Chine : le nouvel impérialisme (1)

2 janvier 2010

L’impérialisme chinois

Alors que la Chine était embourbée sous l’emprise d’un communisme pur et dur, impulsé par le grand timonier Mao-Tsé-Tong, l’écrivain et homme politique français Alain Peyrefitte avait intitulé son best-seller : « Quand la Chine s’éveillera… le monde tremblera». A l’époque, ce livre avait fait grand bruit car il paraissait pour le moins irréaliste, pour ne pas dire fantaisiste, de prétendre que l’empire du milieu puisse un jour sortir de sa situation de sous-développement avancé et être en position de peser sur la scène internationale. En 2010, la prophétie d’Alain Peyrefitte se réalise, montrant à quel point il était un visionnaire.

Même si la Chine est aujourd’hui un pays aux multiples visages, le meilleur et le pire alternent. En effet, si dans les zones rurales très pauvres et arriérées, le pays en est encore au stade du sous-développement,  dans un grand nombre de zones urbanisées, nous sommes en présence d’un pays industrialisé et riche. Cette réalité apparente cache de grandes disparités ; ce qui n’est pas sans risques quand on sait que la forte croissance actuelle chinoise ne profite au final qu’à peine plus de 20% de la population de 1, 3 milliards d’habitants. Ce qui fait beaucoup de pauvres et d’exclus du développement.

La Chine, nouvelle puissance économique

Le pays aura largement marqué l’année 2009 dans bien des domaines. Outre une croissance élevée de plus de 8% alors que la plupart des pays développés étaient en récession (décroissance de -2% aux USA et -4% en Europe), la Chine est devenue  pour la première fois, le premier exportateur mondial devant l’Allemagne et son PIB se situe au 3ème rang mondial, juste derrière le Japon mais devant l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne. Ramenons cependant la  comparaison à sa juste valeur : le PIB par habitant de la Chine reste 13 fois moindre que celui des USA ou de l’Europe. N’oublions pas non plus que sa compétitivité, est largement imputable à la sous-évaluation du Yuan. Une situation pour le moins artificielle et explosive pour les années à venir.

Autant dire que les produits chinois, favorisés par des coûts de production très bas, inondent aujourd’hui le monde dans de nombreux domaines grand-public, générant de nombreuses faillites et délocalisations de par le monde. Jamais aucun pays ne s’est à ce point développé au détriment des autres, par le biais d’une concurrence si déloyale (très bas salaires, absence de couverture sociale des salariés, conditions de travail déplorables, mauvaise qualité des produits fabriqués…). Parallèlement, prés de 30% de sa production résulte directement de la contrefaçon d’articles de grandes marques occidentales, ce qui constitue autant de manque à gagner pour ces entreprises. S’il ne fait aucun doute que la Chine a fait le pari de s’imposer à tout prix, y compris par la force, on peut légitimement s’étonner du laxisme et de la relative bienveillance des pays développés et de l’OMC à son égard. Pourquoi tant de faiblesse ? Aucun pays ne paraît aujourd’hui en mesure de limiter les visées expansionnistes et dominatrices chinoises, y compris les USA, comme l’a récemment démontré le voyage d’Obama en Chine. Celle-ci n’en attendait pas tant et se voit ainsi renforcée dans sa longue marche pour dominer le monde. Est-ce bien là la place et le rôle de la Chine et le meilleur moyen de préparer le monde aux défis de demain ?

La Chine n’entend pas en rester là. Le pays est en train de développer son industrie de pointe pour s’imposer au niveau mondial, qu’il s’agisse de l’automobile, de l’aéronautique, de l’espace, de l’industrie nucléaire et militaire, de l’informatique notamment. Pour cela, elle sait pouvoir compter sur l’aide des pays développés qui voient là le moyen de soutenir leurs économies respectives, mises à mal par la crise. Pourtant, lorsque l’on connait les intentions réelles de la Chine, est-ce bien raisonnable de transférer ainsi tant de haute technologie à un pays passé maître dans l’industrie de la copie et de la contrefaçon ? On peut en douter et s’inquiéter pour l’avenir de toute la planète quand on sait que ce pays si peu démocratique est aujourd’hui devenu incontrôlable et ne respecte aucune règle élémentaire de droit international : droit du commerce et des affaires, droit du travail, droits sociaux et syndicaux, et surtout pas les droits de l’homme et la liberté de la presse…

Dans ce contexte, pourquoi prendre des pincettes pour causer à la Chine, la plus grande dictature du monde qui se moque éperdument  des droits de l’homme, et n’a d’autre but que d’imposer par la force sa propre loi aux pays démocratiques  ?

Prochainement :

  • La Chine bafoue les droits de l’homme en toute impunité (2)
  • La Chine est devenu le principal pollueur de la planète (3)
  • Mettre fin à l’impérialisme et à l’arrogance chinois (4)

Birmanie : Aung San Suu Kyi condamnée à 18 mois d’assignation à résidence

12 août 2009

Avec la récente condamnation d’Aung San Suu Kyi à 18 mois d’assignation à résidence, le gouvernement birman confirme une fois de plus l’intransigeance de sa dictature, conduite d’une main de fer par la junte militaire qui se refuse à respecter les scrutins démocratiques.

Malgré les interventions de l’ONU ces derniers mois, rien n’y a fait. Les capitales occidentales condamnent unanimement ce verdict qui ne repose sur aucun fondement, si ce n’est la nécessité pour la junte birmane d’empêcher Aung San Suu Kyi d’être candidate aux prochaines élections dans un an. Barack Obama a réclamé sa libération « immédiate et sans condition« , précisant : « C’est quelqu’un qui n’aurait jamais dû être jugé, et certainement pas condamné« .

Cette large condamnation internationale du régime birman est une fois de plus neutralisée par la Chine qui persiste à apporter son soutien au régime en place, allant jusqu’à demander aux autres nations de « respecter la souveraineté des tribunaux du Myanmar ». On croit rêver ! Une fois de plus, la Chine, la plus grande dictature du monde qui ne cesse d’enfreindre les droits dans son propre pays (cf Tibet, Xinjiang…), donne des leçons aux autres et apporte sa caution à une dictature sœur. Par delà cette communauté de régime, la Chine veille scrupuleusement à défendre ses intérêts économiques en préservant son pré carré que constitue la Birmanie du fait du boycott de la plupart des pays.

Dans ce contexte, est-il opportun comme certains le demande, d’exiger le retrait du pétrolier Total de Birmanie, sachant que l’espèce ainsi abandonné serait aussitôt comblé par les entreprises chinoises ? On peut d’autant plus douter de l’efficacité d’un tel retrait qu’il est incontestable que Total apporte aux populations locales, outres les rémunérations servies, des aides et services qu’aucune autre entreprise n’est en mesure d’apporter pour limiter les effets désastreux de la politique menée par la junte birmane.

C’est justement en raison de la position de la Chine, mais aussi de la Russie, du Vietnam et de la Libye que le Conseil de sécurité de l’ONU a ajournée les discussions concernant la Birmanie. On est loin d’arriver à une déclaration commune (les deux premiers pays possédant un droit de veto) et encore moins d’une résolution. Ce qui est bien triste et en dit long sur la nécessité de réformer l’ONU.

Dans ce contexte de solidarité entre les dictatures du monde, ne faudra-t-il pas, à terme, prendre des mesures contre des pays tels la Chine qui ignorent la démocratie et les droits de l’homme et continuent, en tout impunité, à soutenir les régimes les plus féodaux et inhumains ? Va-t-on continuer longtemps à se laisser dicter les choix imposés par la Chine qui est tout, sauf un pays démocratique et respectueux du droit international ?


Iran : une élection dramatique pour les iraniens et le monde

7 août 2009

En laissant entrevoir une possible élection d’un modéré tel Moussavi, l’élection présidentielle iranienne de juin dernier avait suscité beaucoup d’espoir, tant auprès du peuple iranien désireux de changements que du reste du monde. Deux mois plus tard, la déception est grande de part et d’autre !

Comment les occidentaux, à commencer par les médias, ont-ils pu être aussi naïfs à penser que l’Iran était une nation démocratique et qu’une alternance était possible ? La monstrueuse manipulation des résultats de l’élection démontre à quel point les clans « conservateurs » iraniens,  représentés par la marionnette Ahmadinejad, sont prêt à tout pour conserver leur pouvoir. Y compris au mépris des électeurs et en répriment sévèrement les manifestants et opposants, en renforçant le contrôle des médias, d’internet et du téléphone. Un tel régime constitue une véritable dictature et rien d’autre ! A côté, le régime de feu le shah d’Iran était bien tendre et ouvert.

Finalement, les importantes manifestations du courageux peuple iranien et les longues palabres entre les factions modérées et conservatrices (intégristes) des religieux, n’ont pas permis d’empêcher l’investiture d’Ahmadinejad à la présidence de l’Iran. L’échec de la démocratie est ici total et augure mal de l’avenir de ce pays. Quel crédit peut-on accorder à un homme sans envergure, mis en place par les mollahs conservateurs pour garder leur pouvoir et cacher la dure crise politique et économique interne ?

Pourquoi si peu de médias et d’organisations internationales sont aujourd’hui si peu nombreux à dénoncer les graves atteintes aux droits de l’homme et la torture en Iran ? Comment peut-on laisser se développer aux portes du monde libre un état voyou qui soutient activement le terrorisme islamique au Moyen-Orient ? Au moment où chacun affirme, à juste titre, qu’il faut réduire au plus vite l’arsenal nucléaire mondial, peut-on accepter qu’un état aussi peu démocratique et aussi agressif dispose de la bombe nucléaire dont on connaît déjà quelles seraient les premières victimes ?

Assurément non. Avec un peu de courage et du réalisme, il n’est que temps de mettre rapidement et définitivement un terme au chantage et au terrorisme de cet état qui constitue un véritable danger pour la planète. Après les européens, nul doute que Barack Obama finira par se rendre à l’évidence : il n’y a rien à attendre d’Ahmadinejad et du gouvernement iranien actuel.

Le problème iranien sera très difficile à surmonter, d’autant plus que d’autres états guères plus exemplaires à bien des égards (la Russie et la Chine) ne jouent pas le jeu diplomatique. C’est le moins que l’on puisse dire ! Pour autant, il y a urgence à agir  tant qu’il en est encore temps pour préserver la paix et la sécurité du monde !