France : un an après l’arrivée de Free mobile, la guerre des prix fait rage dans la téléphonie mobile (2)

23 janvier 2013

Les opérateurs télécoms mobiles Orange, SFR et Bouygues Télécom proposent dorénavant à leur fidèles clients des offres parfois alléchantes, avec des débits « data » inégalés à très haut débits allant de 21 à 42 Mbits grâce à la technologie HSPA+, bien loin des 7 à 14 Mbits souvent proposés via les forfaits low-cost. Ce nouveau débit HSPA+ de 42 Mbits concerne environ 60% de la population à fin 2012 et devrait se généraliser progressivement courant 2013 chez ces 3 opérateurs. D’ores et déjà, chez ces derniers, la 4G/LTE avec un débit de 100 Mbits est opérationnelle depuis la fin 2012 dans quelques grandes villes du sud de la France telles Lyon, Marseille, Montpellier… avant de s’étendre progressivement, le tout moyennant un léger supplément de forfait.

S’agissant des tarifs des forfaits, ils restent globalement comparables à ceux pratiqués par Free Mobile, si l’on intègre le coût d’acquisition du mobile de l’ordre de 600 € pour un Samsung S3 ou Notes 2, Nokia Lumia 920 ou iPhone 5, qui sont habituellement offerts ou proposés à des tarifs modiques par les opérateurs historiques. De fait, un abonnement à 19.99 €/mois chez Free Mobile revient en moyenne à 50 €/mois avec mobile contre environ 45 € à 55 €/mois pour Orange, SFR ou Bouygues Télécom moyennant un engagement de 18 à 24 mois. Compte-tenu de la qualité et de la fiabilité de leur réseau qui couvre 99% du territoire en 3G+, 60% en HSPA+ (42 Mbits) et moins de 10% en 4G/LTE (100 Mbits) début 2013, les opérateurs historiques mettent en avant la qualité de l’assistance, l’existence de nombreuses boutiques… pour maintenir des tarifs globalement compétitifs qui devraient, à n’en pas douter, leur permettre de stopper le départ des nombreux abonnés. Au final, c’est le client qui est gagnant mais pour combien de temps ?

D’ores et déjà, la qualité du réseau Free Mobile n’est pas au rendez-vous, notamment dans la région parisienne et de nombreuses agglomérations françaises. Que ce soit sur son propre réseau certes encore limité ou sur celui en itinérance d’Orange, le débit data reste très inférieur à celui des 3 autres réseaux concurrents Orange, SFR et Bouygues-Télécom. C’est la raison pour laquelle l’association de consommateurs UFC-Que Choisir a récemment porté plainte contre Free Mobile. L’étude n’est pas tendre avec Free. Elle dénombre nombre de dysfonctionnements sur l’ensemble des usages data, mais aussi pour la consultation de vidéo, le téléchargement ou encore en streaming. A chaque mesure effectuée, Free s’en sort très mal et se trouve relégué fort loin des autres opérateurs.

S’agissant de sa couverture, Free Mobile reconnaît un retard dans le déploiement de ses antennes avec moins de 1800 en service contre 2500 prévues à fin décembre 2012. Pas sûr que dans ce dossier les « pigeons » soient ceux à qui pense Free !

Selon le dernier comparatif réalisé au niveau des opérateurs mobiles européens, après avoir fait partie des pays où les tarifs étaient dans la fourchette haute, la France propose début 2013 les prix les plus bas de tous les pays développés avec un tarif TTC moyen de 20 € / mois, contre 38 € au Royaume-Uni, 42 € en Italie, 50 € en Allemagne et 78 € aux USA. Si le consommateur est à priori gagnant, au moins dans l’immédiat, il n’est pas certain que les opérateurs mobiles français puissent poursuivre leur développement et maintenir le niveau d’investissement , notamment dans la 4G où la France a déjà beaucoup de retard. Il faudra bien qu’à un moment ou un autre les consommateurs passent à la caisse pour permettre le financement du réseau à très haut débit, comme dans les pays voisins.

Face à l’accroissement important de la consommation « data » et aux risques de saturation des réseaux actuels, la priorité des opérateurs français reste la construction du réseau 4G/LTE au plus vite. Il est donc inéluctable qu’après la baisse des tarifs sous la pression de l’arrivée du 4ème opérateur début 2012, le marché français du mobile revienne progressivement à des tarifs plus élevés afin d’assurer une meilleure rentabilité des opérateurs aujourd’hui fragilisés. La mise en service de la 4G/LTE devrait être l’occasion d’un ajustement des tarifs.

Les dernières offres des opérateurs mobiles, concurrentes du forfait proposé par Free Mobile à 19.99 €/mois, sans téléphone et sans engagement de durée (Attention : les tarifs communiqués sont indicatifs au 01/01/2013, et publiés sous toutes réserves / Le tarif est à valider préalablement auprès de l’opérateur concerné) :

  • B&You : Le forfait illimité 24h/24h est à 19.99 € TTC par mois. Les appels fixes (vers plus de 50 destinations) et mobiles (vers la France, les USA, le Canada et la Chine) sont illimités. Les SMS/MMS et Wifi sont également illimités et l’accès internet  comprend 3 Go par mois, avec débit réduit au-delà). Depuis novembre 2012, ce forfait low-cost de B&You est le seul à bénéficier d’un débit pouvant aller jusqu’à 42 Mbits pour la data.
  • Red de SFR :  Le forfait illimité 24h/24h de SFR est à 19.99 € TTC par mois (appels illimités tous opérateurs fixe vers plus de 50 destinations et mobile vers Europe, DOM et Amérique du nord, SMS/MMS et Wifi illimités et internet/mails (3 G+ / 14 Mbits)) limité à 3 Go, rechargeable au-delà.
  • Sosh : La formule comprend un forfait illimité 24h/24h vers fixes à destination des DOM et de l’Europe et mobiles avec SMS/MMS et Wifi et l’internet (3G+ /jusqu’à 14 Mbits) avec 2 Go par mois, débit réduit au-delà)) pour 19.90 € TTC par mois. Sosh propose également un deuxième forfait avec un débit jusqu’à 42 Mbits (HSPA+) au prix de 24.90 € / mois incluant 3 Go, avec débit réduit au-delà.
  • Joe Mobile : Le forfait illimité 24h/24h s’établit à 20 € TTC par mois (appels illimités tous opérateurs fixe et mobile, SMS/MMS et Wifi illimités et internet/mails (3 G+ / 14 Mbits)) limité à 3 Go, rechargeable au-delà.
  • Numéricable : Le forfait illimité 24h/24h est à 19.99 € TTC par mois (appels illimités tous opérateurs fixe et mobile, SMS/MMS et Wifi illimités et internet/mails (débit variable selon la ville)) limité à 3 Go, rechargeable au-delà.
  • Virgin Mobile : Le forfait illimité 24h/24h s’établit à 19.99 € TTC par mois (appels illimités tous opérateurs fixe et mobile, SMS/MMS et internet/mails (3 G+ / 14 Mbits)) limité à 3 Go, débit réduit au-delà.

A ces tarifs extrêmement bas, nul doute que certains opérateurs de type MVNO parmi les plus fragiles, sont voués à disparaître à brève échéance. Les négociations engagées entre SFR et Numéricable, puis avec Bouygues Télécom,  en vue d’une mutualisation de leurs réseaux respectifs, est la preuve que l’arrivée de Free Mobile, si elle a favorisé la concurrence et donc la baisse des tarifs dans un premier temps, ne sera pas sans conséquence à terme et entraînera nécessairement des fusions entre opérateurs, voire des rachats par des groupes étrangers et donc un réajustement des prix à la hausse. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si en ce mois de janvier 2013, les opérateurs téléphoniques historiques Vodafone, Orange, Deutsche Télécom, Télécom Italia et Téléfonica sont en passe de s’allier pour construire en commun un grand réseau mobile européen.

Quatre opérateurs mobiles pour le seuls marché français et autant dans les grands pays d’Europe est difficilement viable alors que les USA ou le Japon, disposent de 4 opérateurs pour six fois plus de population. La course à la taille critique pour survivre ne fait que commencer en Europe. Bien difficile de dire quels seront, à terme, les vrais gagnants de cette bataille du mobile en France. Pas sûr que le modèle économique de Free Mobile s’avère payant pour le consommateur à terme !

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France : Free Mobile, le cadeau de Noël ?

25 novembre 2011

Le 4ème opérateur de téléphonie mobile va débarquer en France dés le 02 janvier 2012, à moins qu’il n’offre un petit cadeau de Noël aux français dés le 19 décembre prochain.

Quelle que soit la date, l’arrivée de Free Mobile est très attendue. Pour preuve, ces derniers mois, les opérateurs mobiles concurrents : Orange, SFR et Bouygues-Télécom ont rivalisé d’imagination pour proposer des forfaits plus attrayants au plan financier avec leurs offres low-costs respectives : Sosh, Red de SFR et B&You. Ces offres résisteront-elles à celles très compétitives que devrait faire prochainement Free ? Pas si sûr si l’en en juge par les premières indiscrétions.

Free Mobile, selon son propre directeur général Xavier Niel, devrait proposer des forfaits simples, lisibles et très compétitifs au regard des offres des opérateurs concurrents.

Le journal Le Figaro a dévoilé il y a quelques jours ce que pourraient être les offres de Free Mobile :

  • Forfait tout compris à 29.99 €/mois (comprenant les appels téléphoniques, les SMS et l’internet illimité)
  • Forfait à 19.99 €/mois (comprenant 5 heures d’appels + 2 Go de données)
  • Forfait à 14.99 €/mois (comprenant 2 heures d’appels + 1 Go de données)
  • Forfait à 9.99 €/mois (comprenant 2 heures d’appel)

Au final,  les offres définitives devraient être sensiblement proches. Face au nombre considérable de forfaits en vigueur et à leur complexité chez les autres opérateurs traditionnels, les offres de Free Mobile devraient trancher par leur lisibilité et leur tarif compétitif.Pour ce faire, les forfaits proposés devraient être totalement dissociés du téléphone mobile lui-même qui sera vendu séparément avec possibilité de financement à crédit. Cela suffira-t-il à attirer rapidement un grand nombre de clients de la concurrence ?

Toujours est-il que Free Mobile affiche haut et fort ses ambitions. Xavier Niel  affirme notament : «…vouloir acquérir pas moins de 25% du marché français du mobile en 2 ans. » Selon lui : « Free Mobile aura l’offre la plus complète et la moins chère qui lui assurera la viabilité pour 20 ans. » Ce qui est certain, c’est que Free Mobile a les atouts pour se faire une place de choix sur le marché de la téléphonie mobile française, largement dominé par Orange et SFR.

3ème FAI français avec 4.8 millions de clients, derrière SFR et Orange, bien qu’arrivé tardivement par la petite porte, Free Mobile entend être le trublion et faire sa place sur le marché de la téléphonie mobile. Une chose est sûre, si Free Mobile dispose de l’ordre de 10 millions de clients au bout de 2 ans, le pari sera gagné. Mais la route risque d’être semée d’embuches.

Selon certaines informations, chaque client de la Freebox devrait recevoir une carte SIM qu’il suffira d’insérer dans un téléphone pour activer la ligne (sous réserve que l’appareil ne soit pas Simlocké). Ce qui permettrait de fidéliser les clients ADSL et de faciliter la gestion d’un grand nombre de nouveaux clients mobiles.

A mi-novembre, l’ARCEP reconnait que Free Mobile a déjà atteint le seuil de couverture propre imposé de 27% du territoire et dépasserait même les 30%. Ce qui lui permettrait dés la mise la mise en service de son réseau de disposer d’une couverture nationale et de pouvoir ainsi proposer son offre sur l’ensemble du territoire français, conformément à l’accord d’itinérance conclu avec Orange.

Free Mobile pourrait ainsi fêter Noël dans les meilleures conditions commerciales et entamer sa conquête du marché mobile français.


France : la pression monte sur le marché de la téléphonie mobile avec l’arrivée prochaine de Free Mobile

5 septembre 2011

La guerre des prix et des offres de téléphonie mobile fait rage depuis quelques mois et cela risque de s’accentuer d’ici début 2012.

Au début de l’été, Bouygues-Télécom a tiré le premier en proposant une offre low-cost « B&You » compétitive, distribuée exclusivement sur Internet. SFR avait suivi en lançant ses offres Carrées et annonce courant septembre de nouveau rabais sur ses forfaits. De son côté,  Orange proposera dés le 7 septembre une offre « Sosh » à des tarifs toujours plus bas, mais disponible uniquement sur internet. Sans oublier les nouvelles offres compétitives de Numéricable et de nombreux MVNO, à commencer La Poste Mobile et Virgin Mobile.

Pourquoi cette soudaine agressivité des opérateurs mobiles français alors que leurs offres étaient réputées parmi les plus chères en Europe depuis de nombreuses années ?

La réponse est simple : Free Mobile. L’arrivée début 2012 du 4ème opérateur de téléphonie mobile devrait en effet bouleverser le marché français. Le trublion des télécoms qui a imposé son tarif de 30 euros /mois dans l’ADSL entend tenir sa promesse de diviser par deux la facture mobile des Français. Xavier Niel, fondateur et directeur général d’Iliad (maison mère de Free), qui a du ferrailler de longues années pour obtenir sa licence mobile face à l’opposition des opérateurs existants, ne cesse de dénoncer les forfaits incompréhensibles et illisibles de ses concurrents. «Depuis 2008, nos concurrents ont baissé la facture du client de 10%. On est loin du compte ! »  affirme-t-il.

Même si le silence est de mise, Free Mobile prépare minutieusement son débarquement sur le marché du mobile français pour la fin de l’année et plus certainement début 2012 ; le temps de déployer son réseau 3G qui doit atteindre 25% de la population française à cette date.

Il se murmure ici et là (cf Freemobileasso.com) le lancement d’un forfait à 5,99 € / mois incluant deux heures d’appels, les SMS illimités et les appels gratuits vers la Freebox, d’un autre à 9.99 € /mois pour 5 heures d’appels et d’un forfait à 29,99 €/mois pour le tout-illimité.  A ces tarifs, on comprend que les concurrents s’inquiètent.

Après l’ADSL, la bataille promet d’être rude dans le mobile avec l’arrivée de Free Mobile. Les français devraient en être les gagnants alors que les tarifs de la téléphonie mobile étaient parmi les plus élevés d’Europe. L’année 2012 s’annonce comme le big-bang du mobile en France et chaque opérateur affûte d’ores et déjà ses armes. Voilà qui ne devrait pas déplaire aux consommateurs !

Pour plus d’infos :

Prochainement : Free Mobile prépare son arrivée sur la marché français