France : concessions de barrages hydroélectriques (3)

4 mars 2010

Les installations hydroélectriques de la Truyère – Aveyron & Cantal

L’Aveyron est l’un des principaux départements français producteur d’hydroélectricité avec 7% à 8% de part de marché de l’hydroélectricité, soit un peu moins de 2% de la production nationale d’électricité, toutes énergies confondues. Un beau résultat en matière d’énergie renouvelable grâce notamment à deux grands sites. D’une part, le plus important situé sur la Truyère (Sarrans, Brommat I et II, Montézic et Couesque) et, dans un degré moindre sur le Tarn (Pinet, Le Pouget et Le Truel).

Le département de l’Aveyron dispose ainsi de deux stations de pompage (STEP), l’une sur la Truyère (Montézic) de 910 Mw et l’autre sur le Tarn (Le Pouget) de 400 Mw. A eux seuls, les équipements hydroélectriques de la Truyère produisent l’équivalent de prés de deux tranches nucléaires et permettent à la fois de stocker l’électricité et de faire face aux pics de consommation. Une énergie propre, durable et toujours disponible qui fait aujourd’hui sa force.

Les principales installations hydroélectriques de La Truyère :

Nom de la centrale Année mise en service Puissance nominale installée Production maxi annuelle
Grandval (Cantal) 1959 74 Mw 142 Gwh
Sarrans (Aveyron) 1934 205 Mw 280 Gwh
Brommat I & II (Aveyron) 1935 & 1974 420 Mw 900 Gwh
Couesque (Aveyron) 1950 124 Mw 285 Gwh
Montézic STEP (Aveyron) 1982 910 Mw 650 Gwh
Maury-Lardit (Aveyron) 1947 45 Mw 105 Gwh
Cumul La Truyère 1 778 Mw 2 360 Gwh

Dans le contexte de mise en concession de ses gros barrages français, les sites de la Truyère parmi les plus importants de France après ceux du Rhône et des Alpes,  ne manquent pas d’attiser l’intérêt des grands groupes producteurs d’électricité à travers le monde, à commencer par le norvégien Statkraft.

Prochainement :

  • (4) Le norvégien Statkraft intéressé par l’exploitation des installations de la Truyère

France : concessions des barrages hydroélectriques (2)

26 février 2010

Un plan de relance de la production hydroélectrique française (2)

La mise en concurrence des concessions est le premier volet d’un plan plus large visant à relancer l’hydroélectricité en France dans le cadre de l’exercice de programmation énergétique pour 2020. L’Etat prévoit en effet un soutien massif aux investissements effectués dans les barrages, conformément aux engagements du Grenelle Environnement. Il s’agira dans un premier temps d’augmenter les capacités de production en installant des turbines de nouvelle génération qui permettront d’accroître de 25% à 30 % la puissance électrique des installations hydroélectriques.

Le deuxième objectif est de renforcer la sécurité d’approvisionnement en électricité en développant particulièrement les stations de pompage (STEP) pour assurer une alimentation stable en période de pointe sans recourir aux centrales au fioul. Les STEP reposent sur deux bassins : l’un situé en amont, l’autre en aval, reliés entre eux par des conduites forcées avec un dénivelé important. En mode turbinage, l’eau est lâchée du bassin supérieur et fait tourner les turbines. En mode pompage, l’eau est remontée dans le bassin supérieur pour être relâchée ultérieurement.

Ces installations permettent de stocker de l’énergie qui peut, selon les besoins, être mobilisée très vite surtout en période de forte demande. Le département de l’Aveyron dispose de l’une des principales STEP de France avec son installation de Montézic-Couesque. Située sur la rivière Truyère, d’une puissance installée de 910 Mw, soit l’équivalent d’une tranche nucléaire, elle constitue un outil essentiel de production d’électricité par sa puissance, sa souplesse et sa disponibilité.

Les premières annonces d’appels d’offre sur les barrages hydroélectriques d’EDF doivent intervenir début 2010 au plus tard pour un début de concession en 2012. Outre EDF, candidate à sa propre succession, plusieurs grands groupes internationaux, spécialisés dans l’exploitation de centrales hydrauliques ont déjà fait part de leur intérêt, dont le français GDF Suez, l’autrichien Verbund, le norvégien Statkraft et le canadien Hydro-Québec.

Plus d’infos : Tout savoir sur les concessions hydroélectriques par la DRIRE

A suivre prochainement :

  • (3) Renouvellement de la concession des installations hydroélectriques de la Truyère (Aveyron et Cantal) en 2012
  • (4) Le norvégien Statkraft intéressé par l’exploitation des installations de la Truyère

France : vers la fin du tout nucléaire ?

7 novembre 2009

En Europe, la France comme la Finlande, se sont engagées dans la construction d’un nouveau type de réacteur nucléaire EPR, dit de 3ème génération.

Cette technologie, basée sur le principe des réacteurs à eau sous pression de dernière génération, est née de l’alliance d’Areva (France) et de Siemens (Allemagne). La puissance de ces réacteurs sera bien plus importante, tout en fonctionnant avec une quantité moins importante de combustible nucléaire et devrait assurer, au dire des constructeurs eux-mêmes, une sécurité bien plus grande que les réacteurs actuels. Une quinzaine de réacteurs de ce type sont prévus à travers le monde, dont plusieurs en Chine.

Pour autant, les exigences des autorités de sécurité nucléaire françaises, britanniques et finlandaise formulées en novembre 2009, concernant la modification du système de gestion de la sécurité du réacteur EPR, montrent à quel point la sécurité des installations nucléaires reste pour le moins aléatoire.

Dans un tel contexte et par delà la toute puissance du lobby nucléaire en France qui a réussi à imposer sa technologie au détriment de véritables énergies propres et renouvelables, on est en droit de s’interroger sur le manque de transparence des pouvoirs-publics et des autorités nucléaires françaises en charge du contrôle de ces installations envers nos concitoyens. Quel crédit accorder à l’autorité de sécurité nucléaire française ? Dispose-t-elle des moyens nécessaires au contrôle des installations nucléaires et de garantir leur sécurité ?

Face à ces risques, ne faut-il pas mettre en place une véritable autorité européenne ou mondiale indépendante chargée de la sécurité nucléaire de l’ensemble des installations ?

Plus raisonnablement, la relative unanimité française sur l’énergie nucléaire ne doit-elle pas être aujourd’hui réexaminée au vu des données récentes sur ses inconvénients face aux énergies propres et sûres ? N’est-il pas temps pour la France de s’interroger sur le fait qu’elle reste aujourd’hui un des rares pays à avoir basé son indépendance énergétique sur la seule énergie nucléaire ?

Après avoir ignoré les énergies renouvelables telles les énergies éoliennes et solaires qui connaissent aujourd’hui un fort développement en Europe (Allemagne, pays scandinaves, Espagne…) au profit du seul nucléaire dont la sécurité reste aléatoire et le démantèlement pose d’importants problèmes, ne serait-il pas plus raisonnable pour la France de revoir sa copie et d’investir massivement dans les énergies propres et renouvelables ?

L’enjeu économique et environnemental est de taille. Outre la préservation de notre planète, ces énergies renouvelables et durables sont aujourd’hui à même d’assurer l’essentiel de nos besoins, tout en permettant de développer notre industrie et nos emplois dans un domaine d’avenir. Il n’est pas trop tard pour se diversifier et mettre en œuvre une politique énergétique fondée sur le développement durable !

Plus d’infos :

>> http://www.cea.fr –   http://www.sfen.orghttp://energies.edf.com/edf-fr-accueil/la-production-d-electricite-edf/-nucleaire-120205.html

>> http://www.developpement-durable.gouv.fr/energie/sommaire.htmhttp://www.energies-renouvelables.orghttp://www.ademe.frhttp://www.greenpeace.org/france