France : Le gouvernement Valls II réussira-t-il là où les autres gouvernements de gauche ont échoué ?

29 août 2014

En cette rentrée 2014, les français retrouvent les réalités du pays. Pour celles et ceux qui ne s’en étaient pas aperçus, ils découvrent que la situation de la France a inexorablement continué à se dégrader cet été pour atteindre les bas fonds en cette fin août. A y regarder de plus prés, rien ne va plus. Pour preuve :

  • La croissance est nulle pour le deuxième trimestre consécutif ;
  • Les déficits publics devraient finalement dépasser les 4.3% du PIB à fin 2014, contre une prévision de 3.5% ;
  • la dette publique devrait approcher les 100% du PIB à fin 2014 ;
  • le chômage continue à augmenter fortement à 3.424 millions à fin juillet (10.1% de la population)….

On pourrait ainsi continuer la liste des mauvaises nouvelles concernant l’économie et les finances du pays.

Rappelons que M. Hollande annonce depuis 2012 la baisse du chômage alors qu’il n’a cessé d’augmenter. Si l’on comptabilise l’ensemble des catégories de sans emplois (A, B et C), le nombre réel de chômeurs (DOM compris), atteint les 5 386 600. Ce qui est considérable au regard des promesses du président de la République. A titre de comparaison, alors qu’en France le taux de chômage au sens du BIT était de 10.1% à fin juillet 2014 ; dans les principaux pays, il varie en 5% et 7% (6.3% aux USA, 5.2% en Allemagne, 6.6% en Grande Bretagne, 7% aux Pays-Bas, 4.9% en Autriche…).

Depuis mai 2012 et l’arrivée de François Hollande, la situation de la France n’a cessé de se dégrader à l’instar des opinions favorables le concernant qui ont atteint le plus bas niveau jamais atteint de 17%. Peut-on gouverner durablement et efficacement le pays lorsque 83% des français n’accordent aucune confiance au chef de l’Etat pour sortir le pays des difficultés actuelles.

C’est dans ce contexte économique, budgétaire et social qu’il a lui-même largement contribué à dégrader que M. Hollande a demandé à M. Valls, Premier ministre, de former un nouveau gouvernement. Il est vrai que le désordre et la cacophonie généralisée qui caractérisaient les gouvernements nommés depuis 2012 étaient peu propices à une bonne gouvernance. Exit donc les trublions de la gauche du parti socialiste : Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti ; place aux plus fidèles serviteurs de M. Hollande qui ne lui feront pas de l’ombre et appliqueront sa politique sans rechigner. Encore faut-il en avoir une et définir un cap clair !

Parmi les nouveaux ministres, un certain Emmanuel Macron, ancien banquier d’affaires et ancien conseiller du chef de l’Etat, nommé à la tête du ministère de l’économie et de l’industrie. Il faut croire qu’on manquait de candidats pour ce poste pour aller piocher dans la finance, à moins que ce ne soit un signal envoyé à l’aile gauche du PS pour lui signifier un véritable changement de cap dans la politique économique. Il n’en reste pas moins amusant de constater que le même Hollande qui avait violemment fustigé le monde de la finance lors de son discours du Bourget en 2012, n’hésite plus aujourd’hui à faire appel à l’un de ses représentants pour épauler son gouvernement à la dérive. Le monde de la finance serait-il redevenu fréquentable ?

Que de reniements et de changements de caps depuis la campagne présidentielle. On comprend mieux le fort mécontentement d’une partie de l’électorat de gauche trahi par Hollande en personne. Il paraît que ce nouveau gouvernement entend se placer sous le signe du social-libéralisme ; pourquoi pas, mais le plus important est le résultat. Voilà qui ne va pas manquer d’enchanter certains parlementaires de la gauche radicale !

Pas sûr, dans ces conditions, que le nouveau gouvernement trouve une majorité socialiste pour le soutenir. Osera-t-il engager la responsabilité de son gouvernement et poser la question de confiance devant l’Assemblée Nationale ?

Au fait, pourquoi avoir attendu 30 mois pour changer de politique si la précédente n’était pas bonne puisque cela fait maintenant plus de deux ans que les résultats de la France sont purement et simplement désastreux ? Pas sûr que les socialistes eux-mêmes aient la réponse !

Lors que 1er Conseil des ministres du gouvernement Valls II, M. Hollande a déclaré : « La mission du gouvernement sera de répondre aux préoccupations des Français – emploi, logement, sécurité, services publics – mais aussi la réduction des déficits qui doit être compatible avec la croissance« . Il serait temps ! Les français vont-ils longtemps continuer à croire ce type de promesse ?

Après tant de duperies et d’incompétence, ces gesticulations médiatiques ont peu de chance de participer au rétablissement de la confiance des français dans ce nouveau gouvernement socialiste.

D’ailleurs du côté de nos amis allemands, l’inquiétude subsiste. Le président de la commission aux affaires européennes du Bundestag, Gunther Krichbaum se veut réaliste : « Les problèmes de la France ne disparaitront pas avec le changement d’équipe gouvernementaleLa France doit se réformer, non pas pour faire plaisir à Berlin ou à Bruxelles, mais pour son propre intérêt.» Et de rappeler certaines réalités à l’origine de la grave crise de confiance envers le chef de l’Etat français : « Le problème reste que le président Hollande a fait beaucoup de promesses durant sa campagne, suscité beaucoup d’attentes et provoqué beaucoup de déceptions. »

Le gouvernement Valls II tiendra-t-il ses promesses et réussira-t-il à rassembler une majorité de socialiste qui lui permette de gouverner durablement ou devra-t-on s’orienter vers une dissolution de l’Assemblée nationale ? Verdict dans les prochains mois. En attendant, la France est aujourd’hui très fragilisée et apparaît clairement comme l’enfant malade de l’Europe. Un bien triste bilan pour M. Hollande : en moins de 30 mois, il a réussi à mettre la France au tapis et paraît aujourd’hui incapable de la relever.

Une bien difficile fin d’année 2014 en perspective pour les français…


France : à peine plus d’un an après son élection, M. Hollande doit faire face aux résultats désastreux de sa politique. Sera-t-il en mesure de rétablir la confiance des français ?

19 juin 2013

François Hollande, en cette fin de printemps 2013, avec à peine 28% d’opinion favorables, reste au plus bas dans les sondages et ne semble pas en mesure d’inverser durablement la tendance. Jamais aucun président n’avait atteint un tel mécontentement chez ses concitoyens. C’est dire le peu de crédit qu’il inspire aux français.

Les nombreux déplacements et autres émissions télévisées n’y changent strictement rien. Autant dire que pour Hollande, c’est la Bérézina sur toute la ligne. Ainsi, son apparition pourtant soigneusement préparée dans l’émission « Capital » sur M6 dimanche dernier, a été un échec cinglant. Si la célèbre émission de la chaîne a battu un record au cours de la soirée, c’est à la baisse ! En effet, l’audience a été prés de fois inférieure aux meilleurs résultats enregistrés ces dernières années, soit tout bonnement le plus mauvais score. Un bien triste record pour un chef de l’Etat !

Au plan électoral, les résultats ne sont pas meilleurs. Sur 8 élections législatives partielles depuis un an, la gauche a perdu l’intégralité des sièges de députés qu’elle avait emporté en juin 2012. Lors du 1er tour de l’élection législative partielle de Villeneuve-sur-Lot de dimanche dernier, le candidat socialiste a purement et simplement été éliminé du second tour. Autant dire que si des élections nationales avaient lieu aujourd’hui, ni Hollande, ni la gauche n’auraient la majorité. On comprend la décision du gouvernement et des parlementaires socialistes de reporter à plus tard la mise en œuvre de la loi limitant le cumul des mandats car ce serait, à n’en pas douter, de nombreuses élections législatives et sénatoriales partielles qui couteraient purement et simplement la majorité à la gauche dans les deux assemblées. Or, celle-ci n’entend pas abandonner ainsi le pouvoir !

Tout cela parce que François Hollande a trompé les électeurs de bout en bout et qu’il fait aujourd’hui, le plus souvent, l’inverse de ce qu’il avait promis. Plus grave, il s’avère incapable de définir une véritable ligne politique et budgétaire et s’y tenir durablement. L’incohérence et l’inconsistance de sa politique aggrave ainsi chaque jour un peu plus la situation économique, budgétaire et sociale de la France et repousse davantage les perspectives de reprise de la croissance et de l’emploi. Voici qui n’est guère réjouissant.

Les mois qui viennent seront décisifs pour l’avenir de la France et probablement de François Hollande et de son gouvernement eux-mêmes.

Sauront-ils mener les négociations avec les partenaires sociaux pour s’attaquer durablement à la réduction des dépenses publiques et aux indispensables réformes de structures tant attendues : réforme des retraites, remise en cause des régimes spéciaux, réduction de la fonction publique, mise à plat des aides et autres subventions …

Parallèlement, le gouvernement va devoir s’engager sur le difficile chemin d’une baisse des impôts et des charges sociales pour redonner confiance aux entreprises et aux consommateurs afin d’enrayer les dernières augmentations d’impôt qui ont plombé la croissance de la France et miné le moral des français.

L’un des moteurs espéré pour stimuler la croissance, le crédit d’impôt compétitivité en dépit de son coût élevé pour les finances publiques, s’avère être un échec en raison du faible nombre d’entreprises qui y ont eu recours à ce jour. Il faudra donc trouver autre chose pour encourager la croissance indispensable à la création d’emplois. Quant aux contrats de génération et d’avenir proposés, les objectifs de création d’emplois sont aujourd’hui très loin d’être atteints.

N’en déplaise au chef de l’Etat, ce n’est pas en 2013 que la situation va s’arranger sur le front de l’emploi. Le coût politique d’un tel échec risque d’être très élevé pour la gauche à un moment où certaines formations politiques et syndicales, très marquées à gauche, vont engager de vastes opérations de mobilisation contre la politique du gouvernement qui n’a pourtant pas encore commencé à mettre en œuvre les réformes les plus délicates. Après un printemps froid et pluvieux, voilà qui promet un automne très chaud en France.

Hollande et son gouvernement auront-ils le courage et l’envergure nécessaire à la mise en œuvre des véritables réformes dont la France à besoin pour sortir de l’impasse actuelle ?


France : Incapable d’engager les réformes de structures indispensables, Hollande doit se contenter de quelques réformettes mineures, quitte à diviser le pays

22 avril 2013

Moins d’un an après son élection, François Hollande ne recueille guère plus de 25% d’opinion favorables dans l’opinion. Un record jamais atteint par aucun chef de l’Etat en si peu de temps. Un signe inquiétant qui confirme à quel point l’exécutif est aujourd’hui affaibli, incapable de trancher et d’engager les réformes indispensables qui permettraient d’enrayer la récession en cours et l’augmentation du chômage. En moins d’un an, la situation économique et budgétaire de la France c’est grandement dégradée et, au vu de l’indécision du gouvernement sur les sujets essentiels,  on ne voit pas comment les choses pourraient s’améliorer rapidement.

A tel point qu’aujourd’hui plus de 54% des français pensent que Nicolas Sarkozy aurait été plus à même de faire face à une crise que l’actuel président. C’est par là-même reconnaitre  que ce dernier a largement contribué à la dégradation de la situation du pays, notamment par des mesures inadaptées et des augmentations d’impôts démesurées, contribuant ainsi à faire plonger la consommation des ménages et donc la croissance. La situation n’est hélas pas meilleure pour les entreprises. Ces dernières sont aujourd’hui tétanisées par l’incertitude fiscale et juridique créée par ce gouvernement, qui ne permet pas d’avoir une visibilité économique à moyen terme, contribuant ainsi au pessimisme ambiant et à la réduction des investissements.

Le taux de prélèvements obligatoires qui était de 43.8% en 2011, est passé à 44.9% en 2012 et devrait atteindre 46.3% en 2014. Un record sans précédent qui montre à quel point le gouvernement socialiste s’est laissé aller à la facilité en augmentant massivement les impôts (plus de 28 milliards d’impôts supplémentaires rien que pour l’année 2013) plutôt que de réduire drastiquement les dépenses publiques.

Au plan budgétaire, le gouvernement n’a pas été en mesure de contenir les déficits publics qui devraient rester à 3.7% du PIB en 2013, contre moins de 3% prévus. Avec des prévisions budgétaires 2013 et 2014 calquées sur une croissance très supérieure à celle prévue par les principaux instituts (-0.1% en 2013 et 0.8% en 2014), nos déficits risquent fort se s’accentuer encore un peu plus. Dans ce contexte, il est fort probable que les prévisions de déficits publics ne seront pas tenus ; ce qui ne fera que discréditer un peu plus la France, très critiquée pour son manque de rigueur budgétaire. A ce rythme, pas que sûr que la note de la France (placée sous perspective négative) ne finisse pas par être dégradée, entraînant une augmentation des taux d’intérêts de la dette.

Ce qui choque aujourd’hui nombre de nos voisins européens, c’est que la France se refuse à un minimum de rigueur et notamment à s’attaquer à la réduction des dépenses publiques, contrairement à ce qui a été fait dans la quasi-totalité des pays de l’Union. A tel point qu’aujourd’hui, des pays comme l’Italie et l’Espagne, après une cure d’austérité sans précédent et des réductions salariales, ont énormément gagné en compétitivité par rapport à la France et vont venir la concurrencer de plus en plus fortement sur son propre marché. Ce qui va pénaliser et fragiliser un peu plus notre pays.

Dans ce contexte, alors que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault s’avère incapable de prendre les décisions courageuses qui s’imposent, à commencer par l’engagement des réformes de structures nécessaires, la situation économique, budgétaire, sociale et politique se cesse de se dégrader chaque jour un peu plus, par manque de courage politique, mais aussi plus probablement, du fait de l’incompétence de ceux qui nous gouvernent.

Les français doutent aujourd’hui grandement de la capacité de M. Hollande et de son gouvernement à conduire le pays.  En effet, plutôt que de s’attaquer aux réformes de fond et rechercher la plus large adhésion des français à celles-ci, le pouvoir socialiste s’est engagé dans des réformes mineures, dont l’urgence n’était nullement établie et qui,  en aucune manière, ne sont de nature à faire face aux graves difficultés que traverse notre pays du fait des erreurs et du manque de décision de ce gouvernement.

Qu’elle était l’urgence à engager une course contre la montre pour faire adopter au plus vite, par le Parlement, le mariage gay alors que tant de français y sont plutôt opposés ou sceptiques sur son adoption ? Pourquoi sur un tel dossier de société aussi important ne pas avoir pris le temps d’un véritable débat public et laissé le Parlement de travailler sur le sujet, après avoir entendu longuement toutes les parties ?

Qu’elle est l’intérêt d’engager la réforme des allocations familiales, dont les finances sont équilibrées dans la durée, en réduisant ou supprimant les allocations pour les revenus les plus élevés alors que jusqu’alors ces prestations étaient délivrées sans conditions de ressources ? Pourquoi remettre en cause une politique familiale de natalité qui avait fait ses preuves et qui constitue un atout pour notre pays ?

Pourquoi, en quelques jours seulement, M. Hollande a-t-il imposé la publication du patrimoine des ministres et bientôt des parlementaires alors qu’il avait lui-même exigé une simple déclaration de patrimoine, jusque là non publique ? En quoi l’encouragement d’un voyeurisme malsain à l’encontre des politiques serait-il un signe de transparence et de crédibilité pour les politiques ? Croit-on qu’en publiant le patrimoine des élus, cela changera quelque chose et cachera l’amateurisme du chef de l’Etat dans le choix de ses ministres ? Veut-on faire croire aux français que les élus de la nation seraient moins honnêtes que les autres français ? Une chose est sûre, alors que la majorité des pays européens publient le patrimoine des élus, les faits montrent que la transparence et la probité des élus n’est pas liée à la publication du patrimoine. Il suffit de regarder certains pays du sud !

Encore une fois, le dogme socialiste l’a emporté sur le pragmatisme. Dans le contexte de fragilité actuelle du pouvoir socialiste, il s’agit aussi et avant tout de faire diversion en occupant le terrain pour donner l’illusion aux français que l’exécutif tient les reines du pays et qu’il a bien la situation en main. Pas sûr que les français soient dupes de cette nouvelle tentative d’enfumage.

La réalité amère apparaît chaque jour un peu plus aux français : ce gouvernement n’est pas à la hauteur de la situation et conduit la France dans une impasse.


France : le gouvernement de M. Hollande au pied du mur. Réduction des dépenses publiques ou augmentations d’impôts ?

29 mai 2012

La participation de François Hollande aux sommets européens et du G8 courant mai 2012 n’ont pas pleinement convaincu les observateurs, loin s’en faut au regard de l’absence de réelles avancées. Cela dit, est-ce bien le rôle de ces manifestations ? Ce n’est pas certain. Au mieux, on peut se rassurer en remarquant qu’au sommet européen, le nouveau président, à défaut d’avoir imposé ses vues, a obtenu un succès de curiosité. Pas sûr que cela dure !

S’agissant des relations franco-allemandes, elles sont essentielles à la construction européenne. Bien que parfois difficiles, les rapports entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont permis d’avancer et de consolider la zone euro qui était au bord de l’éclatement ne l’oublions pas. Si la zone euro connaît aujourd’hui des difficultés, ce n’est certainement du fait de ces derniers, même si parfois, ils ont paru tarder dans certaines prises de décisions. La responsabilité incombe d’abord aux gouvernements signataires du Traité de Maastricht le 07 février 1992 (c’était alors un gouvernement et un président de gauche), puis à ceux qui ont accepté (toujours le même gouvernement de gauche) que les pays d’Europe du sud, parmi lesquels la Grèce, le Portugal et l’Espagne, intègrent la zone euro alors même qu’ils ne respectaient pas depuis plusieurs années les critères de convergence prévus par le traité.

Si l’Europe traverse aujourd’hui une profonde crise, elle le doit aussi à l’absence d’évolution du statut de l’Europe qui est resté figé, avec une zone euro faite de pays aux économies disparates et divergentes (rigueur budgétaire au nord et laxisme au sud). Dans ce contexte, les marges de manœuvres de Sarkozy et Merkel étaient extrêmement réduites et les critiques à leur encontre apparaissent pour le moins infondées à bien des égards. Le seul moyen d’atténuer la crise de la zone euro et de la résorber n’est autre, pour la France comme pour d’autres, que de s’engager vers plus de rigueur dans les dépenses publiques. Dans un pays normal, on appelle cela le courage et le pragmatisme ! Que cela plaise ou non, Hollande ou pas, les français ne pourront rétablir l’équilibre des finances publiques sans un petit effort de tous. C’est le prix à payer pour ne pas devenir un jour la Grèce et devoir tout perdre.

L’autre raison du manque de compétitivité de la France par rapport à l’Allemagne, qui est aussi à l’origine du chômage important dans notre pays, c’est la généralisation des 35 heures imposée par le gouvernement socialiste de M. Jospin en 2002 alors que l’Allemagne s’engageait dans des réformes importantes relatives au droit du travail. N’oublions pas le coût colossal des 35 heures en perte de compétitivité, de destructions d’emplois et de stress généré auprès des salariés les plus modestes. Merci la gauche car 10 ans plus tard, les français en payent encore l’addition.

Si les déficits ont cru et la dette creusée lourdement depuis 2008 en France, comme partout en Europe, c’est la simple résultante de la crise financière de 2008 et non comme le prétend la gauche et certaines personnes de mauvaise foi, le résultat d’une mauvaise gestion et de prétendus cadeaux faits aux plus riches ! L’explosion des dépenses publiques et de la dette résultent à plus de 80% du fait que l’Etat a du voler au secours de nombreuses banques et entreprises au bord de la faillite en injectant plusieurs centaines de milliards d’euros alors que ses recettes fiscales chutaient de plus de 100 milliards. Là est la réalité.

En cela, la position de Nicolas Sarkozy de s’aligner sur une certaine politique de rigueur budgétaire chère à l’Allemagne allait tout à fait dans le bon sens : faire en sorte que la France rentre dans le rang en respectant les critères de convergence édictés par le Traité de Maastricht (déficit inférieur à 3% du PIB et dette publique inférieure à 80% du PIB) et retrouve ainsi progressivement une situation budgétaire équilibrée (déficit de 3% du PIB en 2013 et équilibre budgétaire prévu en 2016). Le tout en donnant l’exemple aux pays de l’Europe du sud dont elle est très proche. Que peut-on redire à cela ? Doit-on laisser croire aux français que le pays pourra supporter indéfiniment de laisser filer ses déficits, sans véritable effort sur la réduction des dépenses ? Est-il responsable, comme l’a fait M. Hollande durant sa campagne, de laisser penser que la France pourra accroître ses dépenses publiques et s’opposer à la signature de la règle d’or budgétaire ?

S’agissant des fameux eurobonds (euro-obligations), ils n’ont pas de sens dans l’Europe de 2012 qui n’est autre qu’une Union de pays avec des économies divergentes. Ce serait en revenir à faire payer les bons élèves de l’Europe du nord pour les cancres du sud. Peut-on espérer une Union européenne construites sur ces bases, alors que ces pays du nord ont déjà engloutis des centaines de milliards pour venir en aide à ces mêmes pays du sud ? Ceci explique la fermeté, parfois excessive il est vrai, mais tout à fait compréhensible d’Angela Merkel et de bien d’autres pays.

L’une des solutions pour sortir de la crise de l’euro, rarement évoquée, c’est de faire franchir un nouveau grand pas à l’Europe en optant pour une Union fédérale intégrant les pays de l’actuelle zone euro. Ainsi, on pourrait voir cohabiter des économies très différentes, comme cela est le cas aux USA, sans peser sur l’euro puisque la dette des pays serait alors mutualisée de fait. Nicolas Sarkozy était plutôt un partisan de cette évolution en douceur vers une Europe fédérale en sortant par le haut. Manifestement, à l’intérieur même de la France, y compris au sein du parti socialiste et dans de nombreux pays européens, les esprits ne sont pas encore mûr pour cette évolution majeure. Dommage car c’est probablement le moyen de construire d’Europe de demain et de nous sauver de la crise actuelle. M. Hollande aura-t-il le courage de soutenir la construction d’une Europe fédérale ?

Quoi qu’il en soit, l’avenir de l’Europe passe par la cohésion franco-allemande et M. Hollande devra s’adapter, y compris en avalant quelques couleuvres et en faisant quelques entorses à l’idéologie socialiste avec laquelle il devra prendre ses distances. Il serait vain pour lui de croire qu’une alternative réside dans une tentative d’alliance avec l’Italie, et dans un degré moindre avec l’Espagne alors que ces pays ont, contrairement à la France, engagé de profondes réformes de structures et devraient dans les prochaines années retrouver dynamisme et croissance. Plutôt que de céder à la facilité de l’augmentation des impôts, le nouveau président aura-t-il le courage politique d’engager les réformes de structures indispensables, qui seules permettront la réduction durable des dépenses publiques, pour préparer la France aux défis de demain ?

Les français aimeraient être rassurés rapidement et si possible avant les législatives, histoire de faire leur choix en toute connaissance de cause.


France : des écarts de taux croissants avec l’Allemagne qui exigent encore plus de rigueur

11 novembre 2011

Après l’Italie, l’étau se resserre aussi sur la France. Après avoir été longtemps considérée comme un actif refuge sur le marché obligataire, ces dernières semaines, la dette française voit ses taux de marché s’écarter dangereusement de ceux de l’Allemagne. Ce jeudi 10 novembre, l’écart entre les taux français et allemands (également appelé « spread »), a atteint un nouveau record, soit plus de 1.70 points de base alors qu’il était quasi négligeable avant la crise. Cela signifie que pour placer sa dette auprès des investisseurs, la France va devoir offrir 1.70% de plus.

Si pour l’heure, la deuxième économie de la zone euro conserve des conditions de financement proches à ceux du début d’année, l’écart croissant entre les taux des deux pays a atteint des sommets qui inquiètent les marchés. Le spread entre l’OAT française à 10 ans et son équivalent, le Bund allemand (la référence de la zone euro), a atteint un niveau record depuis que l’Italie est entrée dans l’oeil du cyclone. Le taux absolu de l’OAT à 10 ans s’est tendu jeudi à 3,45%, mais demeure 30 points de base en dessous de son plus haut de l’année (3,75% en avril).

Si le nouveau plan de rigueur dévoilé lundi 7 novembre a globalement rassuré les marchés en montrant la détermination du gouvernement français à combattre les déficits et réduire la dette, pour nombre de spécialistes, il faudra rapidement aller beaucoup plus loin dans la réduction de la dépenses publique, quitte à être beaucoup plus radical, à l’instar de ce qui a été pratiqué dans d’autres pays comme en Italie, en Espagne ou au Royaume-Uni.

Face à l’importance de la charge de la dette qui représente en 2011 plus de 50% des dépenses de l’Etat, il faudra très rapidement prendre des mesures plus conséquentes, probablement avant l’échéance présidentielle. Ce d’autant plus que le budget a été bâti sur une croissance de 1% qui risque de n’être que de 0.60% sachant que la précarité de la situation française ne résistera probablement pas à une récession que l’on peut aujourd’hui totalement exclure.

La seule planche de salut pour la France est de s’attaquer durablement à la réduction des dépenses publiques. Parallèlement, la France et l’Allemagne doivent accélérer la convergence de leurs politiques économiques, budgétaires et fiscales et aussi la gouvernance unique de la zone euro. C’est la seule issue possible pour la France et la zone euro toute entière.

Dans ce contexte, la prochaine élection présidentielle française ne facilite une solution rapide de la crise et notamment la confiance des marchés en la détermination de la France à s’inscrire dans une politique de rigueur sur le long terme. Si Nicolas Sarkozy, allié à Angela Merkel à laquelle il a emprunté ses bottes, a emporté une manche avec le dernier sommet européen, la présidence du G20 et la présentation du dernier plan d’austérité, il va lui falloir rapidement rassurer et confirmer dans la durée. Là est le plus grand défi auquel il aura à faire face.

Aura-t-il le courage et l’audace de se consacrer entièrement et exclusivement à la résorbstion de la grave crise actuelle dans les prochains mois plutôt que de se soucier de ses chances en mai 2012 ? Ce qui importe aux yeux des français et qui déterminera leur choix politique le moment venu, ce sera uniquement les résultats obtenus en vue de permettre au pays de sortir au plus vite et dans les meilleures conditions de la présente crise.

De son côté, François Hollande, candidat du Parti socialiste, plutôt que de se lancer dans la surenchère politique en proposant des mesures électoralistes et inadaptées, serait bien inspiré d’inscrire sa campagne dans une stricte rigueur à l’image des socialistes espagnols. Pour cela, il n’est que temps de rompre définitivement avec les démons du passé et s’engager énergiquement dans la lutte contre les déficits publics auxquels notre pays ne survivra pas au vu de l’ampleur de la dette actuelle qui représente aujourd’hui prés de 85% du PIB. Cela passe nécessairement par l’amplification de la réforme de l’Etat et une réduction de sa voilure. Y est-il politiquement prêt ?

Les électeurs ont bien compris les enjeux et les risques liés à la crise de la dette et ne se laisseront pas influencer par des promesses électoralistes qui mettraient la France en danger. En 2012 et durant quelques années, l’heure sera à l’austérité, à la cohérence et au pragmatisme quel que soit le candidat. Alors pourquoi attendre et tenter de laisser croire aux français qu’on pourra s’en sortir sans l’effort de tous ?