Rodez : Le palais épiscopal convertit en hôtel 5 étoiles d’ici 2018 ?

Jean-Claude Luche, président du Conseil départemental de l’Aveyron a dévoilé fin février le projet lors de la cession de rentrée du Conseil départemental, consacrée au débat d’orientation budgétaire pour 2016.

Le palais épiscopal de Rodez, situé 1 rue de Frayssinous, à proximité immédiate de la cathédrale, est la propriété du Conseil départemental de l’Aveyron. Les locaux occupés par l’évêché étant devenus inadaptés et trop coûteux, ce dernier a décidé de s’installer dans de nouveaux locaux plus fonctionnels (ancien carmel) situés rue Combarel à Rodez. Les travaux sont en cours de finition et le déménagement est prévu à l’automne 2016.

La construction du palais épiscopal avait été entrepris en 1684 par Paul-Louis-Philippe de Lezay de Lusignan, évêque de Rodez. Edifié dans le style Louis XIII avec son escalier central rappelant celui du château de Fontainebleau, il a été achevé en 1694. Il fût ultérieurement vendu comme bien national et devint alors le siège de l’administration départementale, puis de la préfecture. En 1822, la préfecture s’installa dans les locaux actuels : l’hôtel Le Normant d’Ayssènes. Partiellement inscrit au titre des monuments historiques depuis 1942, le palais épiscopal était occupé par l’évêché de Rodez depuis cette date.

Ces dernières années, le Conseil départemental cherchait une solution pour réduire le coût d’entretien et de fonctionnement de ce bâtiment de plus de 3 600 m2 situé au cœur de la ville de Rodez. C’est dans ce contexte que Jean-Claude Luche a récemment annoncé la bonne nouvelle pour les finances du département : le palais épiscopal fera l’objet d’une location au profit d’un investisseur qui s’engage à y aménager un hôtel 5 étoiles !

A cet effet, un bail emphytéotique d’une durée de 50 ans devrait être prochainement conclu entre le preneur et le Conseil départemental. Rappelons qu’un bail emphytéotique est un bail de longue durée, d’au moins 18 ans et d’au plus 99 ans. Il s’agit d’un droit réel immobilier. A l’issue du bail emphytéotique, les constructions ou améliorations réalisées par le locataire deviennent la propriété du bailleur, en principe sans indemnité, sauf clause contraire. Le bail emphytéotique est aujourd’hui régulièrement utilisé par les collectivités locales ou des investisseurs pour permettre l’exploitation de bâtiments industriels ou commerciaux.

A ce jour, les conditions précises de cette location ne sont pas encore connues. On sait par contre que le preneur est bien connu dans le département d’où est originaire sa famille. Après avoir travaillé dans la finance à Londres, puis Hong-Kong, il se serait reconverti ces dernières années dans l’immobilier de luxe en Asie notamment dans l’hôtellerie.

Le projet tel que présenté prévoit un début des travaux fin 2016 pour une ouverture courant 2018. L’investissement serait de l’ordre de 5 millions d’euros. Cet hôtel 5 étoiles devrait comporter de 25 à 35 chambres, deux restaurants dont un gastronomique, une piscine, un centre de remise en forme et une boutique de produits régionaux. Au total, une quarantaine de personnes devraient y être employées.

A noter que Catherine Painvin, fondatrice de Tartine & Chocolat et du Comptoir de l’Aubrac, devrait être la directrice artistique de l’établissement. Selon les engagements du preneur, l’actuel jardin de l’évêché devrait toutefois rester ouvert au public, au moins pour partie.

Contrairement aux craintes de certains hôteliers ruthénois, cet établissement de luxe ne devrait en rien concurrencer les hôtels existants qui ne se situent pas sur le même niveau de confort et de prestations qui seront ici proches d’un palace, avec des tarifs sans commune mesure avec ceux en vigueur localement et le tout, sans promotion bien entendu. C’est principalement la clientèle étrangère d’Asie, Amérique du nord, Japon… qui est ici visée et qui devrait faire les beaux jours du nouveau palais épiscopal de Rodez.

Indiscutablement, si le projet se concrétise, il s’agira là d’un atout indéniable pour l’image et l’attractivité touristique de l’agglomération ruthénoise qui viendra conforter le musée Soulages. Rappelons en effet que les infrastructures d’hébergement actuelles sont dans l’incapacité de retenir les touristes à fort potentiel qui ne fréquentent généralement que les 5 étoiles et autres palaces de Toulouse ou Montpellier. D’ailleurs, le projet de musée Soulages prévoyait initialement la construction d’un tel établissement hôtelier de luxe à Rodez afin de favoriser les séjours de plusieurs jours par ces touristes à fort pouvoir d’achat.

Voilà un manque qui devrait être prochainement comblé, en espérant que la fréquentation sera au rendez-vous. Un plus indéniable pour l’attractivité de Rodez et conforter son rôle de véritable capitale du sud Massif- Central.

Reste maintenant à la ville de Rodez à terminer l’aménagement du centre-ville pour favoriser l’intégration de ce nouvel hôtel 5 étoiles. Son attractivité passe par la mise en valeur de la richesse patrimoniale et le développement des espaces piétonniers, à commencer par la place de la Cité « véritable cœur de ville » et ceux autour de la cathédrale, à commencer par la rue Frayssinous.

Espérons que la municipalité ruthénoise sera à la hauteur des enjeux.

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