France : Emmanuel Macron met en branle le Grand débat national

17 janvier 2019

Face à la période d’interrogation et d’inquiétude que traverse la France, le président de la République donne la parole aux français afin de leur permettre d’exprimer leurs aspirations et attentes en vue d’une meilleure prise en compte par le gouvernement dans ses décisions à venir.

A cet effet, Emmanuel Macron a adressé le 14 janvier une lettre à tous les français afin que l’espérance domine les peurs de toutes sortes qui se font jour ici et là pour redonner sens à la nation. Et ce, sans oublier que notre pays reste malgré tout l’un des plus généreux envers les plus modestes, mais aussi l’un des moins inégalitaires au monde.

Pour autant, comme dans beaucoup de pays, la forte concurrence mondiale a fragilisé notre tissu économique et notre système social, contribuant à précariser les plus fragiles d’entre nous, à un moment où la situation des finances publiques s’est fortement dégradée pour maintenir notre niveau élevé de protection. La véritable injustice en France concerne d’abord l’absence d’emplois pour certains ; c’est d’ailleurs la priorité à laquelle s’est attaquée le gouvernement depuis 2017 au travers de ses réformes.

Après des décennies d’immobilisme politique et d’absence de toute réforme structurelle visant à contenir nos dépenses publiques et développer l’emploi, tout en adaptant notre système de protection, l’heure est venue de repenser et adapter notre pays aux réalités d’aujourd’hui. C’est une question de survie.

La France doit se réformer pour retrouver la compétitivité et le plein emploi

Compte-tenu de la précarité de la situation financière de la France (dérapage des déficits publics à 3.2% du PIB en 2019 alors que l’Allemagne ne cesse d’accumuler des excédents depuis 2014 de +1.8% du PIB en 2018 ; augmentation de la dette publique qui atteint 100% du PIB, contre seulement 64% pour l’Allemagne ; dérive des prélèvements obligatoires qui représentent 47% du PIB contre 39% en Allemagne ; explosion des dépenses publiques qui s’élevaient en 2018 à plus de 57% du PIB contre 44% pour l’Allemagne…), le pays n’a d’autre choix que de réduire ses dépenses et ses prélèvements fiscaux qui ont atteint un sommet.

Pendant que les français vivaient au-dessus de leurs moyens, voici plus de 20 ans déjà que nos amis allemands prenaient des mesures courageuses et radicales (gel des salaires…) pour rendre leur économie plus compétitive et développer leur industrie. Ils en récoltent aujourd’hui les fruits avec des excédents budgétaires et commerciaux considérables. Qu’ont fait les français pendant ce temps : rien ! Il faut maintenant en payer l’addition d’une manière ou d’une autre et cette mission incombe au président Macron.

Comme l’a fort justement rappelé le chef de l’Etat, la priorité reste la maîtrise des dépenses publiques et des prélèvements obligatoires qui pénalisent notre économie, moins compétitive par rapport à nos concurrents, et au-delà l’emploi. La seule alternative crédible est de réduire nos coûts pour favoriser l’emploi et redonner du pouvoir d’achat aux salariés.

C’est le sens des réformes engagées par Emmanuel Macron depuis son élection en 2017 qui doivent être poursuivies pour adapter la France et lui permettre de faire face à la forte concurrence mondiale. Fort heureusement, le président de la République est déterminé à poursuivre les réformes pour sortir le pays de l’impasse actuelle, impasse qui rappelons-le, résulte de plus de 30 ans d’immobilisme et de clientélisme lamentable. Dans ce contexte, pas d’autres choix que de poursuivre courageusement les réformes qui ne porteront leurs fruits que dans plusieurs années.

Dans l’immédiat, en dépit de l’état de fragilité de nos finances publiques, le gouvernement a pris récemment des mesures importantes en faveur du pouvoir d’achat des plus modestes. Ces mesures sont d’effet immédiat et vont permettre d’améliorer sensiblement les plus fragiles en attendant les retombées des réformes demain.

La lettre adressée par Emmanuel Macron aux français propose d’organiser un grand débat public, jusqu’au 15 mars prochain, sur quatre thèmes :

Nos impôts, nos dépenses et l’action publique : Comment rendre notre fiscalité plus juste et efficace ? quels impôts baisser en priorité, quelles sont les économies à faire en priorité ? Faut-il réduire ou supprimer certains services publics coûteux et peu efficaces ? Quels besoins en services publics et comment les financer ? Comment mieux organiser notre pacte social ?

L’organisation de l’Etat et des collectivités publiques : Y a-t-il trop d’échelons administratifs et de niveaux de collectivités locales ? Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision au plus près des citoyens, à quels niveaux et pour quels services ? Comment organiser l’Etat pour améliorer son action ? Faut-il revoir le fonctionnement de l’administration et comment ? Comment l’Etat et les collectivités locales peuvent-ils s’améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus fragiles ? Que proposez-vous ?

La transition écologique : Comment finance-t-on la transition écologique et qui doit être concerné en priorité ? Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à tous pour leur permettre de s’adapter ? Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur le plan financier ? Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être prises au niveau local, plutôt que national ? Quelles sont vos propositions pour accélérer notre transition environnementale ? Comment faire partager ces choix à l’échelon européen et international pour que nos producteurs ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrangers ?

Donner force à la démocratie et la citoyenneté : Faut-il reconnaître le vote blanc et rendre le vote obligatoire ? Quelle est la bonne dose de proportionnelle aux élections législatives ? Faut-il, et dans quelles proportions, limiter le nombre de parlementaires ou autres catégories d’élus ? Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil Economique, Social et Environnemental doivent-elles jouer pour représenter nos territoires et la société civile ? Faut-il les transformer et comment ? Quelles évolutions souhaitez-vous pour rendre la participation citoyenne plus active, la démocratie plus participative ? Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l’initiative ? Que proposez-vous pour améliorer l’intégration dans notre Nation ? En matière d’immigration, une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ? Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l’Etat et les religions de notre pays ? Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?

Même si l’Europe n’est pas au cœur du présent débat, la résolution de nombreux problèmes nationaux résulte également d’une meilleure cohésion et intégration au sein de l’Union Européenne ; ce qui implique qu’elle aussi s’adapte et devienne plus démocratique. La France à elle seule, ne va cesser de régresser sur l’échiquier mondial et ne pourra subsister que parce qu’elle appartient à l’Union Européenne, seule capable de peser sur la scène mondiale face aux USA, à la Chine et demain à l’Inde.

Les propositions des français devraient permettre de mieux connaître les aspirations et les attentes de chacun et de mieux les prendre en compte pour structurer l’action du Gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international.

Place maintenant au débat. A chacun de profiter de l’occasion pour s’exprimer utilement plutôt que de ruminer dans son coin sur la base d’information généralement erronées.

Le président de la République s’engage à rendre compte aux français dans le mois suivant la fin du débat.

Plus d’informations :

Publicités

Aveyron : Le département porté par le dynamisme démographique de l’agglomération de Rodez et de son aire urbaine

13 janvier 2019

Selon l’INSEE, la population légale du département de l’Aveyron comptait 279 169 habitants, en progression de 0.2%. Il s’agit de la population officielle résultant du dernier recensement de la population réalisé en 2015.

Le gain de population a ainsi été de 525 habitants entre 2014 et 2015 ; ce qui n’est pas rien pour un département dont l’INSEE avait prédit un fort dépeuplement à partir des années 1990. A ce rythme, la population devrait dépasser les 280 000 habitants en 2020, pour la première fois depuis longtemps. Un évolution encourageante.

L’Aveyron limite les dégâts par rapport à la plupart des départements ruraux

Ces résultats restent cependant en retrait par rapport à l’objectif fixé, il y a 5 ans par le Conseil départemental qui souhaite voir la population du département atteindre les 300 000 habitants à l’horizon 2030. Mais ne faisons pas la fine bouche, l’Aveyron a enrayé son déclin contrairement à la grande dorsale française qui va du Massif-Central à l’est de la France qui persiste dans la désertification.

Cette croissance de la population reste fragile et résulte exclusivement de l’arrivée de nouveaux habitants dans le département qui soutiennent une croissance migratoire continue depuis près de 10 ans, signe de l’attractivité du territoire. A l’inverse, le solde naturel (écart entre les naissances et les décès) reste toujours déficitaire. D’où un équilibre précaire.

A cet égard, l’Aveyron fait exception parmi les départements ruraux faiblement peuplés du centre de la France, même si l’augmentation de sa population est moindre au regard de celui de la région Occitanie qui progresse de 0.9% ; l’une des plus dynamique de France.

L’Aveyron se distingue avec un taux d’actifs de 48% parmi les plus importants d’Occitanie, derrière la Haute-Garonne 54%. Par contre, la proportion de retraités (36%) y est l’une des plus élevée du pays. L’Aveyron fait partie des départements les plus âgés de France (45 ans en moyenne) avec une personne sur trois de plus de 60 ans, dont 14% ont plus de 75 ans. A l’inverse, les moins de 30 ans ne représentent que 30% de la population, contre 34% en Occitanie et 37% au niveau national. Les 15-29 ans représentent 14% de la population.

Le dynamisme démographique de l’agglomération de Rodez

L’évolution et la répartition de la population du département de l’Aveyron restent toutefois contrastées. La croissance se concentre pour l’essentiel sur l’aire urbaine de Rodez. Outre l’agglomération de Rodez, les communes périphériques bénéficient pleinement de son attractivité économique et commerciale (Bozouls, Espalion, Marcillac-Vallon, Salles-la-Source, Valady, Baraqueville, Flavin, Pont-de-Salars, Agen d’Aveyron, La Loubière, Gages-Montrozier, Laissac-Séverac l’Eglise…).

L’aire urbaine de Rodez qui comptait 86 373 habitants à fin 2014 (+0,7%), soit près du tiers des aveyronnais, reste en effet parmi les plus dynamiques d’Occitanie. Pour l’INSEE, cette évolution (+ 3 105 h entre 2009 et 2015) s’explique par le dynamisme démographique de la couronne périurbaine de Rodez qui a cru de +1,0 par an entre 2009 et 2014.

La mise en service progressive de la RN88 à 2 x 2 (vers Baraqueville-Naucelle mais aussi Laissac-Séverac-A75), ainsi que la modernisation des axes RD 840 (vers Decazeville) et RD 988-920 (vers Espalion) participent activement à cette évolution qui devrait s’accentuer au fur et à mesure de l’amélioration du réseau routier et du déploiement du très haut débit.

Avec 50 485 h, la croissance de l’unité urbaine de Rodez reste soutenue (+0,6%), comparable celle de Toulouse (+0,5%).

La plupart des communes de l’agglomération de Rodez connaissent une croissance sensible de leur population à l’exception notable de Rodez. Cette évolution devrait toutefois s’inverser à partir de 2018 avec la construction ces dernières années de très nombreux logements dans le quartier de Bourran et en centre-ville. L’expansion démographique de l’agglomération de Rodez devrait se poursuivre sur le même rythme au cours de la prochaine décennie.

Le dynamisme démographique de l’agglomération de Rodez

Si l’aire urbaine de Rodez est évaluée par l’INSEE à plus de 86 000 habitants, celle de l’agglomération actuelle de Rodez (8 communes) comptait environ 60 000 habitants en 2018. La croissance constante de sa population de l’ordre de 0,5% par an fait d’elle le principal pôle d’attractivité et de dynamisme du département.

La population municipale des principales villes de l’agglomération de Rodez (Rodez, Onet-le-Château, Luc-La Primaube, Olemps, Sébazac-Concourés, Druelle-Balsac, Sainte Radegonde et Le Monastère-sous-Rodez) au 31/12/2014 :

  • Rodez : 24 088 h (-0,2%) ; population totale de 27 747 h
  • Onet-le-Château : 11 944 h (+1.7%) ; population totale de 12 525 h
  • Luc-La Primaube :   5 918 h (+0,8%) ; population totale de 6 127 h
  • Olemps :  3 381 h (+0,3%) ; population totale de 3 474 h
  • Sébazac-Concourés :   3 235 h (+0,2%) ; population totale de 3 336 h
  • Druelle-Balsac :   3 081 h (+0,1%) ; population totale de 3 168 h

Les principales unités urbaines de l’Aveyron au sens de l’INSEE (population municipale au 01/01/2014) :

Rodez reste et de loin, la principale aire urbaine et agglomération du département et porte à elle seule l’essentiel de la croissance de la population. Millau, constitue la deuxième unité urbaine du département avec 23 652 h et se maintient avec une légère augmentation de sa population, toujours grâce aux communes périphériques.

Les autres unités urbaines ont tendance à voir leur population baisser (Decazeville, Villefranche-de-Rouergue) ou se stabiliser (Saint Affrique).

L’évolution des unités urbaines de

  • Rodez : 50 485 h (+0,5%)
  • Millau : 23 652 h (+0,1%)
  • Decazeville : 14 854 h (-1,3%)
  • Villefranche : 12 560 h (-0,5%)
  • Saint Affrique : 9 430 h (+0,1%)

Au vu de ces chiffres que confirment les dernières estimations de l’INSEE pour 2018, il apparaît clairement que l’agglomération de Rodez, par son attractivité, son dynamisme industriel et commercial et ses importants services, constitue plus que jamais pour le département de l’Aveyron une véritable métropole qu’équilibre.

 

Plus d’infos :

Légende :

  • Aire urbaine: Ensemble de communes, d’un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain (unité urbaine) de plus de 10 000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.
  • Unité urbaine: Elle repose sur la continuité du bâti et le nombre d’habitants. On appelle unité urbaine une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants.
  • Communauté d’agglomération : Il s’agit d’un EPCI regroupant plusieurs communes formant, à la date de sa création, un ensemble de plus de 50 000 habitants d’un seul tenant et sans enclave autour d’une ou plusieurs communes centre de plus de 15 000 habitants. Ces communes s’associent au sein d’un espace de solidarité, en vue d’élaborer et conduire ensemble un projet commun de développement urbain et d’aménagement de leur territoire. Rodez agglomération est la seule communauté d’agglomération du département de l’Aveyron.

2019 : L’année de tous les dangers ?

6 janvier 2019

Alors que nous abordons l’année 2019, de très nombreuses interrogations se font jour au vu de l’évolution du monde ces derniers mois. Pour la première fois depuis longtemps, rarement l’avenir de notre planète n’avait paru aussi incertain. Jamais autant de menaces n’avaient pesé sur le monde.

Pour certains, l’année 2019, comme les années en 9,  porte en soi beaucoup d’incertitudes. Ce fût le cas en 1999/2000 avec le krach lié à la « bulle internet » et plus récemment en 2009 avec la crise des « subprimes », l’une des plus importantes crises financières qui a fragilisé de nombreux pays, y compris en Europe même si les français en ont finalement peu senti les effets parce que le système bancaire a finalement pu être sauvé.

Pour d’autres, 2019 pourrait aussi être une sorte de 1929, l’année du grand krach boursier qui est à l’origine de la « grande dépression » et qui a généré une importante instabilité politique, économique et sociale à travers le monde. Il est vrai que ces derniers mois, les bourses mondiales sont devenues extrêmement fébriles et instables, encaissant la plus forte baisse depuis 2008. Ceci notamment en raison d’une instabilité politique et économique mondiale liée à la politique suicidaire de Trump.

Depuis l’arrivée de Trump à la Maison Blanche, les tensions politiques et commerciales n’ont jamais été aussi fortes avec notamment une guerre commerciale avec la Chine sans précédent, mais aussi avec l’Europe. Dans ce contexte de tensions exacerbées, le commerce international et la croissance mondiale ont du plomb dans l’aile. Déjà, la croissance est en berne au Japon, en Corée et en forte baisse en Chine et par ricochet aux USA et en Europe. Une situation qui risque de nous entraîner dans une véritable récession mondiale.

En Europe, cette année 2019 est aussi marquée par d’importantes incertitudes liées au Brexit dont les effets s’annoncent de plus en plus catastrophique pour les Britanniques, mais aussi indirectement pour l’UE. A cela vient s’ajouter la montée ces dernières années du national-populisme dans certains pays de l’est européen, mais aussi en Italie et dans un degré moindre en Autriche, en Allemagne et en France à un moment où le tandem franco-allemand est affaibli. Quand on sait où cela a conduit l’Europe par le passé, l’optimisme n’est guère de mise. Si l’on ajoute l’incertitude liée aux résultats des prochaines élections au Parlement européen fin mai 2019, il y a de quoi s’interroger sur son devenir. Une chose est certaine, l’Union européenne est le seul avenir possible pour les pays qui la composent, y compris la France. Les britanniques risquent de l’apprendre à leurs dépens.

Autre facteur de risque important, selon une récente étude du FMI qui regroupe 200 pays, la dette totale publique et privée de l’ensemble des pays membres aurait atteint des proportions alarmantes avec une dette moyenne équivalente à 225% du PIB. Un record et de très loin ! La situation de la France à cet égard est également alarmante. Si les taux d’intérêts devaient brusquement remonter, de nombreux pays dont la France, seront alors en très grande difficulté et ne pourront plus faire face à leurs dépenses courantes.

Enfin, selon plusieurs spécialistes du secteur, les prix du pétrole au plus bas, autour de 50 dollars le baril de Brent, pourraient exploser en 2019 et approcher les 100 dollars avec l’impact que l’on sait sur l’économie mondiale qui se trouverait alors fortement pénalisée. Mais au final, peut-être ne serait-ce là un moindre mal pour préserver la planète en imposant par la force, une baisse de la consommation des énergies fossiles si nocives pour la planète et notre santé ?

Mais le plus important défi à relever pour le monde reste probablement celui du changement climatique. Face aux importants retards pris à travers le monde en la matière, y compris en France, et à l’urgence, il va bien falloir s’attaquer radicalement à ce grave problème qui met directement en péril le devenir de l’humanité sur la planète terre. Alors que nous connaissons aujourd’hui les risques d’irréversibilité du changement climatique si nous n’agissons pas au plus vite, allons-nous continuer vers l’autodestruction de notre planète, comme si de rien n’était ?

L’urgence est de mise dans de très nombreux domaines, en France comme ailleurs, si nous voulons que les générations futures puissent continuer à vivre sur cette planète. Et ce n’est pas par le repli sur soi, le nationalisme exacerbé, le populisme et l’obscurantisme que nous allons préserver nos acquis et sauver notre planète. Bien au contraire.

Au vu de ces faits et des derniers évènements à travers le monde, il est difficile de rester optimiste pour cette année 2019 qui sera l’année de tous les dangers.

Pour éviter le pire, il faut espérer que les responsables politiques des grandes démocraties sauront trouver les forces nécessaires pour se ressaisir et proposer un front commun avec une alternative mondiale qui préserve durablement l’avenir des peuples de la planète. Oublions les égoïsmes et le repli sur soi et soyons enfin responsables.

Bonne année 2019 !


Le président Emmanuel Macron reste le meilleur atout pour sortir le pays de 30 ans d’immobilisme mortifère

21 décembre 2018

On entend tout et n’importe quoi à propos des gilets jaunes. Chacun y va de son petit avis mais tout le monde est à côté de la plaque, y compris les chaînes d’information en continue et la plupart des politiques qui ont, chacun à leur manière, exploité et souvent encouragé les uns et les autres jusqu’à l’absurdité sans que personne ne s’en offusque. Les français auraient-il perdu la raison ?

La responsabilité de quelques médias d’information, des réseaux sociaux et de politiciens (A lire sur le sujet : « Aujourd’hui, on tend le micro à n’importe qui » par Dominique Wolton)

Pourquoi trouver tant d’excuses à un mouvement qui globalement n’a pas de justifications profondes, né de l’opposition de quelques automobilistes et motocyclistes radicalisés et hostiles à toute réglementation. Ceux-là même qui s’opposent depuis des mois à la limitation de vitesse à 80 km/h, qui détruisent les radars, les péages et même les parcmètres. A cela, s’est ajouté une kyrielle de braves gens plus ou moins manipulés qui entendent profiter des largesses de l’Etat providence et qui en veulent toujours plus, sans rien donner en contrepartie.

Sans oublier bien sûr quelques retraités, dont la plupart sont loin d’être dans la misère, qui veulent en découdre avec ce méchant gouvernement qui a augmenté leur CSG pour redistribuer du pouvoir d’achat, justement aux salariés qui eux ne sont même pas sûr d’avoir un jour une retraite digne de ce nom comme aujourd’hui.

Les français ont facilement tendance à crier famine la bouche pleine ! Même si au quotidien, nul ne le conteste, les choses se sont pas toujours faciles et certains peuvent éprouver des difficultés à boucler leur fin de mois, ils ne sont pas les seuls et surtout pas les plus mal lotis du monde. Bien au contraire. Fait pour le moins amusant, l’action des gilets jaunes est intervenue au moment où les prix du carburant en France se situent dans la moyenne des prix européens alors qu’aujourd’hui, fin décembre, le prix du baril est passé sous les 50 dollars le baril, contre 80 dollars deux mois plus tôt. Nous sommes très loin de prix du carburant insupportable. Qu’aurions-nous du dire en 1973 et 1979 où les pris ont été multipliés par 4 ou 5 en quelques jours !

Autre paradoxe dans cette affaire, ce sont en partie ceux qui sont les plus protégés et assistés qui sont les plus virulents alors que la France fait partie des pays les plus distributifs en matière sociale, y compris devant les pays scandinaves. A l’inverse, s’il y a des français à plaindre, c’est d’abord celles et ceux qui travaillent dur, le plus souvent pour un salaire modeste et qui doivent eux, payer toutes sortes d’impôts et taxes, sans bénéficier de la plupart des aides publiques. Si injustice il y a, c’est bien à leur égard car le système d’assistanat tend à les ignorer alors qu’il ont parfois un revenu disponible moindre si l’on y regarde de près.

Contrairement à ce qu’affirment sans vergogne les gilets jaunes (probablement éprouvent-ils quelques difficultés à comprendre certaines réalités), ils oublient que si la France reste une bonne mère généreuse, c’est que d’autres français paient pour cela. L’Etat-providence permet ainsi à la France d’avoir un taux de pauvreté de seulement 14% de la population, nettement inférieur à celui des grands pays développés. Sans cette redistribution, ce chiffre serait deux fois plus élevé. Toutes les enquêtes internationales confirment que la France est le pays de l’OCDE où les inégalités entre les pauvres et les riches sont les moindres. Difficile de faire plus sans affaiblir davantage le pays qui plie sous les prélèvements obligatoires et la dette.

Quant à nos chers retraités, très remontés contre l’augmentation de la CSG, globalement, ils restent eux aussi, parmi les mieux lotis de l’Union européenne au regard des pensions qui sont servies. Et c’est encore plus vrai pour les retraités les plus anciens qui ont bénéficié de régimes très favorables qui n’existent plus aujourd’hui. Pourquoi tant d’égoïsme vis-à-vis des générations futures qui auront une retraite bien moins importante et des salariés qui doivent souvent se contenter de petits salaires pour boucler les fins de mois ?

Ces faits confirment au besoin que les revendications des gilets jaunes n’étaient au départ qu’un prétexte fallacieux pour s’opposer à l’action du gouvernement. Il n’est un secret pour personne que divers élus d’opposition, ont encouragé et manipulé les manifestants comme on a pu le constater sur les réseaux sociaux et à travers certains médias à la recherche d’audience en exploitant les peurs irraisonnées des uns et des autres. A cela, sont venus s’ajouter les ragots de toutes sortes, véhiculés par les réseaux sociaux.

Le plus bel exemple de manipulation nous a été donné avec l’allégation selon laquelle le terrible attentat terroriste de Strasbourg aurait été une opération de diversion du gouvernement. Cela montre l’extrême naïveté, pour ne pas dire l’imbécillité des gilets jaunes qui sont convaincus d’être devenu le centre du monde. Ces théories du complot qui fleurissent ici et là, portées par des groupuscules extrémistes n’ont qu’un but, affaiblir la démocratie pour imposer leur dictature.

Comment peut-on jeter le trouble sur ce terrible attentat et porter atteinte à l’honneur des victimes et de leurs familles ? En mobilisant abusivement la force publique durant plus d’un mois pour maintenir l’ordre, les gilets jaunes portent nécessairement une responsabilité dans cet attentat du fait du manque de disponibilité des forces de Police et de Gendarmerie pour assurer la sécurité des français à un moment où le risque terroriste demeure élevé. Tout cela est bien triste !

Une organisation de désinformation comme jamais vu alors que ce gouvernement, pour la première fois depuis longtemps, s’est attelé à réformer le pays avec courage pour redonner de l’emploi et du pouvoir d’achat à nos concitoyens.

Une sortie de crise qui aura nécessairement un coût très élevé pour la France qui n’en avait pas besoin

Pour mettre fin à ce blocage du pays, le président de la République a annoncé un certain nombre de mesures, pour le moins généreuses au regard de leur coût élevé, visant à favoriser le pouvoir d’achat des français les plus modestes.

Outre le renoncement à l’augmentation d’un certain nombre de taxes en 2019 (une erreur politique ?), la loi de finances pour 2019 a validé un certain nombre de mesures supplémentaires : augmentation de l’ordre de 100 € par mois des bas salaires jusqu’à 1.2 fois le SMIC (sous forme de prime d’activité supportée par l’Etat) ; rehaussement du plafond de revenus à partir duquel l’augmentation de la CSG s’appliquera au 1er janvier prochain (plafond de revenus porté de 1 200 € à 2 000 €/mois pour une personne), ainsi que la restauration des heures supplémentaires exonérées d’impôt.

Des mesures très importantes chiffrées à environ 10 milliards d’euros et qui devraient être financées par les déficits qui vont ainsi exploser à environ 3.2% du PIB en 2019, contre 2.7% prévus, nettement au-dessus des autres pays et même de l’Italie. Cette situation dégrade un peu plus la situation financière de la France déjà mauvaise ainsi que sa crédibilité à travers le monde et fera d’elle le plus mauvais élève de l’Union européenne. Un défi de plus à relever pour nos gouvernants et non des moindres !

Parallèlement, les divers blocages de l’activité en France vont nécessairement engendrer une chute de la croissance qui ne s’annonçait déjà pas très bonne, probablement aux alentours de 1.5% seulement pour 2018 (contre 1.7% prévu) et probablement moins en 2019 (environ 1.2%). A cela, il faut ajouter une baisse importante de l’activité de certaines entreprises comme le transport routier, le commerce et plus généralement le tourisme ; ce qui ne va pas manquer de les fragiliser alors que leur chiffre d’affaires a parfois baissé de l’ordre de 20% à 50% ; ce qui immanquablement entraîner des licenciements.

Une chose est sûre, ce n’est pas avec une croissance de moins de 1.5% dans les prochaines années que la France va créer des emplois ! Un des nombreux effets désastreux des gilets jaunes que la France va devoir payer longtemps. Ajoutons à les évolutions pessimistes, que si ces quelques mesures vont générer une augmentation du pouvoir d’achat estimé entre 2% et 3% en 2019, elles vont aussi favoriser les importations chinoises et accentuer notre déficit commercial abyssal, tout en favorisant le commerce en ligne au détriment des commerces de proximité. Bravo les gilets jaunes ! Ils n’ont manifestement pas tout compris !

Au final, le bilan s’avère pour le moins désastreux pour l’économie française qui n’en avait pas besoin. Le mouvement des gilets jaunes aura un effet négatif à moyen terme sur l’économie, l’emploi et donc le pouvoir d’achat des français car ce sont eux qui vont devoir payer l’addition. Décidément, les français ont le chic à se tirer une balle dans le pied ! Une fois de plus, ils lâchent la proie, qui était à portée dans quelques années, pour l’ombre et l’inconnu. C’est le résultat désolant de ce populisme mortifère qui envahit peu à peu l’Europe et le monde.

Malgré ces quelques reculades face à une poignée de casseurs, pour l’avenir du pays, il reste à espérer que le président Macron maintiendra sa politique de réformes et la conduira à son terme, quoi qu’il en coûte.

La France, le pays malade de l’Union européenne

Il n’est un secret pour personne que la France est le pays développé qui consacre le plus gros budget à la redistribution sociale. Ce qui explique en partie le dérapage des dépenses publiques qui atteignent un record de 57% du PIB, contre seulement 40.50% pour la moyenne de l’Union européenne (48.7% en Italie, 44% en Allemagne ou 41% en Espagne). Ce coût très élevé des dépenses publiques en France permet de disposer d’importants amortisseurs sociaux pour les français les plus modestes, au point de laisser croire aux français que l’on peut éternellement continuer à se comporter en cigales pendant que les autres pays font des efforts pour rester compétitifs et ne pas dilapider l’argent public.

Les difficultés et le mal-être des français résultent d’abord du niveau élevé du chômage et de la précarité qu’elle engendre. Face à cela, depuis plus de 30 ans, les gouvernements successifs plutôt que de s’attaquer aux racines de ces maux, par facilité et par clientélisme, se sont contentés d’augmenter les généreuses politiques de redistributions financées à coup de hausses d’impôts qui impactent les classes moyennes et plombent la compétitivité du pays en conduisant à la destruction d’emplois. Voilà la réalité de la crise d’aujourd’hui : l’absence de politique courageuse visant à s’attaquer au manque de compétitivité des entreprises françaises qui sont les seules à pouvoir créer de la richesse et des emplois durables.

Avec une inflation aux alentours de 1,4% ces dernières années et les augmentations régulières de certaines dépenses obligatoires, souvent différées par les précédents gouvernements, cela a pu donner le sentiment aux français qu’ils avaient subi une baisse importante du pouvoir d’achat. En réalité, compte tenu de la générosité de l’Etat providence, beaucoup de français parmi les plus modestes éligibles à ces aides, oublient tout simplement de prendre en compte les redistributions effectives pour juger. 

Pour maintenir l’Etat providence, les gouvernements français successifs n’ont eu de cesse de taxer toujours un peu plus celles et ceux qui font la richesse du pays. En 2000, les socialistes ont ainsi créé les 35 heures, qui ont constitué un véritable fléau pour la compétitivité des entreprises, sans pour autant avoir abouti à de réelles créations d’emplois. Antérieurement, ces mêmes gouvernants au nom d’une idéologie tout aussi imbécile et contre-productive, avaient décidé de taxer les plus riches en introduisant l’ISF, qui taxe l’outil de travail, tout en exonérant les œuvres d’arts !

Des aberrations économiques et sociales que nous payons encore aujourd’hui qui ne se justifiaient que pour satisfaire un électorat avide de lutte des classes. Il s’agit là de décisions d’autant plus absurdes que la France a été le seul pays du monde développé à avoir pris de telles mesures ; preuve s’il en est de leur non-sens économique sur la compétitivité et l’emploi. Des mesures que même les pays scandinaves n’ont pas voulu instaurer et qui coûtent à l’Etat bien plus qu’elles ne rapportent. Mais cela il faut surtout pas le dire !

En attendant, la France continue de vivre nettement au-dessus de ses moyens jusqu’à la descente aux enfers !

Objectivement, en y regardant de prés, la prétendue baisse du pouvoir d’achat en 2018 reste à démonter, notamment au regard des nombreuses mesures prises par ce gouvernement depuis le début de l’année, avec l’exonération de taxe d’habitation (à hauteur d’un tiers en 2018) pour 80% des français et la suppression des cotisations salariales. Pour 2019, après les dernières mesures annoncées par le président Macron, le pouvoir d’achat devrait être très largement positif, sans parler de l’exonération des 2/3 de la cotisation de taxe d’habitation qui viendra s’y ajouter. Du jamais vu depuis des décennies.

Que les français concernés profitent bien de ces cadeaux tombés du ciel (uniquement en France) car cela risque de ne pas durer longtemps ; à un moment ou à un autre, quelqu’un va devoir payer l’addition.

Le président Emmanuel Macron constitue la seule alternative crédible de sortir la France de 30 ans de gabegie

Vu de l’étranger et même de France, l’élection d’Emmanuel Macron, par sa jeunesse, son intelligence et sa vision du futur, présentait à cet égard l’espoir d’un véritable renouveau pour le pays et laissait espérer qu’enfin, nos gouvernants allaient s’attaquer pour de bon aux problèmes de ce pays.

De plus, contrairement à bien d’autres, Emmanuel Macron a le mérite d’avoir été transparent durant la campagne en annonçant clairement un programme visant à restaurer en priorité la compétitivité de l’économie française. C’est une politique de bon sens et le seul moyen de régler durablement le fléau du chômage (9,2% de la population active) qui perdure dans notre pays contrairement à nos principaux concurrents européens. A titre de comparaison, ce taux est actuellement de 5.1% en Allemagne.  Manifestement, certains français n’ont tout compris, où n’ont pas voulu patienter quelques années de plus, pensant peut-être, tel un magicien, que le président Macron allait effacer plus de 30 années de gabegie par un coup de baguette magique !

Quelles qu’aient été ses erreurs (parmi lesquelles la suppression de la taxe d’habitation qui aura un coût de 20 milliards par an pour les finances de l’Etat) et autres maladresses, contrairement à ses prédécesseurs, Emmanuel Macron a, à ce jour, respecté la quasi-totalité de ses engagements et réalisé en moins de 18 mois, bien plus de réformes utiles que son prédécesseur qui n’avait rien fait  pour le pays en 5 ans. Ce qui ne l’a pas empêché d’être le plus impopulaire des présidents !

Paradoxe du mouvement des gilets jaunes, le gouvernement d’Edouard Philippe désigné par le président Macron, s’est engagé dans les réformes de fond, novatrices et courageuses inspirées qui ont pour principale finalité la restauration de la compétitivité du pays en vue de permettre. A terme, un telle politique doit conduire à une réduction significative du chômage, une meilleure redistribution du pouvoir d’achat et corrélativement une amélioration de nos finances publiques, qui seule permettra de préserver notre généreux système de redistribution. Alors pourquoi tant de haine, d’incompréhension et de jalousie envers celles et ceux qui font la richesse de notre pays ?

A trop vouloir tirer la corde, la France risque un peu plus de se fracturer entre les partisans du statu quo et de l’Etat providence, au mépris de ceux qui contribuent largement et qui en ont marre de porter le fardeau sans la moindre contrepartie. Aujourd’hui, la France présente deux visages opposés, l’une assistée qui a peur de l’avenir et prêche le repli sur soi (les populistes) et l’autre, ouverte et dynamique, qui veut aller de l’avant pour se faire une place dans le nouveau monde (les progressistes). Ce sont ces deux France qu’il faut réconcilier sous peine d’implosion durable du pays. Opposer la France des villes et des campagnes n’a pas de sens et ne reflète pas la réalité.

Cessons de croire à la facilité et la fuite en avant qui n’a mené nulle part depuis 30 ans. Non la France ne s’en sortira pas sans se réformer et quelques petits efforts pour chacun, en continuant à distribuer des richesses qu’elle n’a pas et en vivant au-dessus de ses moyens. La France ne peut davantage ignorer le changement climatique et s’exonérer de mesures radicales visant à limiter le réchauffement climatique qui va rapidement menacer l’avenir de la planète.

Que cela plaise ou non, Emmanuel Macron constitue la seule porte de sortie crédible pour la France. Pour réussir, il lui faut engager l’ensemble des réformes envisagées et ne plus céder, même si elles ne porteront leurs fruits que dans quelques années. L’Allemagne a mis plus de 5 ans à se rétablir, ne l’oublions pas.

En moins de 18 mois, jamais des réformes aussi importantes et porteuses d’avenir n’ont été engagées en France

Les réformes qui visent à redonner du pouvoir d’achat :
• Suppression de la taxe d’habitation par tiers, étalée sur 3 ans pour 80% des français d’ici 2020, soit un coût à terme de 20 milliards d’euros par an,
• Réforme du système de santé et amélioration des remboursements et prise en charge des soins les plus coûteux (soins dentaires, optique, auditifs)
• Suppression des charges salariales en vue d’augmenter le salaire net des salariés par l’augmentation de la CSG pour les mieux lotis

Les réformes qui veulent rendre l’économie française plus compétitive et à développer l’emploi
• Réforme du code du travail, pour rendre le marché du travail plus souple et compétitif
• Remplacement de l’ISF par l’IFI (imposition sur le patrimoine immobilier)
• Suppression du contesté régime du RSI (régime social des indépendants) et remplacement par un régime général moins pénalisant
• Adoption de la loi Pacte visant à donner aux entreprises les moyens d’innover, de se financer, se développer et se transformer, de créer des emplois, de récompenser le travail des salariés

Les réformes pour moderniser l’Etat :
• Mise en place d’un nouveau pacte ferroviaire en vue d’instaurer un service public plus fiable et efficace, capable de résister à l’ouverture prochaine de la concurrence
• Réforme pour une justice plus rapide, plus efficace et moderne au service des justiciables
• Adoption de la loi ELAN visant à faciliter la construction de nouveaux logements (simplification des normes, limitation des recours abusifs contre les permis de construire, transformation des bureaux vides en logements) et de protéger les plus fragiles

Les autres réformes à venir :
• Réformes de l’Etat, de la fiscalité locale, de la formation professionnelle, de l’apprentissage, de l’assurance chômage, grande réforme du régime des retraites…

Un calendrier de réformes jamais vu en France qui vise à moderniser notre pays, tout en améliorant son efficacité et ses performances, et donc le pouvoir d’achat et la vie de tous les citoyens.

Quant Emmanuel Macron s’inspire de l’Allemagne pour sauver la France

Les français qui ont la mémoire courte. Si l’Allemagne a depuis près de 8 ans de bons résultats économiques et un chômage à 5%, c’est grâce aux courageuses réformes engagées par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder en 2002, face au manque de compétitivité que rencontrait alors l’Allemagne. Il n’avait pas hésité à sacrifier sa popularité et son parti pour lancer les célèbres réformes « Hartz » : des réformes d’inspiration libérales, qui ont réduit l’influence de l’État-providence et libéralisé considérablement le marché du travail allemand. Ces réformes lui coûteront sa réélection, mais relanceront durablement la compétitivité de l’économie allemande et lui permettront d’atteindre les performances qu’on lui connaît aujourd’hui.

En France, depuis des décennies, pour des raisons strictement électoralistes et court-termistes, les gouvernants se sont contentés de gérer le pays au jour le jour, en reculant dès que l’opinion manifestait sa mauvaise humeur et en redistribuant au plus grand nombre, sans se soucier si notre pays en avait les moyens. Et ce, en taxant toujours plus une minorité de français. Probablement par ignorance et naïveté, les français ont ainsi été habitués à la facilité et aux reculades des gouvernements. Ils voudraient manifestement continuer à se comporter en cigales, en jouant avec des politiciens dont la priorité reste leur réélection à tout prix, quitte à conduire le pays à la ruine.

Dans une démocratie qui se respecte, les citoyens s’expriment librement et régulièrement lors des élections. En France, le peuple a parlé en mai 2017 et désigné Emmanuel Macron pour 5 ans en lui donnant mandat pour conduire les réformes visant à moderniser le pays au bord de la faillite. Contrairement à d’autres qui n’ont pas respecté leurs engagements, donnons-lui le temps de mener à son terme son programme ambitieux avant de juger. Même si le délai de 5 ans paraît court pour que les effets des réformes puissent être palpables, les français auront tout le loisir de se prononcer au terme du mandat.

N’oublions pas une réalité bien française. Les difficultés récurrentes de la France (chômage élevé, déficits publics et déficits commerciaux) proviennent avant tout d’un manque de compétitivité et de souplesse de notre économie par rapport à nos concurrents et d’une croissance très insuffisante depuis des décennies. Pourquoi nos amis européens, notamment du nord de l’Europe, qui ont su gérer leur pays de manière rigoureuse et demandé en leur temps des sacrifices à leurs administrés, devraient aujourd’hui payer pour la France qui refuse de se réformer et de se moderniser ? On ne peut que comprendre le mécontentement et le manque de confiance de nos amis européens à l’égard de la France.

Compte-tenu de l’habituel blocage des français face à toute tentative de réforme du pays depuis plus de 50 ans, rien d’étonnant à ce que le président Emmanuel Macron ne soit pas au mieux de sa popularité, sachant qu’il a engagé et va poursuivre des réformes profondes pour moderniser notre pays, quitte à mécontenter quelques français.

Même si certains ont du mal à l’accepter, la France a la chance d’avoir un président jeune, intelligent et visionnaire. Peut-être trop pour certains qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et surtout de leur portefeuille ? Une chose est sûre, cela change des présidents de peu d’envergure de ces dernières décennies qui ont été incapables de moderniser le pays et l’adapter au nouveau monde. Ne boudons pas notre plaisir avec un président que beaucoup de pays nous envient.

Même si les français ne jugent qu’à très court terme en fonction de leurs petits intérêts personnels et non de celui du pays et de la planète, la France qui traverse de fortes turbulences, dispose aujourd’hui d’un excellent pilote qui vole aux instruments, et non à vue comme trop souvent par le passé. Ne nous y trompons pas, la France n’a qu’un fusil à un coup. Si le pays ne réussit pas à se réformer rapidement, il sera durablement relégué et marginalisé face aux nations développées et le prix à payer pour se rétablir sera très élevé pour tous.

Les français doivent avoir une autre ambition que de devenir demain l’Argentine de l’Europe. Pour cela, tout le monde doit se mette au boulot !

Plus d’infos :

• Entretien du Télégramme de Brest avec Dominique Wolton : « Aujourd’hui, on tend le micro à n’importe qui »


Dominique Wolton : « Aujourd’hui, on tend le micro à n’importe qui !

17 décembre 2018

Extrait de l’interview de Dominique Wolton au quotidien le Télégramme de Brest du 15/12/2018 – L’article original publié par le Télégramme de Brest

Directeur de recherches au CNRS et spécialiste des médias, Dominique Wolton déplore l’abandon d’une information réfléchie et maîtrisée au profit des réseaux sociaux et des chaînes d’information continue.

Le Télégramme : Une majorité de Français estime que les chaînes d’info continue ont contribué à l’embrasement du pays. Partagez-vous ce ressenti ?

Ce qui est frappant, c’est que les médias comme la classe dirigeante n’ont rien dit de critique sur le mouvement. Ils nous ont assommés, durant des années, d’obligations, de modernité et d’arrogance et quand le peuple se révolte, tout le monde se tait… Les journalistes des chaînes d’information continue – il n’y a pas qu’eux – tendent leur micro sans beaucoup de sens critique, et les politiques attendent le dialogue. Ils n’ont pas écouté durant des dizaines d’années et maintenant, tout le monde passe son temps à écouter ! Les chaînes d’info continue et les réseaux sociaux dramatisent tout, sans contexte et sans mise en perspective. Or, on sait que plus on est proche de l’événement, plus on est tyrannisé par cet événement. C’est contradictoire avec le sens de l’information. Ce n’est donc plus de l’information mais du voyeurisme et de l’angoisse. Donc oui, cela accentue les problèmes. Les chaînes d’information et les réseaux sociaux sont devenus le couple maudit. L’enfer est pavé de bonnes intentions.

Le Télégramme : Les journalistes ne peuvent pas ignorer les réseaux sociaux ?

Depuis dix ans, on entend des journalistes vanter les réseaux sociaux en disant que c’est l’expression de la vérité. C’est faux ! L’expression n’est pas synonyme de la vérité. Ce n’est pas parce que les gens racontent leur vie sur internet que c’est la vérité. Et si tout le monde s’exprime, qui écoute ? À terme, en suivant ce raisonnement, on n’aura plus de journalistes, plus de professeurs et plus d’hommes politiques. Tous les intermédiaires deviennent suspects. Il suffira d’écouter les gens pour connaître la vérité. La démission des journalistes vis-à-vis des réseaux sociaux est accentuée par cette crise. Ils se transforment en passeur de plats…

Le Télégramme : Les chaînes d’info ont pourtant battu tous les records d’audience…

Les responsables de chaînes, qui se gargarisent de leur excellente audience grâce aux gilets jaunes, ont oublié une chose élémentaire : ce n’est pas parce qu’on est voyeur – et nous le sommes tous plus ou moins – qu’on adhère à ce que l’on voit. Si on veut sauver les médias, il faut qu’ils cessent cette course à l’audience et qu’ils arrêtent de valider le fait que toute bêtise dite sur les réseaux est géniale !

Le Télégramme : Peut-on parler de démagogie ?

La démagogie, c’est de croire que la société en directe est possible… Aujourd’hui, on tend le micro à n’importe qui, qui dit n’importe quoi dans la rue. Oui à l’expression à condition de ne pas la confondre avec l’information… Et la colère ne justifie pas que l’on dise n’importe quoi d’une personne élue. Les médias sont capables de tout pour augmenter leur audience. Et pour meubler l’antenne des heures durant, chaque chaîne a sa pléthore de soi-disant spécialistes.

Le Télégramme : Mais vos collègues chercheurs ne sont pas les derniers à y participer…

Ils se « pipolisent ! ». J’estime que l’on doit pouvoir refuser de faire des émissions où l’on se retrouve à quatre ou cinq sur un plateau avec chacun trois minutes de parole. On ne peut rien dire ! … Même des intellectuels chercheurs sont gagnés par la sensation qu’il est important d’être vu à la télé. Oui, à condition d’avoir autre chose à dire qu’un commentaire que le journaliste peut très bien faire…

Le Télégramme : Y a-t-il une distorsion entre médias et réalité ?

L’événement n’est pas l’information. Le journaliste doit prendre du temps pour choisir et réfléchir au sujet qu’il va traiter. C’est ce travail entre l’événement et la production de l’information qui fait la grandeur du métier… Et il ne faut pas perdre de vue que certains acteurs ont bien compris comment faire venir les médias sur un événement peu représentatif… Autre exemple grave : les médias ne couvrent pas l’Europe, au prétexte que cela n’intéresse pas les gens. Ce à quoi il faut répondre : l’information, ce n’est pas la demande mais l’offre, et il n’y a pas de demande parce qu’il n’y a pas d’offre… L’absence d’information régulière, abondante, contradictoire sur l’Europe est grave, parce que c’est la plus grande utopie politique, pacifique et démocratique de l’histoire de l’humanité. Il y a une absence de réflexions des journalistes à l’heure de l’explosion de l’information qui est grave…

Le Télégramme : Journaliste, réseaux sociaux, qui influence qui ?

Les réseaux sociaux n’influencent pas l’opinion. Ils influencent ceux qui les suivent. Même s’il y en a deux millions, il ne faut jamais oublier que nous sommes plus de 60 millions ! La presse écrite est en difficulté, mais je suis persuadé qu’elle va repartir… Nous aurons forcément un point de non-retour, par rapport à cette folie de la vitesse et du direct, un balancier, qui sera favorable à la presse écrite et au papier. La fascination pour les techniques est excessive et on a confondu performance technique et démocratie…

© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/france/dominique-wolton-aujourd-hui-on-tend-le-micro-a-n-importe-qui-15-12-2018-12161988.php#ajWJVRe88gRUwKOs.99

Groupe Le Télégramme : Qui sommes-nous ?
Un groupe local et sans frontières.
Il faut remonter à la fin du XIXe siècle et à sa première parution sous le nom de La Dépêche, pour se rendre compte de l’extraordinaire parcours du Télégramme. Hier quotidien local, il est aujourd’hui un groupe international et toujours indépendant. Réactif et innovant, le Groupe Télégramme progresse sur tous les horizons de la communication : multimédia (presse, télévision, internet), services aux entreprises et événementiel.


Rodez : Un budget primitif 2019 qui s’inscrit dans la continuité

17 décembre 2018

A un peu moins d’un an des prochaines élections municipales, dans la lignée des dernières années, la majorité municipale de Rodez a adopté son budget primitif 2019.

Le budget principal :

Le budget primitif principal 2019 s’établit à 41 323 000 € en baisse de 2.52% par rapport au précédent, dont 29 888 000 € pour la section de fonctionnement et 11 435 000 € pour la section investissement.

Les dépenses de fonctionnement à 29 888 000 € devraient baisser de l’ordre de 3% par rapport à 2018 ; y compris les charges de personnel prévues en baisse de 4.16%.

Les dépenses d’investissements à 11 435 000 € se maintiennent à un niveau élevé et devraient permettre à la municipalité d’engager d’importants chantiers souvent différés ces dernières années. Parmi ceux prévus en 2019, on peut citer : la remise à niveau du stade Paul Lignon, la rénovation de la place et du parking Foch, l’aménagement de la place de la Cité, la fin de l’aménagement de l’avenue Victor Hugo, l’aménagement de l’avenue Tarayre et du carrefour St Cyrice, la poursuite de la réfection de la voirie et de nombreux autres travaux…

Le financement de ces lourds investissements devrait se faire au moyen de ressources propres, sans recourir à l’emprunt.

La capacité d’autofinancement nette (après remboursement de la dette et assimilé) s’élève à 5 203 000 €, un niveau qui reste très satisfaisant pour la ville de Rodez.

Les budgets annexes

Les principaux budgets annexes primitifs s’élèvent à 7 265 000 € et concernent :

• Service de l’eau : 3 012 000 € dont 2 417 000 € en exploitation et 595 000 € en investissement
• Cuisine centrale : 855 000 € dont 825 000 € en fonctionnement et 30 000 € en investissements
• Parcs de stationnement : 3 331 000 € dont 1 601 000 € en exploitation et 1 730 000 € en investissements.

L’évolution de la dette 

L’encours de la dette du budget principal s’affiche toujours à la baisse à 11 300 000 € au 01/01/2019 ; une baisse qui devrait se poursuivre pour s’établir aux alentours de 10 millions d’euros à fin 2019, dans la mesure où aucun emprunt ne sera souscrit en cours d’année. La dette consolidée, incluant les budgets annexes, devrait elle aussi atteindre son plus bas niveau à 12 772 000 € à fin 2019.

La fiscalité locale 

Enfin, après une baisse de 5% de la taxe foncière sur les propriétés bâties en 2018, les taux d’imposition de la fiscalité locale resteront inchangés en 2019 ; soit 16.38% pour la taxe d’habitation et 27.49% pour la taxe foncière sur les propriétés bâties. Des taux parmi les plus bas de la région Occitanie.

Au final, un budget rigoureux qui fait la part belle aux investissements et préserve l’avenir. Qui s’en plaindra ?

 

Petits commentaires de RodezNews sur le budget primitif 2019 de Rodez

La poursuite de l’effort de maitrise des dépenses de fonctionnement par la municipalité, avec une baisse de l’ordre de 3% en 2019, doit être notée en ces temps où nombre de municipalités laissent filer les dépenses. Compte-tenu des nombreuses incertitudes qui planent sur les finances de l’Etat et des collectivités, qu’il s’agisse de la compensation liée à la suppression de la taxe d’habitation ou de la réforme de la fiscalité locale prévue en 2019, la prudence doit être de mise pour les collectivités locales sous peine d’un réveil douloureux dans quelques années. C’est ici que se mesure une bonne gestion permettant de faire face aux incertitudes à venir.

Le principal reproche qui peut être fait à la municipalité (sujet sur lequel les opposants n’ont pas manqué de s’exprimer) est le retard relativement important pris dans la réalisation d’un certain nombre de grands chantiers structurants pour la ville (place de la cité, place et parking Foch, rue Béteille, avenue Tarayre…). Pour sa défense, la municipalité a mis en avant de nombreuses contraintes et contre-temps qui ont différé la plupart de ces chantiers. Par-delà les réelles difficultés inerrantes à de tels chantiers situés en centre-ville, il y a aussi probablement une forme d’inertie et de lenteur à faire avancer les projets que rencontrent nombre de municipalités. De tels retards se retrouvent d’ailleurs dans de nombreuses municipalités qui ont tendance à réaliser leurs gros investissements en fin de mandat. Au final, il est probable que l’agenda électoral (élections municipales en mars 2020) n’y est pas totalement étranger et la municipalité de Rodez ne fait pas exception.

Mais l’essentiel est que ces projets essentiels pour la ville soient réalisés dans les meilleures conditions et dans des délais raisonnables, que ce soit en 2019 ou 2020. A moins de 15 mois des élections municipales, il y a tout lieu de penser que le nouvel agenda sera respecté.

En raison du non recours à l’emprunt et des remboursements anticipés d’emprunts, l’encours de la dette de Rodez au cours des dernières années devrait s’afficher aux alentours de 12 772 000 € à fin 2019 (dette consolidée comprenant les budgets annexes). Ce qui en fait l’une des plus basses des villes comparables au plan national ; ce dont le maire de Rodez ne manque pas de se targuer non sans raisons. Une réalité bien difficile à contester qui permet à la ville de disposer de réelles marges de manoeuvre pour des investissements futurs. Et Dieu sait qu’il y a encore à faire à Rodez !

Le niveau de la dette serait-il devenu une obsession du maire de Rodez comme l’affirment certains opposants ? Peut-être, mais après tout, n’est-ce pas là la marque d’une saine gestion dès lors que les investissements, malgré les retards, sont restés à un niveau élevé ces dernières années ? Il faut bien reconnaître que cette situation financière saine demeure fort enviable en ces temps de difficultés budgétaires. Ceci permet à Rodez de regarder l’avenir avec confiance, surtout si l’on se rappelle que la dette consolidée à l’issue du dernier mandat en 2013 avait explosé à 32 000 000 €. Que de chemin parcouru en 5 années ! Pourquoi s’en plaindre ?

Corrélativement, l’effort de maîtrise des dépenses de fonctionnement et de réduction de la dette permet à la ville de doper son épargne nette qui se maintient à un niveau relativement élevé ; permettant d’autofinancer l’essentiels des investissements courants.

Enfin, contrairement à une idée faussement répandue, la fiscalité locale à Rodez reste modérée au regard des villes comparables de la région. Ainsi, le taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties est aujourd’hui le plus bas des villes de la strate d’Occitanie (villes de 20 000 h à 50 000 h). Il varie de 27.49% pour Rodez, 29.38% pour Albi, 30% pour Montauban, mais 38.25% pour Cahors, 41.07% pour Carcassonne et 44.07% pour Auch. Difficile de faire mieux !

La taxe d’habitation, qui devrait être totalement supprimée dés 2021, n’a pas été augmentée depuis des décennies et se situe actuellement à 16.38%, après une baisse des taux obtenue par la suppression de l’abattement général à la base. Son taux actuel se situe dans la moyenne basse de la région (15.64% à Albi, 15.94% à Carcassonne, 16.55% à Cahors, 17.39% à Auch, 17.83% à Castres et 21.78% à Tarbes).

Alors budget électoraliste ? Une chose est sûre, il s’inscrit dans la continuité. Force est de reconnaître que la situation financière de la ville de Rodez est aujourd’hui saine et enviable. Si critiques il y a (il y a probablement à dire sur certains sujets), elles pourront difficilement porter sur la gestion financière de la ville !


Diesel contre essence : démêler le vrai du faux

10 décembre 2018

Pendant des décennies, la France a favorisé les motorisations diesel en réduisant les taxes qu’elles supportaient par rapport aux autres carburants ; ce qui a encouragé les consommateurs à rouler en véhicules diesel. Cette différence est enfin en voie d’être gommée ces dernières années en raison de l’augmentation progressive des taxes sur le gazole.

Ce qui le ramène aujourd’hui son prix au niveau de celui des autres carburants. Cette évolution n’a rien d’anormal en soi, sachant que le gazole reste un véritable fléau en matière de santé publique, notamment du fait des véhicules anciens qui rejettent d’importantes de particules fines. Ces polluants très nocifs pour la santé sont à l’origine de près de 48 000 morts par an en France.

Les nouveaux moteurs diesel et essence

Depuis maintenant plus de 12 ans, à l’initiative du groupe PSA qui a été le pionnier en matière de filtre à particules (celui-ci élimine une grande partie des particules liées à la combustion du gazole), les véhicules diesels récents sont devenus beaucoup moins nocifs pour la santé, même si des particules les plus fines passent au travers. La généralisation du filtre à particule, qui a été rendu obligatoire pour les véhicules diesels dès 2009, a largement contribué à réduire la nocivité des véhicules diesel récents.

La polémique sur le diesel a pris de l’ampleur avec l’affaire du « dieselgate » en 2015. Il a ainsi été établi que nombre de constructeurs avaient mis en place des logiciels destinés à minimiser l’importance des rejets de polluants, notamment les grands constructeurs allemands dont les gros véhicules sont équipés de motorisations diesel. Ce qui a très largement participé à la campagne contre les véhicules diesels en Europe et à travers le monde. La perte de confiance des consommateurs a fait le reste.

Peu à peu, un nombre de plus en plus important d’automobilistes, aidés par l’augmentation des taxes sur le gazole, se sont progressivement tournés vers d’autres motorisations et notamment l’essence à injection directe. A tel point qu’à fin 2018, en France, les ventes de véhicules diesel ont chuté à environ 35% de part de marché contre plus de 70% il y a encore quelques années.

Face à la rapidité de ces changements de consommation, c’est l’ensemble de l’industrie automobile européenne et leurs sous-traitants qui sont aujourd’hui dans l’œil du cyclone et doivent se reconvertir au pas de charge, sous peine de disparaître. Qui aurait pu croire à une si rapide chute des motorisations diesel il y a encore 5 ans ?

L’agglomération de Rodez, qui accueille depuis 50 ans la plus importante unité de production française de Robert Bosch GmbH, spécialisée dans les systèmes d’injection diésel, doit aujourd’hui envisager sa nécessaire reconversion pour faire face à la chute des commandes.

Le « dieselgate » a accentué ces brusques changements et constitue un important défi à relever pour ces entreprises avec des dizaines de milliers d’emplois à la clef.

Les moteurs diesel récents pollueraient sensiblement moins que les moteurs essence à injection directe

Les inconvénients des motorisations diesels concernent principalement les véhicules anciens, de plus d’une douzaine d’année, qui ne disposent pas de filtre à particules. Le principe de précaution aurait voulu que l’on élimine progressivement ces véhicules très nocifs pour la santé et qui ont pour défaut d’avoir une durée de vie très longue. Afin d’accélérer la fin de vie de ces véhicules, le gouvernement propose des primes non négligeables pour la reprise de ces véhicules moyennant l’achat d’un petit véhicule peu polluant. Un premier pas salutaire mais un peu tardif sur un plan de la santé publique.

Aujourd’hui c’est l’ensemble de la filière diesel qui est pénalisée. Pourtant, les diesels sortis ces dernières années des chaînes de fabrication et notamment depuis 2009, sont nettement moins polluants que les anciens diesels en ce qui concerne le rejet de particules fines, avec la mise en œuvre des normes Euro 5 et aujourd’hui Euro 6. Ils émettent en effet beaucoup moins de particules, même s’il subsiste quelques-unes des plus fines et dangereuses, que la plupart des véhicules essence actuels, équipés de systèmes à injection directe (IDE).

Par ailleurs, pour être équitable, il est rappelé que tout véhicule terrestre, quelle que soit sa motorisation, émet nécessairement des particules autres que celles liées à l’échappement. C’est le cas des systèmes de freinage (abrasion des freins) et des pneumatiques lors du contact avec la chaussée, y compris les véhicules équipés de moteurs non thermiques.

Non seulement les véhicules diesels les plus récents (de moins de 10 ans) semblent avoir une empreinte polluante généralement moindre que les véhicules à essence à injection directe (IDE), mais depuis toujours, ils ont l’avantage d’émettre nettement moins de CO2 (15% à 20% de moins).

Est-ce qui explique que pour la première en 2017, les émissions moyennes de CO2 des véhicules neufs en France ont augmenté sensiblement ?

Le diesel bashing n’a en rien fait diminuer les émissions de CO2, ni aidé à préparer la transition écologique

Si le diesel bashing a largement modifié les habitudes des consommateurs, pour autant, il est bien difficile d’en mesurer les effets bénéfiques en matière de santé et d’émission de CO2.

Comment ne pas s’interroger sur la gouvernance de ces 10 dernières années, tant au niveau des pouvoirs-publics que des industriels de l’automobile européenne qui se sont avérés incapables de défendre leur industrie la plus importante et performante en termes d’emplois et de commerce international, alors même que l’on sait aujourd’hui que les moteurs diesel récents ne sont pas pire que les moteurs essence (IDE).

En attendant des avancées sur l’hybride et surtout l’électrique et l’hydrogène qui ne seront pas compétitifs avant un bon moment, pourquoi ne pas avoir soutenu durant une période transitoire les avancées sur les nouveaux diesels, moins émetteurs de CO2 mais aussi de rejets nocifs pour la santé que les nouveaux véhicules essence de type IDE ?

Paradoxe de cette affaire, après avoir investi massivement dans les moteurs diesel beaucoup moins polluants, en pure perte ou presque, les constructeurs automobiles sont aujourd’hui dans l’obligation de se lancer dans de lourds investissements dans les énergies du futur certes, mais aussi dans des moteurs essence émetteurs de davantage de CO2 que le diesel, les plus vendus actuellement.

A croire que le diesel bashing, né du truquage des normes anti-pollution des véhicules diesel par les grands noms de l’industrie automobile allemande, les a déstabilisés et convaincus de l’inutilité de ce combat ! Après les importantes pertes de ces dernières années par certains constructeurs automobiles, la priorité première semble être au rétablissement des marges, fortement mises à mal par cette affaire.

Les moteurs électriques ou à hydrogène seront-ils le nouvel eldorado promis en matière d’émission de pollution et de préservation de la planète ? On est en droit de s’interroger…

En attendant, l’urgence serait de retirer de la circulation les quelques 7 millions de véhicules diesel de plus de 10 ans, non équipés de filtres à particule qui vont polluer énormément durant des décennies encore. Dans ce domaine, le manque de courage face aux automobilistes pollueurs empêche toute évolution rapide. Pendant ce temps, des dizaines de milliers de français vont mourir annuellement dans les agglomérations, du seul fait de la pollution automobile. Mais cela, tout le monde s’en moque ! Les morts ne parlent pas encore…

Triste constat pour les européens et au final pour notre planète, qui voit ainsi les émissions de CO2 repartir à la hausse et celles de particules fines et autres NO2 se stabiliser à un niveau élevé, au détriment de la persistance d’un taux élevé de mortalité.

Plus d’information :

Diesel ou essence, le plus gros pollueur n’est pas forcément celui que vous croyez (Slate.fr)
Le vrai du faux sur la pollution des voitures diesel (Le Monde)