Aveyron : Alors que la mise à 2 x 2 voies de la RN 88 traîne en longueur, les routes financées par le Conseil général avancent

25 novembre 2014

Depuis plus de 30 ans, l’Etat promet aux aveyronnais l’aménagement de la RN88 avec des caractéristiques autoroutières.

Un pas important avait été franchi en 2008 par le gouvernement Fillon qui avait fini par accepter de financer son aménagement à hauteur de 52% en ce qui concerne le tronçon d’environ 35 km, situé entre l’échangeur de Carmaux-nord (Croix de Mille) et Rodez, à la condition que le solde soit financé par la région Midi-Pyrénées (24%) et les Conseils généraux de l’Aveyron et du Tarn (24%). Les travaux ont été engagés fin 2010.

La mise à 2 x 2 voies de la RN88 traîne en longueur du fait de l’Etat

Depuis le début de l’année 2014, le tronçon entre Albi nord et le viaduc du Viaur est entièrement en service et les travaux devraient s’achever dans les prochains mois pour le tronçon entre le viaduc du Viaur et La Mothe. Ce tronçon de 14 km doit être mis en service au printemps 2015, avec prés d’un an de retard sur le programme initial. Il aura coûté 95 millions d’euros. A cette date, il restera encore 15 km à réaliser (déviation de Baraqueville) pour achever la mise à 2X2 voies de la RN 88.

Les travaux de ce dernier tronçon au sud de Rodez, entre La Mothe et Calmont, ont débuté à l’automne 2014 mais le rythme n’est guère soutenu. Leur coût est de 120 millions d’euros. Initialement prévus pour se terminer en 2015, ce tronçon ne devrait, dans le meilleur des cas, être achevé avant 2018, voire 2019, soit avec plus de 4 ans de retard imputables à l’Etat. A cette date, avec les travaux actuellement en cours sur la déviation d’Albi, le Grand Rodez devrait enfin relié à Toulouse, la capitale régionale, via une véritable infrastructure autoroute.

Il aura fallu beaucoup de temps et de persévérance pour en arriver là. Rappelons que ces importants travaux n’ont pu se faire qu’avec une participation financière de l’ordre de 100 millions d’euros du Conseil général et de la Région. Pour autant, le chantier de la RN 88 à 2 x 2 voies est encore loin d’être achevé. Outre les retards importants pris sur les tronçons situés entre Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) et l’A75 (Lozère), il reste deux gros points noirs en Aveyron : le contournement du Grand Rodez et bien sûr l’important tronçon de 42 km entre Rodez et l’A75 (Séverac-le-Château) dont le coût est estimé à 280 millions d’euros.

Le cavalier seul du Conseil général auprès de l’Etat en faveur l’aménagement autoroutier entre Rodez et l’A75

On ne peut que regretter le silence des élus du Grand Rodez sur ce dossier pourtant essentiel du contournement du Grand Rodez qui sera dans les prochaines années, le gros point noir de la circulation automobile entre Toulouse et Séverac-le-Château (A75). Comment des élus un tant soit peu responsables peuvent-ils à ce point ne rien faire pour éviter l’asphyxie progressive de toute l’agglomération qui est pourtant le poumon économique du département ?

Le dynamisme du Conseil général de l’Aveyron tranche face à l’inconsistance des élus du Grand Rodez. Alors même qu’il a du investir sur ses fonds propres pour compenser le désengagement de l’Etat sur la RN88, le Conseil général se bat en faveur de la poursuite de l’aménagement de cette liaison autoroutière vers l’A75 et va même jusqu’à proposer de participer à nouveau à son financement. Dommage que les élus ruthénois ne soient même pas capables de soutenir une motion en faveur de cet aménagement aux côtés du Conseil général. A croire que le désenclavement routier du Grand Rodez ne les concerne pas !

Alors que le département de l’Aveyron avait de 2012 à 2014 une ministre déléguée à la décentralisation : Anne-Marie Escoffier, par ailleurs conseiller général et sénatrice de l’Aveyron, le dossier de la RN88 à 2 x 2 voies entre Rodez et Séverac-le-Château n’a pas avancé d’un pouce.

Parmi les élus aveyronnais, force est de constater que Jean-Claude Luche, président du Conseil général et aujourd’hui sénateur de l’Aveyron (depuis septembre 2014) est bien le seul à se battre sur ce dossier en arguant de l’urgence de l’aménagement de cette dernière section. Il souhaite que les conditions de sa complète réalisation soient réunies rapidement sur la base de caractéristiques autoroutières, afin d’assurer la sécurité et le développement économique du département, en regrettant l’absence de décision concernant le grand contournement de Rodez.

Malgré une situation budgétaire tendue, le Conseil général a investi plus de 150 millions d’euros dans le réseau routier pour moderniser le réseau routier

Ces dernières années, le Conseil général a engagé d’importants travaux d’aménagements à 3 voies avec créneau de passement, du réseau routier départemental et notamment :

  • RD 840 (déviation de Viviez), entre Decazeville et Viviez, soit environ 5 km
  • RD 840 (côte de Nuces), entre Nuces et l’aéroport de Rodez-Aveyron, soit environ 4 km
  • RD 911 (déviation de Pont-de-Salars), soit prés de 5 km
  • RD 911 (côte de Saint Germain), entre Millau et l’échangeur A75, soit environ 2 km
  • RD 988 (déviation de Curlande), entre le Causse-Comtal et Bozouls, soit environ 7 km
  • RD 992 (côte de Raujoles), entre Creissels et Saint Georges-de-Luzençon, soit 2 km
  • RD 840 (côte d’Hymes), entre Firmi et Saint Christophe, soit prés de 3 km

Depuis 2008, c’est ainsi plus de prés de 150 millions d’euros qui ont été investis sur le seul réseau routier, soit 100 millions pour les routes départementales et 50 millions pour la mise à 2X2 voies de la RN 88 entre le viaduc du Viaduc du Viaur et Rodez.

Ce dernier tronçon achevé courant novembre 2014 est celui de la RD 840 (ancienne RN 140 déclassée). D’un coût total de 8 millions d’euros, il aura été financé pour plus de moitié par l’Etat et pour le reste par le Département et la Région, s’agissant d’une route nationale récemment transférée au département. Il vient compléter les travaux déjà réalisés sur cet axe très fréquenté entre Rodez et l’autoroute A20 ces dernières années.

Ces travaux routiers lourds, indispensables à la mise aux normes du réseau départemental, ont concernés des tronçons à fort trafic en vue de renforcer la sécurité routière et faciliter le développement économique.

La déviation d’Espalion : l’un des plus gros chantiers conduit par les Conseil général

Cette déviation était attendue depuis plus de 30 ans ! Depuis l’été 2014, cet important chantier de la déviation d’Espalion sur la RD 920, reliant Rodez à Aurillac est enfin engagé. C’est un tronçon de plus en plus fréquenté (7 500 véhicules jours) et dangereux du fait de sa forte déclivité, à l’entrée d’Espalion, qui sera ainsi mis en sécurité. Il reliera les 4 Routes au sud d’Espalion à la zone artisanale de La Bouysse, route d’Estaing, à l’ouest d’Espalion.

L’aménagement de la déviation porte sur une longueur de 4 km et prévoit deux échangeurs dénivelés, l’un aux 4 Routes et l’autre à hauteur du village de Bessuéjouls, pour traverser la RD 556. Trois créneaux de dépassement sont prévus : deux dans le sens Espalion-Rodez d’une longueur totale de 1,8 km et un de 750 m dans le sens descendant Rodez-Espalion. Le principal ouvrage d’art sera le pont à trois travées de 160 mètres de long qui franchira le Lot à hauteur du hameau de La Bouysse. Enfin, un giratoire dont la construction est achevée, raccordera la déviation à la RD 920 à l’entrée d’Espalion.

Le chantier de la déviation d’Espalion d’un coût évalué à 25 millions d’euros devrait être achevé mi 2016.

Au cours de cette même année 2016, le Conseil général devrait engager un autre grand chantier : celui de l’aménagement du fameux « barreau de Saint Mayme », reliant l’actuelle rocade de Rodez (RN88), à hauteur du village du même nom, au Causse Comtal, sur la RD 920. Cette déviation longue de 7 km tant attendue par les ruthénois, permettra de relier le nord-Aveyron à Rodez, en contournant les importantes zones commerciales de Sébazac-Concourés et d’Onet-le-Château dont l’accès est régulièrement engorgé.

Dans ce contexte, on ne peut que regretter l’inertie de la communauté d’agglomération du Grand Rodez sur un dossier qui la concerne directement et sur lequel elle est aux abonnés absents. Quand les élus du Grand Rodez vont-ils enfin se saisir du dossier de la déviation et du contournement de l’agglomération ?


Tarn-Aveyron : la mise à 2 x 2 voies de la RN88 avance sur la section comprise entre le nord de Carmaux et le sud de Rodez (1)

22 octobre 2013

La mise à 2 x 2 voies de la célèbre RN88 avance et personne ne s’en plaindra, en Aveyron comme ailleurs.

C’est à l’initiative du gouvernement de François Fillon, en 2009, que l’Etat avait donné son feu vert à la poursuite de l’aménagement de la RN88 aux normes autoroutières entre la Croix de Mille (Carmaux) et Les Molinières (Calmont), aux portes de Rodez, sous réserve que les collectivités territoriales (région et départements) participent à hauteur de 46% à son financement.

Les travaux du 1er tronçon long de 21 km, entre La Croix de Mille (Tarn)  / La Mothe (Aveyron), avaient débuté fin 2010.

Depuis quelques jours, pour le plus grand plaisir des automobilistes reliant Albi et Rodez, la première section autoroutière longue de 7,5 km entre La Croix de Mille et Tanus (Viaduc du Viaur), comportant pas moins de 11 ouvrages d’art, a été ouverte à la circulation. Cette section a coûté 50 millions d’euros : 54 % à la charge de l’État, 23 % pour le conseil régional Midi-Pyrénées et autant pour le conseil général du Tarn.

A fin octobre, à l’exception de quelques travaux restant à réaliser sur la rocade d’Albi, la RN88 à 2 fois 2 voies est ainsi totalement aménagée entre Toulouse et le viaduc du Viaur, aux portes de l’Aveyron. Une bonne nouvelle pour les tarnais et les aveyronnais.

La seconde section en travaux, située entre le viaduc du Viaur et La Mothe, longue de 14 km, a pris pas mal de retard, notamment pour des raisons financières imputables à l’Etat. L’ensemble des ouvrages d’art et notamment les échangeurs de la Baraque de St Jean et de Naucelle sont aujourd’hui achevés. La mise en service de ce futur tronçon devrait pouvoir intervenir fin 2014. Elle permettra alors la continuité autoroutière jusqu’au sud de Baraqueville, à 20 km de Rodez.

Restera à réaliser l’aménagement à 2 x 2 voies de la RN88 entre La Mothe et Les Molinières (Calmont), aux portes de Rodez.

Les travaux de ce dernier tronçon de la RN88 au sud de Rodez, long de 14,3 km comprenant le contournement de Baraqueville pour l’ouest, devraient être engagés en fin d’année 2013. Initialement prévus pour se terminer en 2015, ils devraient vraisemblablement s’achever au mieux en 2016, si les financements de l’Etat sont au rendez-vous.

Sur un plan financier, le coût de l’ensemble du tronçon aveyronnais du Viaduc du Viaur aux Molinières, d’une longueur de 28.5 km s’établit à 225 millions d’euros, dont 122 millions à la charge de l’Etat, 53 millions à charge du conseil régional Midi-Pyrénées et 50 millions à la charge du conseil général de l’Aveyron.

A fin 2016, le Grand Rodez devrait être enfin relié à Toulouse, la capitale régionale, via une autoroute. Pour autant, le chantier de la RN 88 à 2 x 2 voies ne sera pas achevé, loin s’en faut. Reste en effet à aménager le contournement de Rodez et la liaison avec l’A75/Séverac-le-Château.  Un chantier majeur où les élus socialistes ruthénois ont pourtant été cruellement absents durant 5 ans.


Aveyron : le gouvernement socialiste tergiverse sur l’aménagement de la RN88 entre Rodez et l’A75

2 juillet 2013

Voilà des décennies que l’aménagement de la RN88 avec des caractéristiques autoroutières n’en fini pas de traîner en longueur.

Le gouvernement précédent avait finalement financé à hauteur de 50% l’important tronçon d’environ 26 km entre Carmaux-nord et Rodez, le reste étant cofinancé par la région Midi-Pyrénées et les Conseils généraux de l’Aveyron et du Tarn. Les travaux engagés fin 2010 sont actuellement en cours pour le tronçon Carmaux-nord (section La Croix de Mille et Tanus dans le Tarn) et Baraqueville-sud (Section La Baraque de Saint Jean et La Mothe dans l’Aveyron).

Le tronçon tarnais de prés de 8 km est bien avancé et devrait s’achever en fin d’année 2013. Le tronçon aveyronnais en amont du viaduc de Tanus jusqu’à La Mothe, long de 14 km, est légèrement plus en retard mais l’ensemble des ouvrages d’art est à peu prés terminé et la mise en service devrait avoir lieu courant 2014.

La mise en service de ces deux tronçons, au plus tard en 2014, amènera l’autoroute en provenance d’Albi et Toulouse aux portes de Rodez, soit à moins de 15 km de la déviation de Luc-La Primaube.

Les travaux du dernier tronçon de la RN88 au sud de Rodez, entre La Mothe et Calmont, devrait être engagé en fin d’année 2013 en raison de retards pris dans les procédures en cours concernant le contournement de Baraqueville. Initialement prévus pour se terminer en 2015, ce tronçon  devrait s’achever en 2016 si tout se passe bien.

Ainsi, à fin 2016, le Grand Rodez sera enfin relié à Toulouse, la capitale régionale, via une autoroute. Il aura fallu beaucoup de temps pour en arriver là, mais au moins, elle sera enfin là la RN 88 à 2 x 2 voies.

Pour autant, le chantier de la réalisation de la RN 88 à 2 x 2 voies ne sera pas achevé. Outre les retards importants pris sur les tronçons situés entre Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) et l’A75 (Lozère), il reste encore deux gros points noirs en Aveyron : le grand contournement de Rodez, dont plus grand monde ne parle, et l’important tronçon de 42 km entre Rodez et l’A75 (Séverac-le-Château).

A part le Conseil général de l’Aveyron qui régulièrement rappelle à l’Etat l’importance et l’urgence de l’aménagement de cette dernière liaison autoroutière ers l’A75, on n’entend guère les élus locaux, à commencer par le maire de Rodez et l’agglomération du Grand Rodez. Du côté de Rodez, c’est le silence radio total sur le sujet alors qu’il s’agit d’un sujet majeur pour l’aménagement et le développement de l’ensemble du Grand Rodez. A aucun moment depuis leur élection en 2008, les élus socialistes n’ont d’ailleurs daigné porter attention à cet important dossier.

Ceci est d‘autant plus étonnant que le même M. Teyssèdre, lorsqu’il était dans l’opposition ruthénoise et encore lors de la dernière campagne pour les élections municipales, n’avait eu de cesse d’accuser le maire sortant de ne pas assez s’investir sur le sujet de l’aménagement de la RN88. 5 ans plus tard, les ruthénois voient la différence. Depuis 2008, le chantier de la RN88 est totalement abandonné par les élus socialistes ruthénois. Pour preuve, bien que le chef de l’Etat ait été reçu en grande pompe à l’hôtel de Ville de Rodez, ce sujet s’il en est, n’a même pas été évoqué.

Même la ministre aveyronnaise déléguée à la décentralisation, par ailleurs conseiller général et sénatrice de l’Aveyron, Anne-Marie Escoffier reste très discrète sur ce dossier essentiel pour le développement du département.

Le gouvernement socialiste ne semble guère pressé à débloquer le dossier, prétextant les restrictions budgétaires pour les années à venir.

C’est dans ce contexte que le rapport de la commission Mobilité 21 (une de plus), a été remis ces derniers jours au ministre des Transports. Dans ce rapport qui fixe les priorités nationales en matière d’infrastructures, la mise à 2 X 2 voies de la RN88 ne figure pas parmi les priorités de la commission. Toutefois, cette dernière propose que la partie comprise entre Rodez et Saint Etienne, qui est inscrite depuis plusieurs années au schéma national des infrastructures de transport (SNIT), soit inscrite au programme de modernisation des itinéraires routiers (PDMI). La commission semble estimer que le financement de ces travaux relève des programmes pluri-annuels (PDMI). Enfin la commission rappelle qu’il convient de veiller à privilégier les aménagements  des 2 X 2 voies aux seules sections le justifiant au regard de l’importance du trafic.

Parmi les élus aveyronnais, seul Jean-Claude Luche, président du Conseil général a pris acte de cette décision, qui selon lui, vient conforter l’urgence de l’aménagement de la section entre Rodez et Séverac-le-Château. Il souhaite que les conditions de sa complète réalisation soient réunies rapidement sur la base de caractéristiques autoroutières, afin d’assurer la sécurité et le développement économique du département, en regrettant que le grand contournement de Rodez ne figure pas dans ce rapport.

Mais que font donc les élus du Grand Rodez alors même qu’ils sont du même bord politique que l’actuel gouvernement ? Une fois de plus, ils sont aux abonnés absents sur un dossier majeur pour l’avenir de l’agglomération, incapables de défendre les intérêts locaux.