France : Les leçons à tirer des dernières élections régionales

Les dernières élections régionales constituent un dernier avertissement sans frais des électeurs à la classe politique française dans son ensemble. Ces dernières années, le pays est plongé dans une crise économique, budgétaire et sociale sans précédent qui menace gravement la stabilité et l’avenir même de notre pays.

Le manque de courage et de crédibilité de la classe politique, qui s’avère incapable de répondre aux grands problèmes du moment, s’est fortement aggravé depuis l’élection de M. Hollande.

Les dernières élections régionales, avec une participation au 1er tour de l’ordre de 40% seulement, ont permis de mesurer l’ampleur du mécontentement de la population exaspérée par l’impuissance de nos gouvernants. Beaucoup de promesses, de reculades et de renoncements alors que notre pays, qui vit nettement au dessus de ses moyens, a tant besoin de grandes réformes de structures pour moderniser notre Etat aujourd’hui exsangue, impuissant face aux défis d’aujourd’hui.

Même si le Front national n’a pas remporté de région, les grands perdants du scrutin restent les grands partis politiques. Si au 2ème tour, les électeurs sont revenus plus nombreux aux urnes (50%), ce fût d’abord pour éviter que la vague Front national qui s’annonçait ne déferle sur le pays. Les partis politiques traditionnels ont-ils vraiment compris le message ?

En dépit du fait d’avoir recueillis prés de 40% des électeurs du 2ème tour, le score de la droite et du centre reste décevant. Hormis la situation particulière des régions « Nord Pas-de-Calais-Picardie » ; « Alsace-Champagne-Ardennes Lorraine » et « Provence Alpes Côte d’Azur » où la gauche avait appelé à faire barrage du Front national, la droite n’a réalisé de bons résultats que dans les importantes régions « Ile-de-France » et « Auvergne Rhônes-Alpes ». Il est à noter que les candidats Les Républicains de ces deux régions, Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez, ont été parmi les seuls à faire baisser le score de l’extrême droite au 2ème tour ; preuve de leur crédibilité par rapport aux préoccupations de la population.

Par contre, en régions « Bourgogne-Franche-Comté » et « Centre », dont les listes étaient conduites par des UDI, l’extrême-droite a sensiblement progressé au 2ème tour et ainsi empêché la droite et le centre de gagner ces deux régions ; preuve que les candidats n’ont pas convaincu les électeurs. Une chose est sûre, Les Républicains, UDI et autres Modem ont été fortement pénalisés par les triangulaires ; à l’inverse, la gauche bien que divisée au 1er tour, s’est retrouvée unie au 2ème tour avec un bon report de voix.

Avec une forte majorité de triangulaires et un Front national au plus haut à plus de 30% des voix, il était très difficile pour la droite et le centre de l’emporter dans certaines régions. Malgré tout, au final, sur 12 nouvelles régions métropolitaines, 7 parmi les plus importantes ont été gagnées par elle.

De son côté, la gauche unie a largement profité des triangulaires pour l’emporter dans 5 régions, dont ses fiefs traditionnels de « Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées », « Aquitaine Poitou-Charentes Limousin » et « Bretagne ». Pour autant, elle réalise son plus bas score depuis longtemps avec environ 30% des voix. Elle a pu limiter ses pertes grâce au report précieux des voix de l’extrême-gauche et notamment du Front de gauche, mais aussi d’EELV, partis qui contestent pourtant au quotidien la politique du gouvernement socialiste. Seule la discipline de vote des électeurs de gauche lui a permis de sauver la face au 2ème tour.

Rien de bien glorieux sachant que la gauche détenait jusqu’alors 21 des 22 régions de France et atteignait habituellement 40% à 45% au 2ème tour. Aujourd’hui, elle n’en détient plus que 5 en grande partie grâce à des élections triangulaires. Malgré les apparences et les grands discours, la gauche française n’a été rarement aussi marginalisée dans un scrutin. Voilà qui n’est guère de bon augure pour les élections de 2017.

Après ces élections régionales, les partis de gouvernement, que ce soit Les Républicain et l’UDI ou le Parti socialiste sont maintenant au pied du mur. A défaut de remise en cause profonde de leur manière de gouverner, en prenant en compte les préoccupations réelles des électeurs, en s’attaquant aux problèmes qui gangrènent notre démocratie et en renouvelant massivement la classe politique, le pays court à la catastrophe aux prochaines élections car les français n’en peuvent plus d’attendre. Ils ont la certitude que le pays fonce dans le mur mais que personne au gouvernement ne semble réagir pour empêcher le crash.

Les français exigent maintenant et rapidement que les partis traditionnels se réforment et se renouvellent pour s’atteler à régler les vrais problèmes du pays : chômage élevé, précarité croissante, autorité de l’Etat, insécurité, immigration, terrorisme…

Le pays attend un programme clair et précis sur tous ces problèmes et bien d’autres avec un calendrier de mise en œuvre. Ce grand projet pour une nouvelle France ne sera cependant crédible que s’il est porté par des femmes et des hommes nouveaux et compétents.

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