La région Occitanie octroie une subvention pour la restauration de Notre Dame de Paris et crée la polémique sur le financement du patrimoine régional

25 avril 2019

La région Occitanie, lors de sa dernière commission permanente au 19 avril, a décidé d’allouer une subvention exceptionnelle de 1.5 millions d’euros en faveur de la restauration de la cathédrale Notre Dame de Paris. Une décision pour le moins surprenante.

Quand la région Occitanie gaspille de l’argent public, au détriment des collectivités régionales

La décision d’octroyer une forte subvention pour la restauration de Notre Dame de Paris est d’autant plus stupide que sur un plan financier, d’une part, celle-ci est la propriété de l’Etat français et que d’autre part, il est d’ores et déjà acquis que plus d’un milliard d’euros ont été récoltés en 15 jours, au titre des seuls dons de particuliers, d’entreprises, de fondations et même d’organisations étatiques internationales. Comment peut-on justifier le versement d’une telle subvention alors même qu’il est probable que les seuls dons privés devraient suffire au financement des travaux ?

Qui plus est, à quel titre, une région qui ne cesse de se plaindre des faibles dotations allouées par l’Etat et de la faiblesse de ses moyens, peut-elle décider de verser une somme aussi importante pour la restauration d’une cathédrale située hors de son ressort territorial et dont le financement de celle-ci relève de son propriétaire l’Etat ? Si les donations privées ne suffisent pas, outre l’Etat, ce sont en priorité la région Ile-de-France et les collectivités franciliennes qui ont vocation à financer les travaux de restauration de Notre Dame de Paris. Ce d’autant plus que les collectivités franciliennes sont parmi les plus riches du pays !

Dans ces conditions, comment ne pas s’interroger sur la légalité même de la décision prise par la région Occitanie ?

Une décision absurde et contraire aux intérêts de la région Occitanie alors même que celle-ci s’avère incapable de subventionner la restauration de monuments historiques de premier plan de sa propre région, dont certains menacent ruine. Pourquoi tant d’indifférence des élus de la région Occitanie à l’égard de l’important patrimoine régional qui a pourtant tant besoin de travaux de restauration ? Cette somme aurait été beaucoup plus utile à notre propre région.

Les contribuables ne vont pas manquer d’apprécier cette générosité bien malvenue de la région Occitanie, au moment où nombre d’élus locaux se battent quotidiennement pour financer la sauvegarde de leur patrimoine, en sollicitant une région qui s’avère le plus souvent incapable de répondre favorablement.

Comment ne pas comprendre le mécontentement des collectivités locales d’Occitanie qui rencontrent les pires difficultés pour financer la restauration des nombreux et coûteux monuments historiques de premier plan, pourtant si chers à notre identité régionale ?

Christian Teyssèdre, le maire de Rodez et président de Rodez agglo dénonce à juste titre « un manque d’égalité de traitement » de la région Occitanie

« Je ne suis pas en croisade contre la Région mais je me dois de défendre les intérêts de Rodez, je suis élu pour cela ! » Et de rappeler notamment qu’en 2017, une demande d’aide régionale en vue de la rénovation de la cathédrale Notre-Dame de Rodez à hauteur d’1,8 M€, avait été refusée.

Ces travaux traînent en longueur depuis des décennies par manque de moyens financiers de l’Etat en charge des travaux. Dans sa décision, la Région avait justifié son refus prétextant le « principe général de non-éligibilité du patrimoine propriété de l’État, en raison des contraintes budgétaires qui imposent de limiter le champ des cofinancements régionaux… ». Et d’ajouter : « Dans le domaine de la restauration du patrimoine, la Région n’intervient pas lorsque l’Etat est propriétaire de l’édifice concerné ; ce qui est le cas de la cathédrale de Rodez… »

Pourquoi, dans ce cas, faire exception en faveur d’un monument extérieur à la région Occitanie et qui plus est propriété de l’Etat ?

Et le maire de Rodez de poursuivre : « Notre-Dame de Paris et toutes les cathédrales de France appartiennent à l’État. Alors, pourquoi aider l’une et pas l’autre ? Il n’y a aucune cohérence. Cette aide, c’est avant tout pour l’exposition médiatique alors que notre cathédrale en a également besoin. Dois-je rappeler à la Région que la protection du patrimoine est de sa compétence ? ».

Pour le moins agacé par cette décision invraisemblable de la région, le maire de Rodez n’y est pas allé de main morte et n’a pas hésité à démonter, point par point, les quelques arguments avancés par certains élus de la majorité régionale (PS) venus à la rescousse pour tenter d’expliquer ce vote de la Région, présidée par Carole Delga.

Voilà une affaire qui n’a pas fini de faire des vagues, et qui ne devrait pas contribuer à apaiser les tensions entre la majorité socialiste de la région Occitanie et le maire de Rodez.

Pour les ruthénois et les habitants de l’Occitanie, une chose est sûre : le maire de Rodez a parfaitement raison de défendre les intérêts de sa ville. Il s’agit là de simple bon sens, de cohérence et de saine gestion des finances publiques.

En ces temps difficiles où les dépenses de fonctionnement ont tendance à augmenter ostensiblement, les contribuables de la région Occitanie sont en droit d’exiger une gestion plus rigoureuse des deniers publics.

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Rodez agglomération : Le parc des expositions de Malan bientôt une réalité

22 avril 2019

Voilà plus de 20 ans que l’agglomération de Rodez projetait la construction d’un parc des expositions dans la zone d’activité de Malan, au sud de l’agglomération, à cheval sur les communes d’Olemps et Luc-La Primaube.

Après de longs et interminables débats sur l’intérêt d’un tel outil au service du développement économique de l’agglomération, à une très large majorité, les élus de Rodez agglomération ont finalement donné leur feu vert au projet.

Pour le président de l’agglomération, Christian Teyssèdre : « Ce parc des expositions est un signe fort pour le territoire. Il témoigne du rôle moteur de l’Agglomération en matière de développement économique.  »

Sur la soixantaine de candidats qui avaient présenté un projet, au final,c’est le cabinet parisien SAREA d’Alain Sarfati, l’un des grands architectes français de renommée mondiale qui a été retenu.

Le projet de parc des expositions de Rodez

Il s’agira du plus important parc des expositions situé entre Toulouse, Montpellier et Clermont-Ferrand. Il aura vocation à accueillir les foires, expositions, congrès, manifestations sportives et culturelles de taille moyenne qui échappaient jusqu’alors à l’agglomération.

Situé sur une parcelle de 7 ha, le projet d’Alain Sarfati prévoit notamment : un hall d’accueil de 500 m2, un grand hall multifonction de 3200 m2 avec un amphithéâtre de 500 places qui pourra accueillir de 2 000 à 3 000 personnes et jusqu’à 5 000 personnes debout, selon la configuration. Un second hall de 2 000 m2 sera destiné à abriter les grandes manifestations économiques et les autres événements.

Autour, plus de 18 000 m2 de surface découverte permettront d’accueillir des grandes manifestations avec des chapiteaux le cas échéant. L’ensemble comprendra 15 000 m2 de parkings (600 places) et 2 ha de réserve foncière pour une éventuelle extension du parc des expositions.

A terme, la zone du parc des expositions pourrait s’étendre sur près de 25 ha, avec sa zone d’activité attenante, ses espaces de circulation, de stationnements et d’espaces verts. Pour Philippe Sadoul, maire de Luc-La Primaube et vice-président de l’agglomération, ce projet devrait notamment permettre un rééquilibrage de l’agglomération vers le sud.

Cet important équipement audacieux ne devrait pas manquer de participer à l’attractivité économique de l’agglomération ruthénoise.

Un coût financier important pour l’agglomération

Le financement du parc des expositions à hauteur de 22 millions d’euros a été adopté par l’agglomération. Une part importante de l’investissement sera financé par la région Occitanie et, dans un degrés moindre, par le département de l’Aveyron qui s’est également engagé.

Compte-tenu de la spécificité liée à l’exploitation d’un tel équipement, les élus de l’agglomération ont adopté le principe d’une gestion dans le cadre d’une délégation de service public (DSP). L’exploitant sera désigné ultérieurement.

Les travaux devraient débuter fin 2019 pour s’étaler jusqu’en 2021, date prévue de l’achèvement.

Afin d’améliorer la desserte de la zone d’activité de Malan et du futur parc des expositions, une nouvelle route de 7 km sera financée par le Conseil départemental à hauteur de 15 millions d’euros. Elle permettra de contourner Flavin et Luc-La Primaube à partir du rond-point d’Olemps, pour rejoindre la RD911 vers l’A75 et le sud Aveyron ; ce qui devrait contribuer à fluidifier la circulation locale.


Rodez : La chute des ventes de véhicules diesel fragilise l’industrie automobile et Robert Bosch en particulier

15 avril 2019

Le site Robert Bosch France d’Onet-le-Château (agglomération de Rodez) est depuis longtemps le principal site industriel de l’Aveyron et l’un des plus importants d’Occitanie. Il est spécialisé dans la production de systèmes d’injection diesel de type « Common rail » qui équipe depuis plus d’une décennie la majorité des véhicules diésel. Or, le site est aujourd’hui menacé par la forte baisse d’activité ces dernières années en raison de la chute des ventes de motorisations diesels en Europe et dans le monde.

Les moteurs diesels récents produits grâce aux nouveaux systèmes d’injection Bosch sont beaucoup moins polluants

L’usine de Rodez produit actuellement une nouvelle génération de systèmes d’injection particulièrement performants et au final, émettant peu de CO2 et surtout beaucoup moins de particules fines qui étaient le point faible des diesels de génération précédente, à l’origine de graves problèmes de santé publique. Or, la plupart de ces derniers sont toujours en circulation et personne ne semble s’en émouvoir alors qu’il faudrait retirer l’ensemble des véhicules diesels de plus de 10 ans d’âge car extrêmement nocifs pour la santé.

Depuis quelques années, la nouvelle génération de moteurs diesels n’émet que très peu de particules fines très novices pour la santé alors qu’à l’inverse, certains nouveaux moteurs essence sont devenus plus nocifs.

Le comble, c’est qu’aujourd’hui probablement par manque d’information, le consommateur s’est détourné massivement des véhicules diesels en raison de leur nocivité sur la santé (ce qui était exact pour les véhicules produits ces dernières années) et s’est précipité sur les véhicules essence récents, qui consomment moins mais sont pourtant plus nocifs pour la santé. Au passage, même les véhicules électriques prétendument propres émettent un niveau de particules fines proche des diesels récents en raison notamment de leurs pneumatiques et du système de freinage.

Cette évolution absurde du consommateur s’explique par les incessantes campagnes anti-diesel, qui étaient tout à fait justifiées en ce qui concerne les anciennes générations mises en service jusqu’en 2015/2016. Mais ces mêmes campagnes de dénigrement des moteurs diesels ont oublié de préciser que l’industrie automobile avait réalisé d’importants progrès en produisant une nouvelle génération de moteurs diesels bien plus propres et beaucoup moins nocifs.

Or, au même moment, elle produisait aussi de nouveau véhicules essence, certes plus performants en consommations mais bien plus nocifs que les précédents au niveau des NOx. Aussi surprenant que ce soit, cette évolution n’a fait l’objet d’aucune communication auprès du grand public.

Le Dieselgate a jeté un total discrédit sur les moteurs diesels

Bien sûr, il ne fallait pas compter sur les mouvements écologiques pour éclairer les consommateurs sur ces évolutions, alors que pour elles, seul le véhicule électrique aurait de l’avenir alors même qu’il est au moins aussi polluant que les véhicules thermiques les plus récents. Mais c’est un autre débat !

Plus surprenant, comment se fait-il que les industriels de l’automobile européenne, pourtant si puissants que ce soit en Allemagne ou en France, eux qui ont encouragé la production de cette nouvelle génération de véhicules diesels performants et très peu polluants, n’aient pas été en mesure de communiquer massivement pour expliquer les progrès considérables de ces nouveaux moteurs diesels ? Pourquoi les gouvernements allemands et français notamment au cours des années 2015/2016 n’ont pas été en capacité de communiquer sur le sujet plutôt que de laisser se répandre l’idée selon laquelle tous les moteurs diesels seraient finalement très nocifs pour la santé ? Pourquoi avoir ainsi laissé travestir la réalité au risque de conduire l’industrie automobile à la faillite ?

A cela, force est de reconnaître que l’affaire du truquage à grande échelle du système de contrôle anti-pollution des véhicules diesels par Volkswagen afin de minimiser les effets nocifs de ces motorisations (notamment Nox et CO2), a été désastreux sur le grand public (cf. affaire Dieselgate découverte en 2015). Cette colossale affaire, à laquelle sont liés la plupart des constructeurs allemands, a porté un tort considérable à l’image des moteurs diesels et explique en grande partie le fait que de nombreux consommateurs se soient finalement tournés vers les moteurs essence et dans un degré moindre, l’électrique.

Ainsi, subrepticement, avec une médiatisation considérable de l’affaire des moteurs diesels équipés de dispositifs de mesure de pollution truqués, de plus en plus de consommateurs ont décidé de tourner la page du moteur diesel. Ni les constructeurs, ni les gouvernements, ni les élus, les syndicats et les organismes de consommateurs n’ont osé aller à l’encontre de l’opinion générale. Une réaction étonnante de la part des équipementiers automobiles alors qu’une nouvelle génération de moteurs beaucoup moins polluants était en passe d’équiper les nouveaux véhicules !

Pourquoi ne pas avoir fait la promotion de la toute dernière génération de moteurs diesels, bien plus propres ? Le mal a ainsi été fait et les moteurs diesels paraissent aujourd’hui irrémédiablement condamnés, tout comme le seront les moteurs essence demain. Les responsables de cette situation se trouvent à tous les échelons de l’industrie et de la société.

Le site ruthénois de Robert Bosch face à la crise du diesel

Cinq ans plus tard, les dégâts sont en passe d’apparaître au grand jour au niveau de l’industrie automobile européenne. Pourquoi avoir attendu si longtemps sans véritable réaction alors que le problème est né voici bien des années déjà ? Pourquoi si peu d’anticipation des uns et des autres qui semblent aujourd’hui découvrir le sujet ? Pourquoi jouer aujourd’hui les vierges effarouchées sur le sujet ?

Certes on peut toujours manifester ici et là en brandissant régulièrement des pancartes pour se donner bonne conscience ! Mais cela ne changera rien car le mal a été fait.

A défaut d’avoir la main sur le dossier, certains élus ruthénois, dont le maire d’Onet-le-Château et le président de Rodez agglomération ainsi que quelques parlementaires, ont au moins le mérite de se bouger, que ce soit auprès du ministre de l’économie (mais que peut-il ?), en allant même jusqu’à rencontrer les dirigeants du groupe Robert Bosch à leur siège de Stuttgart pour attirer l’attention sur le devenir de l’unité de Rodez. Même si le résultat est loin d’être gagné, au moins a-t-on sensibilisé ceux qui ont quelques pouvoirs pour faire bouger les choses.

En effet, seule une reconversion des entreprises concernées vers des technologies du futur pourra compenser la perte d’emplois dans ce secteur de l’ancienne industrie. Ceci n’est hélas qu’un début, car avec la fin programmée des véhicules thermiques vers 2040, c’est toute l’industrie automobile qui va devoir se réorganiser sachant que la production de véhicules électriques ou à hydrogène ne nécessitera qu’un personnel très réduit au regard de celui employé aujourd’hui dans l’industrie automobile.

Alors oui, on ne peut que soutenir la Bosch à Rodez et ailleurs, mais c’est d’abord aux entreprises concernées de s’adapter à la nouvelle industrie, si possible sans oublier son unité de production ruthénoise qui a largement participé au développement et la richesse de Robert Bosch GmbH. L’objectif doit effectivement de tout mettre en œuvre pour maintenir l’emploi à son niveau actuel de 1 600 personnes.

Hélas, ni les élus locaux, ni le gouvernement n’ont la clef du dossier. Il reste à espérer que l’usine Robert Bosch d’Onet-le-Château pourra bénéficier d’un véritable programme de reconversion qui assurera la pérennité de l’établissement d’Onet-le-Château, si important pour le devenir de l’agglomération.

 


Rodez : Le musée Soulages 5 ans après sa création

9 avril 2019

Porté par Rodez agglomération, le musée Soulages inauguré le 30 mai 2014 va prochainement fêter son cinquième anniversaire.

Après les longs et interminables débats qui ont précédé sa création, le moment est venu d’un premier bilan. Contrairement aux oiseaux de mauvais augure qui soutenaient que le musée serait un échec et plomberait durablement les finances de l’agglomération, force est de constater qu’il n’en a rien été.

Bien au contraire, après ces cinq premières années d’activité, chacun s’accorde à reconnaître que le musée Soulage est un succès incontestable, tant en termes d’attractivité et de notoriété, qu’en terme de soutien à l’activité économique de l’agglomération.

Une fréquentation soutenue depuis 2014

Alors que les prévisions les plus optimistes ne dépassaient pas une fréquentation annuelle de l’ordre de 80 000 visiteurs, elle a été en moyenne de 160 000 visiteurs par an. En effet, entre son ouverture en mai 2014 et la fin 2018, c’est plus de 800 000 visiteurs qui ont fréquenté le musée Soulages même si 2018 marque une baisse sensible.

Cette fréquentation soutenue a donné à l’agglomération ruthénoise une autre dimension dont on ne peut que se réjouir ; preuve que la culture peut aussi trouver sa place dans une ville moyenne et contribuer à son dynamisme. Il suffit de voir le nombre de nouveaux commerces parmi les plus divers qui se sont ouverts ces dernières années et la fréquentation du centre-ville à la belle saison, comme en atteste l’augmentation de 54% du nombre de nuitées ou de 61% des recettes liées à la taxe de séjour, entre 2013 et 2017.

Incontestablement, les expositions temporaires ont grandement assuré le succès. Parmi elles : Outrenoir en Europe (172 000) en 2014, Le Bleu de œil de Claude Lévêque (99 800) en 2015, Soto une rétrospective (41 300) et Picasso (90 900) en 2016, Calder forgeron de géantes libellules (91 200) en 2017, Le Corbusier (35 300) et Gutaï l’espace et le temps (55 900) en 2018.

Même si la dernière exposition Gutaï a quelque peu déçu en termes de fréquentation, probablement en raison de la faible notoriété de l’art Gutaï en France et d’une promotion locale insuffisante (ce sont d’abord les visiteurs issus du département qui ont fait défaut pour cette exposition). En cette année du Japonisme en France, ce fût pourtant une bien belle exposition insuffisamment relayée par les médias nationaux comme trop souvent.

Preuve que le choix des expositions temporaires reste délicat, tout en restant dans des fourchettes de prix raisonnables pour les finances de Rodez agglomération. Nul doute que les responsables du musée Soulages sauront trouver de nouvelles expositions qui conforteront le succès du musée Soulages.

Une architecture reconnue au niveau mondial

Financé par Rodez agglomération, le musée Soulages a été réalisé par le cabinet d’architecte catalan, RCR Arquitectes : Ramon Vilalta, Carme Pigem et Rafael Aranda. Une conception contemporaine et harmonieuse à base d’acier corten qui s’intègre parfaitement dans la pente du jardin public et de l’esplanade des Rutènes, mais aussi avec la cathédrale en arrière-plan. Une superbe réalisation qui vaut à elle seule le détour car il n’est pas sans rappeler quelques autres grands musées mondiaux célèbres.

RCR Arquitectes a d’ailleurs reçu en 2017 le prix Pritzker, considéré comme le prix Nobel de l’architecture. RCR Arquitectes a travaillé sur des projets en Espagne, en Belgique et en France. Parmi leurs réalisations les plus marquantes, outre la médiathèque Waalse Krook de Gand (Belgique), on trouve le musée Soulages qui constitue un ensemble unique fait de lignes droites et d’angles, avec des parois en acier corten pour donner à l’ensemble une teinte rouille.

Rappelons qu’en 2015, ce même cabinet d’architecture catalan s’était vu remettre le grand prix international par la Fondation d’architecture contemporaine espagnole pour la réalisation du Musée Soulages, la plus haute distinction architecturale espagnole.

Outre le musée Soulages, une aile du bâtiment abrite également le café Bras, une grande brasserie ruthénoise renommée, tenue par la famille des célèbres chefs internationalement connus : Michel et Sébastien Bras.

Un cadre exceptionnel pour un musée d’art moderne où les œuvres de Pierre Soulages sont merveilleusement mises en valeur.

Rodez fête le centenaire de Pierre Soulages

L’année 2019, est aussi l’année des 100 ans de pierre Soulages, né le 24/12/1919 à Rodez.

L’occasion pour la ville de Rodez et Rodez agglomération de marquer cet évènement en relation avec le siècle et l’œuvre de Pierre Soulages. C’est en effet à Rodez qu’il est aujourd’hui possible de contempler la plus importante collection des œuvres de l’artiste ruthénois.

Le musée Soulages est ainsi devenu l’un des tous premiers musées de province par sa fréquentation et un lieu culturel incontournable de France. Un atout considérable pour le développement et l’attractivité de Rodez et de son agglomération.

A l’occasion du centenaire de Pierre Soulages, un ensemble de manifestations culturelles sont proposées tout au long de l’année 2019 aux quatre coins de la ville.

Le programme détaillé : Le siècle Soulages Rodez 2019

L’avenir du musée Soulages et du pôle muséal

Le succès du musée Soulages repose aussi sur la qualité de son conservateur Benoît Decron et ses assistants qui ont su valoriser et vendre le musée à l’extérieur. C’est un combat de tous les jours, sachant que la communication dans le domaine de la culture est d’autant plus difficile que Rodez n’est qu’une petite ville moyenne avec des moyens limités qui doit faire face aux grands musées, principalement parisiens, sachant que la plupart des journalistes ne jurent que par Paris en matière culturelle. On mesure l’ampleur du défi à relever pour le musée Soulages qui doit se faire une place dans ce microcosme parisien.

Afin de faire face à ces défis, comme cela avait été initialement envisagé et comme le souhaite Pierre Soulages lui-même pour assurer la pérennité du musée dans le temps, les élus de Rodez agglomération ont fait le choix de confier la gestion du musée Soulages à un EPCC (établissement public de coopération culturelle).

Cet EPCC sera composé à parts égales par chacune des collectivités locales (Rodez agglo, la région Occitanie et le département de l’Aveyron) et par l’Etat. Les statuts de l’EPCC ainsi que sa gouvernance devraient être valisés par les partenaires dans les mois à venir. Si tout se passe comme prévu, l’EPCC en charge de la gestion du musée Soulages devrait voir le jour au plus tard en fin d’année 2019. Il devrait permettre d’offrir une plus grande dynamique au musée et lui donner les moyens de son développement en répartissant les frais de gestion entre les partenaires.

Pour autant, cela ne sera pas sans quelques soucis et ajustements car jusqu’à maintenant, la gestion du musée Soulages s’inscrivait dans le cadre pôle muséal de Rodez agglomération qui prendra donc fin à cette date. En effet, seul le musée Soulages relevant de l’EPCC, se posera alors la question de la gestion des deux autres musées ruthénois : Fenailles et Denys Puech.

Voilà qui ne va pas manquer de relancer de longs et délicats débats au sein de Rodez agglo. Gestion agglo ou retour à une gestion municipale ? Rodez peut-il conserver deux musées à côté de Soulages ? Pour quels coûts ?

Plus d’infos :


La mise en garde de Santé publique France concernant les méfaits de l’alcool

1 avril 2019

A l’instar de nombreux pays, le gouvernement, via Santé publique France vient de lancer mardi 26 mars 2019 une campagne de sensibilisation sur les méfaits d’une consommation régulière d’alcool.

Contrairement à une idée faussement répandue en France depuis des décennies, toutes les études scientifiques sérieuses convergent aujourd’hui pour assurer qu’ « aucun niveau de consommation d’alcool n’est réellement protecteur pour la santé. »

Cette campagne recommande de ne pas boire plus de deux verres d’alcool par jour et pas tous les jours de la semaine.

Pourquoi un telle campagne au pays du vin ?

1 – Toutes les études scientifiques récentes contestent le mythe selon lequel un verre de vin quotidien serait bon pour la santé

C’est notamment le cas de l’étude prônant le « zéro alcool« , publiée par la revue scientifique de santé britannique « The Lancet » en août 2018. Celle-ci établit clairement que boire un verre d’alcool par jour pendant un an augmente de 0,5% le risque de développer des problèmes de santé liés à l’alcool comme les cancers, les maladies cardiovasculaires, les accidents, les violences, les AVC ou bien encore la cirrhose.

Selon la co-auteure de l’étude, la Dr Emmanuela Gakidou de l’Institut de métrologie et d’évaluation de la santé (IHME de l’Université de Washington), seul le « zéro alcool » minimalise le risque global de maladies : « Les risques pour la santé associés à l’alcool sont énormes. (…) Le mythe selon lequel un ou deux verres par jour sont bons pour vous n’est qu’un mythe« .

Cette publication évalue en réalité les différents niveaux de consommation d’alcool et leurs effets sur la santé. La période étudiée s’étend de 1990 à 2016. Au total, 195 pays ont été étudiés. Ces nouveaux résultats sur la fréquence et l’impact de la consommation d’alcool jettent un froid. Boire même de faibles quantités, un verre de vin ou une bière par jour, comporte un vrai risque pour la santé.

Selon cette étude, en 2016, prés de 3 millions d’individus sont décédés à cause de l’alcool. La même année, la consommation de boissons alcoolisées a été le septième facteur de risque de décès prématuré et d’invalidité à l’échelle de la planète et la principale cause de décès chez les personnes âgées de 15 à 49 ans (suicides, accidents de la circulation, tuberculose notamment).

Un buveur sur trois meurt de problèmes de santé liés à l’alcool chaque année.  Les buveurs d’alcool de part le monde sont environ 2.5 milliards, dont 65% d’hommes. En France, la consommation d’alcool est de l’ordre, en moyenne, de 4,9 verres par jour chez les hommes et de 2,9 chez les femmes.

2 – Cette étude scientifique conclut qu’il n’y a pas de niveau sûr de consommation d’alcool. Seule une consommation d’alcool nulle réduit le risque global de perte de santé.

L’étude ne fait aucune distinction entre la bière, le vin et l’alcool en raison du manque de preuves lors de l’estimation de la charge de morbidité. Cependant, les chercheurs ont utilisé des données sur tous les décès liés à l’alcool en général et sur les résultats de santé connexes pour déterminer leurs conclusions.

Les modes de consommation d’alcool varient considérablement selon les pays et les sexes, la consommation moyenne par buveur et la charge de morbidité imputable. La « consommation moyenne » fait référence à une boisson standard, définie dans l’étude comme étant 10 grammes d’alcool pur, consommée quotidiennement par une personne, soit environ l’équivalent de :

  • un petit verre de vin rouge (100 ml) à 13% d’alcool en volume,
  • ou une canette de bière (375 ml) à 3,5% d’alcool en volume,
  • ou un verre de whisky ou d’autres spiritueux (30 ml) à 40% d’alcool en volume.

L’étude fournit des résultats sur la prévalence de la consommation courante, la prévalence de l’abstention, la consommation d’alcool chez les buveurs actuels et les décès et la mauvaise santé globale attribuables à l’alcool pour 23 problèmes de santé, tels que maladies transmissibles et non transmissibles et traumatismes : maladies cardiovasculaires, cancers, maladies non transmissibles telle la cirrhose du foie, maladies transmissibles, blessures intentionnelles ou involontaires, blessures liées au transport

Pour l’éditeur du Lancet : « Nous comprenons maintenant que l’alcool est l’une des principales causes de décès dans le monde aujourd’hui »… « Nous devons agir maintenant. Nous devons agir d’urgence pour prévenir ces millions de morts. »

Cette étude exhaustive se fonde sur 694 sources de données sur la consommation d’alcool individuelle et au niveau de la population, ainsi que 592 études prospectives et rétrospectives sur le risque de consommation d’alcool. Il s’agit de la plus grande base de données collectées à ce jour qui démontre la nocivité de l’alcool sur la santé.

En 2016, l’étude a montré que huit des dix principaux pays où le taux de mortalité attribuable à la consommation d’alcool était le plus faible chez les 15-49 ans se trouvaient au Moyen-Orient : Koweït, Iran, Palestine, Libye, Arabie saoudite, Yémen, Jordanie et Syrie. Les deux autres étaient les Maldives et Singapour. Inversement, sept des dix pays les plus touchés par le taux de mortalité étaient localisés dans les régions de la Baltique, de l’Europe ou de l’Asie centrale, notamment la Russie, l’Ukraine, la Lituanie, la Biélorussie, la Mongolie, la Lettonie et le Kazakhstan. Les trois autres étaient le Lesotho, le Burundi et la République centrafricaine.

Selon cette étude, il y a urgence à revoir les politiques pour encourager, soit à abaisser les niveaux de consommation d’alcool, soit à s’abstenir totalement.

3 – TAUX DE MORT ATTRIBUABLES À L’ALCOOL (par 100 000 personnes), 15-49 ans, 2016

Taux les plus élevés:

  1. Lesotho: 145,3
  2. Russie: 118,4
  3. République centrafricaine: 108,8
  4. Ukraine: 92,2
  5. Burundi: 81,1
  6. Lituanie: 76,1
  7. Biélorussie: 71,2
  8. Mongolie: 67,6
  9. Lettonie: 65,5
  10. Kazakhstan: 62,2

Taux les plus bas:

  1. Koweït: 0.3
  2. Iran: 0.4
  3. Palestine: 0,4
  4. Libye: 0,7
  5. Arabie Saoudite: 0.7
  6. Yémen: 0.9
  7. Jordanie: 1,3
  8. Maldives: 1,4
  9. Singapour: 1,6
  10. Syrie: 1,7

PRÉVALENCE (%) DES BOISSONS ACTUELLES, tous âges, 2016

Prévalence la plus élevée chez les hommes :

  1. Danemark: 97,1
  2. Norvège: 94,3
  3. Argentine: 94,3
  4. Allemagne: 94,3
  5. Pologne: 93,8
  6. France 93.1
  7. Corée du Sud: 91,3
  8. Suisse: 91,2
  9. Grèce: 90,8
  10. Islande: 90,3

Prévalence la plus basse:

  1. Pakistan: 0,9
  2. Bangladesh: 1.0
  3. Egypte: 1.1
  4. Mali: 2,5
  5. Maroc: 3.0
  6. Sénégal: 3.2
  7. Mauritanie: 3,2
  8. Syrie: 5.0
  9. Indonésie: 7,2
  10. Palestine: 7,9

Cette longue et exhaustive étude réalisée par The Lancet est corroborée par de nombreuses autres études mondiales.

4 – Une récente étude de l’INSERM va dans le même sens. (Pr Mickaël Naassila, directeur de l’équipe Inserm ERI 24, « Groupe de recherche sur l’alcool & les pharmacodépendances » (GRAP) et Bertrand Nalpas, directeur de recherche à l’Inserm et chargé de la mission « Addiction »

La consommation d’alcool en France reste élevée

Bien que sa consommation diminue régulièrement en France, 10% des adultes sont encore aujourd’hui sous la dépendance de l’alcool. Cette surconsommation entraîne des complications hépatiques, cardiovasculaires, neurologiques ainsi que des cancers, et l’alcool reste la deuxième cause de mortalité en France.

Les données de Santé publique pour 2014 indiquent qu’environ 13,6% des adultes ne boivent jamais et 9,7% boivent tous les jours (14,6 % des hommes et 4,9% des femmes). Le vin reste de loin la boisson la plus consommée.

La consommation débute le plus souvent à l’adolescence, période durant laquelle la bière et les prémix (boissons alcoolisées, sucrées et aromatisées) sont les boissons les plus populaires. L’âge moyen de la première ivresse est de 15,2 ans.  En 2014, 58,9% des adolescents âgés de 17 ans déclaraient avoir déjà été ivres au cours de leur vie, et plus d’un quart (25,3%) avait connu au moins trois épisodes d’ivresse au cours des 12 derniers mois (Source : Escapad 2014).

L’alcool présente une toxicité importante pour l’organisme

La consommation d’alcool expose à de multiples risques pour la santé en fonction des quantités absorbées. Elle est responsable de plus de 200 maladies et atteintes diverses.

Certaines de ces maladies sont exclusivement attribuables à l’alcool, notamment la cirrhose alcoolique ou certaines atteintes neurologiques. Pour d’autres pathologies, l’alcool constitue un facteur de risques supplémentaire.

C’est le cas de certains cancers (bouche, pharynx, larynx, œsophage, foie, sein, cancer colorectal) et de maladies cardiovasculaires (hypertension artérielle, cardiopathie ischémique). Des troubles cognitifs sont en outre observés chez plus de 50% des personnes alcoolodépendantes : altération de la mémoire, inadaptation de certains mouvements… Ces troubles sont lentement réversibles.

Principale victime de l’alcool : le foie. Plusieurs maladies hépatiques peuvent être provoquées par la consommation excessive d’alcool : stéatose (accumulation de lipides dans le foie), hépatite alcoolique, cirrhose.

Une étude française effectuée auprès de 2 000 consommateurs excessifs hospitalisés a montré que seulement 11% d’entre eux avaient un foie normal : 34% présentaient une cirrhose alcoolique, 46% une stéatose associée ou non à une fibrose et 9% une hépatite alcoolique aiguë.

L’alcool, deuxième cause de mortalité prématurée en France

À dose excessive, la consommation d’alcool contribue de façon directe ou indirecte à 13% des décès masculins et à 3% des décès féminins. L’alcool constitue la deuxième cause de mortalité prématurée en France. Ainsi, en 2009, 49 000 décès étaient imputables à l’alcool en France, dont 22% des décès des 15-34 ans, 18% des décès des 35-64 ans et 7% des décès après 65 ans.

Il s’agissait surtout de cancers (15 000 décès), de maladies cardio-vasculaires (12 000 décès), de maladies digestives (8 000 morts dues à des cirrhoses) et d’accidents et suicides (8 000 morts). Les autres décès relevaient d’autres maladies dont des troubles mentaux liés à l’alcool.

Les conséquences sociales de la consommation excessive d’alcool sont également lourdes. En 2006, les tribunaux ont prononcé plus de 271 condamnations pour homicide involontaire sous emprise de l’alcool. Et dans 28 % des cas de violences conjugales enregistrées en région parisienne, l’auteur consommait régulièrement des quantités importantes d’alcool.

5 – Les recommandations récentes de l’autorité Santé Publique France en matière d’alcool en 2019 :

Il est possible de réduire considérablement les risques en suivant une règle simple : maximum 2 verres d’alcool par jour, et pas tous les jours.

Cela signifie qu’au cours d’une semaine, il est recommandé :

  •  d’avoir plusieurs jours sans consommation d’alcool,
  •  de ne pas boire plus de 2 verres dits « standards » les jours où l’on consomme de l’alcool,
  •  et globalement, de ne pas consommer plus de 10 verres standards par semaine.

Ces repères de consommation sont valables pour les hommes comme pour les femmes (sauf si elles sont enceintes). Un verre « standard » s’entend de 10 grammes d’alcool pur, quel que soit le type de boisson alcoolisée (vin, bière, apéritif ou alcool fort). En deçà de ces seuils, le risque d’atteinte toxique liée à l’alcool est largement diminué mais n’est pas nul, en particulier en ce qui concerne le risque de cancer.

Même consommé en quantité quotidienne faible, équivalente à 13 grammes (soit 1,3 verre), l’alcool serait responsable de 1 100 morts par an.

C’est pourquoi ces seuils sont discutés et pourraient encore être abaissés à l’avenir.

Pour mémoire, un verre de bière (250-300 ml), un verre de vin (150 ml) et une mesure de spiritueux (30-50 ml) contiennent une quantité voisine d’alcool (environ 10 g d’éthanol).

Plus d’informations :


Rodez : Vers la gratuité des transports urbains ?

26 mars 2019

A l’approche des élections municipales de 2020, l’un des arguments de campagne pourrait être la gratuité des transports urbains, et pas uniquement dans les petites villes.

Même la ville de Paris, via sa maire Anne Hidalgo, avait lancé le débat sur la gratuité des transports parisiens voici quelques mois. Au point que la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse en charge de l’exploitation des transports en commun parisiens (Ile-de-France Mobilités – ex STIF), a dû elle aussi, s’engager sur ce terrain pour le moins glissant.

Nombre de villes moyennes françaises semblent s’orienter vers la gratuité des transports pour 2020

Si la majorité municipale de la ville de Paris est favorable à la gratuité des transports, après étude, la présidente de région Ile-de-France s’y est dite opposée. En effet, outre le coût très élevé de la gratuité des transports en région parisienne estimé à plus de 2.5 milliards d’euros par an, Valérie Pécresse a tenu à préciser : « Je suis contre l’idée que tous les services publics doivent être gratuits. Le service public a un coût. » Voilà qui est dit !

Si ce coût d’exploitation reste généralement très élevé dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants, il reste plus modeste dans les villes de moindre importance qui disposent généralement d’un simple service d’autobus sur quelques lignes. D’ailleurs, en 2019, une bonne trentaine de villes petites et moyennes françaises pratiquent déjà la gratuité pour tous dont : Châteauroux, Castres, Compiègne, Gap, Manosque…

Par contre, seulement quelques agglomérations de plus de 100 000 habitants : Aubagne, Niort et Dunkerque ont généralisé la gratuité des transports. Mais il s’agit là de cas particuliers dans la mesure où ces dernières ont la particularité de bénéficier de véritables rentes financières qui leur permettent de financer largement la gratuité, sans avoir recours à la fiscalité. Ce qui est loin d’être le cas de nombreuses villes.

La plupart des études menées concluent cependant que le ratio de couverture des dépenses d’exploitation des transports en commun par les recettes commerciales dans les villes de plus de 100 000 habitants demeure très défavorable. En effet, il se situe généralement à moins de 30%, contre plus de 50% il y a 30 ans, dés lors qu’il existe un réseau métropolitain ou de tramways beaucoup plus onéreux en exploitation. Soit un déficit d’exploitation à financer de variant de 70% à 90% ! Du coup, on comprend les réticences des grandes villes opter pour la gratuité.

Cette évolution vers la gratuité des transports en commun semble pourtant inéluctable et devrait s’amplifier à l’occasion des élections de 2020, notamment pour les petites et moyennes agglomérations. En effet, depuis plusieurs années déjà, nombre d’agglomérations n’ont cessé de faire évoluer leurs tarifs publics fortement à la baisse. C’est le cas de Rodez où le ticket coûte actuellement 0.30 € depuis plus de 10 ans contre près d’un euro antérieurement.

AggloBus Rodez en chiffres

Le service AggloBus de Rodez est géré par la communauté urbaine de Rodez Agglomération. L’exploitation du réseau d’autobus a été confié par délégation de service public à la SATAR (Société anonyme des transports automobiles ruthénois) ; celle-ci lui a été renouvelé en 2018.

Le réseau AggloBus se compose actuellement de 21 autobus pour 13 lignes et 290 arrêts. 75 salariés animent l’ensemble.

  • Ligne A (Rodez-Centre/Onet-le-Château) cadencée toutes les 15 mn en heure de pointe, puis toutes les 30 mn
  • Ligne B (Rodez-Centre/La Mail-Bourran & Olemps) cadencée toutes les 15 mn, toute la journée entre Rodez et Le Mail
  • Ligne C, D, E, F, G, H, J, K & S (cadencées toutes les 30 mn ou 1 h)

Le budget annexe de Rodez Agglomération alloué à AggloBus Rodez est sensiblement inférieur à 7 millions d’euros. En 2017, la communauté urbaine a alloué une subvention d’exploitation de 530 000 € alors que les recettes commerciales s’établissaient à environ 300 000 €, soit environ 5% du budget.

Les tarifs pratiqués sont en effet très bas depuis près de 10 ans. Moyennant le rechargement par carte magnétique, le coût unitaire d’un trajet est de 0.30 € (10 tickets à 3 € ou 50 tickets à 15 €). L’abonnement mensuel illimité pour l’ensemble du réseau est à 10 € et l’abonnement annuel à 100 €. Les étudiants, demandeurs d’emplois et titulaires du RSA, CMU bénéficient d’un tarif annuel à 50 €. Difficile de faire moins cher !

En 2018, le nombre de voyageurs transportés annuellement était de l’ordre de deux millions, contre un million en 2010.

AggloBus Rodez demain

Rodez Agglomération pèse actuellement 60 000 habitants. S’agissant d’une ville moyenne où le coût d’exploitation du réseau de transport urbain reste pour le moins modéré, en dépit d’un réseau relativement long et étoffé, la question de la gratuité peut effectivement se poser. Sans pour autant perdre de vue que les transports urbains sont très largement subventionnés par les collectivités et que leur coût réel ne peut être ignoré.

Encore faudrait-il que le choix de la gratuité conduise à améliorer la desserte, notamment en activant les parkings d’approche existants et à venir, mais surtout en réduisant sensiblement l’utilisation des véhicules en centre-ville au quotidien, tout en augmentant progressivement le trafic voyageur. La gratuité des transports doit d’abord favoriser le déplacement des salariés se rendant sur leur lieu de travail en semaine.

Par contre, si la gratuité ne conduit pas à la diminution sensible du trafic de véhicules au sein de l’agglomération, on est en droit de se poser la question de la pertinence d’un tel choix compte-tenu du coût réel pour la collectivité et les ruthénois en général. La gratuité oui, mais pas à n’importe quel prix ! C’est le point faible de la gratuité des transports.

Au dire des spécialistes, la gratuité ne réduit pas sensiblement le trafic automobile, déresponsabilise les usagers et prive les collectivités d’un moyen de régulation et de modulation tout créant une dépendance à l’égard de la dépense publique.

Quoi qu’il en soit, nul doute que le sujet de la gratuité, même s’il relève d’une décision de la communauté urbaine, ne manquera pas d’apparaître au programme de plusieurs communes de l’agglomération ruthénoise, comme d’autres.

D’ores et déjà, Christian Teyssèdre, maire de Rodez et président de Rodez Agglomération a laissé entendre lors d’une récente réunion de comité de quartier que le projet de gratuité des transports serait à son programme municipal pour 2020. Probablement en a-t-il surpris plus d’un, car personne n’a réagi pour l’instant. En fin stratège qu’il est, il a manifestement pris ses opposants de court !


Les dirigeants des principales filiales étrangères lancent un appel pour que la France ne renonce pas aux réformes

19 mars 2019

Un collectif de dirigeants de filiales étrangères en France fait entendre sa voix. Cet appel s’inscrit dans le cadre du grand débat organisé par le quotidien économique Les Echos.

« La France ne doit ni renoncer ni faire une pause dans les réformes.

Dans le grand débat, nous souhaitons faire entendre notre voix. Nous tous présidons aux destinées de filiales françaises de sociétés multinationales. Nous appartenons à une communauté qui apporte à notre pays une contribution essentielle. Les 28.000 entreprises étrangères en France y emploient 2 millions de personnes, concourent à hauteur de 16 % au chiffre d’affaires de l’économie française, assurent le tiers des exportations françaises, réalisent 21 % de l’investissement corporel du secteur industriel et assument 21 % de la R & D.

Cette contribution est aujourd’hui en jeu. Avant que la « crise des gilets jaunes » n’éclate, notre pays venait subitement d’entrer en état de grâce auprès de nos maisons mères et son image y était à son zénith. Celles-ci, constatant que la France s’était enfin engagée sur la voie de sa transformation, ont multiplié des annonces concernant leurs projets de s’y développer.

Depuis lors, les scènes d’extrême violence qui ont tourné en boucle dans les médias internationaux, au-delà de leur impact sur les activités de nombre d’entre nous,  menacent d’entamer ce formidable capital que notre pays n’avait jamais su auparavant réunir auprès de nos quartiers généraux. Et nous voilà, alors qu’enfin nous étions dans nos compétitions intragroupes respectés et redoutés, inquiets de voir notre pays prendre le risque de se tirer une balle dans le pied.

Si la France souhaite continuer à être irriguée par des investissements étrangers qui viennent enrichir, notamment par les emplois créés, notre pays, celui-ci doit manifester cette capacité de rebond dont il a si souvent dans le passé su faire preuve.

Nous qui sommes les ambassadeurs de la France auprès de nos maisons mères ne saurions nous résoudre à renoncer à les convaincre de continuer à croire en elle, à y investir et y créer des emplois. Il en va de notre prospérité, qui est la première condition du « mieux vivre » auquel les Français aspirent.

Nous y contribuons tous en tant qu’employeurs attentifs au pouvoir d’achat de nos salariés, et pleinement engagés pour que la croissance de notre pays soit inclusive et durable.

Les conclusions qui seront tirées du grand débat qui s’achève joueront donc un rôle capital. Depuis dix-huit mois, la France a fait des choix décisifs en matière d’attractivité. Réforme du code du travail, suppression de l’ISF, instauration de la flat tax, baisse de l’impôt sur les sociétés et diminution des charges ont joué un rôle majeur dans le regain de confiance de nos quartiers généraux dans notre pays. Nous avons pris acte qu’il n’était pas question de revenir sur ce qui nous avait replacés sur l’écran de leurs projets d’investissements. Le faire, alors que nous avons été si longtemps pénalisés par notre inconstance et notre instabilité, porterait un coup sévère à notre attractivité retrouvée.

Pour chasser les doutes, la France ne doit ni renoncer ni faire une pause. Elle doit, au contraire, intensifier les réformes, notamment dans le domaine de la diminution du coût du travail, de la réduction de la dépense publique, de la simplification administrative et de la recherche d’une meilleure compétitivité fiscale où demeurent des progrès à faire.

Nous attendons aussi de notre pays, qu’à la veille d’élections européennes essentielles pour son attractivité, il ne cède pas aux démons du populisme et du souverainisme et qu’il adresse au monde le message d’un pays confiant dans son avenir et dans celui d’une Europe ouverte sur les autres et sur le monde. »

Le texte complet de l’appel du collectif de dirigeants de filiales étrangères en France publié par le quotidien Les Echos I Les Echos

Ce texte a été signé par 63 dirigeants de filiales étrangères en France, dont :

3M France, ABB France, Accenture France, Adecco Group, American Express Carte France, Astrazeneca France, BASF France, Carglass France, Coca-Cola France, Compass Group France, DHL Express France, DHL Global Forwarding France, DXC Technology France, Ericsson France, Esso Exxonmobil France, Ferrero France, General Mills, GSK France, Heineken France, Henkel France, Hewlett Packard Enterprise, HP Inc France, ING Bank France, ITRON Inc France, Janssen France, Kone Corporation, Lenovo, Marsh France, Metro France, Otis, Pfizer France, Riso France, Robert Bosch France, Roche France, Siemens France, SKF France, Smurfit Kappa France, Tomtom, Toyota Motor France, Unilever France, Xerox…