Grand Rodez : Un président sur la défensive et une commune de Baraqueville déterminée à retrouver le Pays Baraquevillois pour créer le Grand Ségala

10 novembre 2014

Mardi 04 novembre 2014 s’est tenu un conseil d’agglomération du Grand Rodez. Parmi les questions à l’ordre du jour, il y avait l’examen de la demande de sortie de l’agglomération des communes de Baraqueville et Camboulazet. A noter la présence de nombreux policiers, à la demande du président de l’agglomération. Une présence pour le moins disproportionné et inopportune alors même que M. Christian Teyssèdre est directement responsables des fortes tensions sur le sujet qui mobilisent l’ensemble des élus et populations du Pays Baraquevillois.

Un vote pour ou contre le retrait de Baraqueville et Camboulazet pour le moins contestable

Alors que d’une part, la commune de Manhac ne s’est pas encore prononcée sur le sujet et qu’elle dispose d’un délai jusqu’au 25/12/2014 pour le faire et que, d’autre part, les communes ne pourront sortir de l’agglomération avant le 01/01/2016, le bureau de l’agglomération avait décidé de soumettre la question du retrait à l’ordre du jour. Pourquoi tant de précipitation alors que la question de la sortie des communes de Baraqueville et de Camboulazet ne se pose pas tant que celle de Manhac ne se sera pas prononcée ? Pour mettre la pression sur les communes concernées et les élus du Pays Baraquevillois ? Ce qui est certain, c’est qu’il s’agissait là d’une manœuvre de division qui ne peut d’exacerber les tensions, sans rien régler durablement.

Dans ce contexte, un vote de l’agglomération du Grand Rodez n’avait aucun sens. Tout au plus, cela démontre une fois de plus les pratiques peu respectueuses de la démocratie locale du président de l’agglomération qui entend d’abord imposer ses vues aux autres communes, quitte à le faire par la force.

Ceux qui connaissent M. Teyssèdre ne sont guère étonnés par de telles pratiques. Lui qui avait tout fait en coulisse pour faire entrer à tout prix Baraqueville et quelques autres communes, n’entend manifestement pas céder et les voir quitter l’agglomération. Ce serait pour lui un échec cuisant et désastreux sur le plan politique et il en est conscient lui qui, il n’y a pas si longtemps, se ventait d’avoir réussi à étendre le périmètre de l’agglomération. Pour combien de temps et à quel prix ?

Peu lui importe l’intérêt des communes de Baraqueville, Camboulazet, Manhac ou de la communauté de communes du Pays Baraquevillois ; la seule chose qui lui importe, c’est de verrouiller le périmètre de l’agglomération coûte que coûte. L’intervention fort maladroite et laborieuse et l’ancienne maire de Baraqueville a d’ailleurs confirmé que cette adhésion s’était faite à la demande du président de l’agglomération, sans aucune étude financière préalable et sans la moindre discussion avec les élus de la communauté de commune du Pays Baraquevillois. On comprend mieux les résultats désastreux de cette extension forcée, bien loin d’une adhésion partagée.

Des arguments du président de l’agglomération peu convaincants et pour le moins manipulateurs

Les arguments du président de l’agglomération ont d’ailleurs été tout, sauf convaincants. A l’entendre, l’agglomération du Grand Rodez doit s’étendre à tout prix pour atteindre une taille critique qu’il juge à une bonne trentaine de communes et une population de 90 000 habitants. On n’en prend manifestement pas le chemin à Rodez ! Et de citer de nombreuses agglomérations voisines qui comportent un plus grand nombre de communes, comme Albi, Aurillac ou Castres. Si on peut qu’être d’accord sur cet objectif, cela ne saurait justifier des adhésions forcée et contraires aux intercommunalités voisines. Une extension, comme cela est le cas ailleurs, ne peut se faire, au contraire, que sur la base d’une adhésion volontaire et partagée par l’ensemble des parties.

Le fait que l’agglomération de Rodez n’ait pu passer que de 8 communes à 11 en 2014, contre 30 ou même cinquante pour des communautés comparables, démontre au besoin l’échec du président de l’agglomération qui s’est avéré incapable de négocier l’adhésion des communes voisines, dont certaines font pourtant partie du bassin de vie de Rodez. Il y a là un sérieux problème de méthode comme le démontre l’actuelle demande de sortie des communes pourtant entrées il y a moins d’un an. L’échec n’en est que plus flagrant.

Quant à la création d’intercommunalités comportant plus de 70 communes sur une très vaste zone comme Figeac, sans cohérence particulière, n’a aucun sens et parait vouée à l’échec.

Autre argument fallacieux avancé par M. Teyssèdre, seulement 38% des actifs baraquevillois travailleraient à Baraqueville contre 48% à Rodez ; ce qui à l’entendre, justifierait son intégration dans le Grand Rodez. On peut rétorquer que la plupart des chefs-lieux de cantons voisins sont dans le même cas, voire pire, comme Marcillac-Vallon, Bozouls, Pont-de-Salars sans parler de nombreuses communes directement voisines de l’agglomération comme Flavin, Agen, La Loubière, Rodelle, Salles-la-Source… Dans ces communes, qui font d’ailleurs partie intégrante du bassin de vie de Rodez, c’est plus de 80% de la population active qui travaille sur le Grand Rodez. Pourtant, aussi surprenant que cela puisse paraître, ces communes n’ont pas intégré la communauté d’agglomération du Grand Rodez. Probablement à défaut d’avoir pu les convaincre, M. Teyssèdre s’acharne sur Baraqueville, Camboulazet et Manhac.

Plutôt qu’une extension à tout prix, mieux vaut conserver une taille plus modeste mais avec un territoire homogène et cohérent qui partage la même vision de l’avenir. Contrairement à ce que pense M. Teyssèdre, une intercommunalité ne peut se construire principalement sur des objectifs visant à obtenir les meilleures dotations de l’Etat ou de la région. Qui plus est, contrairement à ce qu’il a affirmé en Conseil d’agglomération, les communautés de communes pourront aussi bien prétendre à ces subsides financiers pour peu que leur taille soit suffisante.

Un maire de Baraqueville déterminé à sortir de l’agglo et sûr de son bon droit

Jacques Barbezanges élu en mars 2014, maire de Baraqueville, a très calmement rappelé la précipitation et l’impréparation qui avaient prévalues lors de l’adhésion de sa commune. Et d’affirmer que si un véritable dialogue et des études sérieuses avaient été menés préalablement, Baraqueville n’aurait jamais adhéré au Grand Rodez. En effet, non seulement le coût financier était trop élevé mais surtout il mettait en péril la communauté de communes du Pays Baraquevillois, dont le bourg centre de Baraqueville constitue l’ossature indispensable à sa survie. La démonstration a été convaincante et a été appuyée par de nombreux applaudissements.

Après cette réunion, les élus de la communauté de commune du Pays Baraquevillois ont collectivement et publiquement dénoncé l’attitude et les allégations du président de l’agglomération du Grand Rodez. Pour eux, tout cela n’est que mascarade destinée à semer la confusion et faire pression sur la commune de Manhac. Pour eux, comme pour d’autres, les promesses des élus de l’agglomération ne sont rien d’autre que du vent et des mensonges.

Au final, pas moins de 23 élus se sont abstenus lors du vote, dont 13 avaient quitté l’hémicycle, alors que 28 élus se sont prononcé contre les retraits de Baraqueville et Manhac. Un résultat principalement acquis grâce aux élus communautaires de Rodez, Onet-le-Château et Luc La Primaube dont les maires s’opposent à la sortie des comme de l’agglomération.

Rappelons que le souhait de quitter l’agglomération du Grand Rodez reste le libre choix de chaque commune. De par leur histoire et leur proximité, les communes du Pays baraquevillois sont en droit de lier leur avenir à une autre intercommunalité, surtout si l’on considère leur long parcours ensemble depuis des décennies. Ceci d’autant plus que les communes de Baraqueville, Camboulazet et Manhac, comme le Pays Baraquevillois auquel elles appartenaient il y a peu, ont le projet de se marier avec les intercommunalités voisines de Naucelle, Rieupeyroux et Cassagnes-Begonhés pour constituer le Grand Ségala. Pourquoi s’y opposer alors qu’il s’agira d’une entité de prés de 20 000 habitants, parfaitement cohérente et qui disposera d’une taille critique suffisante et pourra fonctionner en totale autonomie, en étroite relation avec l’agglomération du Grand Rodez ?

A vrai dire, il faut bien l’avouer, les difficultés d’extension proviennent tout simplement de l’incapacité pour les élus de l’agglomération du Grand Rodez de présenter un projet crédible, susceptible de convaincre les communes voisines de la rejoindre. Indiscutablement, ceci marque l’échec de la méthode suivie par M. Teyssèdre, président de l’agglomération. Cet échec de l’intégration de Baraqueville sera lourd de conséquence et risque de constituer un véritable frein à son extension à court terme. Ce qui est tout à fait dommageable pour la cohésion et les partenariats futurs entre l’agglomération du Grand Rodez et les intercommunalités voisines.

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Grand Rodez : L’échec de l’extension du périmètre de l’agglomération

3 novembre 2014

Depuis le 01 janvier 2014, la communauté d’agglomération du Grand Rodez a intégré trois nouvelles communes : Baraqueville, Manhac et Camboulazet, soit 11 communes au total. Rappelons que la commune de Camboulazet n’avait pas voté de délibération en ce sens et avait été rattachée d’office à la communauté d’agglomération du Grand Rodez (CAGR) par décision préfectorale.

Chacun sait que si les communes de Baraqueville et Manhac ont brusquement décidé de rejoindre l’agglomération du Grand Rodez courant 2013, sans consulter préalablement leurs habitants, ni les autres communes membres de la communauté de communes du Pays Baraquevillois, c’est d’abord pour répondre à une « amicale » pression du président socialiste de l’agglomération du Grand Rodez. M. Teyssèdre, à défaut de pouvoir se prévaloir d’un bon bilan au sein de l’agglomération, avait en effet fait de l’extension du périmètre de l’agglomération, sa priorité.

La politique de l’enfumage pour parvenir à une extension de l’agglomération

La politique s’est ainsi invitée dans ce dossier qui a été mené dans la plus grande précipitation, juste avant les élections municipales de mars 2014, histoire pour le président de l’agglomération de pouvoir affirmer : « Regardez, j’ai réalisé l’extension du Grand Rodez, ce que n’avait pu faire jusqu’alors… ». Du vent en encore du vent… On le connaît Christian Teyssèdre ! Sauf qu’en agissant de la sorte et à la va vite, cette extension « politique » a été réalisée dans de très mauvaises conditions à bien des égards. Moins d’un an plus tard, on voit les dégâts et ce sont les nouveaux entrants en paient le prix fort.

Rappelons que ce sont les élus socialistes de Baraqueville et Manhac qui ont été approchés par l’agglomération du Grand Rodez en vue de rejoindre cet EPCI et non l’inverse comme le laissent croire certains. Si Baraqueville a effectivement demandé à rejoindre l’agglomération, c’est uniquement sur l’insistance du président de l’agglomération et non par conviction et intérêt.

Pour preuve, aucun véritable débat n’a eu lieu au niveau de la commune de Baraqueville et, plus grave, aucune étude sérieuse n’a été faite préalablement à cette extension en vue d’éclairer les choix des élus. D’où les tensions qui n’ont cessé de monter dans ce dossier complexe. Du fait de leur proximité politique avec le président de l’agglomération, les élus de ces deux communes n’ont pas su résister aux promesses (dans ce domaine le président de l’agglomération est imbattable) et ont décidé, unilatéralement et sans s’enquérir des conséquences financières, de rejoindre le Grand Rodez.

Une étude relative à l’impact financier de l’adhésion de la commune de Baraqueville à l’agglomération du Grand Rodez a été demandée tardivement et n’a d’ailleurs été communiquée que le 24 mars 2014, soit postérieurement au second tour des élections, tellement les conclusions étaient négative pour la commune. En voici le résumé : « Eu égard aux données du budget primitif 2014 et des derniers échanges, la situation financière de la ville de Baraqueville est en grave détérioration, et ce dés 2014 ». Et de conclure : « Afin d équilibrer le budget 2014 et suivants, la ville de Baraqueville devra augmenter ses taux ménages de 15% en 2014 et 70% en 2015… » Sans commentaire !

Ceci démontre que la décision de Baraqueville était une décision purement politicienne, contraire aux réalités du terrain et à ses propres intérêts financiers. Comment les élus baraquevillois ont-ils pu ce laisser berner ainsi ? Amputée de son important bourg centre de 3 000 habitants (plus d’un tiers de sa population) qui faisait la force et le dynamisme de l’intercommunalité, le territoire n’était plus viable et ne pouvait être organisé de manière cohérente.

Une extension du périmètre de l’agglomération irréaliste, fortement contestée par la population et les nouveaux élus municipaux

Pourquoi, dans ces conditions, l’Etat et le préfet de l’époque ont-ils soutenu une telle démarche qui déstabilisait durablement une communauté de commune qui fonctionnait fort bien jusque là et ne pouvait que conduire à l’échec à court terme ?

La seule explication plausible est que les autorités administratives n’ont probablement pas voulu aller à l’encontre du président de l’agglomération du Grand Rodez qui, après des tentatives infructueuses avec d’autres communes voisines, pourtant partie intégrante de son bassin de vie, tenait à tout prix réaliser une extension du périmètre de l’agglomération. Sachant que les communes de Baraqueville, Manhac et Camboulazet font partie du bassin de vie correspondant au canton de Baraqueville, comment l’Etat a-t-il pu ignorer les conséquences néfastes de cette adhésion forcée pour ces mêmes communes et plus encore pour la communauté de communes du Pays Baraquevillois.

Les élus de la commune de Baraqueville et de la communauté de communes du Pays Baraquevillois dénoncent le manque d’information des élus qui a prévalu au cours de la période de négociation et notamment le manque de transparence de l’Etat et du président de l’agglomération du Grand Rodez qui ne pouvaient ignorer le coût financier d’une telle opération pour la commune de Baraqueville, comme pour la communauté de commune, privée de son chef-lieu.

Devant tant d’incohérence, pour ne pas dire d’incompétence, lors des élections municipales de mars dernier, les habitants de Baraqueville ont massivement élu une nouvelle municipale en signe de désaccord. Ce qui en dit long sur les conditions d’adhésion et l’absence de démocratie locale qui ont prévalu au cours de la période antérieure. Dans la foulée, conforté par la forte dégradation des comptes de la commune, le nouveau maire Jacques Barbezanges a organisé courant juin 2014 une consultation publique sur l’éventuelle sortie de sa commune de l’agglomération du Grand Rodez.

Au final, avec une belle participation de 54.47%, pas moins de 66,38% des électeurs baraquevillois se sont prononcés pour la sortie de l’agglomération du Grand Rodez : « Oui je suis d’accord pour sortir du Grand Rodez ». Le résultat a le mérite d’être clair. Pour Jacques Barbezanges, le maire de Baraqueville: « Ce résultat est sans appel. Il reflète une volonté de sortir de l’agglomération, et c’est dommage qu’on n’ait pas commencé par organiser une telle consultation il y a 3 ans de cela. Ce résultat nous conforte dans notre démarché de sortie de l’agglomération, mais vous savez il ne s’agit là que d’une première étape. Il reste encore des étapes mais j’espère que notre mobilisation sera entendue. » Et de poursuivre : « Cela nous encourage à poursuivre notre démarche de retrouver nos amis du Ségala. »

L’objectif pour Baraqueville est aujourd’hui de construire un nouveau projet intercommunal cohérent et crédible : le Grand Ségala

Quelques mois après les élections municipales, les conseils municipaux de Baraqueville et de Camboulazet ont voté une délibération demandant leur sortie de la communauté d’agglomération du Grand Rodez. De son côté, la commune de Manhac qui n’a pas consulté sa population, devra se prononcer à son tour d’ici le 25 décembre 2014.

De son côté, la communauté de commune du Pays Baraquevillois, structure intercommunale à laquelle appartenaient les communes de Baraqueville, Manhac et Camboulazet jusqu’au 31/12/2013, organise ces derniers mois une série de réunions publiques pour accompagner ces mêmes communes dans leur démarche en vue de quitter le Grand Rodez et rejoindre leur ancienne intercommunalité.

La dernière réunion a eu lieu le 30 octobre dernier à Baraqueville à laquelle l’ensemble des élus du Grand Rodez étaient invités. Si les principaux maires de Rodez, Onet-le-Château et Luc La Primaube étaient absents, nombres d’autres maires et élus des communes de l’agglomération avaient fait le déplacement pour entendre les arguments du nouveau maire de Baraqueville, Jacques Barbezanges et Didier Mai-Andrieu de la communauté de communes du Pays Baraquevillois. Ce dernier a assuré que dans cette opération, les élus avaient été trahis par l’Etat et rappelé qu’un recours était en cours. En attendant, Jacques Barbezanges a indiqué, chiffres à l’appui, que la situation financière de Baraqueville s’était considérablement détériorée en 2014. Suite à l’adhésion à l’agglomération du Grand Rodez, il est apparu un manque à gagner de l’ordre de 460 000 € dés 2014 qui a nécessité une intervention de la Cour régionale des comptes. Selon lui, la situation financière devrait se dégrader au fil des ans du fait des contributions à l’agglomération et surtout de la baisse des dotations de l’Etat imputables à l’adhésion à l’agglomération.

En attendant la décision de Manhac, au plus tard le 25/12/2014, les communes de Baraqueville et Camboulazet manifestent clairement leur souhait de sortir du périmètre de l’agglomération du Grand Rodez au 01/01/2016 afin de retrouver la communauté de commune du Pays Baraquevillois, avec laquelle elles entendent construire le Grand Ségala. Ce nouvel EPIC intégrerait les cantons de Naucelle, Rieupeyroux, Cassagnes-Begonhes et pèserait prés de 20 000 habitants. Un véritable projet cohérent et répondant pleinement aux attentes des élus locaux et des populations.

Les responsabilités du président de l’agglomération dans l’échec de l’extension du périmètre du Grand Rodez

Les modalités même d’intégration des communes de Baraqueville, Manhac et Camboulazet ne pouvaient conduire à une extension durable et crédible de l’agglomération du Grand Rodez. Ce projet porté directement par le président de l’agglomération n’était pas viable car il ne reposait pas sur une adhésion des populations composant ces communes et surtout n’avait pas été négocié préalablement avec la communauté de commune du Pays Baraquevillois qui a découvert le départ de ces 3 communes par la presse, soit prés de 50% de sa population (4 300 habitants).

Qui pouvait croire, à part M. Teyssèdre, que l’on pouvait construire l’agglomération du Grand Rodez en détruisant la communauté de commune voisine avec qui ces mêmes communes avaient une longue histoire commune ? Faut-il rappeler que la commune de Baraqueville, qui comporte 3 200 habitants aujourd’hui, doit son propre développement aux seules communes voisines du Ségala dont elle constitue la véritable capitale ? A priori, cela avait échappé à certains pas très au fait des réalités locales. Dans ce contexte, un départ en force de Baraqueville, sans l’assentiment des autres communes, constituait une erreur grotesque et méprisante pour la communauté de commune du Pays Baraquevillois qui se trouvait ainsi déstabilisée dans son organisation et son fonctionnement.

On ne peut construire une agglomération crédible et forte sans un véritable projet cohérent et l’adhésion de l’ensemble des communes et des intercommunalités voisines. Hélas, l’aveuglement du président de l’agglomération du Grand Rodez, obnubilé par l’idée de parvenir à tout prix à l’extension du périmètre de l’agglomération dont il avait fait un objectif politique personnel, lui a fait oublier les réalités : la commune de Baraqueville n’est pas située dans le bassin de vie de Rodez, mais dispose de son bassin de vie propre.

Du fait de ces erreurs, les élus de la communauté d’agglomération du Grand Rodez et des communes qui la compose n’ont aujourd’hui d’autre choix que d’accepter la sortie des communes de Baraqueville, Camboulazet et éventuellement Manhac dés lors qu’elles en font la demande. Le contraire serait contreproductif et suicidaire pour l’avenir de l’agglomération du Grand Rodez.

En tout état de cause, cette tentative avortée d’extension du périmètre de l’agglomération du Grand Rodez est un échec cinglant pour M. Teyssèdre, président de l’agglomération. Mais il y a plus grave. Cet échec est aujourd’hui un sérieux handicap pour l’extension future de l’agglomération car ce triste épisode baraquevillois ne va pas manquer de refroidir l’ardeur des communes limitrophes de l’agglomération susceptibles de la rejoindre en raison de leur proximité et de leur appartenance au bassin de vie de Rodez.

Il va maintenant falloir beaucoup de patience et de persuasion pour les convaincre d’engager des pourparlers en vue de rejoindre le Grand Rodez. Pour cela, une nouvelle équipe crédible devrait s’imposer. Ce qui n’est hélas pas le cas aujourd’hui. Encore du temps perdu du fait des erreurs monumentales des actuels élus de l’agglomération du Grand Rodez.