Aveyron : le 2ème tour des élections cantonales 2011 confirmera-t-il la majorité départementale ?

24 mars 2011

Au 1er tour des élections cantonales du 20 mars dernier, la majorité départementale du Conseil général de centre-droit, a engrangé 10 élus contre 3 pour la gauche, sur les 22 cantons renouvelables. Il reste 9 cantons à pourvoir pour le 2ème tour de dimanche 27 mars : Entraygues, Laguiole, Mur-de-Barrez, Bozouls, Nant, Rodez-Est, Villefranche-de-Rouergue, Millau-ouest et Saint Affrique.

Jusqu’au 19 mars 2011, la majorité départementale détenait 25 élus et tandis que la gauche en comptait 21 : soit un avantage de 4 sièges seulement pour la droite. A l’issue du 1er tour, sur les 9 sièges restant en ballotage, la droite est assurée d’en remporter au moins 3 (Entraygues, Laguiole et Bozouls) et se trouve en position précaire sur deux cantons où le sortant de la majorité ne se représentait pas : Mur-de-Barrez et Nant. A l’issue du premier tour, les candidats apposés à la gauche sur ces deux cantons disposent en effet d’une légère réserve de voix à Mur-de-Barrez, contre un sensible déficit à Nant. Autant dire que rien n’est acquis. Cela n’a pas échappé à la gauche qui redouble d’efforts pour soutenir ses candidats dans ces deux cantons historiquement à droite.

De son côté, la gauche devrait aisément gagner dans ses deux bastions de Millau-ouest et de Saint Affrique. Par contre, deux de ses sortants ont été accrochés à Rodez-est et à Villefranche-de-Rouergue. Même si elle dispose d’une certaine avance en voix, la victoire ne sera possible que si le report s’effectue dans de bonnes conditions à gauche. Ce qui est loin d’être assuré en raison de certaines tensions en son sein, sur ces deux cantons.

Pour résumer, après les résultats du 1er tour, la majorité départementale conduite par Jean-Claude Luche aborde le deuxième tour en étant assurée de disposer d’au moins 23 sièges, tandis que la gauche serait à 19 sièges. Reste 4 sièges (2 à droite et 2 à gauche) qui peuvent basculer d’un côté, comme de l’autre, au gré des reports de voix et de la participation. Il suffit donc à la majorité départementale actuelle d’emporter l’un des quatre cantons indécis : Mur-de-Barrez, Nant, Rodez-est ou Villefranche-de-Rouergue pour être assurée de la majorité du Conseil général. Jean-Claude Luche n’hésite d’ailleurs pas à afficher  son ambition de gagner les quatre et porter sa majorité à 27 sièges contre 25 dans l’assemblée départementale sortante. Un pari osé et pour le moins difficile, mais pas impossible.

Par contre, la gauche doit impérativement emporter les 4 sièges indécis pour prétendre faire basculer le Conseil général, au bénéfice de l’âge. Elle obtiendrait alors 23 sièges sur 46, à égalité avec la droite. Après avoir annoncé qu’elle comptait faire basculer le Conseil général de l’Aveyron (le seul de Midi-Pyrénées qui ne soit pas à gauche), les résultats du 1er tour ont quelque peu atténué ses ambitions. Pour autant, elle a mobilisé une flopée de ténors nationaux, régionaux et départementaux pour tenter de motiver ses troupes pour ce deuxième tour qui s’annonce très chaud.

Tour d’horizon des quatre cantons les plus disputés du deuxième tour le 27 mars :

  • Mur-de-Barrez : Pierre Miquel (SE) s’est finalement facilement imposé avec un score de 34.64 % face à Marie-Pierre Guimonteil, la candidate soutenue par la majorité départementale, tandis que Daniel Tarisse (PS) arrivait en tête avec 41.63 % des voix, profitant de la présence de trois candidatures sur sa droite. Pour aborder ce deuxième tour, Pierre Miquel dispose en théorie d’un potentiel de 58% des voix face à son adversaire qui n’a plus aucune réserve. Fort de ses longues expériences, de sa capacité de mobilisation et d’un large soutien de la population, le conseiller municipal de Brommat et membre de la communauté de communes du Carladez devrait pouvoir l’emporter et défendre ainsi activement les intérêts de son canton qu’il connaît si bien. Mur-de-Barrez est un canton stratégique pour la majorité départementale.
  • Rodez-Est : Bernard Saules (DVD), soutenu par la majorité départementale, est arrivé largement en tête au 1er tour avec 39.78 % des voix, devant le sortant, Stéphane Bultel qui a du se contenter d’un score de 31.48% des voix. S’il dispose que quelques réserves, il n’est pas certain qu’il puisse faire le plein des voix d’autant que les tensions de ces derniers mois au sein de la majorité de gauche du conseil municipal de Rodez et à la communauté d’agglomération du Grand Rodez ont laissé quelques traces. De son côté, les réserves de voix de Bernard Saules sont limitées. Les clefs de ce canton sont entre les mains de la candidate de Cap21 – Europe Ecologie, Emily Teyssedre-Jullian, qui a réalisé 15.20 % des voix. Elle sera l’arbitre de ce second tour. Une situation qui ne devrait pas déplaire à Bernard Saules qui paraît en position de reprendre ce canton à la gauche et de marquer ainsi un frein à la suprématie de la gauche à Rodez.
  • Nant : Jean-François Galliard (DVD), candidat de la majorité départementale, est arrivé en tête avec 39.17% des voix, devançant sensiblement Bernard Saquet (PS) avec 31.59% des voix. Il aura toutefois besoin de l’apport de l’intégralité des voix des candidats écologiste et du front de gauche pour gagner au deuxième tour. Pour autant, Jean-François Galliard n’a pas dit son dernier mot et entend mobiliser les électeurs pour conserver le canton de Nant à la majorité départementale.
  • Villefranche-de-Rouergue : Ce bastion de la gauche a réservé deux surprises au 1er tour. D’une part, Serge Roques (UMP), maire de Villefranche-de-Rouergue, soutenu par la majorité départementale, est arrivé largement en tête avec 42.12% des voix ; et d’autre part,  le sortant Claude Penel (PS) n’a réalisé que 23.85% des suffrages, ce qui l’a placé en troisième position derrière son challenger de gauche Eric Cantournet (PRG) qui a recueilli 24.75% des voix. C’est donc ce dernier qui tentera de récupérer le siège de conseiller général face à Serge Roques qui ne dispose d’aucune réserve et devra compter sur la mobilisation des électeurs et d’éventuels problèmes de reports à gauche pour l’emporter.

Après les bons résultats des candidats de la majorité départementale au 1er tour, la droite espère renforcer son avance en siège au second tour et empêcher ainsi la gauche de réaliser son objectif de faire basculer le Conseil général de l’Aveyron. Manifestement, les électeurs ont entendu Jean-Claude Luche, le Président du Conseil général et lui ont accordé leur confiance. En sera-t-il de même au second tour ?

La gauche a senti le vent tourner et a mobilisé tous les ténors pour soutenir ses candidats dans les cantons stratégiques. Ces dernières semaines, après Arnaud Montebourg et Martine Aubry, la première secrétaire du PS, le maire de Paris Bertrand Delanoë et Martin Malvy Malvy, le président de région de Midi-Pyrénées, se sont rendus à plusieurs reprises dans le département pour soutenir les candidats qui ont également bénéficié du soutien actif des deux sénateurs PS : Alain Fauconnier et Anne-Marie Escoffier. Le grand jeu politique pour séduire les électeurs. Pas sûr que cette avalanche de personnalités pour soutenir quelques candidats aux élections cantonales suffisent à convaincre les électeurs aveyronnais qui en ont vu d’autres.

Les résultats du 27 mars dépendront d’abord de la qualité des candidats, des reports de voix notamment à gauche et surtout du taux de participation des électeurs.

Plus d’informations : les résultats complets du 1er tour du 20 mars 2011 par la Préfecture de l’Aveyron

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