Climat : l’état d’alerte planétaire… en attendant l’état d’urgence ?

27 août 2010

Quel que soit l’hémisphère, l’été 2010 aura marqué un cap jamais atteint jusqu’alors sur la planète Terre.

Par delà la sensation d’un été pourri et plutôt froid en Europe, jamais le climat n’avait présenté des signes aussi inquiétants : orages violents suivis de fortes pluies pendant plusieurs semaines, générant d’importantes inondations au Pakistan, en Inde et en Chine notamment – températures extrêmes en Australie, Europe orientale et Russie (températures de plus de 40° pendant plus d’un mois) entraînant des feux de forêts très importants – forte accélération de la fonte des glaciers de l’Arctique à l’instar du détachement d’un partie du glacier Petermann – sécheresse accentuée dans de nombreux pays du sud et diminution dramatique des réserves d’eau…

La liste est hélas longue et concordante. Depuis plusieurs siècles, jamais notre planète n’avait connu de phénomènes météorologiques avec extrêmes et rapprochés. Point n’est besoin d’être un scientifique de haut niveau pour relever ses changements visible à l’œil nu. Ce qui frappe et interpelle, en cet été 2010, c’est l’amplification soudaine et concomitance de phénomènes habituellement rares, très étalés dans le temps et répartis sur toute la planète.

L’été 2010 vient une fois encore de confirmer l’ampleur du changement climatique en cours et, probablement, devrait marquer une nouvelle étape dans l’accélération du processus de rechauffement. Partout sur la planète, les personnes les plus âgées sont unanimes. Quelle que soit leur localisation aux quatre coins du monde, jamais elles n’avaient constaté un tel bouleversement et des changements aussi brutaux du climat. Ces phénomènes climatiques sont d’ailleurs en tous points conformes aux modèles prévus par le consensus des climatologues depuis une décennie. 

Le verdict est clair et net et ne souffre d’aucune discussion : le changement climatique est bel et bien engagé, même si sa vitesse et son évolution nous sont aujourd’hui inconnus.

Après l’échec de la conférence de Copenhague au printemps 2010, le temps ne serait-il pas venu pour la communauté internationale et l’Europe en particulier, de prendre enfin les choses au sérieux et décider de la mise en place de mesures énergiques et radicales visant à limiter l’accélération du réchauffement, à défaut de pouvoir aujourd’hui l’interrompre. Dans ce contexte, évoquer la seule croissance pour développer nos économies est-ce bien raisonnable ?

Le temps est venu de développer une agriculture, des industries et des services propres et de mettre en pratique le développement durable. Pour ce faire, point de salut sans une pénalisation lourde les énergies fossiles sous toutes leurs formes et une politique largement tournée vers les énergies renouvelables, durables et non polluantes. Il n’est plus que temps de prendre conscience de l’urgence de la situation climatique. A défaut de changer durablement nos habitudes de consommation, c’est l’avenir de la planète toute entière et des générations futures que nous compromettons. L’alerte a sonné et le temps de l’action est venu.

Aprés l’échec  de Copenhague, souhaitons que la conférence de Cancun du 27 novembre au 10 décembre 2010 ouvre enfin les yeux aux gouvernements et permette de mettre en œuvre les mesures d’urgence indispensables.

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France : l’urgence à tirer les leçons de la tempête Xynthia

7 mars 2010

Une fois de plus, la tempête Xynthia est venue démontrer qu’en France, comme partout ailleurs, il est vain de vouloir lutter contre la nature, sans prendre préalablement un certain nombre de précautions. L’orgueil des hommes et leur entêtement à prétendre la domestiquer se paie alors au prix fort : plus de 53 morts et 1,2 milliards de dégâts.

La conjonction d’une très forte tempête, avec un coefficient élevé de marée, ne laissait que peu de chance aux habitants dont les maisons étaient situées à quelques mètres de la côte. D’autant plus que la plupart de ces habitations étaient à un niveau inférieur à celui de l’océan et étaient uniquement protégées par des digues anciennes et en mauvais état.  Il y a là une grande irresponsabilité de la part de celles et ceux qui se sont installés dans de tels emplacements à risques alors que le simple bon sens aurait du suffire à les en dissuader.

Le désir de tout un chacun à vouloir se trouver au plus prés de la mer, y compris dans des endroits très exposés, est absurde et suicidaire !

Il est indéniable que certains élus locaux qui ont permis, voire favorisé, le développement de constructions en des endroits à forts risques en accordant les permis de construire. Ils portent une lourde responsabilité dans ce drame. Pour autant, il est un peu trop facile de livrer ces derniers en pâture aux populations, comme le font sans grand scrupule certains médias nationaux. D’autant que de nombreux maires ont correctement fait leur travail en respectant les lois en vigueur, sans céder aux demandes insistantes de leurs électeurs et aux pressions de la spéculation immobilière.

Les premiers responsables, il faut le dire très clairement, ce sont les habitants qui en toute connaissance de cause, y compris en infraction avec les lois en vigueur, ont fait construire leur maison dans des espaces normalement préservés ou exposés à des risques naturels majeurs, en faisant pression sur les élus pour obtenir leur permis de construire.

Pour éviter ces dérives, plutôt que de mettre en place de nouvelles lois qui vont rendre les choses moins lisibles et plus difficiles à appliquer, commençons par faire appliquer celles qui existent et qui doivent, à elles seules, permettre d’éviter que de tels drames ne se reproduisent. Ainsi, les lois relatives à la prévention des risques naturels (qui interdit notamment les constructions dans certaines zones littorales exposées) et à la protection et la mise en valeur du littoral (qui limite notamment les constructions à proximité immédiate de la côte afin de préserver le littoral) doivent être mises en œuvre partout en France, sans passe-droit aucun.

Cela réglera de fait deux gros problèmes actuels : l’excès de constructions d’habitations sur certaines zones côtières et la dégradation des espaces naturels protégés situés prés des côtes et permettra de limiter considérablement les conséquences des tempêtes et autres tsunamis à venir. Commençons par faire démolir toutes les constructions qui ne respectent pas les lois en vigueur de la République française. Cela évitera bien des drames humains et des coûts exorbitants pour la collectivité toute entière du fait de l’irresponsabilité de quelques-uns. Pensons aussi à mettre en place un mécanisme qui  récompensera les communes qui se conforment scrupuleusement à la réglementation et protègent le littoral.

Enfin, ne perdons pas de vue que les phénomènes météorologiques violents risquent de se multiplier au fil des ans. N’oublions pas qu’il est acquis que le changement climatique en cours est  irréversible et va générer une montée du niveau de la mer de l’ordre de 1 mètre en 2100 ; ce qui va accentuer considérablement les risques côtiers. Ne feignons d’ignorer ce phénomène dramatique. Préparons-nous dés maintenant, tant qu’il en est encore temps.

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