France : La recomposition de la droite à marche forcée, mais à quel prix ?

Au cours de l’année 2017, la droite française a connu sa plus grande défaite de tous les temps, éliminée du deuxième tour de l’élection présidentielle. Cet échec sans précédent, alors qu’en fin d’année 2016 elle était encore données largement favorite, la droite ne l’avait pas vu venir en soutenant le plus mauvais candidat qui soit : François Fillon.

Une fois de plus la droite française s’est avérée être la plus bête du monde. En effet, il n’était pas nécessaire d’être un politologue averti pour comprendre que la droite incarnée par Fillon courrait à sa perte. On ne peut d’ailleurs que s’étonner du soutien que lui ont apporté la plupart des parlementaires et responsables du parti. Pourquoi avoir persisté à soutenir un candidat aussi radical, replié sur lui-même qui incarnait la politique à l’ancienne et si peu ouvert aux autres composantes de la droite et du centre ?

Les français ont choisi une France moderne, tournée vers l’avenir et refusé les recettes du passé

Les français attendaient autre chose et notamment une droite plus moderne et ouverte face aux problèmes de notre société et qui propose une véritable rupture pour sortir notre pays de l’impasse actuelle. Au final, une partie de la droite et du centre n’a eu d’autre choix que de soutenir le seul candidat crédible qui incarnait le renouveau et l’espoir. D’ailleurs, dans les mois qui ont suivi l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence, nombre de parlementaires et membres influents de la droite et du centre ont, soit rejoint le parti présidentiel, soit fait montre d’une certaine sympathie à l’égard de son gouvernement. Pourquoi persister à le nier ?

Près d’un an après son élection, même si tout est loin d’être parfait, force est de reconnaître que l’image de la France a évolué très positivement à l’étranger et que notre pays avance aujourd’hui dans le bon sens, même si beaucoup reste à faire. La faute à qui ?  Bien des réformes effectuées ou en cours auraient dû être faites il y a bien longtemps, y compris par cette même droite qui ose aujourd’hui se laisser aller à une critique systématique. C’est tellement plus facile mais si peu constructif.

Heureusement pour le pays, la volonté d’avancer, le courage et l’autorité semblent enfin de retour. Mais le travail à accomplir pour remettre la France sur les rails est immense.

La recomposition de la droite : une fuite en avant pour ne pas disparaître

C’est dans un contexte difficile où elle se trouve placée hors du jeu politique actuel que la droite tente de se recomposer, tant bien que mal. Mais à quel prix, à défaut d’avoir réellement tiré les leçons de ses échecs successifs. Après une campagne interne pour le moins expéditive, organisée à la hâte, non sans surprise l’ambitieux Laurent Wauquiez a finalement été élu haut la main à la présidence des Républicains en janvier dernier. Le projet politique porté par le président de la Région Rhône-Alpes-Auvergne est indiscutablement le plus marqué à droite que le parti n’ait jamais porté et en opposition frontale avec le gouvernement actuel, qui comporte pourtant nombre de ses anciens membres et qui conduit une politique de centre-droit.

On peut donc s’étonner du choix d’une ligne aussi radicale fait par M. Wauquiez qui est pourtant un homme politique brillant. Ce positionnement très à droite ne peut en effet qu’indisposer fortement une partie importante de son électorat traditionnel situé au centre et sur sa gauche qui se sent de fait exclut de son mouvement. Dans un tel contexte, cet électorat modéré qui soutien aujourd’hui très largement le gouvernement d’Edouard Philippe, n’a maintenant d’autre choix que d’abandonner Les Républicains pour soutenir La République en Marche. Bien étrange calcul !

Il paraît suicidaire pour Les Républicains de Wauquiez de se couper durablement de cet important électorat qui lui est indispensable pour reconquérir le pouvoir demain. Même s’il récupère une partie de l’électorat de Mme Le Pen, cela ne lui suffira pas pour prétendre gouverner demain d’autant que la position actuelle des Républicains ne fait que contribuer à renforcer le parti présidentiel.

Avec un parcours sans faute, le président Macron pourrait bien être en passe de réussir son pari de remettre la France sur les voies du succès avant le terme de son mandat. Dans cette hypothèse, il est acquis qu’une part importante de l’électorat du centre-droit se rangera alors à ses côtés car le plus important pour elle n’est pas l’avenir de la droite mais bien l’intérêt du pays.

Les Républicains incapables de contenir la fuite des sympathisants et des électeurs déçus

Les attaques incessantes de M. Wauquiez et des Républicains à l’encontre du gouvernement d’Edouard Philippe ne font qu’isoler un peu plus le parti et le marginaliser à droite. En effet, sur la plupart des sujets, le président Macron et son gouvernement qui mènent au demeurant une politique libérale plutôt de centre-droit, ne font que mettre en œuvre des politiques et réformes que la droite elle-même a été incapable de mener lorsqu’elle était au gouvernement, notamment par manque de courage politique. Comment, dans un tel contexte, la partie de la droite et du centre exclue par Wauquiez des Républicains pourrait-elle ne pas se tourner vers le gouvernement actuel ?

Même si les problèmes engendrés par l’immigrations massive de ces dernières années sont au cœur des préoccupations des français et notamment d’une large part de l’électorat traditionnel de la droite, ce ne peut être à lui seul le facteur fédérateur de l’unité de la droite. Ce qui manque à la droite c’est un véritable projet politique global et cohérente autour de l’Europe. En effet, l’Europe, les réformes de structures, la maîtrise des déficits publics, le chômage, la protection sociale et notre système de santé sont essentiels et doivent être réglés au plus vite. Hélas, de ce côté-là, on ne voit guère les propositions crédibles de M. Wauquiez et c’est bien ce qu’il y a de plus inquiétant pour l’avenir de son parti.

Les prochaines élections européennes seront un test important pour le gouvernement et l’ensemble des formations politiques. Pourquoi pas une liste commune pour les formations pro-européennes ? Cela aurait beaucoup de sens aux yeux de nombreux français car, n’en déplaise à quelques nostalgiques d’un passé révolu, l’avenir de la France est directement lié à celui de l’Union européenne qui doit maintenant reprendre sa marche en avant. Une élection qui pourrait bien redistribuer les cartes politiques en France au détriment de la droite actuelle si elle n’y prend garde.

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :