Angela Merkel est aujourd’hui seule aux commandes pour sauver l’Europe

12 décembre 2014

Depuis sa création et jusqu’en 2012, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, l’Union européenne était pilotée conjointement par l’Allemagne et la France, un duo qui constituait depuis toujours le véritable moteur de l’Europe et qui avait permis d’importantes avancées politiques.

Alors dans l’opposition, la gauche française et M. Hollande en personne n’avaient de cesse de critiquer la position de la France, qui à les entendre, était trop alignée sur les positions allemandes. Depuis 2012 et l’arrivée surprise de ce dernier à l’Elysée, on ne peut que constater les dégâts. La France est aujourd’hui KO debout et inexistante, incapable d’impulser la moindre réforme. Heureusement, Angela Merkel, la mère de l’Allemagne et de l’Europe moderne, tient solidement les commandes.

En quelques années seulement, la France socialiste s’est affaiblie et discréditée, incapable de se réformer, de maitriser ses déficits publics et sa dette en dépit de taux d’intérêts les plus bas jamais enregistrés. M. Hollande a réussi à faire de la France le plus mauvais élève de l’Union européenne que l’on montre aujourd’hui du doigt. Non seulement la France, si prompte à donner des leçons, est aujourd’hui la risée du monde entier mais elle menace maintenant d’entraîner l’Europe dans la spirale de la dépression.

Un bilan en tous points désastreux pour Hollande, discrédité dans son propre pays où il ne présente guère plus de 13% d’opinions favorables. Jamais un président français n’avait connu pareille descente aux enfers et une si piètre image à l’étranger. Rappelez-vous pourtant pendant la campagne présidentielle de 2012 : « Moi président,…. ! »

Elle est aujourd’hui bien loin l’époque où la France faisait jeux égal avec l’Allemagne à la tête de l’Union européenne ; cette France qui a sauvé le monde d’une crise financière sans précédent en 2008. Heureusement, Madame Angela Merkel, la chancelière allemande est solidement installée aux commandes de son pays et, de fait, de l’Europe. La politique conduite par Berlin est aujourd’hui un facteur de crédibilité et de sécurité pour l’ensemble de l’Europe. Jusqu’à quand ?

Elle vient d’être triomphalement réélue à la tête de la CDU pour la 8ème fois consécutive avec 96.70% des voix. Non sans une certaine modestie, elle s’est contentée d’affirmer : « Nous avons accompli beaucoup ». Parmi les promesses tenues depuis neuf ans qu’elle est à la tête du pays, une lui tient particulièrement à cœur : l’adoption du premier budget en équilibre depuis 1969. Ce qui a fait dire au très respecté Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances : « Elle a mieux réussi que beaucoup d’autres leaders européens…  C’est une nouvelle forme de leadership. Ce n’est pas aussi flamboyant que Napoléon mais elle connaît plus de succès ! ». Autant dire que du côté de nos amis allemands, il ne vient à l’idée de personne de contester l’autorité de la Chancelière.

Dans son discours devant la CDU, comme pour fustiger l’attitude de certains pays dont la France, Angela Merkel a une nouvelle fois rappelé l’importance des règles communes en Europe. « Si finalement nous ne respections pas ce que nous avons décidé ensemble pendant la crise, alors nous sèmerions le doute ; ce qui serait mauvais pour l’Europe. Le fait que nous parlions constamment du pacte de stabilité et de croissance, et que nous disions qu’il faut le respecter, ce n’est pas du rigorisme allemand, mais c’est une question de confiance ». Une véritable baffle pour la France qui parle beaucoup et demande aux autres de faire des efforts sans respecter ses propres engagements ! Heureusement que l’Allemagne est là avec sa rigueur pour rassurer et donner confiance au reste du monde.

Dans une récente interview au quotidien Welt am Sonntag Angela Merkel va plus loin encore. Elle n’hésite pas à affirmer que le compte n’y est pas et invité la France et l’Italie à plus d’efforts.: « La France n’a pas mené les réformes nécessaires et met en danger non seulement l’équilibre économique de l’Europe mais aussi la crédibilité des règles communes, en ne respectant pas les limites de déficit autorisées dans la zone euro… ». Berlin a accentué la pression sur Paris et Rome : « La Commission européenne a établi un calendrier selon lequel la France et l’Italie devront présenter des mesures supplémentaires. C’est justifié car les deux pays se trouvent effectivement dans un processus de réformes ». Elle a poursuivi : « La Commission a aussi dit de façon claire que ce qui est jusqu’à présent sur la table n’est pas encore suffisant. Ce avec quoi je suis d’accord. »

Après plus de 60 ans d’entente cordiale exemplaire, les tensions entre la France et l’Allemagne ne font que commencer. Et ce ne sont pas les mini-réformes de Macron qui vont rassurer nos amis allemands de plus en plus dépités par la désinvolture et l’amateurisme du gouvernement socialiste français qui ne cesse de différer les réformes. Berlin n’est nullement dupe des gesticulations françaises.

A juste titre, l’Allemagne craint que la France et l’Italie ne finissent par plonger l’Europe dans une croissance faible et durable. Berlin s’agace de devoir payer le prix fort alors que le pays a toujours respecté ses engagements et qu’il engrange le prix des réformes engagées et des importants sacrifices consentis suite à la réunification. Pourquoi, en effet, l’Allemagne devrait-elle payer pour la France et l’Italie ?

Tout laisse à penser que l’Allemagne soutiendra fermement la Commission européenne dans les prochains mois. La chancelière n’a pas oublié le fait que les pays de la zone euro, dont la France, ont donné à Bruxelles la responsabilité de veiller sur les budgets nationaux. Que cela plaise ou non, les pays de la zone euro ne sont plus entièrement souverains en ce domaine. C’est l’une des conditions de l’adhésion à la zone euro qui a été acceptée par la France comme les autres pays. En ce domaine, la Commission européenne fera son travail le moment venu et ne manquera pas de sanctionner la France si elle ne respecte pas ses engagements.

La France n’a plus le choix. Elle doit engager les réformes de structures qui s’imposent. Angela Merkel est la seule chance pour l’Europe de sortir de la crise actuelle.

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Allemagne : avec le ras de marée en faveur d’Angela Merkel, c’est toute l’Europe qui gagne !

23 septembre 2013

La chancelière allemande Angela Merkel a été brillamment réélue ce dimanche 21 septembre 2013, avec un score historique de 41.50%, avec sa coalition de centre-droit CDU-CSU.

C’est l’un des meilleurs scores enregistré en Allemagne depuis la dernière guerre. Il s’agira là de son 3ème mandat à la tête de l’Allemagne, rejoignant ainsi les pères de l’Allemagne moderne que furent dans le passé les chanceliers Konrad Adenauer et Helmut Khol. Elue chancelière pour la première fois en 2005, elle avait été réélue en 2009 malgré la crise. Lors de son premier mandat, la CDU-CSU était alliée au SPD (sociaux-démocrates) alors qu’au cours de la période 2009-2013, la chancelière s’était alliée au FDP (libéraux). Elle devrait à nouveau s’allier au SPD pour un nouveau mandat. Verdit dans quelques mois.

Dans un Europe relativement euro-septique, l’élection allemande marque une très large victoire des formations politiques favorables à la construction européenne : CDU-CSU, SPD et les Verts (plus de 75% des voix). A l’inverse, même si le nouveau parti anti-euro atteint les 4.7%, le FDP très critique à l’encontre de l’Europe chute de prés de 10 points à 4.8%, son plus mauvais score qui ne lui permet pas d’avoir des élus au Bundestag alors que la gauche reste à moins de 9%. Avec cette grande victoire des formations politiques pro-européennes en Allemagne, la preuve est faite que les euro-septiques perdent du terrain et ne représentent qu’une minorité des électeurs.

La victoire est aussi indiscutablement celle de la chancelière Angela Merkel qui a su convaincre les électeurs, par sa volonté et sa détermination à défendre la construction européenne, que l’avenir de l’Allemagne passait inéluctablement par l’Europe. Même si son programme était presque inexistant, sa rigueur et sa ténacité dans la gestion des finances publiques  ont fini par convaincre les électeurs qu’elle était la femme de la situation pour l’Allemagne et pour l’Europe.

Une chose est sûre, quelle que soit la future coalition, Mme Angela Merkel sort renforcée de cette élection et sera plus que jamais en position d’imposer son leadership en Europe, mais si cette dernière, en excellente tacticienne, ne manquera pas d’associer les autres pays, à commencer par la France, aux futures réformes européennes.

Nul doute qu’Angela Merkel est bien consciente que, si cette victoire consacre la toute puissance de l’Allemagne d’aujourd’hui, son pays n’en demeure pas moins fragile sur un certain nombre de points. Si les finances publiques sont aujourd’hui bénéficiaires, la compétitivité, le chômage et les exportations au mieux, tout cela reste précaire face à la dégradation de la situation des pays émergents et à la compétitivité que ne devraient pas manquer de retrouver certains pays d’Europe du sud. L’autre grand défi pour Mme Merkel sera de faire avancer l’Europe, et en particulier la zone euro, vers plus de convergence et d’intégration.

Dans ce contexte, le couple franco-allemand qui reste le fer de lance de l’Europe, risque d’être quelque peu plombé par l’ampleur de la victoire d’Angela Merkel. Cependant, on peut penser que cette dernière fera tout pour gommer les tensions entre les deux pays pour privilégier l’avancement des dossiers les plus importants pour l’avenir de l’Europe.

La France paraît aujourd’hui pour le moins isolée alors que les rapports personnels entre Angela Merkel et François Hollande ne semblent pas au beau fixe. D’ailleurs, le président français, bien qu’élu de justesse, il y a 18 mois, est aujourd’hui affaibli et pour le moins discrédité face à l’échec de sa politique à tous les niveaux. Comment ne pas comparer le très faible score de M. Hollande dans les sondages d’opinion, avec seulement 23% d’opinions favorables en septembre 2013, contre plus de 60% pour Mme Merkel avant sa triomphale réélection !

Finalement, les électeurs allemands ont fait preuve d’intelligence en apportant leur voix à la seule politique qui préserve l’avenir de leur pays, à savoir : la réduction des dépenses publiques et la stabilité des impôts et taxes. De même, les électeurs français qui désapprouvent aujourd’hui massivement l’action de M. Hollande qui refuse de réduire le niveau excessif des dépenses publiques, tout en augmentant massivement les impôts et taxes qui pèsent sur les entreprises et l’ensemble des français, font preuve de beaucoup de bon sens.

A défaut de voir Angela Merkel s’imposer également en France, les français sont peut-être enfin prêts à de véritables réformes en profondeur de notre politique économique, sociale et fiscale. Reste pour la France à trouver l’homme ou la femme politique providentiel qui assurera cette transition politique salvatrice. Le chemin risque d’être long… avant que la France trouve enfin son Angela Merkel !


France : le couple germano-français, moteur de l’Europe, au bord de l’implosion ?

25 juin 2012

Il y a quelques jours, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a exprimé son scepticisme quant à la décision de la France de rétablir partiellement l’âge de la retraite à 60 ans au vu de l’évolution démographique actuelle. « En Europe, nous avons décidé d’adapter nos systèmes de protection sociale à l’évolution démographique. Nos pays sont tous vieillissants », a-t-il expliqué dans un entretien publié mercredi par La Stampa. « Mais la décision du président Hollande d’abaisser l’âge de la retraite ne correspond pas à cette décision. »

Wolfgang Schäuble a également estimé qu’il n’y avait aucun risque que l’Italie devienne la prochaine victime de la crise de la zone euro si elle mettait en oeuvre les réformes établies par le président du Conseil Mario Monti. « L’Espagne aussi est sur la bonne voie ; elle ne nécessite pas un programme d’aide. Elle a un problème particulier avec son secteur bancaire et je suis certain qu’elle le résoudra. »

De son côté, les formules d’Angela Merkel ont atteint leur but en Allemagne. Lorsqu’il s’agit d’asséner leurs quatre vérités aux donneurs de leçons, à commencer par la France, coupables aux yeux de la chancelière de vouloir relancer la « croissance à la pompe ». « le faux débat entre la croissance et la rigueur budgétaire, c’est n’importe quoi ! », a lancé la chancelière avec une familiarité dont elle n’est pas coutumière, preuve de son exaspération. Le mot « quatsch » qu’elle a utilisé et qui peut se traduire par «conneries» en est un signe. L’Allemagne se targue à juste titre d’être le seul pays producteur de croissance et à ce titre le pôle de stabilité en Europe. Avec un regard appuyé vers le nouveau président français, Angela Merkel n’a pas manqué de rappeler le niveau du coût du travail et les performances économiques de l’Allemagne par rapport à la France. La comparaison est cruelle pour Hollande : pour ne parler que du seul PIB de l’Allemagne, au premier trimestre 2012, avec 0,6 % il équivaut à la prévision de croissance annuelle de la France ! On peut donc comprendre que les leçons de croissance de ce dernier soient mal perçues venant de la France qui est le mauvais élève en la matière et se refuse à toute mesure de rigueur ou de réformes de structures pourtant engagées en Espagne et en Italie qui doivent être l’un des moteurs de la croissance future.

Par ailleurs, l’Allemagne estime payer très largement sa part pour sauver l’Europe du sud (la cigale de l’Europe) et ne pas pouvoir contribuer au-delà de ce qui a été fait. En échange de sa contribution, Berlin exige maintenant des garanties ; ce qui n’a rien d’anormal. Le traité de Maastricht, en échange de l’abandon de son cher deutsche mark, était sensé assurer à l’Allemagne l’indépendance de la BCE et la garantie que les États ne voleraient pas au secours les uns des autres. Une exigence bafouée à maintes reprises depuis le début de la crise, au grand dam des allemands, très attachés au respect des textes. Dans ces conditions, on comprend mieux que la vertueuse Allemagne se refuse à être réduite à un simple rôle de banquier, tant que des pays comme la France ne s’engageront pas fermement à respecter les traités européens.

Au demeurant, à moyen terme, l’Allemagne ne paraît pas totalement hostile aux eurobonds, à condition que les pays de la zone euros s’engagent rapidement vers une Europe fédérale. Une réelle avancée proposée par l’Allemagne de nature à sauver l’Europe de l’impasse actuelle. On aimerait que la France réponde positivement à cette proposition allemande qui permettrait de régler biens des problèmes à moyen terme. La première avancée pour la France serait d’ailleurs d’adopter au plus vite la fameuse règle d’or ; ce que fera le Bundestag dés le lendemain du sommet de Bruxelles, le 29 juin.

Et que dire de la réception par le Premier ministre et le chef de l’Etat français des leaders de l’opposition allemande à Angela Merkel, moins d’un mois après leur arrivée au pouvoir, alors même que la chancelière allemande Angela Merkel n’a toujours pas été officiellement reçue en France ? Des pratiques inadmissibles et peu respectueuses du protocole qui en disent long sur l’amateurisme de Hollande et de son gouvernement qui ne présage rien de bon dans les relations franco-allemandes et risquent de conduire la France à l’isolement au sein de l’Europe. Il serait temps que la France comprenne que son propre intérêt et celui de l’Europe c’est d’arriver à des compromis avec nos amis allemands qui ont tout à fait raison sur le fond.

En attendant, l’urgence pour la zone euro est de réaliser des avancée vers le fédéralisme prôné par Angela Merkel et quelques autres. La France aura-t-elle le courage de sacrifier un peu de son indépendance au profit de l’Union ? Le sommet européen de fin juin devrait être décisif.


France : le gouvernement de M. Hollande au pied du mur. Réduction des dépenses publiques ou augmentations d’impôts ?

29 mai 2012

La participation de François Hollande aux sommets européens et du G8 courant mai 2012 n’ont pas pleinement convaincu les observateurs, loin s’en faut au regard de l’absence de réelles avancées. Cela dit, est-ce bien le rôle de ces manifestations ? Ce n’est pas certain. Au mieux, on peut se rassurer en remarquant qu’au sommet européen, le nouveau président, à défaut d’avoir imposé ses vues, a obtenu un succès de curiosité. Pas sûr que cela dure !

S’agissant des relations franco-allemandes, elles sont essentielles à la construction européenne. Bien que parfois difficiles, les rapports entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont permis d’avancer et de consolider la zone euro qui était au bord de l’éclatement ne l’oublions pas. Si la zone euro connaît aujourd’hui des difficultés, ce n’est certainement du fait de ces derniers, même si parfois, ils ont paru tarder dans certaines prises de décisions. La responsabilité incombe d’abord aux gouvernements signataires du Traité de Maastricht le 07 février 1992 (c’était alors un gouvernement et un président de gauche), puis à ceux qui ont accepté (toujours le même gouvernement de gauche) que les pays d’Europe du sud, parmi lesquels la Grèce, le Portugal et l’Espagne, intègrent la zone euro alors même qu’ils ne respectaient pas depuis plusieurs années les critères de convergence prévus par le traité.

Si l’Europe traverse aujourd’hui une profonde crise, elle le doit aussi à l’absence d’évolution du statut de l’Europe qui est resté figé, avec une zone euro faite de pays aux économies disparates et divergentes (rigueur budgétaire au nord et laxisme au sud). Dans ce contexte, les marges de manœuvres de Sarkozy et Merkel étaient extrêmement réduites et les critiques à leur encontre apparaissent pour le moins infondées à bien des égards. Le seul moyen d’atténuer la crise de la zone euro et de la résorber n’est autre, pour la France comme pour d’autres, que de s’engager vers plus de rigueur dans les dépenses publiques. Dans un pays normal, on appelle cela le courage et le pragmatisme ! Que cela plaise ou non, Hollande ou pas, les français ne pourront rétablir l’équilibre des finances publiques sans un petit effort de tous. C’est le prix à payer pour ne pas devenir un jour la Grèce et devoir tout perdre.

L’autre raison du manque de compétitivité de la France par rapport à l’Allemagne, qui est aussi à l’origine du chômage important dans notre pays, c’est la généralisation des 35 heures imposée par le gouvernement socialiste de M. Jospin en 2002 alors que l’Allemagne s’engageait dans des réformes importantes relatives au droit du travail. N’oublions pas le coût colossal des 35 heures en perte de compétitivité, de destructions d’emplois et de stress généré auprès des salariés les plus modestes. Merci la gauche car 10 ans plus tard, les français en payent encore l’addition.

Si les déficits ont cru et la dette creusée lourdement depuis 2008 en France, comme partout en Europe, c’est la simple résultante de la crise financière de 2008 et non comme le prétend la gauche et certaines personnes de mauvaise foi, le résultat d’une mauvaise gestion et de prétendus cadeaux faits aux plus riches ! L’explosion des dépenses publiques et de la dette résultent à plus de 80% du fait que l’Etat a du voler au secours de nombreuses banques et entreprises au bord de la faillite en injectant plusieurs centaines de milliards d’euros alors que ses recettes fiscales chutaient de plus de 100 milliards. Là est la réalité.

En cela, la position de Nicolas Sarkozy de s’aligner sur une certaine politique de rigueur budgétaire chère à l’Allemagne allait tout à fait dans le bon sens : faire en sorte que la France rentre dans le rang en respectant les critères de convergence édictés par le Traité de Maastricht (déficit inférieur à 3% du PIB et dette publique inférieure à 80% du PIB) et retrouve ainsi progressivement une situation budgétaire équilibrée (déficit de 3% du PIB en 2013 et équilibre budgétaire prévu en 2016). Le tout en donnant l’exemple aux pays de l’Europe du sud dont elle est très proche. Que peut-on redire à cela ? Doit-on laisser croire aux français que le pays pourra supporter indéfiniment de laisser filer ses déficits, sans véritable effort sur la réduction des dépenses ? Est-il responsable, comme l’a fait M. Hollande durant sa campagne, de laisser penser que la France pourra accroître ses dépenses publiques et s’opposer à la signature de la règle d’or budgétaire ?

S’agissant des fameux eurobonds (euro-obligations), ils n’ont pas de sens dans l’Europe de 2012 qui n’est autre qu’une Union de pays avec des économies divergentes. Ce serait en revenir à faire payer les bons élèves de l’Europe du nord pour les cancres du sud. Peut-on espérer une Union européenne construites sur ces bases, alors que ces pays du nord ont déjà engloutis des centaines de milliards pour venir en aide à ces mêmes pays du sud ? Ceci explique la fermeté, parfois excessive il est vrai, mais tout à fait compréhensible d’Angela Merkel et de bien d’autres pays.

L’une des solutions pour sortir de la crise de l’euro, rarement évoquée, c’est de faire franchir un nouveau grand pas à l’Europe en optant pour une Union fédérale intégrant les pays de l’actuelle zone euro. Ainsi, on pourrait voir cohabiter des économies très différentes, comme cela est le cas aux USA, sans peser sur l’euro puisque la dette des pays serait alors mutualisée de fait. Nicolas Sarkozy était plutôt un partisan de cette évolution en douceur vers une Europe fédérale en sortant par le haut. Manifestement, à l’intérieur même de la France, y compris au sein du parti socialiste et dans de nombreux pays européens, les esprits ne sont pas encore mûr pour cette évolution majeure. Dommage car c’est probablement le moyen de construire d’Europe de demain et de nous sauver de la crise actuelle. M. Hollande aura-t-il le courage de soutenir la construction d’une Europe fédérale ?

Quoi qu’il en soit, l’avenir de l’Europe passe par la cohésion franco-allemande et M. Hollande devra s’adapter, y compris en avalant quelques couleuvres et en faisant quelques entorses à l’idéologie socialiste avec laquelle il devra prendre ses distances. Il serait vain pour lui de croire qu’une alternative réside dans une tentative d’alliance avec l’Italie, et dans un degré moindre avec l’Espagne alors que ces pays ont, contrairement à la France, engagé de profondes réformes de structures et devraient dans les prochaines années retrouver dynamisme et croissance. Plutôt que de céder à la facilité de l’augmentation des impôts, le nouveau président aura-t-il le courage politique d’engager les réformes de structures indispensables, qui seules permettront la réduction durable des dépenses publiques, pour préparer la France aux défis de demain ?

Les français aimeraient être rassurés rapidement et si possible avant les législatives, histoire de faire leur choix en toute connaissance de cause.


Europe : le « Nein » ferme d’Angela Merkel à la France de François Hollande

24 mai 2012

Ce mercredi 23 mai 2012 se tenait à Bruxelles le sommet informel des chefs d’Etat et de gouvernement des 27 pays de l’Union européenne.

Le thème en était notamment les moyens de relancer la croissance, les délicates questions des eurobonds ou euro-obligations ainsi que le maintien de la Grèce dans la zone euro. Cette réunion  visait à préparer l’important sommet qui aura lieu les 28 et 29 juin prochain à l’issue des élections législatives française. Coïncidence ? Toujours est-il que ce dernier sommet n’a débouché sur aucune décision formelle ; au contraire, il a fait apparaître au grand jour des divergences de fond entre l’Allemagne et la France. D’ailleurs, quelques heures encore avant le début du sommet, la chancelière allemande Angela Merkel est revenue à la charge contre la mise en place d’eurobonds pour mutualiser la dette européenne ou soutenir la croissance.

Sur le fond, la chancelière allemande à toutes les raisons de rester ferme. Rappelons que la crise de l’euro est due au fait que les pays du sud de l’Europe, depuis la mise en place de l’euro, ne se sont pas conformés aux critères de Maastricht qui prévoyaient notamment une convergence des politiques budgétaires des pays membres, avec des déficits plafonnés à 3% du PIB et une dette inférieure à 60% de ce même PIB. Or, la plupart des pays du sud ont cédé à la facilité en laissant filer les dépenses publiques et en vivant largement à crédit, alors à des taux très bas, y compris pour les mauvais élèves de l’Europe. Ce qui a favorisé l’explosion de la dette de certains pays.

Le seul moyen de sauver la zone euro est aujourd’hui que ces pays retrouvent au plus vite l’équilibre des finances publiques. Tant que ces pays n’auront pas démontré qu’ils entendent contenir et réduire drastiquement leurs dépenses publiques, il est bien évident que la question de la mise en place de ces eurobonds ne peut être d’actualité. Ce d’autant plus que certains pays comme la France, ne semblent pas prêts à s’engager à respecter la fameuse règle d’or.

A ce stade, la mise en place d’eurobonds serait en effet un encouragement à la mauvaise gestion et conduirait immanquablement à la faillite de l’Union européenne à brève échéance, tout en faisant supporter à l’Allemagne et aux pays les plus vertueux, le coût de celle-ci. Preuve s’il en est de la solidité des finances allemandes et de la confiance des investisseurs dans ce pays, l’Allemagne a réussi ces derniers jours à lancer un important emprunt à court terme de 4.5 milliards d’euros au taux de zéro. Celui-ci a été souscrit sans la moindre difficulté pendant que d’autres pays, beaucoup moins vertueux, doivent le faire à deux taux bien plus élevés (4% à 7%) pour séduire les investisseurs de plus en plus réticents. Pourquoi demander à l’Allemagne et aux autres pays du nord de payer pour les pays « cigales » du sud de l’Europe ?

Dés lors que tous les pays de la zone euro se seront engagés à respecter la règle d’or et à gérer leurs finances avec la plus grande rigueur en s’attaquant aux dépenses publiques, nul ne doute que l’Allemagne verra moins d’obstacles à leur mise en place progressive. Mais nous n’en sommes pas là !

S’agissant de la croissance, il est bien évident que tous les pays y sont favorables car c’est un atout essentiel pour sortir de la crise et améliorer la situation des finances publiques. Mais n’oublions pas, comme cela semble être le cas de François Hollande, que la crise européenne actuelle trouve d’abord son origine dans la mauvaise gestion des finances publiques et notamment la dérive des dépenses publiques et de la dette de certains pays. La priorité doit donc rester au rétablissement des finances publiques, avec un volet « croissance » qui ne repose pas sur l’augmentation de la dette pour la financer.

Pas question de relancer la croissance par la dette car ce serait accélérer la crise de l’euro et engager une véritable descente aux enfers pour l’ensemble de l’Europe. Même si ce n’est pas ce à quoi pensent les socialistes français et François Hollande en particulier, la bonne manière de générer de la croissance, c’est de réduire progressivement les dépenses publiques en s’attaquant à la réforme de l’Etat et notamment aux fameuses réformes de structures entamées par Nicolas Sarkozy (RGPP, introduction de plus de souplesse sur le marché du travail, réforme des collectivités locales, …)

Lors de sa campagne, M. Hollande se faisait fort d’imposer ses vues et de changer le monde à lui tout seul. Quelques semaines après son élection et deux importants sommets plus tard, le G8 à Camp David aux USA et le sommet de l’Union européenne de Bruxelles, euh !… il faut bien l’avouer, le résultat est bien maigre, pour ne pas dire inexistant. Ces deux sommets ne débouchent sur strictement rien de concret et se contentent de quelques engagements. Au demeurant, on peut regretter la grande discrétion du nouveau président français. Peut-être était-il un peu intimidé ! Toujours est-il que cela devrait l’inciter à un peu plus de modestie et à concentrer ses efforts pour préparer la France à affronter la grave crise que traverse l’Europe.

La responsabilité de la France est engagée. Ce dernier sommet européen n’augure d’ailleurs rien de bon pour les relations franco-allemandes et par là-même, pour la stabilité de l’Union européenne. François Hollande par son attitude bornée et enfermée dans des positions idéologiques d’un autre âge,  mettra-t-il à mal plus de 40 ans d’entente cordiale entre la France et l’Allemagne ?

Fini les gesticulations électorales et les déclarations gratuites. La France ne saurait attendre les réformes courageuses qui s’imposent. Le changement dans le bon sens, on aimerait le voir maintenant, sans attendre !


Angela Merkel : la force tranquille et l’efficacité plébicitées

27 septembre 2009

Les élections législatives du 27 septembre 2009 en Allemagne ont été conformes aux attentes. Sans grande surprise, la CDU-CSU amenées par une Angela Merkel, qui reste la chancelière la plus populaire auprès des allemands, est largement arrivée en tête du scrutin avec prés de 34% des voix (- 1.5%), loin devant son grand rival SPD de Frank-Walter Steinmeier qui ne recueille que 24% des voix (- 9%, le plus mauvais résultat depuis 60 ans).

Les autres vainqueurs du scrutin sont les petits partis, à commencer par le FDP (libéraux) conduit par Guido Westerwelle qui réalise, avec plus de 14.5% des voix (+4.5%), sont meilleur score. De leur côté, Die Linke (extrême gauche) réalisé 12% des voix (+2%) et Die Grünen (écologistes) 10.5% (+1.5%).

Les électeurs ont largement exhaussé les vœux de Madame Angela Merkel qui avait clairement indiqué pendant la campagne, ne pas vouloir reconduire la coalition avec le SPD et privilégier celle avec le FDP. La CDU-CSU et le FDP ayant obtenu une large majorité au Bundestag (plus 320 sièges), l’Allemagne sera donc dirigée par la nouvelle coalition plus marquée au centre-droit que la précédente avec à sa tête, la chancelière Angela Merkel reconduite pour 4 ans.

Si les positions européennes de l’Allemagne ne seront pas remises en cause, certains ajustements restent possibles du fait des nouveaux alliés libéraux du FDP. Toutefois, le nouveau gouvernement ne devrait pas modifier substantiellement sa politique. Elle devra cependant composer avec le Bundesrat (Chambre haute) où elle risque de perdre sa majorité en raison des récentes victoires du SPD et de ses alliés dans certains Landers.

Pour autant, le couple germano-français Angela Merkel et Nicolas Sarkozy devrait poursuivre sur sa lancée et même renforcer sa position en Europe pour mieux faire avancer les grands dossiers (traité de Lisbonne, changement climatique, mise en place des mesures de régulation financière…).

La femme la plus puissante du monde et habile négociatrice s’il en est, va pourvoir poursuivre son chemin. En Europe, pas grand monde ne s’en plaindra, bien au contraire !