France : Dans un paysage politique en pleine recomposition, l’avenir des Républicains se joue dans les mois à venir

Avec l’élection surprise d’Emmanuel Macron, la dernière élection présidentielle de mai 2017 a fait imploser les partis politiques traditionnels qui régnaient pourtant sans partage depuis plus de 30 ans. Aujourd’hui, le parti socialiste comme le parti communiste luttent pour leur survie alors que la droite et le centre, tentent tant bien que mal à se recomposer pour retrouver la confiance des électeurs. La lutte s’annonce laborieuse.

De leur côté, les partis d’extrême-gauche et d’extrême-droite qui s’en sont plutôt bien sortis en termes de voix, pensaient pouvoir surfer sur le vide sidéral laissés par les partis traditionnels pour les supplanter. Six mois plus tard, il n’en est rien et ils semblent eux aussi traverser une importante crise qui les empêche de peser sensiblement sur la vie publique ; du moins pour l’instant !

Pendant ce temps, le parti du président : La République en Marche, après quelques mois difficiles, le temps de trouver ses marques, semble aujourd’hui s’installer peu à peu sur l’échiquier politique national.

Que deviennent la droite et le centre dans tout cela ?

Les Républicains qui n’ont aujourd’hui plus de leader, traversent une grande période de doute et d’incertitude. Ils vont désigner leur futur président les 10 et 17 décembre prochain. Trois candidats et candidate visent le poste pour prendre le contrôle du parti : Florence Portelli, Maël de Calan et Laurent Vauquiez. Même si la bataille pour la présidence ne fait que commencer, il semble que Laurent Vauquiez soit en position de l’emporter assez largement face aux deux challengers. Mais sera-t-il en mesure de rassembler l’ensemble de la droite ? Pas si sûr, lui qui semble se placer aujourd’hui sur une ligne politique très droitière et plutôt anti-européenne, en pensant profiter des difficultés actuelles du FN pour récupérer une partie de son électorat !

Même Nicolas Sarkozy est sorti de sa réserve pour critiquer ouvertement le positionnement de M. Vauquiez qui revendique pourtant son soutien : « Celui qui ne rassemble pas, qui pense qu’une famille politique c’est une secte, ne peut pas défendre ses convictions ». En effet, la ligne politique que semble vouloir imposer Laurent Vauquiez risque de fracturer un peu plus Les Républicains et limiter sa capacité à rassembler durablement autour de lui. Celui qui ambitionne d’être candidat de la droite à la présidentielle de 2022 prend ainsi le risque de s’aliéner une part importante de l’électorat de droite modéré et du centre qui ne se reconnaît dans ces valeurs de repli.

D’ores et déjà, le groupe dissident Les Constructifs qui pèse prés de 40 parlementaires, du fait de l’exclusion de ses poids lourds des Républicains, va probablement créer d’ici la fin de l’année un nouveau parti politique qui regroupera celles et ceux qui, aux Républicains, ne partagent pas la ligne politique incarnée par M. Vauquiez. Ils devraient ainsi aspirer les nombreux adhérents et sympathisants modérés, libéraux et pro-européens qui sont aujourd’hui convaincu que la seule alternative actuelle est de soutenir le président Macron sur les projets de réformes qu’elle partage et que la droite n’a pas été capable de mettre en œuvre par le passé (réforme du code du travail, suppression de l’ISF, flat-tax…).

Alain Juppé et les Républicains modérés vont entrer en opposition frontale avec Laurent Vauquiez

Très discret depuis l’élection du président Macron, Alain Juppé, le pro-européen et créateur de l’UMP, monte progressivement au créneau aux côtés des Constructifs pour saluer certains aspects de la politique du président et de son gouvernement, dont le Premier ministre, Edouard Philippe n’est autre que l’un de ses anciens responsables de campagne.

Voici quelques jours, Alain Juppé a ainsi loué la politique européenne du président Macron allant jusqu’à se montrer ouvert à l’idée d’un grand rassemblement au centre pour les prochaines élections européennes. Alors : piège tendu par Emmanuel Macron ou scission probable au sein des Républicains dont l’aile modérée ne se reconnaît plus dans l’évolution actuelle du parti ? Probablement les deux.

L’Europe risque en effet d’être un facteur de division et probablement de scission au sein des Républicains. Alain Juppé, les Constructifs et une part importante des Républicains parmi les libéraux restent des européens convaincus qui ne pourront supporter longtemps les attaques de Laurent Vauquiez sans réagir. Dans ce contexte, Emmanuel Macron qui affiche une véritable ambition européenne à laquelle une partie de la droite et du centre sont très sensibles, aura ainsi beau jeu de proposer pour les élections européennes de 2019, la constitution d’une large liste d’union et de rassemblement des français favorables à la poursuite de la construction européenne.

Outre le renforcement du camp pro-européen et de sa crédibilité au sein de l’Union, une telle liste aurait aussi l’avantage d’affaiblir les formations politiques eurosceptique de l’extrême-gauche à l’extrême-droite.

Nul doute que le président Macron va mettre à profit ce début d’année 2018 pour fédérer autour de lui les pro-européens du centre, des Républicains et du Parti socialiste en vue ces échéances européennes ô combien importantes.

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