La Ligue contre la violence routière plus que jamais déterminée à poursuivre son combat pour faire baisser le nombre de victimes de la route

Depuis plus de 20 ans, la Ligue contre la violence routière participe se bat contre les accidents de la route et pour sauver un maximum de vie humaines. A ce titre, l’association est de tous les combats pour sensibiliser les conducteurs et leurs passagers aux risques liés aux accidents de la route. Interlocuteur privilégié des Pouvoirs-publics, elle met tout en œuvre pour convaincre ces derniers d’adopter les lois qui permettront de lutter durablement contre l’insécurité routière en France.

A l’occasion de la traditionnelle semaine de la Sécurité routière, la Ligue contre la violence routière de l’Aveyron présidée par Mme Christiane Poinsot, avait organisé ce 7 octobre 2014 une grande conférence sur le thème très sensible et ô combien essentiel de la vitesse. Pourquoi la vitesse tue ? Quelle relation entre la vitesse pratiquée et l’accident ? Existe-t-il des moyens efficaces pour faire baisser le nombre d’accidents et de morts sur les routes ? Pourquoi certains pays sont-ils meilleurs que nous ? Sommes-nous manipulés par la désinformation du lobby automobile ?

Organisée dans la superbe salle de la Baleine à Onet-le-Château, cette conférence qui a réuni une centaine de personnes, avait pour invités Mme Chantal Perrichon, présidente nationale de la Ligue contre la violence routière et le professeur Claude Got, célèbre chercheur en médecine et grand spécialiste français de l’accidentologie. L’exposé des deux orateurs fut long mais passionnant car très bien documenté.

Le professeur Got démontra une fois de plus en quoi la vitesse des véhicules influence directement et de manière déterminante la gravité des accidents de la route. La vitesse est non seulement un facteur d’accident en lui-même mais surtout un facteur aggravant incontestable. Plus la vitesse est importante et moindre sont les chances de survie des conducteurs et passagers. A l’inverse, plus la vitesse est faible, moindre sont les blessures. Même si l’amélioration du réseau routier et de la sécurité passive et active des véhicules a joué un rôle non négligeable, le mérite de la baisse du nombre de victimes depuis 2002 en revient principalement à la réduction importante de la vitesse moyenne de plus de 10 Km/h.

Mme Chantal Perrichon ne tarit pas d’éloge sur la politique de Sécurité routière mise en oeuvre entre 2002 et 2008 par le gouvernement de M. Jean-Pierre Raffarin. La politique suivie au niveau interministériel visait à accentuer considérablement les contrôles de vitesse par la mise en place de radars automatiques en nombre important et à sanctionner lourdement les dépassements, le tout en s’assurant que les contrevenants ne pourraient échapper aux sanctions. Cette politique, appuyée par la Ligue contre la violence routière, a conduit à des résultats inespérés en quelques années, faisant passer le nombre de victime de plus de 8 000 par an à moins de 4 000. En 2014, le nombre de victimes de la route s’est stabilisé aux alentours de 3 700 par an.

Chacun le sait, la meilleure arme pour faire respecter le code de la route reste la répression pure et dure. Les intervenants ont rappelé que prés de 90% des accidents graves étaient causés par les hommes et plus de 80% des victimes n’avaient aucune responsabilité dans ces accidents. Faudra-t-il interdire les hommes de conduite ???

La Ligue contre la violence routière n’entend pas en rester en si bon chemin. Elle veut aller beaucoup plus loin en faisant baisser le nombre de victimes d’accidents de la route à moins de 2 000 par an à l’horizon 2020. Ce qui ferait de la France l’un des pays les plus sûr d’Europe, soit prés de 2 000 vies supplémentaires de sauvées par an. Pour atteindre cet objectif ambitieux, Chantal Perrichon demande depuis plus de deux ans aux gouvernements de M. Ayrault puis de M. Valls de prendre ce dossier à bras le corps et de franchir un nouveau palier en matière de Sécurité routière. Il semble hélas que la lutte contre les accidents de la route ne soit pas une priorité des gouvernements actuels !

Pour autant, la Ligue contre la violence routière ne renonce pas et entend se battre jusqu’à ce qu’elle obtienne satisfaction. Elle exige du gouvernement que la vitesse sur les routes à double sens de circulation (plus de 80% des routes) soit réduite de 90 km/h à 80 km/h seulement et ce, sur l’ensemble du territoire. Cette baisse de la vitesse devant mécaniquement réduite le nombre de tués sur les routes. Encore faut-il que cette vitesse soit scrupuleusement respectée. Pour ce faire, plutôt que d’augmenter le nombre de radars automatiques, la Ligue propose de généraliser les radars embarqués à bord de voitures banalisées, beaucoup plus efficaces mais qui sont en France en nombre très limité (moins de 2 000 à ce jour, contre plus de 20 000 au Royaume-Uni pour un réseau routier trois fois moins important).

La Ligue demande également aux constructeurs automobiles d’équiper les véhicules de boites noires ; ce qui constituerait pour eux le moyens d’obtenir de nombreuses données techniques, tout en permettant, lors des accidents de la route, de connaître les circonstances précises de ces derniers et les responsabilités de chacun. Manifestement, les constructeurs européens ne sont pas prêts à franchir le pas du fait de la forte opposition des associations d’automobilistes.

Enfin, la Ligue se bat pour que tous les véhicules soient équipés du système Lavia. Celui-ci prend en compte la position du véhicule grâce au GPS et, en fonction de cette position, recherche dans une base de données embarquée les vitesses limites autorisées à cet endroit. Lavia limite alors la vitesse maximum du véhicule en fonction de cette vitesse réglementaire. Cette technologie est parfaitement au point depuis plusieurs années déjà. Ici aussi, en dépit du coût réduit de ce système qui à terme, rendrait sans objet les contrôles radars, le gouvernement fait la sourde oreille face à la pressions de lobbys influents. A croire que la préservation de milliers de vies innocentes annuellement le laisse indifférent.

Claude Got a également commenté brièvement l’accidentologie sur les routes aveyronnaises en rappelant qu’il y a quatre fois moins d’accidents sur les autoroutes ou les routes à chaussée séparée. En Aveyron, en attendant la mise à 2 X 2 voies de la RN88 entre Tanus et Séverac-le-Château, seuls 85 km sont opérationnels avec un niveau d’accident très faible pour un fort trafic. Contrairement à une idée reçue, la RN88 dans sa portion aveyronnaise, n’est pas, loin s’en faut, la voie la plus accidentogène au regard de son important trafic. De même, les zones urbaines du Grand Rodez, de Millau et de Villefranche-de-Rouergue restent peu accidentogènes probablement en raison de leur faible importance au regard de la population rurale du département.

En Aveyron, trois routes apparaissent toutefois fortement accidentogènes. Il s’agit, d’une part, des RD1 et RD 926 reliant Caylus (Tarn-et-Garonne) à Rignac, via Villefranche-de-Rouergue et, d’autre part, de la RD 992 reliant Millau à Saint Rome-de-Cernon. Le professeur Got s’est interrogé sur les raisons de cette forte accidentologie, constatant qu’il s’agissait de voies sinueuses comportant un dénivelé et relativement fréquentées. Pour lui, cette situation nécessiterait des enquêtes approfondies sur les accidents afin d’en comprendre les raisons et de tenter d’y remédier.

Non, la mort sur les routes de France et de l’Aveyron n’est pas une fatalité. Bravo à la Ligue contre la violence routière et à ses bénévoles pour son juste combat pour préserver encore davantage de vies humaines sur nos routes.

Contact :

Ligue contre la violence routière de l’Aveyron 1 rue du Gaz BP 93330 12033 Rodez cedex 9

Tél : 05 65 42 21 63 – email : lcvr12@orange.fr

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