Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, la France avance enfin…

23 avril 2018

Depuis bientôt un an, la France est présidée par Emmanuel Macron. Un jeune président quasi-inconnu du monde politique français il y a encore un an.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la vieille France a pris un coup de jeune. Ce nouveau président de la République a ringardisé l’ensemble de la classe politique française où jusqu’alors les personnalités de premier plan étaient présentes sur l’échiquier politique depuis 30 ans, voire bien plus pour certaines. De ce point de vue, ce renouvellement a été salutaire, tellement certains politiques, s’accrochaient au pouvoir par tous moyens. La nouvelle assemblée nationale issue du scrutin de juin 2017 est à cet égard un pari sur le renouveau du pays avec une majorité de femmes et d’hommes jeunes et issus de l’ensemble de la société civile avec les expériences les plus diverses.

Une rupture avec une classe politique française sclérosée plutôt de bon augure face aux défis à relever. Un changement majeur que les partis politiques traditionnels, Républicains et Socialistes en tête, n’ont pas vu venir, convaincus que leurs formations allaient continuer à régner en alternance, en dépit des crises. C’était sous-estimer la lassitude des français à leur égard et une réelle volonté de changement, au-delà des clivages politiques traditionnels.

France is back !

L’autre avantage incontestable est que la France s’est dotée d’un président en phase avec les réalités d’aujourd’hui. La mondialisation en cours va imposer aux vieilles nations européennes de s’adapter et effectuer une véritable révolution sous peine de se trouver marginalisé et d’entrer dans un lent mais inexorable processus de déclin. Emmanuel Macron dispose d’une relative connaissance des évolutions en cours et a une vision claire de ce que devra être la France demain, aux antipodes de celle d’aujourd’hui basée sur le monde ancien. L’objectif du président est de moderniser la France en douceur pour lui permettre d’affronter la mondialisation avec ses meilleurs atouts.

Pour y parvenir, Emmanuel Macron a su s’entourer de femmes et d’hommes jeunes et plutôt brillants qui constituent une force indéniable, tant les réformes et les changements à engager sont considérables pour adapter la France à l’évolution du monde.

Depuis l’élection de M. Macron à la présidence de la République, après il est vrai un quinquennat purement catastrophique, la France est aujourd’hui perçue comme un pays en voie de modernisation, confiant en son avenir. Cette image très positive de notre pays en si peu de temps, elle est exclusivement due à la personnalité du nouveau président, sa jeunesse, sa modernité et sa volonté de réformer un pays à bout de souffle, sans véritable cap. Au risque de déplaire à certains, la France a enfin trouvé un président qui sait s’imposer et faire preuve d’autorité. Ce qui tranche avec un passé récent.

Au moment où l’Allemagne a perdu de son assurance sur un plan politique, la France semble être en mesure de peser sur la destinée de notre veille Europe et de prendre la relève pour assurer une forme de leadership pour sortir l’Union européenne de l’impasse actuelle. Le président français l’a bien compris, l’avenir de la France ne pourra être assuré qu’au sein d’une Europe plus unie et plus forte sur le plan économique, politique, social et militaire.

Une vague de réformes à marche forcée sans précédent

Jamais la France n’avait connu un tel rythme de réformes en si peu de temps. Globalement, on peut affirmer sans crainte que la France est en bonne voie de rétablissement, même si la convalescence sera encore longue. Même s’il est trop tôt pour tirer un premier bilan, force est de reconnaître que le bilan est nettement positif. La meilleure preuve en est que les investisseurs parfois réticents et critiques à l’égard de la France ces dernières années, semblent aujourd’hui vouer une confiance totale dans sa nouvelle classe dirigeante et investir comme jamais dans son économie. Qui s’ne plaindra ?

L’importante réforme du code du travail a finalement été mise en œuvre malgré l’hostilité de certains syndicats. Menée tambour battant, elle permet d’assurer une plus grande souplesse du code du travail et favorisé la plus large concertation entre employeurs et salariés, tout en maintenant un niveau de protection élevé. A terme, en se rapprochant des règles sociales en vigueur en Europe, cette réforme devrait permettre de favoriser l’emploi.

Comme annoncé, la France s’est engagée à respecter ses engagements envers l’Union européenne en matière de déficits publics. Ainsi, contrairement aux années précédentes, le déficit budgétaire a été contenu à 2.6% pour l’année 2017. Une performance pour la France qui n’arrivait pas à revenir sous les fameux 3% ces dernières années. Le déficit devrait s’établir autour de 2% en 2018 pour un retour à l’équilibre en 2022. Pour autant, les dépenses publiques ont continué à croître de l’ordre de 2.5%, pour représenter près de 56.5% du PIB. Un niveau trop élevé de dépenses qui devrait faire l’objet d’importantes économies dès 2018 et les années suivantes.

Une réforme fiscale partielle a été engagée. Elle a porté sur les particuliers avec la suppression progressive de la taxe d’habitation, le transfert de cotisations salariales sur la CSG des retraités, la réforme de la fiscalité du capital (remplacement de l’ISF pat l’IFI)… et les entreprises avec notamment la réduction du taux d’impôt sur les sociétés de 33.33% à 25% de manière progressive.

La réforme de l’éducation reste l’une des priorités et va se faire progressivement de la maternelle à l’université. Celle du bac a été lancée et un nouvel examen devrait voir le jour en 2021, faisant la part belle au contrôle continu. Concernant la formation professionnelle et l’assurance chômage, après l’échec des négociations entre syndicats et patronat, le gouvernement a pris en choses en main. Le projet de loi pour « la liberté de choisir son avenir professionnel » sera présenté en Conseil des ministres prochainement. Seront également évoquées la prise en charge des salariés démissionnaires et des indépendants, le compte personnel de formation en euro et la création de France Compétences, l’agence nationale qui va absorber les structures paritaires de formation…

Les autres grandes réformes en cours et à venir : la SNCF et le transport ferroviaire ; mise ne place d’un système de retraite universel ; modification constitutionnelle visant à réduire le nombre de parlementaires et instaurer une dose de proportionnelle dans les scrutins ; redéfinition des missions des administrations et réduction du nombre de fonctionnaires ; instauration d’un service militaire obligatoire et universel….

Une recomposition politique en stand by

L’élection d’Emmanuel Macron et d’une large majorité présidentielle à l’Assemblée nationale a profondément et durablement modifié les équilibres politiques du pays.

Les deux grands partis de gouvernement, les Républicains-UDI d’un côté et le Parti socialiste-PRG de l’autre, n’ont pas atteint le deuxième tour de l’élection présidentielle de 2017. Du jamais vu ! Ces deux groupes politiques n’ont pas dépassé à eux seuls le niveau de 30% des voix, de très loin le plus faible score enregistré depuis des décennies. Rappelons qu’habituellement, ces derniers atteignaient ensemble entre 50% à 70% des voix. A l’inverse, les deux formations d’extrême-droite et d’extrême-gauche ont ensemble dépassé le score des partis de gouvernement. C’est dire l’ampleur du désaveu pour ces formations de gouvernement.

Les partis traditionnels se sont avérés totalement incapables de proposer une véritable alternative aux défis auxquels la France doit aujourd’hui faire face et n’ont pas pris au sérieux le nouveau parti créé de toute pièce en moins d’un an par Emmanuel Macron. Face à l’archaïsme de ces vieux partis repliés sur eux-mêmes et incapable de se moderniser, la jeunesse et le projet d’avenir de M. Macron ont fait la différence. Face aux montées des extrêmes qui conduirait inéluctablement à l’échec, une majorité de français du centre-droit et du centre-gauche, notamment les classes moyennes et les retraités, ont adhéré massivement aux projets de M. Macron.

Au jour d’aujourd’hui, tout laisse à croire que LREM est en mesure de s’imposer durablement sur l’échiquier politique français. La gauche modérée est aujourd’hui bien éclatée et ne semble pas en mesure de se reconstruire dans l’immédiat, tant les divergences sont profondes. Chez les Républicains et l’UDI, les choses ne vont guère mieux, même si l’aile la plus conservatrice s’est rassemblée autour de Laurent Wauquiez. Sauf que ce dernier n’a d’yeux que sur sa droite et oublie que pour gouverner, il lui faudra impérativement reconquérir la droite modérée et le centre. Ce qui est loin d’être gagné au vu du programme de son parti.

Hormis les partis extrêmes qui prospèrent sur le populisme et l’incapacité des partis de gouvernement à proposer une alternative crédible, seul LREM (La République En Marche) le parti du président, domine aujourd’hui la vie politique française. Le tout nouveau parti a largement profité de la déconfiture du PS et des Républicains dont une part importante des électeurs habituels ont fait faut bon pour rejoindre directement LREM.

Pour LREM, les élections européennes de 2019 seront donc capitales. Deux ans après son émergence politique, la formation devra confirmer sa place dans une élection taillée pour elle puisqu’il s’agira de l’avenir de l’Europe qui lui est si chère, mais avec un scrutin proportionnel beaucoup plus favorable aux partis contestataires et avec un gouvernement qui accentuera un peu plus les réformes structurelles qui toucheront de plus en plus de français. Les effets positifs attendus des réformes se feront-ils suffisamment sentir pour entrainer une large adhésion des français au parti pro-européen ?

C’est le défi que devra relever LREM pour réussir.

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