France : çà bouge enfin dans les hauts débits et la téléphonie mobile

19 décembre 2009

La concurrence dans les domaines du haut débit et de la téléphonie mobile connaît enfin une évolution encourageante en France.

Free le célèbre fournisseur d’accès internet n° 2 en France depuis l’acquisition d’Alice (groupe Iliad), qui a largement contribué au dynamisme du marché français de l’ADSL, a finalement emporté la 4ème licence de téléphonie mobile en France. Le 18 décembre 2009, l’ARCEP (Autorité de Régulation des Télécom)   a en effet attribué, à l’unanimité, à la société Free Mobile la quatrième licence 3G. Les premières offres devraient être disponibles début 2012. Free Mobile s’est engagé à couvrir à cette date 27% de la population française, 75% en 2015 et 90% en 2018 ; ce qui est sensiblement plus ambitieux que les obligations prévues par l’appel à candidatures. L’ ARCEP évalue l’investissement à près de 2 milliards d’euros, compte-tenu du prix de la licence (240 millions). Ce qui permettrait à Free Mobile d’être à l’équilibre dés 2015.

L’arrivée de ce 4ème opérateur français (en Europe, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Espagne disposent de 4 opérateurs depuis de longues années) devrait favoriser une plus grande concurrence sur un marché jusque là verrouillé par les 3 opérateurs actuels : Orange, SFR et Bouygues-Télécom. Le président de l’Arcep a rappelé qu’en matière de téléphonie mobile « le prix moyen pour le consommateur français est très supérieur à ce qu’il est dans le reste de l’Europe », parfois trois fois supérieur ». Free Mobile a prévu de commercialiser un forfait  offrant trois heures d’appels vers les fixes et les mobiles en métropole pour moins de 20 euros par mois, ainsi que des offres quadruple play. En outre, il s’est engagé à accueillir sur son réseau 3G jusqu’à 4 « MVNO ». De quoi dynamiser  et rendre plus concurrentiel le marché du mobile en France.

A défaut de convaincre les opérateurs existants qui s’étaient opposés par tous moyens à l’arrivée d’un quatrième opérateur, voilà qui ne peut que réjouir les consommateurs de mobiles qui peuvent espérer des forfaits bien plus compétitifs qu’aujourd’hui. Verdict dés 2012.

Ces derniers mois, le secteur des hauts-débits avait également connu certaines évolutions intéressantes tendant à accroître la concurrence entre les FAI : Orange, Free et SFR. A ces derniers, il faut ajouter Bouygues-Télécom, arrivé en fin d’année 2008 qui a de nombreux projets pour s’imposer à son tour sur ce marché.  Si la forte croissance de Free, qui engrangeait jusqu’alors de nombreux nouveaux abonnés, s’est nettement réduite en 2009 du fait de la perte d’abonnés suite au rachat d’Alice, à l’inverse, SFR et Bouygues-Télécom ont connus une croissance importante de leur nombre d’abonnés aux 2ème et 3ème trimestres 2009.

Bien qu’arrivé tardivement sur le terrain de l’ADSL, Bouygues Télécom grâce à une offre Bbox, poursuit son offensive sur le marché français. Son offre quadruple-play Idéo lancée en mai connaît un vif succès (offre incluant, outre l’ADSL, la téléphonie illimitée et la TV, un forfait mobile de plusieurs heures). Fort de ces premiers pas dans l’ADSL, l’opérateur s’intéresse maintenant au très haut débit (30 à 100 Mbits) qui permettra de recevoir plusieurs flux simultanés de vidéo en haute définition. Une première offre à 100 Mbits devrait être lancée mi 2010, à l’occasion de la Coupe du monde de football.

Pour gagner son pari, Bouygues Télécom s’appuie sur le réseau en fibre optique déployé par Numéricâble (groupe détenu par les fonds d’investissement américains Altice et Cinven) avec lequel elle a conclu un accord. L’unique câblo-opérateur français a en effet déployé son réseau auprès de 9,4 millions de logements et entend rentabiliser au mieux ses tuyaux aux trois quarts vides. Car, si le réseau Numéricâble est majoritairement constitué en câble coaxial sur la partie terminaison (débit maxi de 30 Mbits), son redéploiement en fibre optique en cours lui permet d’ores et déjà de déployer la fibre auprès de 3,5 millions de foyers dans plus de trente agglomérations en France.

Bouygues Télécom, en proposant un accès à très haut débit sur une partie de la France, est ainsi en passe de combler son retard sur ses principaux concurrents qui en sont encore au début des travaux de construction de leur propre réseau en fibre optique. Grâce à son offre d’accès triple ou quadruple play Idéo, disponible pour plus de 3 millions de clients potentiels en fibre optique (en plus des 8 million en coaxial très haut débit jusqu’à 30 Mbit/s), l’opérateur est en passe de réussir un joli coup.

Avec 4 opérateurs hauts et très débits en France, plus le câblo-opérateur Numéricâble, l’année 2010 devrait marquer le début d’une plus grande concurrence et de meilleurs services pour les consommateurs. Gageons que l’arrivée en 2012 de Free Mobile sur le marché du mobile en France, va générer une saine concurrence dans ce secteur. Les opérateurs en place n’ont qu’à bien se tenir et proposer des offres enfin compétitives.

Plus d’infos : ARCEPDegroupnewsHauts débits en Aveyron

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Hauts débits : les alternatives à l’ADSL

21 octobre 2009

L’ADSL en Aveyron connaît d’importantes zones non encore desservies par cette technologie haut débit. En outre, bon nombre d’abonnés à l’ADSL ne bénéficient que de débits modestes, ne permettant pas toujours de bénéficier des offres triple-play (connexion internet, téléphone illimité gratuit vers les fixes et télévision). Alors que les principales zones urbaines sont éligibles au dégroupage total depuis 2009 (agglomérations de Rodez, Millau, Villefranche-de-Rouergue), même au sein de ces dernières, il subsiste encore des zones où l’accès à l’ADSL reste impossible.

Pour y remédier, à l’instar d’autres départements, le Conseil général de l’Aveyron avec Net Aveyron et la société Altitude Télécom ont investi, il y a quelques années, dans le déploiement de la technologie Wimax qui devait permettre de neutraliser la plupart des zones non éligibles à l’ADSL, notamment dans les zones rurales. Force est de constater qu’elle n’a pas connu le développement espéré et que son déploiement a rencontré quelques difficultés techniques, sans parler des zones blanches qui subsistent encore. En outre, les prix pratiqués par les exploitants du réseau Wimax (WiboxNuméoLuxinet) paraissent sensiblement élevés pour des performances bien en deçà de l’ADSL, avec des frais d’accès proches de 400 €. Le Wimax compterait de ce fait moins de 1 000 abonnés en Aveyron. Un demi-échec, pour ne pas dire plus !

Cela signifie-t-il que certains foyers sont condamnés à ne pas pouvoir se connecter à l’internet haut débit ? Certainement pas. Depuis quelques années, il existe des alternatives à l’ADSL et au Wimax, pour bénéficier de connexions à haut débit : le satellite et les réseaux 3G/3G+/Edge des opérateurs mobiles.

La connexion internet via le satellite

Depuis 2009, grâce aux progrès technologiques, l’accès internet via le satellite devient enfin performant et accessible à tous, avec des prix proches de l’ADSL, même si les services proposés sont encore limités (absence d’offre « triple-play »). La connexion satellite apparait une opportunité intéressante notamment en zone rurale non couverte par l’ADSL ou par la 3G. Progrès important, les accès au satellite se font en bi-directionnel ; ce qui facilite la connexion et évite l’obligation d’une ligne téléphonique. Les FAI par satellite proposent diverses formules d’accès via SES Astra (NordnetVivéole), ou via Eutelsat (NuméoSat2Way).

Les FAI fournissent un kit complet de connexion (modem, câbles, parabole) moyennant un prix moyen de 400 € environ. Ce coût qui peut éventuellement faire l’objet de subventions par les collectivités (région ou département) s’il s’agit d’une zone non couverte par l’ADSL ou le Wimax. Pour un débit moyen de 2 Mbits en réception et 128 Kbits en émission, le coût de l’abonnement reste proche de l’ADSL, soit 30 € à 35 € par mois. Il faut cependant garder à l’esprit que seul l’accès internet est compris dans le prix (les services de téléphonie sont en option et facturés à partir de 9 €/mois et la télévision n’est pas incluse).

Patience toutefois. Les FAI par satellite préparent pour les années à venir une offre triple-play proche de celle de l’ADSL. Enfin une véritable alternative.

Pour plus d’information, contacter les FAI par satellite : NordnetVivéoleNuméoSat2Way

La connexion internet via les réseaux 3G/3G+ ou Edge

Plus simple à mettre en œuvre et moins couteuse, les haut débits proposés par les réseaux mobiles (Bouygues TélécomOrangeSFR) permettent des connexions proches de l’ADSL (de l’ordre de 4 à 5 Mbits en 3G+). Ainsi, les zones couvertes par la 3G/3G+ proches des zones urbaines bénéficiant de cette technologie dernier cri (normes UMTS ou HSDPA) permettant d’excellentes conditions de connexion, tandis que la plupart des zones rurales sont généralement couvertes par la technologie Edge. Cette norme intermédiaire entre le 2G et la 3G, bien que moins intéressante que la 3G+, autorise cependant des connexions à un débit maxi de 358 Kbits (100 à 200 Kbits en pratique), supérieure au bas débit de 50 Kbits habituellement disponible.

Première difficulté, et non des moindre, s’assurer que son domicile est bien situé en zone couverte par un des 3 opérateurs 3G ou Edge. Pour cela, consulter la carte de couverture 3G et Edge des opérateurs. A fin 2009, les 3 opérateurs ont une couverture 3G/3G+ assez proche qui couvre plus ou moins bien les agglomérations de Rodez, Millau, Villefranche-de-Rouergue et Decazeville-Aubin. Cette couverture 3G+ devrait s’étendre au fil des mois pour atteindre plus de 50% du département et l’essentiel de la population en 2010. Les débits théoriques en 3G (UMTS) sont de 2 Mbits et de 7,2 Mbits en 3G+ (HSDPA).

Le réseau Edge, qui n’a été déployé que par les opérateurs Bouygues Télécom et Orange, couvre environ 50% du département pour le premier et la quasi-totalité pour le second. Avant de souscrire un abonnement, il est impératif de vérifier la couverture auprès de son opérateur. Attention, les normes 3G et Edge ne sont pas déployées au niveau des relais multi-opérateurs mutualisés, mis en place pour couvrir les zones blanches. Le haut débit mobile ne peut être diffusé que via le réseau de l’opérateur.

L’accès internet haut débit via les réseaux 3G/3G+ des opérateurs se fait au moyen d’une clef USB 3 G qui dispose d’un n° d’appel spécifique. Ces clefs 3G (qui fonctionnent indifféremment sur les réseaux 3G, 3G+ et Edge de l’opérateur) sont vendues entre 1 € et 49 € selon la formule choisie (occasionnel, régulier ou illimité). Les formules « occasionnel » ou « régulier » comportent des forfaits allant de 7 € pour 1 h (valable 15 jours) à 25 € pour 6 h (valable 1 mois), en passant par des forfaits ajustables à prix variables. Les forfaits internet 3G illimités sont proposés à 29.90 €/mois pour les clients de l’opérateur avec un engagement de 24 mois et 34.90 €/mois pour un engagement de 12 mois. (39.90 € pour les clients non abonnés pour un engagement de 24 mois).

La clef 3G ne permet toutefois que le seul accès à internet, à l’exclusion de la téléphonie et de la télévision. Avantage non négligeable, la souscription d’un abonnement 3G illimité permet d’acquérir un notebook à un prix très intéressant variant de 1 € à 150 € suivant le modèle.

Pour plus d’information, consulter l’étendue des réseaux 3G/3G+ & Edge des opérateurs mobiles : Bouygues TélécomOrangeSFR

Nota : Tarifs et conditions à valider auprès des opérateurs et FAI. Possibilité de bénéficier de 2 mois d’abonnement gratuit selon conditions.