Europe : Galiléo bientôt opérationnel

GPS : Galileo arrive enfin !

Le lancement réussi, le 17 novembre 2016 de 4 satellites de télécommunication via la fusée Ariane 5 marque une étape cruciale pour le projet européen de système de géolocalisation mis en route il y a déjà dix-sept ans. Malgré beaucoup de retard et autres péripéties, l’Europe dispose dorénavant d’un nombre suffisant de satellites Galileo pour couvrir le monde entier. Le système européen Galiléo, concurrent du GPS a donc été mis en service de manière expérimentale en décembre 2016.

Pour les équipes de l’Agence spatiale européenne (ESA) qui chapeautent le programme, le bout d’un long tunnel est enfin en vue. Mais le monde a-t-il encore besoin d’un nouveau système de géolocalisation ? Le paysage a beaucoup changé depuis 1999, lorsque le GPS américain n’était opérationnel que depuis cinq ans et que le concurrent russe « Glonass » était à la dérive après l’effondrement de l’Union soviétique. Moscou a depuis lors réussi à redresser la situation. De son côté, la Chine a déployé son alternative, baptisée « Beidou ». Le GPS est aujourd’hui un élément essentiel de géolocalisation pour un grand nombre d’utilisateurs de smartphone.

L’Europe, pour des raisons stratégiques, doit pouvoir offrir son propre système de géolocalisation. Difficile en effet pour l’Europe de prétendre jouer un rôle de premier plan technologique et dans l’espace s’il passe à côté de la géolocalisation. A l’avenir, le système de positionnement par satellite est devenu essentiel dans un nombre toujours plus vaste de domaines, du monde militaire à celui des transports.

L’enjeu est particulièrement sensible sur le terrain de la Défense. Actuellement, les armées européennes dépendent du GPS américain, qui est sous contrôle des militaires de l’US Army. Pour les spécialistes : « C’est une question d’autonomie; si vous n’êtes pas capable de générer un signal de positionnement dont vous avez la clé, vous êtes en position d’infériorité« . Cette recherche d’une souveraineté dans le domaine de la géolocalisation n’est pas qu’une affaire de principe. N’oublions pas que durant la guerre du Kosovo [1998-1999], les États-Unis avaient brouillé le signal GPS, ce qui rendait les armées européennes aveugles et sans repères, et ce en plein cœur de l’Europe.

L’avènement prochain de Galileo va donc changer la donne pour les armées européennes et les sortir de leur dépendance envers la technologie américaine. Pour les utilisateurs civils ou militaires, l’avantage de la solution européenne est de proposer une véritable alternative d’autant que celle-ci permet une beaucoup plus grande précision. Galiléo est en effet plus précis que le GPS avec un positionnement à 5 mètres près (dans sa version gratuite) et même 1 mètre, via son option payante, contre seulement 10 mètres pour le GPS.

Une différence qui l’emportera notamment pour les corps de métier qui vont avoir besoin de la plus grande précision possible. « Dans des domaines comme le transport, le BTP ou encore dans la prospection du pétrole et pour le travail des services de secours, cela peut jouer un rôle crucial« . Le piéton ou l’automobiliste ne verra pas forcément la différence sur son smartphone. Néanmoins, les avantages de Galileo sur le GPS ne s’arrêtent pas à la précision. Selon les ingénieurs : »Le signal est aussi plus robuste« . Par ailleurs, la version européenne du GPS fonctionnera mieux en milieu urbain où la densité de population et des constructions perturbent parfois la réception du signal GPS.

Enfin, le projet Galileo repose sur une philosophie différente qui, à terme, peut jouer en sa faveur. Il est en effet le seul système de position qui sera géré par un organisme civil, l’Agence européenne de navigation par satellite (GSA). Le GPS, Glonass ou Beidou sont tous entre les mains des militaires. Galiléo présente donc un avantage non négligeable de garantie de transparence par rapport à ses concurrents.

Au final, le grand public n’aura probablement pas à choisir. Actuellement déjà, peu de férus de smartphone savent que leur téléphone combine souvent à la fois une puce GPS avec celle de Glonass. Galileo peut très bien venir ajouter son grain de géolocalisation au smartphone sans avoir à mettre le GPS hors-jeu.

Cohabitation ou concurrence féroce ? Le prochain enjeu de la bataille de la géolocalisation va connaître une phase de « négociations et d’accords entre États et avec les opérateurs » pour savoir comment faire une place au système européen de positionnement par satellite.

L’Europe avance, lentement mais sûrement, vers son indépendance.

Plus d’infos : Galileo by ESA

Publicités

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :