France : Après l’ultimatum de Poutine, Hollande n’a d’autre choix que de reporter, voire d’annuler, la livraison du Vladivostok

La France devait livrer courant septembre 2014 à la Russie le premier des deux bâtiments BPC (bâtiment de projection et de commandement) de la classe « Mistral » ; un navire de débarquement conçu pour être déployé dans le grand nord et qui fait aujourd’hui tant défaut à la marine russe. La France a suspendu sa livraison en raison de l’attitude de la Russie en Ukraine. Hollande a conditionné la livraison du « Vladivostok » à un accord de cessez le feu avec les séparatiste pro-russes et la neutralité de la Russie. Celle-ci a été reportée à début décembre.

Les navires Mistral sont des bâtiments de dernière génération, très bien équipés, pouvant emporter 16 hélicoptères, une cinquantaine d’engins blindés et prés de 700 hommes de troupes. Ce type de bâtiment polyvalent, le plus important après les porte-avions, mesure 200 m de long et jauge 22 000 tonnes. Equipé d’un hôpital de 70 lits, le Mistral permet à une unité combattante de se déployer rapidement et en totale autonomie sur les divers théâtres d’opérations mondiaux. En cela, il s’agit d’un équipement militaire offensif particulièrement sensible.

Au moment où le conflit en Ukraine repart de plus belle avec la montée en puissance de la Russie aux côtés des séparatistes, Hollande se trouve doublement piégé. Outre la pression importante des alliés de la France, Hollande doit faire face à l’ultimatum que vient de lancer Poutine qui fixe à fin novembre la date limite de livraison du premier navire « Vladivostok », sous peine d’exiger de la France d’importantes compensations financières.

Du côté des pays de l’Otan, des USA et de l’Australie, d’amicales pressions s’exercent pour que la France ne livre pas les navires à la Russie. Ce qui se comprend aisément dans le contexte présent. De la Pologne aux Etats baltes, ennemis jurés de Poutine, de nombreux pays demandent à Hollande de renoncer définitivement à cette livraison. En contrepartie, ils se disent même prêts à acquérir d’importants matériels militaires à la France en compensation, comme des hélicoptères de combat. On dit même que le Canada pourrait se porter acquéreur des navires destinés à la Russie !

Une chose est sûre, dans un contexte mondial très tendu avec la Russie de Poutine qui menace d’intervenir directement en Ukraine, la France n’a d’autre choix que de renoncer, au moins pour l’instant, à la livraison des deux bâtiments de guerre. Membre fondateur de l’Europe mais aussi de l’Otan, il serait irresponsable pour elle d’ignorer ses alliances et céder aux injonctions de Poutine au moment même où il prépare une invasion de l’Ukraine que défendent l’ensemble des pays de l’Union européenne.

Face à l’attitude agressive, pour ne pas dire belliqueuse, de la Russie en Ukraine, la France doit se montrer responsable. Quand bien même cela devrait avoir à terme un coût financier élevé, dans ce rapport de force avec Poutine, c’est la crédibilité politique et militaire de la France qui se joue au niveau mondial. Pour une fois, espérons que Hollande saura faire preuve de fermeté !

Rien ne permet d’affirmer que refuser d’honorer ce contrat avec la Russie porterai préjudice à l’industrie de défense française.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :