France : Le pays bloqué par des syndicalistes radicaux qui refusent la démocratie au nom d’une idéologie totalitaire

Après plusieurs semaines de blocages organisés par le syndicat CGT dans les seuls secteurs de l’énergie et des transports où elle est la plus représentative, la France a donné une fois de plus une image désastreuse à l’étranger. Tout cela pour une petite réformette du marché du travail, visant à favoriser les accords au sein des entreprises.

Par delà la réforme elle-même aux enjeux pourtant limités, il est plus probable que les forces d’extrême gauche aient voulu tout simplement marquer le terrain et montrer leurs crocs, face à un gouvernement affaibli qui tangue de toute part et qui tente tant bien que mal d’engager dans l’urgence quelques réformes de structures indispensables. L’objectif de la CGT et ses alliés est double : mobiliser les forces de la gauche extrême pour apparaître comme le seul syndicat qui défendrait les salariés mais aussi s’opposer par tous moyens au gouvernement socialiste pour le faire reculer et l’affaiblir un peu plus. Il y a manifestement là un règlement de compte politique qui se joue une fois de plus au détriment des français.

Quel que soit la modestie du texte relatif à la « loi Travail » de Mme El Khomri, il a au moins l’avantage d’aller vers plus de souplesse du marché du travail. L’article 2 de la loi Travail, tant critiqué par les opposants au projet de loi, introduirait une « inversion de la hiérarchie des normes ». En matière de temps de travail, il prévoit notamment qu’un accord négocié au sein de l’entreprise (accord d’entreprise) puisse remplacer les dispositions d’un accord de branche, même si ces dispositions sont plus favorables pour les salariés.

C’est un début modeste mais qui a le mérite d’aller dans le bon sens. Mais il faudra aller beaucoup plus loin très rapidement pour favoriser la croissance et l’emploi.

Ce qui est inquiétant, c’est justement que ces grèves, manifestations et blocages visent à figer le code du travail en France alors même qu’il est source de nombreuses complications et participe à maintenir un fort taux de chômage, de loin le plus mauvais au regard de nos partenaires européens. Dans ces conditions, toute opposition aux réformes du marché du travail est suicidaire pour les salariés français, mais la CGT n’en a cure et laisse croire le contraire. Face à un monde qui change et une concurrence qui s’intensifie, il est totalement faux et mensonger de laisser croire que la France pourra continuer à créer de l’emploi dans les conditions actuelles.

Les méthodes de la CGT en 2016 n’ont toujours rien de démocratique, bien au contraire. Si la grève reste un moyen d’action reconnu par la constitution, que dire des piquets de grève qui bloquent l’activité d’entreprises, de dépôts de carburant ou des barrages sur les routes et ronds-points qui paralysent la circulation et prennent en otage l’ensemble du pays ? Ces méthodes sont indignes de syndicats d’un grand pays démocratique ; mais le sommes-nous encore ? Comment ne pas évoquer également les pressions répétées du syndicat du livre CGT sur la presse ? En exigeant la diffusion d’un tract du secrétaire général du syndicat dans la presse française, le syndicat a une nouvelle fois empêché la parution des journaux jeudi dernier (à l’exception de son propre journal : l’Humanité). Ce qui est inadmissible et en dit long sur ce syndicat. Manifestement, le respect de la liberté de la presse et plus généralement de la démocratie, ce n’est pas le point fort de la CGT !

Dans tout pays démocratique digne de ce nom, aucun syndicat ne dicte sa loi au gouvernement comme en France. La CGT oublie volontiers qu’en France, le gouvernement issu des élections, sous le contrôle du Parlement, est en effet le seul légitime à légiférer et à imposer les réformes nécessaires dans l’intérêt général du pays, quand bien même l’on n’est pas d’accord. En démocratie, ce ne sont pas les syndicats qui gouvernent !

Même si le gouvernement socialiste a commis un certain nombre d’erreurs (manque de préparation du texte, dialogue avec les syndicats insuffisant, défaut d’explication de l’objet précis de cette réforme aux français…), la riposte des syndicats les plus marqués à gauche est totalement disproportionnée et abusive. Il s’agit ici de manifestations strictement politiques qui n’ont plus rien à voir avec un combat syndical démocratique.

Qui peut croire qu’un gouvernement, qui plus est de gauche, s’acharnerait à mettre en œuvre des réformes du marché du travail, simplement pour pénaliser les salariés au profit des entreprises ? Les arguments de la CGT ne sont que mensonge et manipulation pour laisser croire aux français qu’elle agit pour la défense de leurs intérêts. En réalité, c’est tout l’inverse. Comment s’acharner à vouloir maintenir le statu quo alors que la situation de l’emploi est la pire qui soit en France ? Continuer ainsi, sans engager certaines réformes est tout simplement suicidaire pour les français et inciter un peu plus les entreprises à ne pas embaucher, voire à se délocaliser.

Vu de l’étranger, la France apparaît comme un pays exsangue et replié sur lui-même qui défend bec et ongle ses petits privilèges d’autrefois, quitte à foncer dans le mur, en refusant de se moderniser et de regarder vers l’avenir comme l’ont fait la plupart des pays européens.

Pour s’en sortir et retrouver le plein emploi, à l’instar des autres pays d’Europe comme l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni, le Bénélux… la France n’a d’autres choix que de mettre en œuvre des réformes courageuses pour sortir de l’impasse actuelle. Que ce soit un gouvernement de gauche ou demain de droite, il n’y a pas d’autres choix que de donner plus de souplesse au marché du travail et à revoir en profondeur le code du travail pour faciliter durablement l’embauche par les entreprises. Car au final, ce sont les entreprises qui embauchent et qui créent de la richesse pour le pays.

Reste à trouver le bon compromis entre la nécessaire protection des salariés et les indispensables marges de manœuvres dont ont besoin les entreprises pour embaucher et faire face à la concurrence.

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