60 ans après sa création, l’Union européenne reste plus que jamais la seule perspective d’avenir pour les pays du vieux continent

26 mars 2017

Le 25 mars 1957 à Rome, l’Allemagne (République fédérale), la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas, le Luxembourg et la France signaient le traité de Rome créant la Communauté économique européenne (CEE), entré en vigueur en janvier 1958. C’était il y a 60 ans la naissance de ce qui est aujourd’hui l’Union européenne.

La CEE avait pour objectif, par l’établissement d’un marché commun et le rapprochement progressif des politiques économiques des Etats membres, de promouvoir un développement harmonieux des activités économiques dans l’ensemble de la Communauté, une expansion continue et équilibrée, une stabilité accrue, une élévation du niveau de vie et des relations plus étroites entre les Etats membres.

En 1958, la CEE était constituée de 6 Etats membres qui avaient la volonté commune d’avancer. Par la suite, forte de son attrait, l’élargissement a conduit de nombreux pays à rejoindre l’Union.

  • En 1973 (09 membres) : entrée du Royaume-Uni, à l’Irlande et aux Pays-Bas,
  • En 1981 (10 membres) : entrée de la Grèce,
  • En 1986 (12 membres) : entrée de l’Espagne et du Portugal,
  • En 1995 (15 membres) : entrée de l’Autriche, de la Suède et de la Finlande,
  • En 2003 (25 membres) : entrée de Chypre, la République tchèque, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la République slovaque et la Slovénie,
  • En 2007 (27 membres) : entrée de la Bulgarie et de la Roumanie
  • En 2013 (28 membres) : entrée de la Croatie

Après la sortie prochaine du Royaume-Uni, l’Union européenne reviendra à 27 membres et 450 millions d’habitants (6% de la population mondiale) pour un PIB représentant 21% du PIB mondial.

60 ans après, force est de constater que l’Europe a connu au cours de ces années une période de croissance, de développement et de paix sans précédent même si depuis 1995, les élargissements successifs et probablement trop rapide des anciens pays de l’Europe de l’est ont fortement déstabilisé l’Union européenne. Pendant longtemps, l’Europe a ainsi été une référence pour le monde même si aujourd’hui, elle traverse probablement la plus grave crise de son existence. L’Europe n’a pas su s’adapter aux profonds changements induits par la chute du mur de Berlin en 1989 et n’a pas su engager les réformes nécessaires.

Les dirigeants européens ont longtemps cru que la création de la monnaie unique européenne réglerait d’un seul coup les fragilités monétaires et budgétaires liées à son élargissement. La crise financière et bancaire de 2008 a rapidement balayé cette illusion. De même, la libre circulation à l’intérieur de l’UE n’a pas résisté à la crise migratoire de ces dernières années. Il n’y a pas eu de solution européenne ; au contraire, chaque Etat s’est retrouvé seul. Preuve s’il en est des dysfonctionnements de l’Union européenne ces dernières années imputables aux seuls responsables politiques des grands pays qui se sont avérés impuissants à proposer des solutions.

Contrairement à ce qu’affirment certains nostalgiques du passé, les difficultés actuelles de l’Union européenne sont principalement dues à l’absence de volonté politique des Etat membres de donner les moyens à l’Europe de se réformer, et notamment de la France qui fût pendant longtemps le moteur de la construction européenne aux côtés de l’Allemagne. A cet égard, le quinquennat de M. Hollande au regard de l’Europe, comme dans d’autres domaines, est un cinglant échec.

Le fonctionnement actuel de l’Union européenne repose principalement sur le traité de Lisbonne de 2009, qui fût adopté après le rejet par la France et les Pays-Bas du traité établissant une constitution pour l’Europe. Eh oui, la France a une grosse par de responsabilité en ce domaine. Pour être crédible et efficace, l’Union européenne doit aujourd’hui évoluer tout en restant plus proche et à l’écoute de ses citoyens. Pour cela, les institutions européennes doivent être adaptées et modernisées pour répondre aux défis mondiaux d’aujourd’hui (isolationnisme des USA, montée en puissance de l’Asie et de la Chine, visées expansionnistes de la Russie…). C’est probablement le dossier prioritaire pour les actuels dirigeants européens.

Les Etats européens doivent rapidement donner un nouveau souffle à l’Union européenne et lui permettre, avec ses 510 millions d’habitants, de redevenir un acteur majeur et incontournable de la scène internationale. Elle doit retrouver la confiance des européens par un fonctionnement plus démocratique et proche des citoyens. Face aux défis du monde actuel, des avancées notables doivent être faites dans les domaines de la sécurité intérieure, de la défense, de la politique étrangère, de la protection de l’environnement et de la transition énergétique.

L’Union européenne est la seule chance pour les pays qui la compose de faire face à la mondialisation et aux importants défis à venir. Laisser croire aux électeurs français que l’avenir passe par le repli sur soi et à la fermeture de nos vieilles frontières n’est qu’une vaste fumisterie, pour ne pas dire une escroquerie !. En 2017, aucune nouvelle ligne Maginot ne permettra de régler nos problèmes.

Pour assurer son développement futur, la France doit redevenir un acteur majeur de la nouvelle Union européenne qui reste la seule solution crédible pour le vieux continent.