Grand Rodez : Un président sur la défensive et une commune de Baraqueville déterminée à retrouver le Pays Baraquevillois pour créer le Grand Ségala

Mardi 04 novembre 2014 s’est tenu un conseil d’agglomération du Grand Rodez. Parmi les questions à l’ordre du jour, il y avait l’examen de la demande de sortie de l’agglomération des communes de Baraqueville et Camboulazet. A noter la présence de nombreux policiers, à la demande du président de l’agglomération. Une présence pour le moins disproportionné et inopportune alors même que M. Christian Teyssèdre est directement responsables des fortes tensions sur le sujet qui mobilisent l’ensemble des élus et populations du Pays Baraquevillois.

Un vote pour ou contre le retrait de Baraqueville et Camboulazet pour le moins contestable

Alors que d’une part, la commune de Manhac ne s’est pas encore prononcée sur le sujet et qu’elle dispose d’un délai jusqu’au 25/12/2014 pour le faire et que, d’autre part, les communes ne pourront sortir de l’agglomération avant le 01/01/2016, le bureau de l’agglomération avait décidé de soumettre la question du retrait à l’ordre du jour. Pourquoi tant de précipitation alors que la question de la sortie des communes de Baraqueville et de Camboulazet ne se pose pas tant que celle de Manhac ne se sera pas prononcée ? Pour mettre la pression sur les communes concernées et les élus du Pays Baraquevillois ? Ce qui est certain, c’est qu’il s’agissait là d’une manœuvre de division qui ne peut d’exacerber les tensions, sans rien régler durablement.

Dans ce contexte, un vote de l’agglomération du Grand Rodez n’avait aucun sens. Tout au plus, cela démontre une fois de plus les pratiques peu respectueuses de la démocratie locale du président de l’agglomération qui entend d’abord imposer ses vues aux autres communes, quitte à le faire par la force.

Ceux qui connaissent M. Teyssèdre ne sont guère étonnés par de telles pratiques. Lui qui avait tout fait en coulisse pour faire entrer à tout prix Baraqueville et quelques autres communes, n’entend manifestement pas céder et les voir quitter l’agglomération. Ce serait pour lui un échec cuisant et désastreux sur le plan politique et il en est conscient lui qui, il n’y a pas si longtemps, se ventait d’avoir réussi à étendre le périmètre de l’agglomération. Pour combien de temps et à quel prix ?

Peu lui importe l’intérêt des communes de Baraqueville, Camboulazet, Manhac ou de la communauté de communes du Pays Baraquevillois ; la seule chose qui lui importe, c’est de verrouiller le périmètre de l’agglomération coûte que coûte. L’intervention fort maladroite et laborieuse et l’ancienne maire de Baraqueville a d’ailleurs confirmé que cette adhésion s’était faite à la demande du président de l’agglomération, sans aucune étude financière préalable et sans la moindre discussion avec les élus de la communauté de commune du Pays Baraquevillois. On comprend mieux les résultats désastreux de cette extension forcée, bien loin d’une adhésion partagée.

Des arguments du président de l’agglomération peu convaincants et pour le moins manipulateurs

Les arguments du président de l’agglomération ont d’ailleurs été tout, sauf convaincants. A l’entendre, l’agglomération du Grand Rodez doit s’étendre à tout prix pour atteindre une taille critique qu’il juge à une bonne trentaine de communes et une population de 90 000 habitants. On n’en prend manifestement pas le chemin à Rodez ! Et de citer de nombreuses agglomérations voisines qui comportent un plus grand nombre de communes, comme Albi, Aurillac ou Castres. Si on peut qu’être d’accord sur cet objectif, cela ne saurait justifier des adhésions forcée et contraires aux intercommunalités voisines. Une extension, comme cela est le cas ailleurs, ne peut se faire, au contraire, que sur la base d’une adhésion volontaire et partagée par l’ensemble des parties.

Le fait que l’agglomération de Rodez n’ait pu passer que de 8 communes à 11 en 2014, contre 30 ou même cinquante pour des communautés comparables, démontre au besoin l’échec du président de l’agglomération qui s’est avéré incapable de négocier l’adhésion des communes voisines, dont certaines font pourtant partie du bassin de vie de Rodez. Il y a là un sérieux problème de méthode comme le démontre l’actuelle demande de sortie des communes pourtant entrées il y a moins d’un an. L’échec n’en est que plus flagrant.

Quant à la création d’intercommunalités comportant plus de 70 communes sur une très vaste zone comme Figeac, sans cohérence particulière, n’a aucun sens et parait vouée à l’échec.

Autre argument fallacieux avancé par M. Teyssèdre, seulement 38% des actifs baraquevillois travailleraient à Baraqueville contre 48% à Rodez ; ce qui à l’entendre, justifierait son intégration dans le Grand Rodez. On peut rétorquer que la plupart des chefs-lieux de cantons voisins sont dans le même cas, voire pire, comme Marcillac-Vallon, Bozouls, Pont-de-Salars sans parler de nombreuses communes directement voisines de l’agglomération comme Flavin, Agen, La Loubière, Rodelle, Salles-la-Source… Dans ces communes, qui font d’ailleurs partie intégrante du bassin de vie de Rodez, c’est plus de 80% de la population active qui travaille sur le Grand Rodez. Pourtant, aussi surprenant que cela puisse paraître, ces communes n’ont pas intégré la communauté d’agglomération du Grand Rodez. Probablement à défaut d’avoir pu les convaincre, M. Teyssèdre s’acharne sur Baraqueville, Camboulazet et Manhac.

Plutôt qu’une extension à tout prix, mieux vaut conserver une taille plus modeste mais avec un territoire homogène et cohérent qui partage la même vision de l’avenir. Contrairement à ce que pense M. Teyssèdre, une intercommunalité ne peut se construire principalement sur des objectifs visant à obtenir les meilleures dotations de l’Etat ou de la région. Qui plus est, contrairement à ce qu’il a affirmé en Conseil d’agglomération, les communautés de communes pourront aussi bien prétendre à ces subsides financiers pour peu que leur taille soit suffisante.

Un maire de Baraqueville déterminé à sortir de l’agglo et sûr de son bon droit

Jacques Barbezanges élu en mars 2014, maire de Baraqueville, a très calmement rappelé la précipitation et l’impréparation qui avaient prévalues lors de l’adhésion de sa commune. Et d’affirmer que si un véritable dialogue et des études sérieuses avaient été menés préalablement, Baraqueville n’aurait jamais adhéré au Grand Rodez. En effet, non seulement le coût financier était trop élevé mais surtout il mettait en péril la communauté de communes du Pays Baraquevillois, dont le bourg centre de Baraqueville constitue l’ossature indispensable à sa survie. La démonstration a été convaincante et a été appuyée par de nombreux applaudissements.

Après cette réunion, les élus de la communauté de commune du Pays Baraquevillois ont collectivement et publiquement dénoncé l’attitude et les allégations du président de l’agglomération du Grand Rodez. Pour eux, tout cela n’est que mascarade destinée à semer la confusion et faire pression sur la commune de Manhac. Pour eux, comme pour d’autres, les promesses des élus de l’agglomération ne sont rien d’autre que du vent et des mensonges.

Au final, pas moins de 23 élus se sont abstenus lors du vote, dont 13 avaient quitté l’hémicycle, alors que 28 élus se sont prononcé contre les retraits de Baraqueville et Manhac. Un résultat principalement acquis grâce aux élus communautaires de Rodez, Onet-le-Château et Luc La Primaube dont les maires s’opposent à la sortie des comme de l’agglomération.

Rappelons que le souhait de quitter l’agglomération du Grand Rodez reste le libre choix de chaque commune. De par leur histoire et leur proximité, les communes du Pays baraquevillois sont en droit de lier leur avenir à une autre intercommunalité, surtout si l’on considère leur long parcours ensemble depuis des décennies. Ceci d’autant plus que les communes de Baraqueville, Camboulazet et Manhac, comme le Pays Baraquevillois auquel elles appartenaient il y a peu, ont le projet de se marier avec les intercommunalités voisines de Naucelle, Rieupeyroux et Cassagnes-Begonhés pour constituer le Grand Ségala. Pourquoi s’y opposer alors qu’il s’agira d’une entité de prés de 20 000 habitants, parfaitement cohérente et qui disposera d’une taille critique suffisante et pourra fonctionner en totale autonomie, en étroite relation avec l’agglomération du Grand Rodez ?

A vrai dire, il faut bien l’avouer, les difficultés d’extension proviennent tout simplement de l’incapacité pour les élus de l’agglomération du Grand Rodez de présenter un projet crédible, susceptible de convaincre les communes voisines de la rejoindre. Indiscutablement, ceci marque l’échec de la méthode suivie par M. Teyssèdre, président de l’agglomération. Cet échec de l’intégration de Baraqueville sera lourd de conséquence et risque de constituer un véritable frein à son extension à court terme. Ce qui est tout à fait dommageable pour la cohésion et les partenariats futurs entre l’agglomération du Grand Rodez et les intercommunalités voisines.

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