Attentat de Nice : Qui ment ? Qui manipule les français pour cacher de probables insuffisances de l’Etat concernant la sécurisation de la promenade des Anglais ?

Quelques jours après la tuerie de Nice qui a fait 84 morts, les soupçons sur les failles de sécurité ne cessent de s’accumuler. Le quotidien Libération avait tiré le premier en diffusant une enquête selon laquelle aucun membre de la police nationale n’était présent à l’entrée du périmètre de sécurité au moment où le terroriste avait foncé dans la foule au volant d’un camion.

Ces affirmations étaient d’autant plus surprenantes qu’elles contredisaient les déclarations du ministre de l’Intérieur et de la préfecture des Alpes-Maritimes et semblaient ainsi donner raison à l’ancien maire de Nice, Christian Estrosi.

« J’aimerais comprendre comment ce camion a pu entrer dans la zone piétonne ? »

Estrosi, actuel président du Conseil régional PACA, tout de suite après la tuerie, avait publiquement mis en cause la responsabilité du gouvernement en affirmant : «J’aimerais comprendre comment ce camion a pu rentrer dans la zone piétonne». De nombreux français se posent la même question ! Si la police nationale avait été réellement présente, n’aurait-on pas pu réagir plus rapidement et sauver de nombreuses vies ?

Par communiqué du 16 juillet, la préfecture des Alpes-Maritimes avait déclaré : «La mission périmétrique était confiée pour les points les plus sensibles à des équipages de la police nationale, renforcés d’équipages de la police municipale. C’était le cas notamment du point d’entrée du camion, avec une interdiction d’accès matérialisée par le positionnement de véhicules bloquant l’accès à la chaussée. Le camion a forcé le passage en montant sur le trottoir».

La préfecture affirmait alors que le début de la zone piétonne était barré par des voitures de la police nationale pour éviter un éventuel passage en force. Ce qui ne paraît pas être le cas.

Le journal Libération affirme que seuls deux agents municipaux étaient présents à l’entrée de la promenade des anglais

Le quotidien Libération a toujours affirmé le contraire et mis en cause le manque de sécurisation du périmètre, notamment aux entrées. Photographies à l’appui, prises juste avant le drame, le quotidien assurait : « Seuls deux agents municipaux étaient présents à l’entrée de la promenade des Anglais, placés au milieu de la chaussée derrière deux barrières de sécurité. Aucune trace d’effectifs de la police nationale dans ce périmètre, tous ayant été relevés aux alentours de 20h30 par leurs collègues municipaux».

Il semble que les policiers nationaux aient de fait été relevés vers 21 heures. Aucune voiture de police ou policier national n’était donc plus présents à l’entrée du point d’accès pour bloquer le passage et intercepter toute intrusion.

Dans les faits, il apparaît que les premiers policiers nationaux présents sur place, étaient à priori postés à plus de 370 mètres plus bas, au cœur de la zone piétonne. Comme indiqué par le ministère de l’Intérieur, six fonctionnaires étaient effectivement présents sur place, ainsi que deux voitures stationnées le long de la chaussée. Celles-ci étaient placées dans le sens longitudinal ce qui ne leur permettait pas d’être en mesure de barrer la route du camion frigorifique.

Ceci explique qu’il ait fallu plus de 45 secondes après avoir forcé l’entrée pour que les policiers nationaux interceptent le camion du terroriste. Une éternité ! S’ils avaient été postés aux entrées, comme prévu initialement, le camion aurait certainement été intercepté bien plus tôt.

Les seuls arguments du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur sont de crier à la manipulation politique des élus de droite. Un peu court au regard des victimes !

Malgré les faits, le Premier ministre a rejeté toute faille des services de l’État devant le Palais Bourbon : « Je n’accepterai jamais les propos honteux qui insinuent que tout cela aurait pu être évité, car dire cela, c’est discréditer nos forces de sécurité qui se battent chaque jour et qui obtiennent des résultats ».

Tous les éléments factuels contredisent pourtant ce qu’avait affirmé le 16 juillet Bernard Cazeneuve à la sortie du conseil de défense : « La police nationale était présente et très présente sur la promenade des Anglais », ajoutant : «… des véhicules de police rendaient impossible le franchissement de la promenade des anglais ». De deux choses l’une, soit M. Cazeneuve ne connaît pas le dossier, soit il ment tout simplement.

Selon le Figaro qui rapporte les propos d’Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes et président du Conseil départemental, ces informations ne font que confirmer les accusations de l’ancien maire de Nice sur le manque de moyens policiers nationaux. De son côté, Rudy Salles, député UDI des Alpes-Maritimes et adjoint au tourisme de la mairie de Nice a déclaré : « Je ne veux accuser personne à ce stade, mais je ne peux pas accepter que l’Etat mette en cause la ville de Nice, qui s’est toujours pliée à ses exigences que ce soit pour les fan-zones, pour le carnaval ou pour le 14 juillet »

De nombreuses autres questions viennent à l’esprit et sèment le trouble :

  • Pourquoi ne pas avoir posté des policiers nationaux aux entrées de la promenade, avec leurs propres véhicules et leurs armes lourdes pour protéger les accès jusqu’à 23 h 30 au moins, au lieu de 21 h ?
  • Pourquoi de hauts responsables de la police nationale ont-ils harcelé la responsable du poste de surveillance vidéo de la police municipale de Nice pour exiger qu’elle mentionne dans son rapport la présence de la police nationale sur divers lieux de la manifestation, alors que ces derniers n’apparaissaient pas sur les images vidéos ?
  • Pourquoi la justice, par réquisition quelques jours après les attentats, a-t-elle exigé l’effacement des images vidéos des caméras ayant enregistré le massacre pour de prétendues raisons de sécurité, alors que les images sont stockées de manières sécurisée et sont systématiquement détruites le plus souvent dans les 10 jours qui suivent ? Voulait-on éviter que certains n’exploitent les insuffisances de la police nationale sur le terrain ?

Dans ce contexte pour le moins trouble en ce qui concerne le rôle de la police nationale, le ministre de l’Intérieur, comme le Premier ministre et le Chef de l’Etat, responsables de la sécurité des français, seraient mieux inspirés de faire preuve de modération et de responsabilité avant de crier au loup et à la manipulation politique.

Si les choses avaient été faites rigoureusement avec une réelle présence de la police nationale aux entrées de la Promenade jusqu’à minuit, la France n’aurait probablement pas eu à déplorer 84 victimes innocentes et une centaine de blessés ! Cette question relève de la seule responsabilité de l’Etat, donc du gouvernement et du ministre de l’Intérieur. Dans une démocratie, il n’est pas anormal que l’opposition et la population demandent des comptes lorsque qu’il y a des interrogations légitimes !

Il y a d’ailleurs des pays où pour de tels faits et comportements, les ministres concernés auraient démissionné depuis longtemps ! La France si prompte à donner des leçons de démocratie aux autres est encore une fois loin d’être exemplaire.

Reste à espérer qu’une enquête indépendante établira clairement les responsabilités de chacun et que de telles erreurs ne se reproduiront pas. Les survivants de cette tuerie et les proches des victimes ont le droit de savoir pourquoi cette tuerie a pu avoir lieu.

 

 

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