Rodez : un budget 2016 sans grandes ambitions

le principal sujet à l’ordre du jour du Conseil municipal de Rodez du 18 décembre concernait le vote du budget primitif 2016.

  1. Les principaux éléments à retenir sur le budget 2016 :

Le budget primitif de fonctionnement s’établit à 31 5756 000 € (-2.31%) alors que le budget primitif d’investissement s’élève à 11 006 900 € (-4.16%). En d’autres termes, les dépenses de fonctionnement sont globalement maitrisées même si la baisse reste modérée alors que les dépenses d’investissements diminuent plus sensiblement.

La section d’investissement concerne des dépenses d’équipement brut pour 8 398 000 € dont, pour les principaux travaux : 1 566 000 € pour la voirie et l’éclairage public, 1 000 000 € pour la fin des travaux de construction du groupe scolaire Bourran-Calcomier, 1 312 000 € pour la rénovation du centre sportif de Vabres… On ne peut que regretter le report une fois encore des travaux d’aménagement de la place de la Cité et de rénovation du parking Foch qui est aujourd’hui en mauvais état général et ne donne pas une bonne image de la ville.

L’encours de la dette du budget principal au 31 décembre 2015 devrait s’établir à 18,772 millions d’euros, à laquelle il faut ajouter celle des budgets annexes de 4,048 millions pour les budgets annexes (dont 3,768 millions d’euros pour les seuls parcs de stationnement). Au total, la dette consolidée (budget principal + budget annexes) s’établit à 22,820 millions d’euros à fin 2015. Comparé à l’explosion de la dette consolidée qui avait culminé en 2013 à 32,771 millions d’euros, cette évolution traduit une nette amélioration qui s’explique par la chute des investissements structurants au cours des années 2014, 2015 et 2016.

A fin 2016, selon les prévisions actuelles, la dette consolidée de la ville de Rodez devrait revenir aux alentours de 20 300 000 €, soit sensiblement celle existante au 31/12/2007 dont avait hérité l’actuelle majorité municipale lors de son arrivée aux affaires. Dans ces conditions, il n’y aura pas d’amélioration de la situation de la dette au regard de la majorité précédente mais, au mieux, une simple stabilisation à ce niveau.

Concernant les taux d’imposition des impôts locaux, seule la taxe d’habitation voit son taux modifié, passant de 17.24% en 2015 à 16.38% en 2016. Pour autant, ceci n’entrainera pas de baisse de la cotisation en raison de la suppression concomitante et dans la même proportion d’une partie de l’abattement général à la base (Cf. Remarques ci-après)

  1. Quelques commentaires sur ce budget 2016 :

Il ne paraît pas anormal que dans un contexte de réduction importante des dotations de l’Etat, à l’initiative du gouvernement socialiste, la ville de Rodez réduise sensiblement sa voilure. Des marges de manœuvre existent dans certains domaines même si elles restent limitées. Encore faut-il porter un projet cohérent et faire des choix en fonction des priorités définies. La municipalité socialiste de Rodez ne semble pas avoir de cap précis et se contente de taper bêtement dans la dépense, sans véritables stratégie et cohérence. Une méthode pour le moins discutable.

2-1 ) Les dépenses de fonctionnement

La réduction des dépenses de fonctionnement n’a de sens que si elle est parfaitement maitrisée et choisie. La recherche absolue de réduction des dépenses sans repenser les priorités et les missions est une pure aberration sur un plan politique, comme de la gestion de la ville.

Comment par exemple envisager de fermer purement et simplement une école de quartier à Rodez (Maternelle Paul Girard) qui ne comporte pas moins de 40 élèves, par simple soucis d’économies budgétaires ? Rappelons que depuis 2010, pour des raisons strictement politiciennes et pourtant fort dispendieuses, la municipalité socialiste a construit deux écoles entièrement neuves à Saint Félix et Bourran pour un montant de 12 000 000 euros, alors même qu’au vu de leur fréquentation actuelle et à venir, une seule aurait largement suffit. Il aurait dû en résulter une économie nette d’au moins 6 millions d’euros. Dans ce contexte, comment expliquer la cohérence et la logique financière de la fermeture d’une école maternelle de quartier pour réduire les frais de fonctionnement de quelques dizaines de milliers d’euros par an ?

2-2 ) Les investissements :

La municipalité qui a investi démesurément entre 2011 et 2013, a coupé à nouveau brutalement dans les équipements structurants en 2014. Pour informations, il est bon de rappeler que certains de ces investissements comme le parking du Foirail et le multiplexe d’un coût global de 20 millions d’euros ont été entièrement financés par la ville alors qu’ils concernent en grande partie une population extérieure. De plus, une bonne gestion des finances locales aurait voulu que le parking, payé par les usagers, soit concédé et non financé par la ville car sa rentabilité ne sera pas assurée avant 40 ans.

Quant-au multiplexe de cinéma, il aurait du être financé par l’exploitant lui-même, comme cela avait été initialement prévu. Au total, la ville aurait pu consacrer ces 20 millions à d’autres investissements prioritaires, dont la rénovation du parking Foch et la réfection de la place de la Cité. Il ne suffit pas d’investir à tour de bras pour être un gestionnaire avisé ! Que dire de la construction des deux écoles élémentaires pour un coût de 12 millions d’euros là où le pragmatisme aurait voulu de ne réaliser qu’une seule et même école pour moitié prix. N’est-ce pas le maire de Rodez qui veut aujourd’hui fermer une école publique de Rodez en affirmant qu’il y aurait plus de 400 places de libres dans les écoles de la ville ? Pourquoi donc, dans ces conditions, avoir construit récemment deux écoles flambant neuves ?

Au bas mot, c’est ainsi plus de 26 millions d’euros qui sont partis en fumée, au détriment d’investissements prioritaires. Preuve, s’il en est, que le niveau d’investissement ne suffit à lieu seul à caractériser une bonne gestion, soucieuse de l’avenir et de des fonds publics !

2-3 ) L’évolution de la dette :

La dette consolidée de la ville (budget principal + budgets annexes), après avoir explosé en 2012 et 2013 à 32,771 millions d’euros (+ 12 millions d’euros par rapport à 2008), devrait revenir dés fin 2016 à 20,300 millions d’euros, soit le niveau qu’elle avait début 2008, à l’arrivée de la municipalité socialiste. Un juste retour des choses qui ne marque pas pour autant une amélioration de la situation de la dette, mais une simple stabilisation à son niveau antérieur. Ce qui n’est pas tout à fait la même chose !

2-4 ) Sur la prétendue baisse de la taxe d’habitation :

La baisse annoncée du taux de la taxe d’habitation mérite quelques explications. Il ne s’agit en fait que d’une simple mesure d’annonce qui n’entrainera aucune baisse de cotisation pour les ruthénois… Soyons clairs et ne nous laissons pas abuser par les beaux discours du maire de Rodez. Contrairement aux apparences et à ce que laisse régulièrement entendre le maire, si le taux de la taxe d’habitation va effectivement baisser de 5%, il n’y aura toutefois aucune baisse de la cotisation pour les contribuables.

En effet, la baisse annoncée de 5% concerne le taux de la taxe d’habitation et non de la cotisation qui sera payée. En effet, cette baisse du taux est entièrement neutralisée par la suppression à hauteur de 5% (dans les mêmes proportions) de l’abattement général à la base qui était jusqu’alors de 10% (qui sera donc ramené à 5% en 2016). Cet abattement général à la base vient diminuer la valeur locative imposable de l’ensemble des foyers assujettis à cette taxe. Sa réduction ou suppression entraine donc mathématiquement une hausse de cotisation qui sera ici compensée par la baisse du taux.

Cette baisse annoncée du taux de la taxe d’habitation n’entrainera aucune baisse de cotisation pour les ruthénois. On ne peut d’ailleurs que regretter le manque d’ambition de la municipalité en matière de baisse des impôts locaux, fussent de manière modérée, notamment du fait de l’instauration de la taxe sur les logements vacants en 2016 qui viendra augmenter les recettes fiscales. Une belle occasion ratée de baisser enfin les impôts !

Une fois de plus, entre les grands discours du maire de Rodez sur les investissements, la dette, la fiscalité… et la réalité, il y a un véritable abîme que les électeurs peuvent mesurer chaque jour.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :