France : Malgré la triple défaite électorale en 1 an, Hollande et son gouvernement continuent comme si de rien n’était

Après la déroute des élections municipale de mars 2014 et celle des élections sénatoriales de septembre 2014 (rebasculement du Sénat au centre-droit), M. Hollande vient de subir une nouvelle et humiliante défaite aux élections départementales qu’il avait pourtant lui-même dessinées à son profit en redécoupant les cantons en vue de reconquérir de nouveaux bastions à la droite et au centre. Même si ce n’est pas la déroute attendue, la défaite est sans appel.

En dépit d’un découpage électoral qu’aucun gouvernement de droite n’aurait osé imaginer, au plan national, le parti socialiste et ses alliés d’extrême-gauche ont perdu prés de la moitié des départements qu’ils contrôlaient jusqu’alors. Sans ce découpage qui leur était très favorable, c’est une dizaine de départements supplémentaires qui seraient tombés dans l’escarcelle de la droite et du centre.

Au final, ces élections départementales 2015 ont permis à l’UMP-UDI et divers droite d’emporter 68 départements contre 33 à la gauche. Pour la première fois depuis fort longtemps, de nombreux et importants bastions de la gauche, ont basculé au centre-droit. Parmi les plus belles conquêtes, on peut citer les départements du Nord (fief de Martine Aubry), les Bouches-du-Rhône (principal fief PS), la Seine-Martime (fief de Laurent Fabius), l’Essonne (fief de Manuel Valls), sans oublier la Corrèze (fief de François Hollande qui en a été le président). Une victoire encourageante pour la droite et le centre en pleine refondation qui en laisse présager d’autres s’ils savent répondre à l’attente profonde des français pour les prochaines échéances.

Autre échec de taille pour la gauche : le Tarn-de-Garonne. Le conseil général était détenu depuis des décennies par Jean-Michel Baylet, patron de la Dépèche-du-Midi. Après avoir perdu son mandat de sénateur à l’automne dernier, c’est maintenant le Conseil départemental qui lui échappe au profit d’un élu sans-étiquette, soutenu par le centre-droit. Des signes qui marquent le déclin de l’influence de la famille Baylet en Midi-Pyrénée ; ce dont personne ne se plaindra au plan régional.

Cette élection départementale conforte aussi l’encrage local du Front national, même s’il reste encore fortement concentré sur quelques départements où il fait ses meilleurs résultats : le Var, le Vaucluse, l’Hérault, le Gard, l’Aisne, le Pas-de-Calais… Au deuxième tour, il n’a réussi à s’imposer que dans 31 cantons (répartis sur 14 départements) sur plus de 2 054 et n’a jamais été en mesure d’emporter la majorité du moindre Conseil départemental. Au final, au vu des objectifs qu’il s’était fixé, le FN reste encore loin du compte et n’aura qu’une influence réduite dans les Conseils départementaux.

Hollande « échec et mat » !

Dans ce contexte, chacun va maintenant fourbir ses armes en vue des prochaines élections régionales qui devraient avoir lieu en décembre. Il s’agit d’un scrutin de liste à deux tours, avec représentation proportionnelle à la plus forte moyenne, se combinant avec une prime à la liste arrivée en tête. De part ce mode de scrutin, le FN entend y améliorer ses résultats et même emporter quelques régions. A 18 mois de l’élection présidentielle, l’importance des élections régionales n’a échappé à personne et surtout pas à M. Hollande qui, dans le contexte actuel, se verrait tout simplement exclu d’un deuxième de tour de la présidentielle qui se jouerait entre l’UMP-UDI et le FN.

Aujourd’hui, le PS et ses alliés détiennent 21 régions françaises sur 22 (sauf l’Alsace). Même si la nouvelle recomposition des régions les a ramenées à 13, le PS ne paraît en position que d’emporter son bastion du Languedoc-Roussillon / Midi-Pyrénées. Une nouvelle déroute s’annonce pour le PS qui risque fort d’être la quatrième défaite en un peu plus de 3 ans de mandat pour Hollande. Du jamais vu pour un président au cours de la 5Eme République !

En attendant, malgré ce terrible échec, le gouvernement socialiste nommé par Hollande semble vouloir poursuivre son bonhomme de chemin cahin caha, sans trop savoir où il va, sachant qu’il est en sursis dans tous les domaines. Valls pilote à vue, au gré des vents et des circonstances, sans véritable cap et bien sûr, sans véritables réformes de structures dans les cartons. Autant dire que la France, au plus mal ces dernières années alors que les pays de l’UE retrouvent la croissance, que l’euro, les taux d’intérêts et les cours du pétrole sont au plus bas.

Jamais depuis longtemps la France n’avait pourtant bénéficié d’un contexte conjoncturel aussi favorable. Pour autant, le pays va mal tout simplement parce que le gouvernement socialiste s’avère incapable d’impulser une véritable politique claire et de s’y tenir. Empêtré dans des conflits internes permanents, il cède aux réformettes et renonce aux courageuses réformes qui s’imposent au pays. Jusqu’à quand ?

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