Air-France : Entre gâchis et chienlit, la compagnie est aujourd’hui à l’agonie

La compagnie nationale française Air-France, entreprise publique s’il en est depuis toujours, fait régulièrement la une de l’actualité en raison d’une gestion chaotiques quasi-permanente. Inutile de revenir sur le triste épisode de la semaine dernière qui a montré au grand jour l’agression physique contre le DRH de la compagnie par des personnels mécontents des négociations en cours.

L’image négative donnée de la compagnie et de la France, est tout simplement dramatique. Comment dans ce contexte de conflits sociaux permanents, les passagers feraient-ils confiance à Air-France et les entreprises étrangères viendraient-elles s’installer dans un pays où les relations sociales sont si violentes et difficiles ? Des images qui ont pourtant fait le tour du monde…

Les tensions à Air-France ne sont pas nouvelles car elles durent depuis plus de 30 ans. Rappelons que les dizaines de milliards d’euros investis par l’Etat actionnaire dans cette compagne l’ont été en pure perte puisque aujourd’hui la situation de la compagnie n’a jamais été aussi délicate. Pourtant à la fin des années 1990, la compagnie remise à flot par M. Blanc avait retrouvé la santé et devait être privatisée pour lui permettre de mieux affronter la concurrence. Finalement, le gouvernement socialiste de M. Jospin, pour des raisons purement idéologiques, a refusé d’engager la privatisation. La France a ainsi raté le sauvetage de sa compagnie.

Les difficultés de la compagnie nationale, tout le monde les connaît. Elles sont dues, d’une part, à l’incapacité de l’Etat actionnaire à impulser une politique à long terme et préparer la compagnie à affronter une concurrence mondiale très forte, et d’autre part, la nécessité d’une réduction massive des coûts qui sont supérieurs de prés de 20% à la plupart des compagnies équivalentes. Dans un contexte fortement concurrentiel en raison de l’arrivée de compagnies low-cost fort bien gérées telles (Ryanair, EasyJet, Germanwings, Vueling…), Air-France est aujourd’hui lourdement pénalisée par son inertie et sa gouvernance qui ne lui ont pas permis de lancer suffisamment tôt sa propre low-cost Transavia. Elle a aussi perdu beaucoup de terrain face à ses consoeurs Lufthansa et British-Airways.

Pour ne parler que des tarifs, la filiale HOP d’Air-France qui dessert l’aéroport de Rodez-Aveyron propose un aller-retour Paris-Orly Ouest au prix de 400 euros alors qu’un aller-retour à Londres-Stanted ou Bruxelles-Charleroi, via ce même aéroport, coûte entre 50 € et 100 € seulement via Ryanair dont les profits ont de quoi faire pâlir notre compagnie nationale.

Air-France doit faire face à des syndicats puissants qui font de la surenchère permanente et empêchent ainsi toute issue qui permettrait de pérenniser l’entreprise à long terme. Les accords sociaux impossibles et autres grèves à répétition, notamment sous l’impulsion du puissant syndicat des pilotes (SNPL), ont mis la compagnie en très grande difficulté, à tel point qu’on peut aujourd’hui s’interroger sur son avenir. Manifestement, une certaine catégorie de personnels privilégiés refusent de voir la réalité et entraînent dans leur sillage les personnels au sol bien moins lotis.

Rappelons qu’Air-France emploie pléthore de pilotes de ligne parmi les mieux payés du monde aéronautique. Pas moins de 4 700 pilotes sont en effet grassement rémunérés sur un total de 63 000 personnes. En moyenne, les officiers pilotes gagnent prés de 12 000 € bruts par mois et les commandants de bord prés de 17 500 € alors que les pilotes instructeurs seraient à 20 000 €. Annuellement, selon le type d’avion, les officiers pilotes gagneraient en moyenne 140 000 € bruts et les commandants de bords 220 000 € bruts, hors défraiements des déplacements par la compagnie.

Au dire même de la compagnie, les pilotes coûteraient prés de 25% plus chers que chez la plupart des compagnies concurrentes, notamment en raison de salaires élevés mais aussi d’une productivité parmi les plus faibles du monde aéronautique. En effet, les pilotes réalisent un nombre d’heures de vols relativement faible, très au-dessous des limites réglementaires en vigueur. C’est la raison pour laquelle l’objectif actuel de la compagnie est d’augmenter d’environ 17% le temps de travail de ces derniers en vue de réduire les coûts.

Combien de temps encore les personnels navigants d’Air-France vont-ils continuer à prendre les passagers et les contribuables en otages ? Qu’ils continuent ainsi et ils auront tout perdu, à commencer par leur propre emploi. Et les français n’auront plus de compagnie nationale ! Heureusement, de nombreuses autres compagnies ne demandent qu’à prendre la place d’Air-France.

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