Rodez : Après de longs et houleux débats, le Conseil municipal entérine la fermeture de l’école Paul Girard

De nombreux sujets étaient à l’ordre du jour du Conseil municipal du 22 avril et la séance promettait d’être longue et animée. Elle n’a pas déçu même si fort heureusement, l’un des dossiers chauds de la soirée a été retiré au dernier moment : celui prévoyant l’attribution d’une subvention exceptionnelle de 50 000 € au SRA (Rugby). Pour autant, la séance qui avait débuté à 17 h 00, n’a pris fin qu’à 21 h 30, soit plus de 4 h 30 de débats divers et variés, dont certains sans intérêt majeur…

Le débat tant attendu, concernant la fermeture de l’école Paul Girard, a clos la séance. Il faut dire que la majorité socialiste, probablement fort gênée aux entournures sur ce dossier politiquement chaud et pour le moins embarrassant, avait pris soin de le placer en toute fin de séance et sous un intitulé pour le moins surprenant : « Restructuration du réseau d’écoles : affectation et désaffectation de locaux à usages scolaire ». Ce qui en dit long sur l’état d’esprit de la majorité municipale qui n’assume pas certaines de ses décisions.

Il y a en effet beaucoup à dire sur cette décision prise à la va-vite par la municipalité, concernant la fermeture de l’école Paul Girard. Comment ne pas s’étonner qu’une telle décision ait été prise unilatéralement et dans l’urgence par la municipalité socialiste ? Que dire des interventions publiques du maire dans la presse et devant les parents, affirmant que l’école serait fermée au 1er septembre 2016, sans que la Commission municipale en charge du sujet n’ait été réunie, ni bien sûr le Conseil municipal ? Ce dernier n’a été consulté que postérieurement, ce 22 avril. Voilà qui est peu respectueux de la démocratie locale. Il est vrai qu’à Rodez, on est habitués !

Par delà les élus court-circuités sur ce dossier, force est de constater, une fois encore, que la méthode suivie par le maire pour arriver à ses fins a été pour le moins expéditive. Que dire de la manière avec laquelle les parents ont été traités dans cette affaire ? On ne peut que regretter le manque de dialogue et le peu d’écoute à leur égard, eux qui sont pourtant les mieux placés pour juger de l’intérêt des enfants, bien plus que le maire de Rodez.

Les débats ont tourné court puisque le maire, dés le départ, avait pris sa décision et n’avait qu’un seul objectif en tête, fermer coûte que coûte l’école Paul Girard au plus vite, même si les motifs demeurent peu convaincants. Dans ce contexte, les nombreuses interventions et les arguments développés par les parents et les enseignants ont été purement et simplement ignorés. Sûr de lui, le maire de Rodez lors de ce dernier conseil municipal n’a pas hésité à affirmer qu’il n’avait reçu aucun courrier signé d’un parent d’élève pour s’opposer à cette fermeture ! Quel mépris pour les élus et les parents d’élèves !

Le principal argument de M. Teyssèdre, qui ne résiste pas un instant à la réalité, est le fait que l’Education nationale dans une récente note aurait exigé que les écoles assurent une véritable continuité d’enseignement sur le même site, entre les maternelles et les classes primaires, de manière à offrir aux enfants une transition en douceur. Tout cela est purement fantaisiste car l’école Paul Girard assurait parfaitement cette transition dans les meilleures conditions pour les enfants, comme chacun le sait. Il est d’ailleurs affligeant de constater que le maire de Rodez, contrairement à la plupart des maires du pays, s’appuie sur une note interne de l’Education nationale pour fermer une école. Bien étrange procédé !

Chacun le sait, la véritable raison de cette fermeture est financière. Mais est-ce suffisant pour fermer une petite école de quartier qui a une fréquentation stable depuis des années et donne pleine satisfaction ? Manifestement oui pour le maire de Rodez pour qui des travaux importants de mise aux normes de l’école étaient nécessaires. Mais pourquoi, dans ce cas, avoir attendu prés de 8 ans pour s’en rendre compte et tant de précipitation à vouloir la fermer en l’espace de quelques mois ?

Il est vrai que depuis prés de 10 ans, les écoles de Rodez ont vu leurs effectifs baisser de plus de 700 élèves. Dans ce cas, pourquoi la municipalité socialiste s’est lancée dans la construction démesurée de deux écoles à Saint Félix et Bourran pour plus de 12 millions d’euros, alors qu’une seule située à cheval sur les deux quartiers aurait amplement suffit au vu de leur démographie, comme cela avait été prévu par la précédente municipalité ? C’est ainsi plus de 6 millions d’euros qui ont été sacrifiés sur l’autel des promesses électorales, au détriment des autres écoles du centre-ville. Dans ce contexte, affirmer que la fermeture de la petite école Paul Girard, après celle de François Fabié en 2011, s’imposait relève de la manipulation pure et simple.

Que penser d’une municipalité qui a manifestement surinvesti dans deux écoles, dont une seule se justifiait, et qui se voit maintenant contrainte à la fermeture de deux écoles de quartiers, en contradiction avec ses promesses électorales ? On comprend dans ce contexte le fort mécontentement de certains électeurs.

Ce qui est en cause ici, c’est d’abord la méthode expéditive utilisée par la municipalité et le mépris manifesté à l’égard des parents d’élèves, mis devant le fait accompli alors qu’il eût été souhaitable de prendre son temps et de bien expliquer les enjeux, quitte à différer la fermeture d’un an ou deux.

Pour autant, il serait irresponsable et tout aussi mensonger d’affirmer que la ville de Rodez qui a connu une forte baisse des effectifs scolaires, peut continuer à financer ad vitam aeternam toutes ses écoles y compris les plus petites. En ces temps de restrictions budgétaires (ce n’est hélas qu’un début), il est bien évident qu’il est indispensable de rationaliser et moderniser les équipements scolaires afin de les adapter aux réalités d’aujourd’hui. Pour cela, il faut anticiper et avoir une véritable vision à long terme de l’avenir plutôt que de piloter à vue et brutalement au grès des vents.

En prenant les bonnes décisions voici quelques années et en se limitant à construire une seule école pour le quartier Saint Félix/Bourran, la municipalité se serait créé de réelles marges de manœuvres budgétaires qui auraient permis une meilleure rationalisation des équipements scolaire, tout en douceur plutôt que par la force.

Si la nouvelle école de Bourran qui doit ouvrir ses portes à la rentrée 2016 semble avoir fait le plein, il sera intéressant d’étudier plus en détail sa fréquentation et plus spécialement la commune d’origine des enfants. Et là, contrairement à l’école Paul Girard où plus des 3/4 des enfants étaient issus de la ville, on pourrait avoir des surprises et constater qu’une majorité d’enfants ne sont pas des ruthénois mais appartiennent à des communes voisines.

Affaire à suivre !

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