France : Les leçons de la victoire de David Cameron au Royaume-Uni

A la grande surprise, contrairement aux pronostics des organismes de sondages qui donnaient les deux candidats principaux au coude à coude, c’est finalement David Cameron, le Premier ministre sortant qui l’emporte avec une large majorité au Parlement. La reine l’a aussitôt confirmé dans ses fonctions et il devrait prochainement former son nouveau gouvernement.

Le parti conservateur britannique (Tories) réalise ainsi un de ses plus beaux résultats depuis l’élection de Margaret Thatcher en 1983 alors que le parti travailliste (Labour) perd avec un écart supérieur à 100 sièges. Par contre, le SNP (Scottish National Party) passe de 6 à 56 sièges et fait une razzia en Ecosse (56 sur 59 députés), terre d’élection des travaillistes. Dorénavant troisième parti britannique au Parlement, le SNP pro-européen, risque cependant de donner du fil à retordre à David Cameron qui s’est engagé à réaliser un référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne.

En effet, ces élections creusent ainsi un peu plus le fossé qui sépare Londres et Edinbourg. A peine élus, les indépendantistes donnent de la voix en contestant la légitimité du gouvernement de Londres. Ainsi, si le Royaume-Uni devait un jour dire non à l’Europe, le Parlement écossais menace d’ores et déjà de quitter le Royaume. Si le triomphe de David Cameron est incontestable, avec l’Europe, l’Ecosse présente probablement le plus gros défi à relever.

Cette victoire de Cameron c’est aussi celle du courage et de la volonté d’imposer des réformes à la Thatcher qui ont permis de dynamiser le pays, de réduire le chômage et relancer la croissance. N’oublions pas qu’en 2014, pour la première fois depuis des décennies, le PIB du Royaume-Uni a dépassé celui de France, qui recule au troisième rang en Europe. Preuve si besoin était, de l’état de délabrement de la France depuis l’arrivée de François Hollande. Jamais notre pays n’avait régressé à ce point en si peu de temps. C’est d’ailleurs le mauvais exemple des socialistes français que David Cameron n’a eu de cesse de rappeler aux britanniques qui ont semble-t-il compris le message en ne votant pas pour les travaillistes.

En France, ces résultats ont été fort bien accueillis par la droite et l’UMP en particulier. Nicolas Sarkozy et Alain Juppé se sont empressés de féliciter David Cameron. Ce qui n’a rien de surprenant, bien au contraire. Comment en effet, ne pas se féliciter de cette victoire qui est celle de réformes importantes qui ont permis au Royaume-Uni de moderniser son économie, tout en stimulant la croissance. On aurait aimé qu’il en fût ainsi en France où les socialistes n’ont pas eu le courage d’engager les réformes de structures indispensables pour moderniser le pays et le rendre plus compétitif.

La surprise est venue de certains élus socialistes. Ainsi, Bruno Leroux, président du groupe à l’Assemblée nationale, a vu dans la victoire des conservateurs britanniques un signe d’espoir pour Hollande et les socialistes. Et d’affirmer : « Quand on a le courage de réformer, çà peut payer, c’est ce qui va se passer chez nous… » Pas sûr que tous les socialistes approuvent…

C’est oublier que jusqu’à aujourd’hui, malgré quelques réformettes ici et là, les socialistes français ont été incapables d’engager de véritables réformes et autres baisses des dépenses publiques que demande pourtant avec insistance la Commission européenne. L’absence de réelle amélioration de la situation française depuis 2012 est là pour démontrer, au besoin, que les réformes attendues et efficaces n’ont pas été mises en œuvre, probablement par manque de courage politique mais aussi par incompétence. On continue de piloter la France à vue, au gré des vents et sans véritable cap, à espérer que les autres pays nous entraînent dans leur vague de croissance. La France risque d’attendre longtemps !

D’autre part, les socialistes oublient de dire que jusqu’à ces derniers mois, ils n’ont eu de cesse de fustiger les mesures économiques et sociales prises par David Cameron, qui a réussi, rappelons-le, à réduire les déficits et faire baisser le chômage au Royaume-Uni. N’est pas Cameron qui veut, et surtout pas un socialiste !

Pour la droite et l’UMP en particulier, cette victoire de Cameron est de nature à booster sa volonté réformatrice qui doit maintenait apparaître clairement dans les discours et les programmes. Il est impératif de convaincre qu’arrivée au pouvoir en 2017, la droite s’engagera rapidement et avec détermination dans la voie des réformes structurelles et de la réduction des dépenses publiques. Cette victoire doit aussi convaincre la droite française qu’elle devra assumer « être de droite » lorsqu’elle sera aux affaires, notamment en économie, en matière de réduction des déficits et des dépenses, mais aussi sur des sujets comme l’immigration.

Il appartient à la droite française de préparer sa victoire, fondée sur des réformes courageuses et annoncées. C’est le seul moyen pour la France de retrouver la compétitivité, la croissance et l’emploi.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :