La mérule est entrée dans Rodez

Communiqué

Le Maire de Rodez semble confondre budget municipal et budget électoral. Lorsque l’élection municipale pointe son nez, on emprunte, on dépense, on construit. Mais dans le clinquant, le visible, ce qui fait la une des journaux. Monsieur le Maire de Rodez veut qu’on le voit couper du cordon d’inauguration : salle des fêtes, musée Soulages, jardin public. Et une avenue Victor Hugo à l’image des Champs-Élysées. En miniature bien sûr, mais Rodez n’est pas Paris et Monsieur le Maire n’est pas Haussman.

Mais tout cela coûte cher. Vient alors la deuxième phase une fois l’élection passée : vente des biens de la commune, immeubles ou parking ; arrêt de l’entretien de la voirie, les petites rues comme les grandes que seuls les riverains arpentent n’intéressent pas Monsieur le Maire. Place de la Cité dégradée, îlot Bonal quasiment en friche, parking Foch délabré ; seul le quartier de Bourran semble trouver grâce aux yeux de Monsieur le Maire. Autant de coupes sombres de façon à présenter en fin de mandat un budget pimpant, prêt pour de nouvelles dépenses de prestiges en vue des élections.

Cet abandon du quotidien, mission pourtant essentielle d’une commune, a des conséquences graves. Ainsi, en début de mandat, un immeuble a été acquis par la mairie dans la perspective d’une mise au norme de la maison de retraite attenante. Mais les considérations financières semblant plus importantes que le bien-être de nos aînés, la municipalité n’a engagé aucuns travaux, n’a même pas assuré l’entretien courant de cet immeuble. Aujourd’hui, il est infecté par la mérule.

La mérule est un champignon qui s’attaque au bois dans les maisons. Certains l’appellent le cancer du bâtiment parce que ses filaments peuvent traverser les murs telles des métastases. Quand rien n’est fait, la maison atteinte est condamnée. Mais même les traitements ne parviennent que difficilement à l’éradiquer. Il peut rester en dormance pendant des années avant de se réveiller, digérer les bois d’œuvre sans qu’on ne s’en rende compte et, de proche en proche, contaminer tout un pâté de maisons. Déjà l’immeuble mitoyen est touché et c’est le propriétaire de celui-ci qui a donné l’alerte.

Alors que l’Aveyron était jusqu’ici épargné par ce fléau, l’incurie de la majorité municipale a permis son apparition dans Rodez, mettant ainsi en péril le patrimoine de tous les Ruthénois.

Alors même que cette maison infestée vient d’être achetée par la municipalité pour étendre la maison de retraite attenante, est maintenant à l’étude le déplacement pur et simple de la maison de retraite : gestion sans concertation confirmée.

Lors du dernier conseil municipal du 17 novembre 2017, nous nous sommes opposées au remboursement anticipé d’un emprunt de 2013 d’un montant de plus d’un million d’euros. Cette somme empruntée n’a pas été utilisée. On peut se demander pourquoi cet emprunt a été contracté si c’était pour ne pas l’utiliser. Nous avons estimé qu’au lieu de rembourser cette somme disponible, il valait mieux l’utiliser pour entretenir le patrimoine communal. Mais Monsieur le Maire a préféré soigner l’apparence de son budget plutôt que de soigner la santé des immeubles et de la voirie de Rodez.

A quand une vraie politique de la ville pour les Ruthénois ?

Nathalie Auguy-Périé, Anne-Sophie Monestier-Charrié, conseillères municipales

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