagne et un coup de semonce à l’encontre de François Hollande, candidat socialiste, qui se trouve ainsi dans l’obligation de préciser sa position face à l’ampleur et à la gravité de la crise. C’est probablement là le véritable défi que devra surmonter le candidat socialiste, embarqué dans des engagements et un programme pour le moins inadaptés à la situation d’aujourd’hui.

Dans son discours, le président de la République appelle les français à l’effort face à la crise de la dette au sein de la zone euro. Il assume un discours de vérité et demande la mobilisation de tous. Il affirme que la France entre  « dans un cycle de désendettement qui ramènera le balancier de l’économie vers le travail et la production ». La seule et unique voie pour sortir de l’impasse actuelle et de rassurer les marchés, c’est de s’inspirer de la méthode allemande : travail, effort, maitrise des dépenses, dialogue social…

La France se bat sans relâche et avec « courage dans la tempête pour éviter le déclin et conjurer la peur. La révolution liée à la mondialisation a commencé. Rien ne sera plus comme avant… ». Il a rappelé qu’il n’y avait pour la France aucune autre alternative que de rester au sein de la zone euro et de s’attaquer sérieusement à la réduction de la dette. La sortie de l’euro conduirait irrémédiablement la France au chaos en doublant ipso-facto sa dette qu’il faudrait rembourser dans une monnaie très fortement dévaluée. D’où sa conviction que la seule solution responsable est de s’accrocher à l’Allemagne et de s’inspirer de sa rigueur pour renforcer l’euro. « La France et l’Allemagne unies, c’est l’Europe toute entière qui est unie et forte. »

Au cœur d’une crise sans précédent en Europe depuis la grande guerre, le chef de l’Etat se devait d’expliquer la situation, les enjeux et les risques qui sont ceux des français et des européens aujourd’hui. C’est son rôle d’indiquer publiquement la voie à suivre pour sortir au mieux et durablement de celle-ci et éviter la faillite qui ne manquerait pas de rejaillir brutalement sur l’ensemble des français, à commencer par les plus fragiles et modestes.

S’agissant d’une crise propre aux pays de la zone euro, Nicolas Sarkozy a tout à fait raison d’affirmer que la solution ne peut qu’être européenne et coordonnée avec les pays membres, à commencer par l’Allemagne. Quelque part, cela veut aussi dire que la France n’est pas seule maitre du jeu, d’autant plus qu’elle n’a pas été exemplaire dans la gestion de sa dette publique ces dernières décennies. C’est la raison pour laquelle, dans un premier temps, le président français se contente de fixer un cap pour les années à venir. Il était de sa responsabilité que de préparer les français à une politique de rigueur sans précédent qui nous obligera nous réformer comme jamais nous ne l’avons fait par le passé. Là est d’ailleurs le problème d’aujourd’hui.

A cet égard, il n’y a rien de choquant que la France se rallie finalement à la politique allemande,même si au final, elle aura aussi cédé sur de nombreux points à la France. Le pays qui a le mieux résisté à la dette, c’est bien l’Allemagne. Aujourd’hui, la seule porte de sortie pour les pays de la zone euro passe par la rigueur et l’effort.

Les premières décisions visant à refondre le fonctionnement de la zone euro devraient être prises lors du Conseil européen du 9 décembre 2011. Elles devraient être suivie d’une série d’autres dans les prochains mois et marquer une étape capitale dans sa refondation. Le but étant de mieux coordonner et contrôler les politiques nationales tant au plan fiscal, social que budgétaire, au niveau européen et permette une meilleure gouvernance en son sein.

Reste à renforcer le contrôle de la dette et des déficits au niveau de chacun des Etats qui passe probablement par un plus grand rôle du Parlement européen pour contrôler les institutions en place. C’est un premier pas vers une Europe fédérale tant attendue par certains qui devrait mettre définitivement fin à la crise de l’euro et permettre de retrouver les chemins de la croissance dans les années à venir. Comme l’a dit justement indiqué Nicolas Sarkozy, la souveraineté ne qu’être partagée avec les autres pays de l’Union et s’exercer dans le cadre des intérêts communs de l’Union et non des intérêts particuliers de chacun des Etats. L’avenir des européens est à ce prix.

Le monde et l’Europe ont changés. Il est temps pour la France d’en prendre conscience et d’adopter les mesures nécessaires pour survivre, à commencer par la fameuse règle d’or que les socialistes français refusent de voter. C’était le sens du discours du chef de l’Etat. A défaut d’avoir convaincu une gauche obnubilée par la campagne électorale qui tarde à accepter de voir la vérité en face, Nicolas Sarkozy aura-t-il convaincu une majorité des français ?