France : Le gouvernement socialiste persiste dans le dogme suicidaire des 35h

Voici quelques jours, en pleine université d’été du Parti socialiste à La Rochelle, Emmanuel Macron, ministre de l’Economie du gouvernement de Manuel Valls, à défaut d’avoir été invité, participait à celle du Medef sur le campus parisien d’HEC. La coqueluche de l’aile droite du Parti socialiste qui rêve de faire basculer le parti dans le camp social-démocrate aujourd’hui minoritaire au sein du parti, s’est laissé aller à quelques confidences destinées à son auditoire de chefs d’entreprises acquis à sa cause.

Par esprit de provocation ou par maladresse, toujours est-il qu’Emmanuel Macron qui a le secret des petites phrases assassines, n’a pas fait dans la dentelle. Même les patrons n’en sont pas revenus ! « La gauche a pu croire à un moment, il y a longtemps, que la politique se faisait contre les entreprises ou au moins sans elles… Que la France pourrait aller mieux, en travaillant moins. C’était de fausses idées… » Voilà qui est nouveau et encourageant de la part d’un membre important d’un gouvernement de gauche.

Enfin un ministre de gauche qui a le courage de critiquer ouvertement certaines mesures prises voici prés de 15 ans par les socialistes, qui ont coûté et coûtent encore aujourd’hui très cher à la France en termes de compétitivité. Une vérité qui tranche avec les propos mensongers habituels du Parti socialiste et de son gouvernement. Preuve de l’absurdité et du dogmatisme idéologique qui prévaut en son sein concernant la généralisation des 35h. Rappelons en effet qu’aucun pays n’a suivi la France dans cette voie pour le moins absurde et suicidaire vis-à-vis de nos concurrents. Ils rient encore de tant de bêtise et d’absurdité.

Pourtant, depuis leur université d’été, les défenseurs d’une l’idéologie socialisante des plus réactionnaire sont aussitôt montés au créneau pour dénoncer les propos du ministre. Il a même fallu que le Premier ministre Manuel Valls intervienne sur le champ pour recadrer son ministre et rappeler : « Il n’y aura pas de remise en cause du temps de travail et des 35 heures ». Etonnant de la part de quelqu’un qui, dans une vie antérieure où il n’était pas encore ministre, affirmait qu’il était favorable à cette remise en cause !

Les socialistes français ne sont pas à une contradiction ou mensonge prés. La rapidité de réaction du Premier ministre montre d’ailleurs à quel point le Parti socialiste et ses alliés sont au bord de l’implosion. Au sein du PS, les tensions sont très fortes entre les partisans d’une ligne dure « à gauche toute » et une minorité partisante d’une ligne strictement social démocrate ; la seule aujourd’hui crédible. Elles le sont aussi avec leurs alliés écologistes qui sont en train de se disloquer entre la ligne majoritaire, très gauchisante qui ne se reconnaît pas dans le gouvernement actuel et celle plus modérée, favorable à une participation active au gouvernement. D’où les récentes démissions des présidents du groupe EELV à l’Assemblée nationale et au Sénat, François de Rugy et Jean-Vincent Placé.

A quelques mois des élections régionales et quelques jours d’un remaniement ministériel, voilà encore un problème de plus à régler pour Hollande et son gouvernement qui se trouvent ainsi pris au piège.

Revenons aux propos d’Emmanuel Macron sur les 35 heures. Enfin quelqu’un qui se dit de gauche qui ose dire ce que beaucoup, même à gauche, pensent tout bas. Globalement, la majorité des gens sensés s’accorde aujourd’hui pour reconnaître que ce fût là une colossale erreur politique que de procéder à la généralisation des 35 h, imposées unilatéralement et sans souplesse à l’ensemble des entreprises. L’idée était d’ailleurs si mauvaise qu’aucun pays au monde ne s’est aventuré dans une telle voie. C’est peu dire !

Les 35h valent à la France un manque cruel de compétitivité par rapport à ses concurrents et surtout un effet contraire à celui recherché, un niveau de chômage record parmi les grands pays développés. Une chose est sûre, si la course aux RTT était créatrice d’emploi, cela se saurait ! Pourtant, les socialistes persistent dans l’erreur par pure idéologie.

Il faut espérer que la droite et Les Républicains en particulier, auront enfin le courage de s’attaquer une bonne fois pour toutes à ce fléau des 35 h, afin de restaurer la compétitivité de nos entreprises. Un retour en arrière s’impose pour favoriser la création d’emplois à long terme. Une chose est sûre, puisque qu’aucun pays ne les a adoptées, tôt ou tard, la France devra dire adieu aux 35 h et ses RTT qui n’en finissent pas …. On appelle cela du pragmatisme !

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