Grand Rodez : le conseil d’agglomération vote en faveur du retrait des communes de Baraqueville, Camboulazet et Manhac

4 février 2015

Ce mardi 03 février, se tenait un Conseil d’agglomération du Grand Rodez. En l’absence de Christian Teyssèdre, la réunion était présidée par le 1er vice-président de l’agglomération, Jean-Philippe Keroslian, maire d’Onet-le-Château.

Le Conseil a pris note des démissions de Bruno Bérardi (Rodez-Citoyens) pour raisons de santé ainsi que de Sarah Vidal (PS). Selon les dispositions du code des collectivités territoriales, Bruno Bérardi sera remplacé par Mathieu Lebrun (Rodez Citoyens). Fabrice Geniez (Onet-le-Château) a tenu à rendre hommage au courage de Bruno Bérardi face à la maladie et au travail en profondeur réalisé par ce dernier au cours de ses deux mandats de conseiller d’agglomération.

Le grand sujet à l’ordre du jour était le vote relatif à la sortie du périmètre de l’agglomération des communes de Baraqueville, Camboulazet et Manhac à compter du 01/01/2016. Rappelons que ces trois communes avaient intégré la communauté d’agglomération du Grand Rodez au 1er janvier 2014 après une procédure d’adhésion pour le moins précipitée, à l’initiative du président de l’agglomération du Grand Rodez qui avait fait de cette adhésion une victoire politique lors des dernières municipales. Dommage qu’il n’ait pas assisté en personne à ce terrible dénouement dont il est lui-même responsable.

Cette extension de l’agglomération du Grand Rodez a été réalisée tambour battant en 2011 et 2012, sans véritable préparation et discussion avec la communauté de communes du pays Baraquevillois (CCPB) à laquelle appartenaient ces communes. Par ailleurs, force est de constater que depuis 2008, l’agglomération n’a jamais réellement porté de véritable projet susceptible d’encourager l’adhésion de nouvelles communes. Enfin, les nouveaux entrants n’ont manifestement jamais été informés des véritables conséquences financières de leur adhésion.

Aujourd’hui, on connaît malheureusement la suite. Les changements de majorité intervenus lors des élections municipales de mars 2014 notamment à Baraqueville ont entraîné de facto, des délibérations en faveur de leur retrait de l’agglomération du Grand Rodez dans les meilleurs délais.

C’est la raison pour laquelle les élus de la communauté d’agglomération du Grand Rodez étaient appelés à se prononcer « pour » ou « contre » la demande de retrait formulée par ces communes. Certains élus, tel Jean-Philippe Sadoul, maire de Luc La Primaube, se sont lamentés face aux conséquences d’une telle sortie du périmètre de l’agglomération qui risquait d’avoir de lourdes conséquences sur le développement futur. Il a été jusqu’à évoquer une décision absurde et contraire à l’évolution actuelle qui veut que les collectivités territoriales se regroupent au profit d’agglomérations plus importantes. Il est vrai que tout cela constitue un terrible gâchis pour l’ensemble des parties mais, à qui la faute, sinon aux élus de l’agglomération eux-mêmes ?

Quelques autres n’ont pas manqué d’évoquer les faits qui ont conduit à ce lamentable échec, à commencer par l’absence de véritable projet d’agglomération et le manque d’attractivité de la communauté d’agglomération du Grand Rodez. Ils ont aussi rappelé les mauvaises conditions dans lesquelles s’était effectivement déroulée cette adhésion (opération strictement politicienne, menée à la hâte à la veille des élections municipales, sans réelle concertation et dialogue avec la CCPB).

Cet échec de l’extension de l’agglomération risque effectivement d’être très lourd de conséquence mais il est entièrement imputable aux élus de l’agglomération et notamment à son président, Christian Teyssèdre. Toute autre explication n’est que littérature destinée à cacher l’ampleur de cet échec !

Jacques Barbezanges, le maire de Baraqueville s’est brièvement exprimé pour exposer les raisons de la demande de sortie du périmètre de l’agglomération des communes de Baraqueville, Camboulazet et Manhac, à savoir :

  • le coût financier important pour Baraqueville d’une telle adhésion,
  • le chaos laissé par le départ de ces communes de la CCPB qui conduisait à déstructurer cette entité, en la privant de sa commune-centre qui faisait sa force depuis toujours,
  • la volonté de rejoindre la CCPB dés 2016 pour constituer avec les cantons de Naucelle et Rieupeyroux, le futur Grand Ségala représentant plus de 20 000 habitants.

En conclusion, le président Jean-Philippe Kéroslian a indiqué que, pour sa part, dés lors que l’ensemble des communes concernées s’étaient prononcées en faveur de leur retrait de l’agglomération, à regret, il ne pouvait s’opposer à leur volonté.

Le vote à bulletin secret a donné 32 voix en faveur du retrait de l’agglomération et 17 voix contre. Ce retrait interviendra effectivement au 01/01/2016. Dans la foulée, et fort logiquement, la vice-présidence de l’agglomération a été retirée à Jacques Barbezanges, le maire de Baraqueville.

A noter que l’ensemble des communes de l’agglomération devront prochainement se prononcer sur ce retrait de l’agglomération du Grand Rodez et qu’au final, le préfet aura le dernier mot.

Les élus de l’agglomération du Grand Rodez vont maintenant devoir se remettre au travail en ce lançant dans une procédure d’explication et de véritable concertation avec l’ensemble des communautés de communes voisines pour tenter de renouer les contacts et rassurer en vue d’une future extension indispensable de l’agglomération. Mais le travail risque d’être long et complexe du fait de cet échec.


Rodez : la communauté d’agglomération à la dérive depuis 2008

3 mars 2014

La communauté d’agglomération du Grand Rodez :  un  bateau ivre

Pour la première fois depuis l’élection des Conseils municipaux au suffrage universel la prochaine échéance proposera, pour les communes de plus de mille habitants, un bulletin composé de deux listes, celle des conseillers municipaux et celle des conseillers communautaires. Cette innovation atteste de l’importance accordée à la coopération intercommunale souvent qualifiée de « révolution tranquille ». Depuis leur création en 1959, les Etablissement Publics de Coopération intercommunales (EPCI) ont apporté une réponse efficace à ce que l’on a appelé la grande dispersion des 36000 communes de France. Contrairement à ce que l’on entend souvent il ne s’agit pas « d’une couche supplémentaire », mais d’une auto-organisation des communes entre elles, afin d’étendre, de mutualiser et de rationaliser leurs actions à une échelle territoriale plus adaptée à la réalité des bassins de vie.

Le District du Grand Rodez créé en 1964 a été transformé en Communauté  d’Agglomération en janvier 2000. Durant de nombreuses années, le GR (Grand Rodez) composé de 8 communes, a profondément modelé le visage de l’agglomération.  On lui doit notamment tout les réseaux d’assainissement et les stations d’épuration, la construction du nouvel abattoir d’Arsac, la création et la construction de l’IUT suivi de celles du centre universitaire, Le viaduc de Bourran et le quartier du même nom, toutes les zones d’activité, le centre nautique Aquavallon, et le centre culturel et sportif de l’Amphithéâtre, l’aménagement de la Rocade, l’Aéroport de Rodez, le musée Pierre Soulages, le déplacement de la maison d’arrêt…etc, etc. Toutes ces opérations et bien d’autres ont été financée par la communauté, c’est-à-dire par les 8 communes unies par et dans la réalisation d’un projet commun ambitieux. La plupart des ruthénois ne mesurent pas ce qu’ils doivent à la coopération entre les 8 communes et, partant l’enjeu de la future échéance électorale.

Durand les six dernières années, cette patiente construction a été saccagée par l’irresponsabilité d’un élu. Osons le dire, Christian Teyssèdre laisse derrière lui un champ de ruines au Grand Rodez. Dès son élection, il n’a pas supporté que Ludovic Mouly préside le conseil communautaire. Soucieux de tenir ce dernier en rênes courtes il a sapé son autorité, jusqu’à ce qu’il démissionne, le PS l’ayant  très confortablement envoyé pantoufler à ERDF. Le maire de Rodez, autoritaire et irascible, refusant le jeu collectif de la communauté, imposant son point de vue en toutes circonstances a dressé contre lui ses sept collègues maires des autres communes. En témoigne sa difficile élection à la présidence de la communauté après le départ de Ludovic Mouly. Le mal était fait. A l’esprit communautaire progressivement édifié en cinquante ans d’efforts par les maires des huit communes, a succédé une foire d’empoigne où chacun défend ses intérêts. Aucune vision stratégique, aucun projet commun pour l’avenir du Grand Rodez ne sous-tendent plus les volontés d’un Etablissement devenu un bateau ivre. Bateau que beaucoup d’agents et non des moindre ont quitté, malheureux ou écœurés de le voir sombrer

Et voilà que pour des motifs politiciens éloignés de toute logique territoriale les communes de Barraqueville, Camboulazet et Manhac choisissent, de plein gré pour certaine, de force pour les autres, ce moment d’extrême fragilité de la communauté d’Agglomération pour y adhérer. Que doivent penser les nouveaux arrivants en découvrant cette pétaudière? Une ambiance exécrable, une situation financière alarmante, une dette envolée vers des chiffres dont l’importance les stupéfie et les effraie, pas de quoi peindre l’avenir en rose. Si l’on en croit la presse locale leurs réactions et celles de leurs administrés témoignent plus de regrets que d’enthousiasme. La tâche des futurs élus pour recréer un esprit communautaire et élaborer un nouveau projet d’Agglomération s’annonce des plus ardues.

Pourtant, plus qu’au Conseil municipal, c’est au sein de l’assemblée communautaire que se construit l’avenir du Grand Rodez. L’organisation du territoire, l’urbanisme, le développement économique, l’enseignement supérieur, les déplacements, les transports collectifs…tous les facteurs qui conditionnent notre vie quotidienne se jouent et se joueront de plus en plus au niveau de l’agglomération. Il faut espérer que ceux qui en assureront la destinée soient en capacité de réparer les carences des six dernières années.

Tribune libre de RodezNews