Rodez : Quand la gauche quitte le navire du maire sortant

14 mars 2014

Le PS ruthénois lance un appel désespéré à l’unité de la gauche pour le second tour des municipales.

Il est vrai qu’entre le Front de Gauche mélenchoniste, les écologistes de Bruno  Bérardi et les déçus de Teyssèdre disparus corps et biens, on se demande où est passé le grand élan de 2008 qui leur avait valu une élection au premier tour. Tout ce monde ayant pratiqué pendant six ans le maire sortant et ses méthodes ne veulent plus renouveler l’expérience. Apparemment le mandat qui s’achève ne leur a pas laissé un souvenir impérissable. La question est de savoir ce qu’ils comptent faire au second tour.

La plupart de ceux qui ont préféré se retirer définitivement, qu’ils appartiennent ou non au PS, ne cachent pas la mauvaise opinion qu’ils gardent de leur ancien chef de file. Ils ne voteront pour lui, ni au premier, ni au deuxième tour.

Les mélenchonistes, racontent pis que pendre sur le maire sortant. Que feront-ils au second tour?  Dans l’hypothèse même ou un accord interviendrait, il en est quelques uns qui refuseront de manger leur chapeau et, dans le meilleur des cas préfèreront rester chez eux.

Enfin, les verts conduits par Bruno Bérardi, brulent joyeusement celui qu’ils ont adoré. Ils présentent cependant un projet suffisamment séduisant pour dépasser le seuil fatidique de 10% au premier tour, ce qui leur permettrait de se maintenir au second. Dans cette hypothèse, rien ne va plus pour le maire sortant qui parait-il, ne décolère pas.

Tous ceux qui ont quitté le navire et tirent aujourd’hui dessus à boulets rouges, connaissent le véritable bilan de la majorité sortante… et pour cause, ils en faisaient partie. En six ans le maire sortant a refroidi leur enthousiasme et s’en est  fait des adversaires. Leurs témoignages, de première main, nous adressent en tout cas un message qui pèse autant que bien des arguments de campagne. Souhaitons qu’ils soient entendu.

Libre expression de RodezNews


Rodez : L’aménagement du foirail en question

11 mars 2014

Le ratage de l’aménagement du Foirail 

Depuis des temps immémoriaux « le Foirail » offrait à Rodez un espace libre de deux hectares et demi à deux  cent mètres du centre historique et plus récemment à une distance équivalente du nouveau quartier de Bourran. De facto, le foirail occupait donc le cœur de la cité ruthénoise.

Lancé par Communauté d’Agglomération à la veille de l’an 2000 un concours d’urbanisme remporté par un grand professionnel: André Vaxélaire, proposait un aménagement adopté par le conseil communautaire qui devait en assurer la réalisation. Il est intéressant d’en rappeler le principe. Le musée Pierre Soulages, la salle des fêtes-centre de congrès et le multiplexe de cinéma devaient occuper le versant Nord du Foirail le long du Boulevard du 122 ème RI. Afin de mettre en valeur l’architecture du Musée, les autres établissements ne devaient pas dépasser trois mètres de hauteur au dessus de l’esplanade. A l’instar de ce que démontre aujourd’hui le bâtiment du musée qui empiète très peu sur le jardin, le multiplexe et la salle des fêtes consommaient à peine un demi-hectare le long du boulevard. Restait donc disponible sur le foirail un espace de deux hectares!

En arrivant aux affaires, Christian Teyssèdre a dessaisi la Communauté d’Agglomération de l’aménagement de cet ensemble, ne lui laissant que la maîtrise d’ouvrage du Musée Pierre Soulages. Outre le fait que la commune de Rodez en assumerait seule désormais le financement, le maire choisit de modifier les implantations du cinéma et de la salle des fêtes, supprimant au passage le centre de congrès. Le voilà désormais responsable d’un irréparable gâchis : la consommation de plus de deux hectares pour implanter un cinéma et comme si ça n’était pas suffisant, sept ou huit milles mètres carré supplémentaires pour la salle des fêtes sur le plateau Paul Lignon, de l’autre côté du boulevard. Les ruthénois qui trouvent « merveilleusement moderne » cet ensemble ont-ils conscience que l’espace du Foirail qui recevait les fêtes foraine, les cirques de passage, les grands rassemblements de foule…et, entre temps, un stationnement gratuit, ont-ils consciences ces ruthénois bluffés par les mégalomanies associées d’un maire et d’un architecte montpelliérain, que ce foirail là n’est plus qu’un souvenir à jamais révolu ?

Les auteurs de ce saccage, sont d’autant plus impardonnables qu’un autre choix existait qui préservait les fonctions de l’ancienne esplanade et le potentiel du plateau Paul Lignon.  Qu’est ce qui a bien pu pousser les détenteurs du pouvoir municipal à sacrifier sans aucune concertation un espace de centre ville d’une valeur inestimable? L’aménagement du val des sports ouvrit en son temps des nouveaux terrains à l’urbanisation, le musée Pierre Soulages a été implanté dans la pente d’un talus inoccupé, le déménagement du centre hospitalier Combarel et de la Maison d’arrêt, ouvrent trois hectares à de futures réalisations…le multiplex de cinéma à lui seul en consomme deux. C’est plus que ce que l’on aurait prévu en périphérie de ville sur des terrains valant dix ou vingt fois moins cher.

S’il faut faire un bilan du mandat Teyssèdre, l’aménagement du Foirail est assurément à  inscrire dans la colonne du passif.


Rodez : la communauté d’agglomération à la dérive depuis 2008

3 mars 2014

La communauté d’agglomération du Grand Rodez :  un  bateau ivre

Pour la première fois depuis l’élection des Conseils municipaux au suffrage universel la prochaine échéance proposera, pour les communes de plus de mille habitants, un bulletin composé de deux listes, celle des conseillers municipaux et celle des conseillers communautaires. Cette innovation atteste de l’importance accordée à la coopération intercommunale souvent qualifiée de « révolution tranquille ». Depuis leur création en 1959, les Etablissement Publics de Coopération intercommunales (EPCI) ont apporté une réponse efficace à ce que l’on a appelé la grande dispersion des 36000 communes de France. Contrairement à ce que l’on entend souvent il ne s’agit pas « d’une couche supplémentaire », mais d’une auto-organisation des communes entre elles, afin d’étendre, de mutualiser et de rationaliser leurs actions à une échelle territoriale plus adaptée à la réalité des bassins de vie.

Le District du Grand Rodez créé en 1964 a été transformé en Communauté  d’Agglomération en janvier 2000. Durant de nombreuses années, le GR (Grand Rodez) composé de 8 communes, a profondément modelé le visage de l’agglomération.  On lui doit notamment tout les réseaux d’assainissement et les stations d’épuration, la construction du nouvel abattoir d’Arsac, la création et la construction de l’IUT suivi de celles du centre universitaire, Le viaduc de Bourran et le quartier du même nom, toutes les zones d’activité, le centre nautique Aquavallon, et le centre culturel et sportif de l’Amphithéâtre, l’aménagement de la Rocade, l’Aéroport de Rodez, le musée Pierre Soulages, le déplacement de la maison d’arrêt…etc, etc. Toutes ces opérations et bien d’autres ont été financée par la communauté, c’est-à-dire par les 8 communes unies par et dans la réalisation d’un projet commun ambitieux. La plupart des ruthénois ne mesurent pas ce qu’ils doivent à la coopération entre les 8 communes et, partant l’enjeu de la future échéance électorale.

Durand les six dernières années, cette patiente construction a été saccagée par l’irresponsabilité d’un élu. Osons le dire, Christian Teyssèdre laisse derrière lui un champ de ruines au Grand Rodez. Dès son élection, il n’a pas supporté que Ludovic Mouly préside le conseil communautaire. Soucieux de tenir ce dernier en rênes courtes il a sapé son autorité, jusqu’à ce qu’il démissionne, le PS l’ayant  très confortablement envoyé pantoufler à ERDF. Le maire de Rodez, autoritaire et irascible, refusant le jeu collectif de la communauté, imposant son point de vue en toutes circonstances a dressé contre lui ses sept collègues maires des autres communes. En témoigne sa difficile élection à la présidence de la communauté après le départ de Ludovic Mouly. Le mal était fait. A l’esprit communautaire progressivement édifié en cinquante ans d’efforts par les maires des huit communes, a succédé une foire d’empoigne où chacun défend ses intérêts. Aucune vision stratégique, aucun projet commun pour l’avenir du Grand Rodez ne sous-tendent plus les volontés d’un Etablissement devenu un bateau ivre. Bateau que beaucoup d’agents et non des moindre ont quitté, malheureux ou écœurés de le voir sombrer

Et voilà que pour des motifs politiciens éloignés de toute logique territoriale les communes de Barraqueville, Camboulazet et Manhac choisissent, de plein gré pour certaine, de force pour les autres, ce moment d’extrême fragilité de la communauté d’Agglomération pour y adhérer. Que doivent penser les nouveaux arrivants en découvrant cette pétaudière? Une ambiance exécrable, une situation financière alarmante, une dette envolée vers des chiffres dont l’importance les stupéfie et les effraie, pas de quoi peindre l’avenir en rose. Si l’on en croit la presse locale leurs réactions et celles de leurs administrés témoignent plus de regrets que d’enthousiasme. La tâche des futurs élus pour recréer un esprit communautaire et élaborer un nouveau projet d’Agglomération s’annonce des plus ardues.

Pourtant, plus qu’au Conseil municipal, c’est au sein de l’assemblée communautaire que se construit l’avenir du Grand Rodez. L’organisation du territoire, l’urbanisme, le développement économique, l’enseignement supérieur, les déplacements, les transports collectifs…tous les facteurs qui conditionnent notre vie quotidienne se jouent et se joueront de plus en plus au niveau de l’agglomération. Il faut espérer que ceux qui en assureront la destinée soient en capacité de réparer les carences des six dernières années.

Tribune libre de RodezNews


Rodez : Pourquoi il ne faut pas déménager le centre universitaire de Burloup

26 février 2014

L’implantation de l’université dans les anciennes casernes Burloup répond à un choix délibéré de mêler les étudiants à la vie de la cité. A proximité de l’ensemble des équipements  du val des sports, du musée Pierre Soulages, du multiplexe de cinéma, à mi-chemin entre Bourran où habitent un grand nombre d’entre eux et la cité historiques, la jeunesse estudiantine se situent au cœur de la partie la plus animée de la ville y impulsant son propre dynamisme. En outre la capacité d’extension sur des terrains appartenant à la commune est pratiquement illimitée. Outre les trois bâtiments des anciennes casernes, dont un seul a été restauré à ce jour, la ville possède plus de cinq hectares, magnifiquement exposés, sur le plateau de la Boriette. Il existe d’ailleurs un tracé de liaison entre cet espace et  l’avenue de l’Europe. (à peine 200 m. de voie nouvelle).

Voilà que soudain surgit d’on ne sait où, l’idée de déménager le centre universitaire près de l’I.U.T. avenue de Bordeaux. Pour un motif de concentration des étudiants en un seul lieu, sur un même campus sont remis en cause les choix initiaux. Le premier effet de ce soudain changement de pied a été d’annuler le projet de l’extension sur place, avenue de l’Europe, prêt et financé depuis 2007. Regrettable perte de temps et d’argent. Quant aux avantages de tout regrouper sur un seul site, dans une ville moyenne comme Rodez, où l’on n’est jamais très loin les uns des autres, personne ne les a jamais démontrés. Albi, notre voisine n’a jamais imaginé un regroupement des étudiants de Champolion et de l’école des mines. Oxford et Cambridge ont choisi délibérément d’éparpiller leurs établissements universitaires à travers la ville.

Si les avantages de l’option campus unique ne sautent pas aux yeux, en revanche les inconvénients d’un regroupement avenue de Bordeaux paraissent franchement rédhibitoires.

En premier lieu quels sont les terrains disponibles? Avenue de Bordeaux, coté I.U.T. on peut envisager l’occupation du terrain de sport et du boulodrome. Choix aberrant, autant pour le quartier que pour les étudiants. Pour ces derniers, il vaut mieux envisager de mettre à leur disposition les équipements sportifs plutôt que de densifier encore le bâti. Quant aux boulistes et aux habitants du quartier on peut aisément préjuger de leurs réactions.

En face de l’I.U.T., de l’autre coté de l’avenue existe un terrain appartenant à ERDF qui, aux dire du maire serait prêt à la céder. Il s’agit d’un espace à usage de parking d’une superficie d’environ 3000m2. A titre de comparaison, l’IUT occupe à lui seul près d’un hectare et demi! En admettant que ERDF cède son terrain et que l’on arrive à y faire entrer l’équivalent de ce qui existe à Burloup, plus l’extension projetée, ce dont il est permis de douter, reste un problème de financement non résolu à ce jour. La Région acceptera peut être de financer l’extension mais il n’a jamais été question de payer à la fois la reconstruction et l’extension

En toute hypothèses, en admettant résolus les problèmes de terrain et de financement, l’avenir serait définitivement compromis car toute extension future serait à jamais impossible faute d’espace suffisant.

Un autre handicap mérite d’être rappelé tant il a d’impact sur la vie des ruthénois qui chaque jour butent sur les encombrements du carrefour Saint Eloi. Est-il raisonnable de songer à densifier l’occupation de ce quartier tant que n’est pas résolu le problème de l’accès à la rocade? La réponse est catégoriquement non.

Après cette rapide analyse, on mesure les inconvénients et pour tout dire le caractère extravagant du déménagement du centre universitaire de l’avenue de l’Europe. Au fait, a-t-on consulté les étudiants? On peut assurer sur la base d’un contact informel, qu’ils sont contre l’abandon d’un site et d’un bâtiment qui leur conviennent fort bien.

Libre expression de RodezNews


Quand la mondialisation financière favorise la fraude fiscale ou « la richesse cachée des nations »

22 janvier 2014

L’explosion de la dette des Etats et des collectivités pèse aujourd’hui lourdement sur le développement des nations et du monde en général.

Rodez n’y échappe pas. La campagne municipale ruthénoise étant lancée, nul doute que bon nombre de réunions, d’articles de presse, de joutes verbales, tourneront autour de la dette tant de la ville que de l’agglomération. Si l’on reprend les derniers chiffres parus dans la presse, il semblerait que les deux dettes cumulées seraient de l’ordre de 110 M€ à la fin 2013, soit 30 M€ pour la ville et 80 M€ pour l’agglomération. Ce qui fait de l’ordre de 2 500 euros par habitant ruthénois. Il est clair que la croissance de ces deux dettes, près de 100 % pour l’agglo et près de 50% pour la ville, sur ces six dernières années, ne pourra pas durablement garder ce rythme. Aussi convient-il d’enrayer ces dynamiques mortifères et l’objet de cet article est d’appeler à l’espérance et à la responsabilté y compris sur la fiscalité car se lève toujours une étoile même dans le ciel des déserts les plus froids.

D’une manière pragmatique l’urgence pour la ville et pour l’agglomération est de trouver un leader exemplaire, qui anime cette capitale du Sud du Massif central. Or pour  mettre cette espérance en perspective il n’est pas vain de mettre en avant les travaux de Gabriel Zucman, jeune chercheur français, qui vient de publier un livre sur l’argent dissimulé dans les paradis fiscaux intitulé « La Richesse cachée des Nations » en contre-point du livre d’Adam Smith du XVIII siècle.

Reprenons quelques chiffres de son étude : 5 800 milliards d’euros au bas mot, accumulés dans ces zones sur la planète, dont 350 milliards d’euros appartenant à des Français. De l’ordre de 20 milliards d’euros perdus par le fisc français. Gabriel Zucman se permet même de dire que si cet argent n’avait pas pu s’évader la dette de la France serait celle que nous avions avant la crise soit de l’ordre de 60 % du PIB du pays (95% aujourd’hui).

D’aucuns diront que tout ceci est bien beau mais que pouvons-nous y faire ? C’est ici qu’il faut agir, chacun à son niveau, pour développer la confiance et retrouver cette exemplarité que j’évoquais – Albert Schweitzer ne disait-il pas : « l’exemplarité n’est pas une façon d’influencer, c’est la seule »-. Pourquoi ne pas croire ce jeune chercheur lorsqu’il donne les moyens de conduire cette lutte en mettant en place un cadastre financier à l’image de ce qui a pu se faire au lendemain de la révolution française par l’élaboration du cadastre foncier afin que chacun participe à la fiscalité ?

Bien entendu d’autres conditions sont nécessaires et notamment des coalitions inter-pays pour metttre en place tant les dispositifs de contrainte que de contrôle. Tout est possible et il l’explique très bien mais il faut des hommes de vertu et de conviction (il est vrai que ce n’est pas le gouvernement actuel qui a engagé ce type de combat, reculant même  devant la taxe des gains intra-days il y a peu et préférant taxer le peuple et plus particulièrement les familles).

L’espérance est à notre porte et nous pouvons la saisir si chacun agit à sa hauteur et s’agissant de dette il convient en premier lieu de se rappeler les vieux préceptes aveyronnais si utiles dans la vie de tous les jours même s’ils peuvent apparaître simplistes : « on ne dépense que l’argent que l’on a». Ce qui éviterait toutes ces situations ubuesques et surtout de mettre demain nos enfants et petits-enfants dans des situations intenables.

Quelques mots de la revue de presse nationale et internationale vous situerons la valeur de ce livre :  « La Richesse cachée des Nations » , déjà traduit aux Etats-Unis et au Portugal, et vous donnerons des clés de compréhension.

“Ce petit livre vaut dix volumes de thèse sur la mondialisation financière” (La Croix), “Une remarquable enquête” (Le Nouvel Obs), “Un des livres les plus aboutis sur le sujet” (Le Monde), “Excellent” (Marianne), “Un livre passionnant” (Alternatives Economiques), “A lire absolument” (Libération) …

Revue de presse (en France) et à l’étranger :

  • France Info, L’invité de 19h15,  7 novembre 2013
  • France Inter, L’invité de 8h20, 11 novembre 2013
  • L’humanité, “Le coût exorbitant de l’évasion du capital”, 14 novembre 2013
  • Libération, “Seuls les petits comptes quittent la Suisse”, 15 novembre 2013
  • Le JDD, “De nouvelles recettes contre la fraude fiscale”, 17 novembre 2013
  • France 24, L’entretien, 18 novembre 2013
  • Challenges, “Un secret bien gardé”, 21 novembre 2013
  • Mediapart, “350 milliards d’euros français dans les paradis fiscaux”, 25 novembre 2013
  • La Croix, 26 novembre 2013
  • Marianne, “Sortons le délinquant luxembourgeois de l’Europe”, 30 nov. 2013
  • France 2, Journal de 20h, 5 décembre 2013
  • Les Echos, “Les paradis fiscaux sont l’enfer des Etats”, 6 décembre 2013

A l’étranger : L’Illustré, Le Temps, RTSLa Vanguardia, Il sole 24 ore

Une tribune libre de RodezNews


RODEZ : Investir ? Oui, mais pas n’importe comment ni à n’importe quel prix !

23 décembre 2013

A l’entendre, Christian Teyssèdre bât tous les records nationaux  d’investissements des villes de France! Outre que le fait demande à être vérifié, le volume des investissements d’une commune n’a jamais représenté à lui seul un gage de bonne gestion.

Sans engager le débat sur la qualité et l’utilité des réalisations, il est instructif de se poser les questions du pourquoi et du comment de la frénésie de travaux qui a saisi le maire sortant dans la deuxième moitié de son mandat.

Une première explication réside dans ce que l’on peut appeler « les conditions à l’origine ». A savoir que ses prédécesseurs lui ont laissé à la fois une situation financière extrêmement saine et une impressionnante  liste de projets. Parmi ces derniers certains en cours de réalisation, d’autres encore en phase d’étude, mais tous inclus dans une démarche globale dispensant le nouvel élu de tout effort d’imagination.

Après un début de mandat où la volonté de prendre le contrepied de l’équipe précédente  retarda les mises en œuvre, le maire finit par ouvrir les cartons laissés en héritage. Il abandonna les plus compliqués comme l’Ilot Bonald, Combarel ou le Centre de Congrès  et tenta de marquer les autres de son empreinte avec plus ou moins de bonheur. On vit alors le centre ville se couvrir de chantiers dans le plus grand désordre provoquant pendant trois ans des embarras de circulation et d’insurmontables difficultés de stationnement. De quoi décourager le chaland au grand dam des commerçants ruthénois dont le chiffre d’affaire fondait comme neige au soleil.

Dispensé d’avoir des idées encore fallait-il que le maire possédât le nerf de la guerre. Malgré la santé déjà évoquée des finances communales en fin du précédent mandat, la poussée de fièvre des investissements a provoqué deux dérapages incontrôlés : l’augmentation de la fiscalité: +15% et l’explosion de la dette communale: +50%. S’il reste à démontrer que Christian Teyssèdre a gagné le concours des investissements, il a assurément  perdu celui de bon gestionnaire.

Tribune libre de Rodez-News


Municipales Rodez : derrière la candidature de M. Danen se cache en réalité une véritable liste du Front national

29 novembre 2013

Les limites et les incohérences de certaines alliances ruthénoises 

Les élections municipales approchent et d’ores et déjà des alliances apparaissent. Comment les décrypter ?

Si l’alliance de l’UMP avec l’UDI est historique et aussi vraie sur le plan national que sur le plan local, il est bien plus difficile de comprendre certains rapprochements tels que celui de M. Matthieu Danen, membre du parti Démocrate Chrétien, voire celui de Bruno Perrinet, membre du Mouvement pour La France, avec le Front National, parti d’extrême droite. En effet le secrétaire départemental de l’Aveyron de ce dernier parti M. Jean-Guillaume Remise est présent sur cette liste, en vue des prochaines élections, liste dite « Divers Droite ». On brandit ce vocabulaire acceptable et d’apparence Républicaine  « Divers Droite » mais ne vous y trompez pas ces gens là participent ainsi au processus de banalisation du FN car en réalité il s’agit d’une liste d’extrême droite conduite par M. Danen et renforcée par M. Perrinet (et pourtant le front national est perçu comme païen,  focalisé sur l’immigration, et prône le repliement sur soi) .

Les Démocrates chrétiens, héritiers du catholicisme social, prônent de respecter la dignité de toute personne humaine, de maintenir l’ordre public, de promouvoir l’initiative et la liberté personnelle, de favoriser l’exercice collectif de la solidarité, de sauvegarder l’identité de la France, d’en favoriser son rayonnement et de mettre en avant un développement durable. Si on regarde un peu l’histoire il ne peut pas être erroné d’énoncer que l’Europe est une construction politique des démocrates chrétiens et des sociaux démocrates, depuis l’origine. Dans de telles circonstances comment M. Danen peut-il à la fois adhérer à ce parti, porter ces valeurs et faire alliance, pour un scrutin local, avec des membres du front national qui prônent l’égoïsme et le racisme drapés derrière une haine bien dissimulée ?

M. Danen : il ne suffit pas de préempter un électorat pour en représenter les valeurs et  pourtant en la circonstance vous en êtes la parfaite illustration. Ceci est aussi vrai pour ce remarquable mouvement social et sociétal dont vous avez pris, il y a quelques mois, la conduite pour le département « La manif pour tous ». Ce mouvement, par définition,  apolitique témoigne de la capacité et des convictions anthropologiques d’une frange de la population capable de s’engager mais, la aussi, quand bien même vous pouviez être à la tête de ces cortèges vous déshonorez et vous salissez aujourd’hui par votre alliance avec le front National les idées portées, et l’engagement d’une foule de gens honnêtes.

Le MPF (Mouvement pour la France) auquel appartient M. Perrinet s’il se place dans la filiation de la résistance Française se trouve cependant d’inspiration souverainiste et sur ce point se rapprocherait bien plus du Front National.  Protectionniste donc, ce parti souhaite privilégier cependant la moralisation de l’économie (sur ce sujet même les socialistes n’ont encore rien engagé – cf la taxe sur les gains intra-days retirée avant même la présentation et l’absence d’engagement sur les sommes retranchées dans les paradis fiscaux) et s’inscrit au national de manière très claire sur le plan stratégique comme rejetant toute idée d’alliance avec le front National.

Alors MM Danen et Perrinet, comment pouvez-vous continuer à vivre de tels écarts ? Vous pouvez bien entendu continuer à militer pour le front national mais il vous faut alors afficher ce que vous êtes et vous ne pouvez pas vous cacher dans des partis républicains.

Quant aux alliances des socialistes et notamment de nos édiles ruthénois actuels elles sont à l’image du premier magistrat de type libertaire voire libertin. Avouez qu’ils sont inspirés par des sommités nationales mais il est bien difficile de comprendre les alliances avec le front de gauche, les communistes voire l’extrême gauche avec le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste). Quand aux alliances ou dé-alliances avec les EELV c’est aussi difficile de comprendre au plan local qu’au plan national (on sait seulement que plus d’autres ils sont prêt à des compromissions pour rester dans les zones de pouvoir – cf C. Duflot-).

Aujourd’hui il est urgent que le conseil municipal de Rodez soit à l’image du peuple de l’Aveyron qui, plus que d’autres, témoigne d’une identité, d’une fierté, lesquelles sont construites sur des valeurs de respect, de sincérité, d’engagement, d’amour du travail bien fait et de ténacité.

Alors chers compatriotes mettez donc des loupes sur toutes ces alliances pour gagner en cohérence. Cordialement.

André Montialoux

Tribune libre de RodeNews