Europe : Tsipras et Syriza ont conduit la Grèce au bord du gouffre et trahi la confiance des européens. Des leçons à tirer pour l’Europe.

Après des mois de discussions et de surenchères de Tsipras, l’Europe est finalement parvenu à un accord qui permet à la Grèce de rester dans la zone euro, moyennant un certain nombre de réformes et mesures que le pays devra mettre en œuvre dans les meilleurs délais. En contrepartie, les créanciers de la Grèce consentent à nouveau d’apporter des fonds pour permettre au pays de subsister et de lancer un vaste plan d’investissement qui devra sauver le pays.

Tout çà pour çà ou les promesses démagogiques de Tsipras

Rappelons que le gouvernement grec d’extrême-gauche conduit par Alexis Tsipras, issu des élections législatives de l’automne 2014, voulait continuer à bénéficier de l’aide de l’Europe sans contreparties. Le Premier ministre grec, comme une majorité de la population, pensait pouvoir continuer à bénéficier des largesses de l’Europe, sans s’imposer la discipline budgétaire à laquelle sont astreints les pays de la zone euros. Le programme de Syriza n’était rien d’autre qu’un conte de fée destiné à tromper les électeurs qui sont tombés dans le piège. D’ailleurs, depuis l’élection de Tsipras, la situation de la Grèce n’a cessé de se dégrader à grande vitesse.

Le fait d’appartenir à la zone euro (les grecs ont souhaité et souhaitent toujours en faire partie) impose aux pays membres de respecter un certain nombre de critères budgétaires visant à faire converger les données économiques et budgétaires des membres. Manifestement, la Grèce qui est et de très loin, le pays européen qui a perçu le plus de subventions, pensait pouvoir continuer à s’affranchir de toute contrainte alors même qu’une partie de sa dette a fait l’objet d’un abandon pour plus de 100 milliards d’euros par divers organismes financiers européens.

Jamais un pays européen n’a été assisté à ce point, sans contrepartie jusqu’à ce jour. Il était donc tout à fait légitime, ne serait-ce que par respect pour les autres démocraties européennes qui respectent les critères prévus et se sont imposé une discipline pour y parvenir, de lier toute nouvelle aide à la Grèce à la mise en œuvre par son gouvernement des mesures imposées par les créanciers. Mesures qui au passage, sont les seules qui à terme, peuvent permettre à la Grèce de rétablir sa situation financière et de retrouver des marges de manœuvres.

En cela, le retrait unilatéral de M. Tsipras des négociations avec l’UE la semaine dernière et sa décision d’organiser un référendum sur les propositions des créanciers, a été une grave erreur qui a largement contribué à la perte de confiance des dirigeants de la zone euro envers les grecs. Ce fût un coup politique mais un coup de trop qui aurait pu mettre l’Europe en péril. Le non qui s’en est suivi n’a fait qu’exaspérer un peu plus les autres européens, las de payer pour la Grèce en pure perte.

Comment peut-on dire non aux mesures proposées pour conserver la Grèce dans la zone euro tout en souhaitant rester dans l’euro ? Encore une contradiction de plus entretenue par les promesses démagogiques de l’extrême-gauche grecque qui voulait manifestement mettre la zone euro à feu et à sang en faisant payer les autres.

L’Allemagne a su imposer sa fermeté et son leadership pour sortir la zone euro de l’impasse grecque

Pourquoi les européens du nord, mais aussi l’Irlande, le Portugal et l’Espagne qui ont imposé de substantiels sacrifices à leur population pour réduire les dépenses publiques et procéder à d’importantes réformes de structures en vue de retrouver la croissance et l’emploi et contenir la dette publique, auraient-ils été les seuls à payer pour sauver la petite Grèce, dont les dépenses publiques atteignent des sommets et où, pour autant, l’Etat est incapable de percevoir les impôts ?

Sous le leadership de l’Allemagne et d’Angela Merkel en particulier, la majorité des pays de la zone euro se sont montrés fermes et ont exigé de la Grèce la garantie de la mise en œuvre du programme de réforme prévu dans les meilleurs délais. Tout cela, simplement pour assurer la sécurité et la crédibilité de la zone euro qui sont en jeu dans ce dossier. Loin d’être un diktat comme l’ont parfois assuré les responsables grecs, les pays qui ont su maintenir des finances saines ne pouvaient accepter de continuer à renflouer la Grèce en pure perte, au risque de provoquer à terme l’implosion de la zone euro. N’oublions pas qu’en réalité la Grèce de Tsipras menaçait de mettre le feu à la zone euro. Il y avait urgence !

Au final, Tsipras et les grecs ont échoué dans leur tentative d’imposer leurs propres règles populistes et suicidaires qui ignorent les contraintes liées à l’appartenance à la zone euro et visaient à faire payer les autres. A défaut de vouloir quitter la zone euro, les grecs n’avaient d’autres choix que de se plier aux règles fixés par les dirigeants de la zone euro. Rappelons enfin que les mesures retenues lors du conseil européen de la zone euro du 13 juillet 2015 sont sensiblement plus contraignantes que celles qui avaient été fixées par les créanciers et que les grecs avaient refusé par référendum. Juste retour des choses.

A l’inverse, la France alliée de la Grèce et relativement isolée au sein de la zone euro, sort affaiblie de cet épisode

Dans cette affaire, comment ne pas s’étonner du rôle peu actif de la France dans ces récentes négociations au sein de la zone euro. Probablement, Hollande qui a été l’un des rares à soutenir le gouvernement grec depuis le début, voulait-il se démarquer de la ligne dite « dure » ? Il est d’ailleurs probable que Tsipras et son gouvernement, forts de l’appui de la France, ont probablement poussé le bouchon un peu trop loin et failli provoquer, par leur intransigeance et démagogie, la sortie de leur pays de la zone euro. Heureusement, les dirigeants européens ont fait une nouvelle fois preuve de responsabilité en sauvant une fois de plus la Grèce de l’implosion.

La France paraît aujourd’hui constituer l’autre maillon faible de la zone euro. A deux reprises depuis 2013, la France reste en effet l’un des seuls pays à avoir sollicité à deux reprises le report à 2017 de la limite des déficits à 3% du PIB pourtant prévue en 2014. Plus inquiétant, la France est aussi l’un des rares pays à ne pas avoir réduit drastiquement ses dépenses publiques qui continuent de croître et à différer l’engagement des réformes de structures qui s’imposent à elle. Le courage politique n’étant pas à priori le point fort des socialistes français, on comprend le doute qui s’installe dans les pays de la zone euro à l’égard de la France et sa nette perte d’influence qui en découle en Europe.

En dépit des apparences, cette grave crise au sein de la zone euro a été réglée par Mme Angela Merkel qui s’est une fois de plus montrée à la hauteur des enjeux, quitte à supporter les critiques injustifiées d’une certaine intransigeance. Une attitude qui tranche avec la relative passivité de M. Hollande qui s’est contenté de suivre, quitte parfois à rajouter de l’huile sur le feu en soutenant un peu trop M. Tsipras. Force est de constater que le tandem franco-allemand a du plomb d’ans l’aile et que les choses ne semblent pas s’arranger du fait de l’incapacité pour Hollande de trancher et prendre rapidement position, noyé qu’il est dans des manœuvres de politique intérieure, sans rapport avec les enjeux de l’Union européenne.

A l’issue de cette nouvelle crise, on aurait aimé que la France fasse des propositions pour conforter le gouvernement économique et politique de l’Europe. A l’inverse, après l’avertissement sans frais délivré à la Grèce, la France se trouve aujourd’hui implicitement placée sous surveillance car on ne peut imposer à la Grèce et aux autres pays de la zone euro, des règles qu’elle ne s’applique pas à elle-même.

Quand Hollande et son gouvernement socialiste vont-ils enfin s’attaquer aux maux qui rongent la France et qui participent à son affaiblissement actuel, à l’intérieur du pays comme à l’extérieur ?

Autre leçon du dossier grec, Syriza et Tsipras ont démontré que la démagogie des programmes populistes des extrêmes, qu’ils soient de gauche comme de droite, sont voués à l’échec et conduiraient l’Europe à la catastrophe. L’affaire grecque devrait ainsi porter un coup fatal à l’alliance objective des l’extrêmes-droite et extrêmes-gauche européennes qui ne font que profiter de la désespérance de certaines populations en les manipulant avec la complicité de certains médias.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :